Parcours en images et en vidéos de l'exposition

BYBLOS
Cité millénaire du Liban

avec des visuels mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue

Parcours accompagnant l'article publié dans la Lettre n°642 du 8 juillet 2026


 

Affiche de l'exposition

Byblos, cité millénaire du Liban présente la remarquable histoire d'une des plus anciennes cités du monde. Une histoire de près de neuf mille ans, écrite par des navigateurs et des marchands, des rois et des pharaons.

C'est à l'âge du Bronze (vers 3000 av. J.-C.), bien avant la civilisation phénicienne, que la ville va connaître une grande prospérité. Grâce à sa position stratégique, entre mer et arrière-pays riche en ressources naturelles, et à sa relation privilégiée avec l'Égypte, la ville s'impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée et le restera pendant plus de deux mille ans. Byblos établit aussi des relations fructueuses avec les mondes égéen, mésopotamien, anatolien et plus tard, perse, hellénistique et romain, s’imprégnant de toutes ces influences afin de façonner sa propre singularité. Le prestige de ses temples lui confère un statut de ville sainte qu'elle conservera jusqu'à la fin de l'ère romaine.

Si l'exposition se concentre sur les périodes les plus anciennes, du Néolithique à l'Antiquité tardive, Byblos a toujours été habitée et demeure l’une des principales villes du Liban, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984.

Ses habitants actuels la nomment Jbeil, une appellation dérivée de son nom d'origine Gubla. L'utilisation du nom de

 

Byblos remonte au VIIIe siècle av. J.-C., en référence au mot grec désignant le papyrus, biblos, et plus tard, livre et Bible, la ville ayant joué le rôle d’intermédiaire exclusif dans le commerce de ce matériau. Son nom et sa renommée sont également liés à l'alphabet phénicien, précurseur des écritures alphabétiques gréco-latines et sémitiques, dont les textes les plus anciens et les plus complets ont été découverts à Byblos.

Les fouilles archéologiques entamées en 1860 ont révélé des vestiges d'une valeur inestimable. Plus d'un siècle et demi plus tard, les archéologues continuent d'y faire des découvertes majeures, témoignant de la richesse de cette cité plurimillénaire.

Texte du panneau didactique.
 
Tableau chronologique 1 (vers 10 000 av. J.-C. à 1200 av. J.-C.)


 
Tableau chronologique 2 (vers 1200 av. J.-C. à 637 ap. J.-C)




1 - BYBLOS ET LA MER

Scénographie

L’histoire de Byblos est intimement liée à la mer. Son emplace­ment stratégique sur les routes commerciales de la Méditerranée orientale l’ouvre sur le monde, lui permettant notamment d’en­tretenir une relation précoce et privilégiée avec l’Égypte.

Tout commence il y a huit mille neuf cents ans, au Néolithique, quand une communauté de pêcheurs s’installe sur un promon­toire rocheux qui surplombe la Méditerranée. Le site présente de nombreux avantages pour l’implantation humaine : le poisson y est abondant, les criques le long du littoral forment des abris parfaits pour l’amarrage des bateaux, le promontoire met les habitants à l’abri à la fois des assaillants et du déchaînement des tempêtes. L’existence d’un point d’eau douce en son centre a probablement favorisé le choix de leur implantation définitive.

Au 3e millénaire avant J.-C., le village de pêcheurs va être sup­planté par la création d’une ville fortifiée. Au modeste port de pêche s’ajoute un grand port de commerce accessible au mouil­lage de grandes embarcations. Il connecte la ville avec les civi­lisations de la Méditerranée orientale et lui permet d’exporter les produits de son riche arrière-pays, dont le cèdre.

 
Texte du panneau didactique.
 
Carte du Liban.
 
Lettres de Rib-Hadda, roi de Byblos, au pharaon Amenhotep Ill (lettre d'Amarna n°126 et n°85). Byblos, 1360-1340 av. J.-C. Argile. Berlin, Voderasiatisches Museum.

Rib-Hadda a entretenu une longue correspondance avec le pharaon, consignée dans les lettres dites d'Amarna. Dans la première lettre (n°85), il demande au souverain égyptien d'envoyer des navires transportant des cargaisons de céréales pour éviter la famine à sa ville affaiblie par trois ans de raids (lettre 85). Dans l’autre (n°126), il lui dit ne pas pouvoir livrer de bois à l'Égypte car sa flotte est bloquée par les Hittites, qui contrôlent le nord du Levant et l'Anatolie.
 
Figurine représentant le démon Humbaba. Suse et Isin-Larsa (?) 2000-1500 av. J.-C. Faïence, terre cuite. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités Orientales.

