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Lettre n° 639
du 27 mai 2026 |
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Nos sélections de la quinzaine |
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THÉÂTRE
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Photo Vincent Pontet - Coll. Comédie Française
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SÉISME. De Duncan Macmillan. Mise en scène Robin Ormond. Avec la Troupe de la Comédie-Française: Claire de La Rüe du Can, Jean Chevalier.
H et F forment un couple heureux, soucieux de bien faire et conscient des problèmes du monde. Tout en faisant leurs courses, H avance sans préambule l’idée d’avoir un bébé. « J’aurais mieux fait de me taire » temporise-t-il considérant la réaction de surprise de F dont la priorité est de terminer sa thèse. Un bébé? «Une extension de l’amour de deux êtres»? Il va falloir qu’elle y réfléchisse.
Avoir ou pas un enfant, pour le moment F n’a pas la réponse. Elle considère seulement qu’il y a trop de gens sur terre. Planter une forêt serait bâtir quelque chose de plus «oxygénant» que mettre au monde un petit être en plus. Mais le sujet est lancé. Une semaine plus tard, F décide de sauter le pas même si c’est «merveilleux et terrifiant» même s’il faut arrêter de fumer et penser à sa thèse même si, une fois le test positif, ils mesurent vers quoi ils s’engagent. Cette décision angoissante va-t-elle miner ou renforcer le lien qui les unit?
Comme le suggèrent des prénoms réduits à une seule lettre, H et F forment un couple normal, représentatif d’une jeunesse qui, moins que leurs parents, envisage de procréer. La pièce de Duncan Macmillan est très actuelle. Elle mesure la solidité d’un amour et d’une union devant un choix qui engage toute une vie face à un monde envahi par la pollution, les nombreux conflits géopolitiques, un monde où le terrorisme, la drogue, le racisme et l’individualisme n’ont jamais été aussi présents. Elle interroge sur la responsabilité de ceux qui condamneront leur enfant à affronter ce monde-là.
Sur scène, deux comédiens, coupés du public par un espace clos transparent. ... (Lire la suite).
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SPECTACLES
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Photo Stephane Audran
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LES VIRTUOSES: EN PLEINE TEMPÊTE. Spectacle musical de Mathias et Julien Cadez. Collaboration écriture Anthony Coudeville, Loïc Marles. Lumières François Clion. Plateau Anthony Coudeville, Anthony Rzeznicki. Son Xavier Buda. Costumes Dominique Louis. Avec Mathias et Julien Cadez, Anna Gagneur.
« Non, ça ne va pas! ». Composer n’est pas une mince affaire. Le sol est jonché de partitions à peine commencées et déjà roulées en boule sur le sol. Nos deux compositeurs s’arrachent les cheveux, se chamaillent. Dehors l’orage gronde, le vent pousse la fenêtre et s’engouffre dans la pièce, les lumières s’éteignent. Soudain, une ombre se profile à la lueur d’une lampe de poche, un violon à la main. Elle ramasse des partitions et les repose avant d’exécuter quelques notes. Stupeur des deux autres. L’un ouvre l’abattant du crapaud et se met à l’accompagner. L’autre finit par suivre avec le piano droit. C’est le début d’une longue et difficile collaboration. Les disputes, les avis contraires vont crescendo, la tempête aussi…
Réjouissant et sidérant sont quelques-uns des termes qui viennent à l’esprit à suivre les péripéties du trio qui affronte les éléments avec une virtuosité sans pareille. Rien n’arrête Mathias Cadez, Julien Cadez et Anna Gagneur. Panne d’électricité qui leur vaut de jouer avec le feu, inondation, épopée dans un bateau, piano à vau-l’eau, un véritable feu d’artifice, son et éclairages à l’avenant. . ... (Lire la suite).
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EXPOSITIONS ET SITES
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Photo Spectacles Sélection
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(BRION GYSIN. Le dernier musée. Le musée d’Art moderne de Paris consacre à Brion Gysin (1916-1986), artiste largement méconnu, sa première rétrospective parisienne. Né au Royaume-Uni, Gysin, grand voyageur, a vécu de nombreuses années à Paris. Tout d’abord, dans les années 1930 lorsqu’il est étudiant à la Sorbonne. Puis dans les années 1960 lorsqu’il fréquente les artistes de la Beat Generation au fameux Beat Hôtel, 9 rue Gît-le-Cœur, Paris 6e. Enfin de 1973 à sa mort, dans un appartement situé en face du futur Centre Pompidou, alors en construction. Peu avant de mourir, il fait don des œuvres restées dans son atelier à la ville de Paris. C’est grâce à ce fonds, constitué de plus de 140 œuvres de l’artiste, la plus vaste collection au monde d’ouvrages de Gysin, ainsi que de prêts de collections publiques et privées, que cette exposition existe.
