LA CONVERSION D’ALCESTE

Article publié dans la Lettre n°533 du 27 octobre 2021


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LA CONVERSION D’ALCESTE. Texte de Georges Courteline. Mise en scène Violette Erhart et Sylvain Martin. Avec Violette Erhart, Luc Franquine, Alex Gangl, Benjamin Gourvez, Mahmoud Ktari et Sylvain Martin.
Alceste ou l'impossible hypocrisie. Nous l'avions connu atrabilaire amoureux, jaloux, désespéré, chez Molière. Courteline, quelques siècles plus tard, reprend le flambeau pour tester ce que serait un Alceste revenu à de meilleurs sentiments sociaux, en d'autres termes un Misanthrope guéri, du moins en apparence. C'est qu'il en fait des efforts de courtoisie ! Aimable, repentant, bien décidé à reconquérir tous ceux que son acrimonie avait fait fuir, Alceste fait la louange du second poème d'Oronte, n'est plus que douceur envers Célimène. Mais le vernis du repenti craque bien vite, d'autant plus qu'il perçoit combien la trahison est proche... Plus douloureuse sera la chute dans une irrémédiable amertume.
Le choix de cette trilogie, dont Célimène et le Cardinal exprimera le point d'orgue, montre avec justesse et subtilité combien la figure d'Alceste est non seulement intemporelle, mais interroge aussi sur la permanence des sentiments humains qui cernent l'amour. Qui aime qui ? et surtout pourquoi ? Question difficile dont la Célimène de Courteline donne une clé potentielle : « Mais, n'étant plus quelqu'un, il devient tout le monde »... Cruauté, certes, mais quelle lucidité !
Même décor, mêmes personnages peut-être encore plus avinés, mêmes comédiens vivaces et convaincants, qui servent l'alexandrin de Courteline au point qu'il se confondrait presque avec celui de Molière. Ce deuxième volet est un régal. A.D. Théâtre de la Croisée des Chemins /Salle Belleville 19e.


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