La tradition mésopotamienne désigne Humbaba comme un géant monstrueux, nommé gardien de la forêt sacrée de cèdres par les dieux. Dans l'épopée qui porte son nom, Gilgamesh, roi d'Uruk, et son compagnon Enkidu lui coupent la tête après une lutte féroce, puis abattent ses arbres. Humbaba est devenu un démon protecteur. On portait sa tête grimaçante et écrasée en pendentif pour se prémunir de tout mal.
Scénographie avec un ensemble d'ancres.

La forte relation entretenue par Byblos avec la mer transparaît par le biais d’un élément clé de l’armement des navires antiques, assu­rant la sécurité et la survie des marins et trouvé en grand nombre sur le site de Byblos : les ancres.
Les anciens marins inventèrent les premières ancres à partir d’un matériau brut, trouvé à profusion : la pierre. De simples blocs percés d’un ou plusieurs trous furent ainsi taillés et utilisés en tant que poids pour immobiliser le navire et l’empêcher de dériver en pleine mer.

À l’origine purement utilitaires, ces ancres acquirent à Byblos un statut symbolique fort. Certaines servirent d’ex-voto, probablement déposées par des marins pour remercier les dieux de leur avoir laissé la vie sauve après une tempête ou demander leur protection en vue d’un voyage dangereux. Plus d’une trentaine a été retrouvée dans plusieurs temples de la ville. Quelques-unes furent même intégrées directement dans le bâti, devenant une part du sanctuaire lui-même.
 
Texte du panneau didactique.
 
Killick. Byblos, période antique. Calcaire. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Un killick est une forme d'ancre primitive. Traditionnellement fabriquée à partir d’une lourde pierre enserrée par des pièces de bois liées ensemble au sommet. Les rainures de la pierre permettent la fixation du branchage. Le cadre en bois permet de s’agripper au fond marin.
Maquette de la barque solaire de Khéops. Bois, échelle 1/26e. Réalisation Carbon, 2026.

Cette barque solaire, construite il y a environ 4 600 ans, a été retrouvée démontée au pied de la pyramide de Khéops. Elle est exceptionnelle par son ancienneté et ses dimensions. Elle mesure en effet plus de 43 mètres de long et pèse 20 tonnes. Elle devait permettre au pharaon de voyager dans l'au-delà. Sa réalisation en bois de cèdre atteste la grande valeur symbolique qui lui était conférée. On imagine en effet la quantité de ce bois précieux qu’il a fallu ramener en Égypte pour sa fabrication. Elle est construite selon un modèle de bateau fluvial.

Les petites criques jalonnant le littoral de Byblos offrent des conditions environnemen­tales favorables à la faune et la flore marines. En effet, les températures y sont douces toute l’année du fait de la faible profondeur, les récifs y sont protégés et le plancton y abonde. Le site fournit ainsi des nurseries, des frayères, des zones d’alimentation et d’habitat pour diverses espèces marines. Aujourd’hui encore, Byblos abrite environ deux cents espèces de poissons, ce qui en fait l’un des sites les plus importants du Liban en matière de biodiversité marine.

Les premières communautés humaines qui se sont implantées à Byblos, il y a près de neuf millénaires, trouvèrent dans ce vivier des moyens de subsistance abondants et pratiquèrent une activité vivrière centrée sur la pêche. Les criques à faibles tirants d’eau leur permettaient d’amarrer leurs barques en sécurité.

L’ancien port de pêche, situé au nord du promontoire, demeure le cœur battant de la ville historique actuelle. À Byblos, il est le vestige d’une tradition plurimillénaire.

 
Texte du panneau didactique.
 
Poids à filet de pêche. Byblos, âge du Bronze. Calcaire. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
Scénographie

Dès la plus haute Antiquité, les forêts de cèdres du Mont-Liban jouissent d’une grande réputation pour la qualité de leur bois. Immenses, droits, imputrescibles et odo­rants, ces arbres sont convoités pendant plus de trois millénaires par les empires égyptien, assyrien, babylonien, perse, grec et romain, pour leurs constructions de prestige, celle de leur flotte ou pour la production de baumes de momification et d’onguents médicinaux, réalisés à partir de résine de conifères. Si le cèdre était la plus prestigieuse, ils recherchaient également d’autres essences levantines, notamment le pin-parasol, le sapin ou le genévrier.

L’approvisionnement était assuré par des artisans giblites, réputés pour leur savoir-faire en charpenterie, notamment navale, mais qui étaient aussi sylviculteurs et bûche­rons. D’énormes troncs étaient abattus dans l’arrière-pays montagneux, puis jetés dans les torrents en crue pour être acheminés jusqu’au port. Leur commerce a été un élé­ment majeur du développement de Byblos comme grande métropole d’échanges.