Le cheminement de celle-ci est constitué de sept sections qui retracent les grandes étapes du parcours créatif de cet artiste inclassable. Il commence avec des œuvres illustrant son intérêt pour le rêve, le surréalisme et les effets des drogues, telles que la mescaline et la psilocybine, sur l’esprit («Rêver»). Gysin se lie alors avec le mouvement surréaliste. Comme dans les prochaines sections, les commissaires associent aux œuvres de Gysin celles d’autres artistes tel Victor Hugo (Tache dentelle, 1855-1856).
La deuxième section «Voyager» montre l’impact qu’ont eu sur lui les principaux lieux de ses voyages à travers le monde. Né en Angleterre, élevé au Canada, il étudie en Grande-Bretagne, en France et en Espagne. On le voit ensuite en Grèce, en Algérie, à New-York, puis, après la guerre, qu’il fait sous l’uniforme canadien, on le retrouve au Maroc, en particulier à Tanger où il ouvre un restaurant, Les Mille et Une Nuits, ainsi qu’en France, en Angleterre, à New-York et à Venise où il loge chez la galeriste Peggy Guggenheim. Cette section est illustrée de dessins et de peintures inspirés par le Maroc et par les fenêtres de sa chambre au Peggy Guggenheim's Palazzo, ainsi que par des dessins de Mohamed Hamri, artiste autodidacte à qui Gysin avait donné une boîte de couleurs.
Vient ensuite une section («Permuter / Écrire-dessiner») qui aborde les différentes facettes de son processus créatif. Il découvre le cut-up, une technique qui consiste à couper dans un texte et à réarranger les morceaux de façon aléatoire, sorte de réminiscence du dadaïs. ... (Lire la suite).
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Photo Marc Domange
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ANNETTE MESSAGER. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Malgré la permanence des animaux dans ses œuvres, c’est la première fois qu’une exposition est consacrée à cette artiste sur ce thème. Pour cela, Annette Messager (née en 1943) a confié des œuvres et des installations de sa collection et d’autres réalisées spécialement pour l’occasion au musée de la Chasse et de la Nature. Une fois de plus celui-ci fait dialoguer les armes, tableaux, animaux naturalisés et autres objets de toute nature de ses collections avec les œuvres d’artistes contemporains qui participent le plus souvent personnellement à leur présentation. C’est ce qu’a fait Messager avec une soixantaine d’œuvres dont certaines proviennent de prêts de collectionneurs.
Toutes les salles du musée portent un nom en relation avec leur contenu. Messager a elle-aussi donné un titre illustrant son propre sujet pour chacune d’entre elles. C’est ainsi que la grande salle d’exposition temporaire est illustrée par «Le théâtre de la cruauté». Pour la salle du sanglier, c’est «Enfance de l’art» et pour la salle du cerf et du loup, c’est «Sous-bois et pulsions». Nous avons aussi «Sauvagerie domestiquée» pour le cabinet des oiseaux de proie; «Trophées intimes» pour la salle des trophées; «Transports amoureux» pour le salon bleu et le salon de compagnie; «Rameaux graphiques» pour la salle de la forêt, etc.
Parmi toutes ces œuvres, certaines attirent plus particulièrement notre attention. Ce sont, par exemple, ces Douze petites effigies (1990) qui forment un tableau de chasse intime et attestent la tyrannie des hommes envers les animaux. Ou ces Vingt-deux expressions (2025) formées avec des noms d’animaux tels «Avoir un chat dans la gorge», «Avoir un mal de chien», «Avoir une faim de loup», «Avoir d’autres chats à fouetter», «Être comme un coq en pâte», etc. Il arrive aussi que Messager croise des morceaux humains et des espèces animales comme avec ces Trois escargots-seins (2017). Elle utilise de nombreuses peluches et composent avec des installations plus ou moins complexes. On note cet avertissement écrit sur le ventre d’un renard ceinturé par un ours «Waiting You» (2023) ou ce rappel entre les pattes de l’ours blanc, l’animal emblématique du musée: «Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué». Dans la magnifique salle des trophées, à côté de trois armes en tissu, kapok et cordelettes, Messager transforme par le dessin des photographies intimes en animaux. Ainsi un phallus devient un chat, un sein un ours, etc. ... (Lire la suite).
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THÉÂTRE |
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CONCERTS
(musique classique) |
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CONCERTS
(sauf musique classique) |
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Spectacles Sélection
13 chemin Desvallières
92410 Ville d'Avray |
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