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Lettre n° 630
du 21 janvier 2026 |
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Nos sélections de la quinzaine |
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THÉÂTRE
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Photo Erwan Barillot
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LES CINQ AVANT L’HISTOIRE. Texte de Erwan Barillot. Mise en scène de l’auteur. Avec Antoine Robert, Allen Nicolae, Sylvain Durand-Soriano, Nicolas Mirallié, Joseph Dekkers.
Vienne 1913. Dans le hall d’une banque, un employé s’active. Stefan Zweig, fils de la propriétaire, effectue un remplacement et il s’en veut d’avoir oublié de prolonger l’assurance des lieux. Dans un coin, un jeune homme renfrogné à la triste figure passe un coup de peinture sur un poteau, un boulot alimentaire, lui qui n’a qu’une idée en tête, celle de devenir un peintre de renom. Adolf Hitler ne se remet pas d’avoir été refusé deux fois à l’Académie des Beaux Arts. Amer, il constate qu’autrefois le talent suffisait, aujourd’hui seuls les appuis comptent. Il observe avec mépris l’homme qui s’avance portant deux valises remplies de billets. Sigmund Freud vient déposer le fruit de son travail. Stefan Zweig le reçoit avec beaucoup d’égards. Ses contes pour enfants ont reçu les félicitations du psychanalyste qui l’incite à poursuivre dans l’écriture. Un dialogue amical s’engage, coupé par les mots acerbes du peintre en devenir. Deux hommes font alors leur apparition et s’assoient, en apparence dans l’attente d’être reçus. Mais Staline et Trotsky sont là pour tout autre chose et la vue des deux «bourgeois» comptant les billets et discutant d’art les indispose. La peinture n’est-elle pas qu’une fantaisie de fainéant? La conversation se poursuit dans une ambiance électrique. Les échanges sont de plus en plus coupants surtout lorsque les deux révolutionnaires dévoilent le véritable objet de leur visite.
Les cinq hommes ont semble-t-il vécu dans le même quartier de Vienne à la même époque. Erwan Barillot brode une fiction à partir de ce hasard.... (Lire la suite).
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Photo Francois Fonty
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ROSE ROYAL d’après Nicolas Mathieu. Adaptation Anne Charrier et Gabor Rassov. Mise en scène Romane Bohringer. Avec Anne Charrier.
Cinquante ans, une vie derrière elle et un rapport nocif avec les hommes qu’elle a croisés dont son père. Cinquante ans et «de beaux restes». Dans sa tête Rose a toujours vingt ans. Secrétaire de direction dans un cabinet comptable, salaire correct, treizième mois, loyer modéré, elle se débrouille. En compagnie de son amie Marie-Jeanne, elle savoure le plaisir de boire un coup et de danser. Elle fréquente assidûment le Royal où Fred le barman et les habitués lui font oublier durant quelques heures son rejet des brutes et des salauds et le manque d’amour. Un soir, un choc depuis la rue interrompt les conversations. Un homme de son âge, beau comme elle les aime, fait irruption tenant dans les bras sa chienne heurtée par une voiture. Sortant un calibre 38 de son sac, Rose met fin à son insoutenable agonie. Gratitude de l’homme qui ne tarde pas à la contacter. Un verre, un restaurant, une voiture puissante, une ancienne ferme isolée en pleine campagne, la vie ressemble à des vacances et ce qu’elle croyait mort renaît. Luc vit sur un pied qu’elle n’a jamais connu. Sous le charme, faisant fi de ses résolutions, Rose se laisse apprivoiser même si…
Trois ans plus tard, ils sont toujours ensemble. Allant de restaurants étoilés en hôtels de luxe, elle s’est laissé désarmer et rien ne va plus.
Dans un décor digne de Christo, l’écriture puissante de Nicolas Mathieu s’impose. ... (Lire la suite).
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Photo Avril Dunoyer
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LES BEAUX. Texte de Léonore Confino. Mise en scène Anne Coutureau. Avec Yasmin Van Deventer et Cédric Welsch.
