BYBLOS
Cité millénaire du Liban

Article publié dans la Lettre n°642 du 8 juillet 2026



 
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BYBLOS. Cité millénaire du Liban. L’histoire de Byblos commence il y a huit mille neuf cents ans, au Néolithique, ce qui en fait l’une des villes les plus anciennes et le port le plus ancien du monde. À cette époque, une communauté de pêcheurs s’installe sur un promontoire rocheux qui surplombe la Méditerranée, là où le poisson est abondant, les petites criques propices à l’amarrage des bateaux et où se trouve un point d’eau douce en son centre. Au 3e millénaire, une ville fortifiée avec un grand port de commerce accessible aux grandes embarcations supplante le village de pêcheurs. Byblos est alors connectée avec les civilisations de la Méditerranée orientale, ce qui lui permet d’exporter ses richesses, dont le cèdre, très convoité par les Égyptiens.
La première salle du parcours, qui adopte un ordre chronologique, illustre d’une manière spectaculaire la création de cette ville avec des ancres en pierre, percées d’un ou deux trous, disposées sur un lit de sable. Des hameçons, des poteries, des objets importés, des briques mentionnant les forêts de cèdres, des maquettes de bateaux complètent le décor.
Vient ensuite une salle regroupant des vestiges des «premières implantations humaines». On y voit des outils en pierre et en os, toutes sortes de poteries et en particulier des jarres funéraires. En effet vers 4500-3000 av. J.-C., le culte des ancêtres devient prépondérant à Byblos et les défunts sont déposés dans des jarres, dites funéraires. Les archéologues en ont découvert 2059. L’une d’entre elles avec les ossements d’un enfant et des offrandes de céramiques est exposée ici.
La troisième section est consacrée à «la cité-État à l’âge du bronze», c’est-à-dire après 3000 av. J.-C. C’est la plus importante du parcours avec diverses sous-sections. La première est consacrée au temple de la Dame de Byblos, assimilée à Hathor par les Égyptiens, à Astarté par les Phéniciens et à Vénus / Aphrodite par les Romains. Les pèlerins lui consacraient de nombreuses offrandes dont beaucoup, certaines de grande valeur, nous sont parvenues. La seconde s’intéresse à un autre grand édifice de Byblos, le temple aux obélisques, construit à l’âge du bronze moyen. On y a découvert de très nombreuses offrandes dont un grand nombre sont exposées ici. Citons des figurines divines, masculines ou animales, des poignards à manche et fourreau en or, des haches fenestrées en or, des disques en or, des figurines en «faïence», des amulettes, des pendentifs, des perles, des miroirs, des armes et bien d’autres objets.
Une troisième sous-section se rapporte à la découverte récente (2019) d’une nécropole intacte, vieille de quatre mille ans, structurée en étages. Ses tombes étaient des sépultures collectives réservées aux élites urbaines de Byblos. Elles ont révélé un grand nombre d’objets, dont de magnifiques poteries, exposées ici, ainsi que des ossements humains et animaux.
La dernière sous-section est relative à la nécropole royale, découverte fortuitement suite à un glissement de terrain en 1922. Les trois tombes encore intactes, ayant échappé aux pillages, ont révélé des objets de très grande qualité: cuillère à encens à tête d'oiseau, miroir, balsamaire, diadème, bague, bracelet, pectoraux, une boîte inscrite au nom du pharaon Amenemhat IV et de nombreuses poteries. Ce sont les objets les plus magnifiques de l’exposition.
La section suivante, la quatrième, traite brièvement de «la Byblos phénicienne». Après l’effondrement (Hittites) ou le déclin (Égyptiens) des grands empires, les cités-États du Levant, Byblos, Sidon et Tyr, gagnent leur indépendance et développent leur propre réseau commercial, en particulier avec le monde grec, qui les nomme «Phéniciens». C’est ce réseau qui leur permet de diffuser leur système d’écriture alphabétique, créé après un processus long de près de mille ans à partir des hiéroglyphes égyptiens. Les Grecs et, plus tard, les romains et les arabes l’ont pris pour base de leurs propres alphabets.
Une autre section évoque «Byblos au cœur des enjeux géopolitiques». De 1550 à 333 av. J.-C., Byblos est convoitée par les puissants empires qui l’entourent qui veulent sécuriser leurs frontières, maîtriser le commerce international et étendre leur sphère d’influence. Byblos résiste tant qu’elle peut, payant parfois des tributs mais gagnant son indépendance de 1080 à 880 av. J.-C. et bénéficiant d’une relative autonomie le reste du temps.
La dernière section traite de la «Byblos hellénistique et romaine» dont l’histoire commence en 330 av. J.-C. avec la conquête d’Alexandre le Grand et les guerres entre ses généraux qui s’en suivirent. Byblos s’hellénise et se replie sur elle-même, puis est annexée par les Romains vers l’an 66 av. J.-C., semblant regagner un regain d’importance. Des constructions monumentales voient le jour et le culte d’Adonis et d’Aphrodite / Vénus attire les pèlerins. Les quelques objets exposés de cette période témoignent d’une culture raffinée. Une exposition très intéressante, avec de nombreux objets, même si une quinzaine d’entre eux n’avait pas pu faire le voyage, au moment de l’inauguration, à cause de la guerre avec Israël. R.P. Institut du Monde Arabe 5e. Jusqu’au 23 août 2026. Lien : www.imarabe.org.

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