LES CINQ AVANT L’HISTOIRE

Article publié dans la Lettre n°629 du 7 janvier 2026


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LES CINQ AVANT L’HISTOIRE. Texte de Erwan Barillot. Mise en scène de l’auteur. Avec Antoine Robert, Allen Nicolae, Sylvain Durand-Soriano, Nicolas Mirallié, Joseph Dekkers.
Vienne 1913. Dans le hall d’une banque, un employé s’active. Stefan Zweig, fils de la propriétaire, effectue un remplacement et il s’en veut d’avoir oublié de prolonger l’assurance des lieux. Dans un coin, un jeune homme renfrogné à la triste figure passe un coup de peinture sur un poteau, un boulot alimentaire, lui qui n’a qu’une idée en tête, celle de devenir un peintre de renom. Adolf Hitler ne se remet pas d’avoir été refusé deux fois à l’Académie des Beaux Arts. Amer, il constate qu’autrefois le talent suffisait, aujourd’hui seuls les appuis comptent. Il observe avec mépris l’homme qui s’avance portant deux valises remplies de billets. Sigmund Freud vient déposer le fruit de son travail. Stefan Zweig le reçoit avec beaucoup d’égards. Ses contes pour enfants ont reçu les félicitations du psychanalyste qui l’incite à poursuivre dans l’écriture. Un dialogue amical s’engage, coupé par les mots acerbes du peintre en devenir. Deux hommes font alors leur apparition et s’assoient, en apparence dans l’attente d’être reçus. Mais Staline et Trotsky sont là pour tout autre chose et la vue des deux «bourgeois» comptant les billets et discutant d’art les indispose. La peinture n’est-elle pas qu’une fantaisie de fainéant? La conversation se poursuit dans une ambiance électrique. Les échanges sont de plus en plus coupants surtout lorsque les deux révolutionnaires dévoilent le véritable objet de leur visite.
Les cinq hommes ont semble-t-il vécu dans le même quartier de Vienne à la même époque. Erwan Barillot brode une fiction à partir de ce hasard. L’écriture très travaillée développe des dialogues incisifs et bien menés. Ils relèvent la frustration et la haine d’Hitler, les dissensions entre Staline et Trotsky qui se disputent leur importance dans le parti, le comportement de Sigmund Freud qui, malgré sa peur, jette quelques vérités analytiques à la face des trois hommes et l’angoisse de Stefan Zweig, qui, pourtant, aura la présence d’esprit d’agir. La mise en scène précise, les dialogues d’une belle acuité et l’excellente interprétation des cinq comédiens entretiennent un suspense à l’épilogue inattendu. Une excellente pièce à découvrir. M-P P. Théâtre Montmartre Galabru 18e.


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