 
Texte du panneau didactique.
 
Principales réserves de cèdres.
 
Brique mentionnant les forêts de cèdre Tello (Irak), 2450-2425 av. J.-C. Terre cuite. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités Orientales.
 
Le transport du bois de cèdre sur un bas-relief du palais de Sargon II à Khorsabad (721 - 705 av. J.-C.). Khorsabad, 721 - 705 av. J.-C. Planche originale tirée de Monument de Ninive, par P. E. Botta (auteur), E. Flandin (illustrateur) et H. Sellier (graveur), Paris, 1849, Imprimerie nationale, t. II. Impression contemporaine.
Scénographie

Vers 3000 av. J.-C., une petite ville fortifiée est édifiée, avec des temples et, surtout, un nouveau port dédié aux activités commer­ciales. Byblos devient une plaque tournante incontournable et un centre d’échanges prospère, tant commerciaux que culturels, entre différentes parties du monde antique. Des liens particulièrement étroits sont tissés avec l’Égypte, mais les contacts sont aussi fructueux avec l’Anatolie, le monde égéen et la Mésopotamie. Le port de Byblos sert éga­lement pour l’exportation de produits agri­coles venant de son arrière-pays et de la plaine de la Béqaa.

Ainsi, pendant plus de 2000 ans, Byblos va être un des ports les plus importants de la Méditerranée orientale. Ce statut implique une structure portuaire en conséquence, évoquée dans les sources écrites. Grâce à des investigations sous-marines, l’emplacement du port antique fut découvert en 2013 au piémont sud du promontoire. Il pouvait accueillir de nombreux navires marchands de taille importante.

 
Texte du panneau didactique.
 
Maquette de l'épave de l’Uluburun. Bois et impression 3D, échelle 1/26e0 Réalisation Carbon, 2026.

Vers 1300 av. J.-C., un bateau fait naufrage au large du cap d’Uluburun, au sud de la Turquie actuelle. L'épave a livré une très riche cargaison, constituée de produits provenant de la Méditerranée orientale, notamment des lingots de métaux (cuivre et étain), des lingots de verres, des jarres et des objets de diverses origines. Le bateau mesurait environ 15 mètres de long et était en partie construit en bois de cèdre, sur le modèle des bateaux levantins, nommés kebenet ou «bateaux de Byblos», destinés à la navigation maritime.
 
Vase à étrier venant probablement du monde mycénien. Byblos, 1400-1050 av. J.-C. Terre cuite peinte. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Vase en provenance de Crète. Byblos, 1800-1700 av. J.-C. Terre cuite peinte. American University of Beirut Archeological Museum.

L'histoire de Byblos se définit par ses liens commerciaux avec l'Égypte, mais des navires de nombreuses autres régions y font également escale. Au IIe millénaire avant J.-C., le réseau commercial méditerranéen s'étend de plus en plus vers Chypre, la Crète et la mer Égée. Des céramiques crétoises, mycéniennes, ou témoignant par leur décor d’une forte influence de l'espace égéen, ont ainsi été retrouvées à Byblos.
 
- Trident. Byblos, âge du Bronze. Alliage de cuivre.
- Hameçons. Byblos, période chalcolithique. Alliage de cuivre.
- Maquettes de bateau et maquette de bateau votif. Byblos, âge du Bronze. Argile, alliage de cuivre et or.
Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Double jarre avec figure de bélier. Byblos, 3100-2800 av. J.-C. Terre cuite. American University of Beirut Archeological Museum.

Au début du commerce maritime méditerranéen, les produits liquides tels que l'huile, le vin, le vinaigre et l'huile de cèdre étaient principalement transportés dans des jarres. De récentes recherches sur la poterie indiquent qu'elles ont été fabriquées dans la région de Byblos. Ces jarres, retrouvées en grande quantité en Égypte, sont des témoins muets du rôle central de Byblos dans la marine marchande et de l'importance des échanges commerciaux.


2 - LES PREMIÈRES IMPLANTATIONS HUMAINES

Scénographie

Le promontoire surplombant la mer constitue un emplacement stratégique en termes de ressources et de défenses. Au Néolithique, à partir de 6 900 av. J.-C. environ, les premières communautés humaines s’y installent et bâtissent un petit village qui va peu à peu gagner en importance. Les habitants vivent de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la chasse. Ils fabriquent des outils en pierre et en os, tout en se perfectionnant dans la production de poteries.

