CLAIRE TABOURET. D’un seul souffle. En 2024 l’Établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris lançait un concours pour installer des vitraux contemporains illustrant la Pentecôte dans six chapelles du bas-côté sud de la nef. En effet les vitraux actuels, non figuratifs, posés à l’époque de Viollet-le-Duc, n’ont pas d’intérêt artistique ou religieux. Le projet de Claire Tabouret (née en 1981), associée à l’atelier Simon-Marq, le plus ancien atelier de vitraux du monde (il a été fondé en 1640 à Reims) a été retenu. Les vitraux, actuellement en cours de fabrication, seront mis en place en fin d’année 2026. La présente exposition nous présente une partie des travaux préparatoires et les maquettes grandeur réelle des six vitraux.
Jean-Paul Camargo, le scénographe, a mis en regard de chaque maquette, haute de 7 mètres, les esquisses sur papier, hautes d’environ 2 mètres, et dans des vitrines divers documents tels de petits monotypes (encre sur papier), des pochoirs (encre sur film vinyle), des photographies et des notes écrites. Cela permet de suivre la démarche de l’artiste et d’imaginer à quoi ressemble son atelier.
Claire Tabouret s’est inspirée de six phrases clé des Évangiles pour raconter la Pentecôte. Ces phrases, reproduites sur les bancs au milieu de la grande galerie qui abrite l’exposition, sont les suivantes:
- Tous réunis ensemble dans un même un lieu
- Soudain un bruit survint du ciel
- Comme un violent coup de vent
- Alors leur apparurent des langues de feu qui se posèrent sur chacun d’eux
- Ceux qui entendirent eurent le cœur transpercé
- Ils se mirent à parler d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’esprit
La première phrase donna à Claire Tabouret l’idée d’une réunion dans une salle elle-même ornée de vitraux. Cette idée de vitraux dans des vitraux est reprise pour les baies suivantes. Les deuxième et troisième phrases lui permettent de représenter des paysages. On voit ainsi un grand arbre couché par le vent. La dernière phrase est illustrée par une longue procession.
Pour répondre à l’impératif de prendre en compte l’harmonie et la lumière blanche de Notre-Dame, l’artiste a utilisé une même proportion de chaque couleur. On en compte de 48 à 60 selon les vitraux. De même pour avoir une idée de ses créations sur du verre, Claire Tabouret a utilisé la technique du monotype qui consiste à peindre à l’huile sur une planche de verre ou de plexiglass, puis à transférer cette peinture sur du papier au moyen d’une presse manuelle, ce qui inverse l’image et lui donne un léger flou. Pour les parties nécessitant une grande précision telles les rosaces en haut des baies, l’artiste a eu recours à des pochoirs.
Nul doute que ces nouveaux vitraux remplaceront avantageusement ceux posés à l’époque de Viollet-le-Duc, d’une grande banalité comme on peut le voir sur les photos que nous avons ajoutées dans le parcours en images de l’exposition. En attendant de les voir, éclairés par la lumière du jour, la présente exposition nous en donne une bonne idée. R.P. Grand Palais 8e. Jusqu’au 15 mars 2026. Lien : www.rmn.fr.