Tous deux, ils sont beaux, amoureux, se contemplent dans une désarmante niaiserie, cochent toutes les cases de la réussite financière et ostentatoire. Il «chasse des têtes sans proie ni armes», elle tente de cacher son ennui de statistiques.
Leur appartement est à désespérer de vide sans âme. Leur conformité au modèle ambiant les priverait d’histoire, si le filigrane sonore ne résonnait pas de violence dans leur voisinage.
Mais il y a Alice… Autour de sa non-présence, de son mutisme étrange, va sourdre bientôt une explosion volcanique. Une incoercible crise de nerfs enfle sans entraves, parce que le jambon a été indûment dévoré par l’épouse en pleine dépression. Un prétexte bien futile mais qui en dit tellement long sur les non-dits en vertigineuse sédimentation. De quoi lui imputer à elle une vicieuse psychose post partum? De quoi lui accorder à lui un regard de compassion d’avoir à supporter en silence les soubresauts vindicatifs de son épouse? Enfin presque… Parce que le ver dans le fruit a rongé, dans le silence mutuel, ce duo-duel de haines recuites, jusqu’à l’anéantissement. Pour ne pas avoir perçu combien le désarroi de leur fillette était révélateur, ils n’échapperont pas aux hurlements, bris de meubles, saccage d’un lieu si propret.
Sur un champ de ruines, la crise s’apaise par consomption, Alice reparle, on s’avoue enfin toutes les scories accumulées. Un armistice, une paix?
Mais comment revient-on de tant de violence débridée, même si les mots amoureux du début se prononcent à nouveau, en apparence identiques?... (Lire la suite).
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Photo Emmanuel de Saint Leger
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HOMÈRE KEBAB. Texte et mise en scène de Benoît Lepecq. Avec Melki Izzouzi.
La scène est aussi dépouillée et vide que le regard que nous portons sur les migrants, dans leur éternel transit vers un eldorado utopique. Nul ne prête l’oreille à leur récit, aussi personnel qu’individuel. À nos yeux indifférents, ils ne sont que de passage, des migrants de passage, même pas des émigrés ou des immigrés, ce qui les rattacherait peut-être à une histoire, qu’on écouterait d’une oreille distraite et vaguement compatissante.
Ici, Rida fuit l’Algérie où il a autrefois connu la gloire du football, avant de subir les affres du proscrit. Pour s’être cru, inconséquemment, hors de portée des lois de la tyrannie locale.
Ne lui restent que la parole, un téléphone prépayé à recharger et quelque menue monnaie pour ne pas sombrer dans l’invisibilité la plus totale. Un monologue en faux dialogue maintient sa dignité d’homme, dans une vague zone de courtoisie exotique, au bord du gouffre marin.
Alors il se raconte à un autre presque invisible, Homère, dont seules importent les nourritures qu’il concocte, des kebabs. L’attention qu’il prête à l’errant en justifie l’existence et les phases de son récit, comme dans l’épopée antique. La dignité des pauvres illumine cette nuit magique qui tisse entre eux de vrais sentiments. L’un offre son aide avec la sollicitude d’un père, l’autre la refuse avec la noblesse souriante de celui qui ne veut pas être annihilé dans la médiocrité d’un statut de «salarié aliéné». Sédentaire en somme. Ainsi s’incarne l’éternelle tragédie du nomade en partance.
À Calais, la mer du Nord compte ses moutons, comme Reda au cœur de ses rêves. .... (Lire la suite).
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EXPOSITIONS ET SITES
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Photo Spectacles Sélection
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PEKKA HALONEN. Un hymne à la Finlande. Après l’exposition consacrée en 2022 à Albert Edelfelt (Lettre n°545), le Petit Palais nous présente un autre peintre finlandais, Pekka Halonen (1865-1933). Alors que la plupart des artistes finlandais de sa génération sont issus de l’élite suédophone, Pekka Halonen est issu de la classe paysanne finnophone, qu’il mettra en scène durant toute sa carrière. Il se forme tout d’abord à l’École de dessin de la Société des beaux-arts de Finlande à Helsinki. Puis, comme ses confrères, il complète sa formation à Paris, dans des Académies indépendantes. Là il rencontre Gauguin dont il devient l’élève. Il s’inspire de celui-ci et également des différents courants en vogue à la fin du XIXe siècle tels le naturalisme, le japonisme et le symbolisme.
La première salle rend compte de ses débuts avec des portraits au fusain, des nus académiques, des scènes de plein air inspirées de celles de Jules Bastien-Lepage, un autoportrait sans yeux - hommage à Gauguin – et divers portraits peints à l’huile.
Une deuxième salle «De la musique avant toute chose» complète cette première partie. En effet Pekka Halonen, comme sa famille, est un grand mélomane, lui-même joueur de kantele, une sorte de cithare typiquement finlandaise. Il noue des liens avec le compositeur Jean Sibelius qui s’installera, avec d’autres artistes, au bord du même lac que lui.
La deuxième section est une brillante évocation du «Pavillon finlandais à l’Exposition Universelle de 1900». Pour la première fois la Finlande a un pavillon à son nom. Cela lui permet d’affirmer son indépendance face aux velléités de la Russie. Pekka Halonen est invité à participer à la section beaux-arts du pavillon. Nous pouvons voir ici six toiles présentes dans cette exposition et une reproduction des fresques d’Akseli Gallen-Kallela qui ornaient le hall d’entrée.
Avec «La voix de la Finlande», thème de la troisième section, le jeune peintre aspire à la régénération de l’identité finlandaise. S’inspirant des maîtres anciens pour leurs techniques, il célèbre la nature sauvage, les traditions, la vie rurale, les mythes et aussi la résistance du peuple finlandais (Pionniers en Carélie).
Vient ensuite, au bout d’un couloir évoquant un chemin qui y conduit, une restitution du vaste atelier de la maison de campagne que Pekka Halonen s’est fait construire au bord du lac de Tuusula, à une trentaine de kilomètres d’Helsinki. ... (Lire la suite).
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Photo Spectacles Sélection
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LES VOIES ARDENTES DE LA CRÉATION. «Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage» avait écrit Boileau en 1674. Balzac a fait sienne cette pratique. Une ébauche manuscrite de ses romans donnait lieu à une première version imprimée. À partir de celle-ci, il enchaînait les corrections successives en petits caractères dans la marge et sur des feuillets épinglés aux pages. Les imprimeurs se plaignaient de la difficulté à lire ces corrections. Dans l’une des salles de la Maison de Balzac sont exposés les neuf jeux d’épreuves de La Vieille Fille. Ces feuillets matérialisent le perfectionnisme d’un écrivain qui ne cesse de polir son texte. Entre le manuscrit et la première édition, le volume du texte a plus que sextuplé. Mais cet exemple n’est pas le plus spectaculaire. Balzac mentionne les dix-neuf épreuves d’Illusions perdues avant la première édition. Puis, d’une édition à l’autre, le texte était encore modifié, jusqu’à trente fois pour La Comédie humaine.
Si trop souvent dans les arts, comme dans le sport, on souligne la qualité de l’œuvre ou de la prestation, on oublie les centaines d’heures de recherches ou d’entraînement qui ont permis ce résultat. Balzac était un perfectionniste capable de travailler seize à dix-huit heures par jour. La présente exposition montre qu’il en est de même pour certains artistes. Le commissaire retient trois d’entre eux qui se sont intéressés à Balzac.
Le premier est Rodin dont on connaît le bronze monumental représentant Balzac sur le boulevard Raspail à Paris. Mais avant ce bronze ultime, il avait réalisé quelque 120 versions, en terre, en plâtre ou sur papier, étalé sur sept années, afin de mieux cerner le physique et l’allure de l’écrivain. Une vingtaine sont exposées ici.
Le deuxième est Picasso, lui aussi bourreau de travail, qui réalise plus d’une dizaine de portraits de Balzac pour illustrer le frontispice du Père Goriot en 1952. D’une version à l’autre, sa vision évolue constamment vers une forme de plus en plus simplifiée.
Avec Olivier Blanckaert (né en 1959), la démarche est encore plus stupéfiante. ... (Lire la suite).
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Spectacles Sélection
13 chemin Desvallières
92410 Ville d'Avray |
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