Vers 4500-3000 av. J.-C., au Chalcolithique, ou âge du Cuivre, le culte des ancêtres devient prépondérant à Byblos, avec des rituels d’inhumation sophistiqués. Les défunts ne sont plus enterrés à l’écart mais dans la zone même de l’habitat. Ils sont déposés dans des jarres, dites funéraires, dont 2059 ont été découvertes par les archéologues. Elles contenaient des céra­miques remplies de nourriture pour assurer le passage vers l’au-delà, ainsi que de nombreux objets, tels des bijoux, des amulettes et des armes. Conçus pour la plupart comme des offrandes, ils n’ont jamais été employés dans la vie quotidienne. La diversité des formes et des matériaux utilisés révèle des échanges commerciaux et culturels avec le monde anatolien, mésopotamien et cycladique.

 
Texte du panneau didactique.
 
Cachets avec décoration incisée. Byblos, période néolithique. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Vitrine (1ère vue).
 
Vitrine (2e vue).
 
Jarre à décoration incisée. Byblos, période néolithique. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Pot funéraire tripode. Byblos, période chalcolithique. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
- Pot funéraire tripode. Byblos, période chalcolithique. Terre cuite.
- Cruche. Byblos, période chalcolithique. Terre cuite.
- Cruche en forme de panier. Byblos, période chalcolithique. Terre cuite.
Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Vitrine
 
Baratte. Byblos, période chalcolithique.Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

La période chalcolithique voit le développement d’une vie économique diversifiée, avec une spécialisation des tâches et de nouvelles techniques de production artisanale. Les objets en céramique sont les plus abondants. Beaucoup ont été placés dans les jarres funéraires, ce qui a contribué à leur bonne conservation. Ils ont probablement été fabriqués par des artisans spécialisés qui, outre la poterie d'usage quotidien, ont aussi façonné des objets qui avaient une signification dans les rituels funéraires.
 
Jarre funéraire pour un enfant avec offrandes de céramiques. Byblos, période chalcolithique. Terre cuite, crâne et fragments d'os. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Les inhumations dans des jarres concernaient tous les individus, quel que soit leur âge ou leur genre. Il est probable que ces jarres n'aient pas été réalisées uniquement pour un usage funéraire, mais qu'elles aient pu stocker également des aliments. En cas d'usage funéraire, de petites perforations auraient été réalisées régulièrement sur le côté des jarres lors de leur fabrication, afin de pouvoir les ouvrir facilement pour placer un corps.

La période chalcolithique à Byblos (vers 4500-3000 av. J.-C.) se caractérise notamment par son mode d’inhumation dans des jarres. On a retrouvé 2059 jarres funéraires, placées pour la plupart horizontalement dans le sol. Le corps y était introduit par une large ouverture réalisée à l’aide d'un outil en silex, comme en témoignent les petites perforations observées sur le flanc, généralement autour de l’anse. Ces jarres contenaient également des objets funéraires variés: céramique, métal, ivoire, os, pierre, éléments de parures en cornaline, en cristal de roche et même perles en coquille d’autruche.


3 - LA CITÉ-ÉTAT Á L'ÂGE DU BRONZE

Scénographie

Vers 3 000 av. J.-C., au Bronze ancien, la cité royale de Byblos est fondée sur les hauteurs du promontoire, en surplomb du village. Gouvernée par un roi, elle devient une cité-État flo­rissante grâce aux échanges commerciaux de plus en plus importants avec l’Égypte. Une urbanisation réfléchie prend forme peu à peu à l’intérieur d’un rempart monumental. La ville se structure autour de la source sacrée située en son centre. Depuis ce cœur, un plan de voiries se dessine, délimi­tant les différents quartiers de la ville et s’organisant autour des nombreux temples. Ceux-ci confèrent à Byblos un carac­tère sacré, qui deviendra sa principale caractéristique. Le sanctuaire principal de la cité est celui dédié à Balaat Gebal, la Dame de Byblos. Le temple aux Obélisques jouit également d’une grande ferveur.

En plus des activités religieuses, l’acropole concentre les activités politiques. On y trouve le palais et une nécropole royale qui a livré des trésors inestimables. Au pied de l’acro­pole, à l’extérieure des remparts, au niveau de la porte menant au port antique, de très récentes fouilles ont mis au jour une nécropole souterraine. Prenant la forme d’hypogées, elle accueillait les sépultures des élites.

Depuis les investigations menées par Ernest Renan en 1860-1861, les découvertes se poursuivent. Elles témoignent des liens économiques, politiques et culturels étroits et constants entre Byblos et l’Égypte.

 
Texte du panneau didactique.
 
Stèle de Yehawmilk. Byblos, vers 450 av. J.-C. Calcaire gravé. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités orientales.

Le roi de Byblos Yehawmilk fit réaliser cette stèle pour célébrer les travaux qu'il avait fait exécuter sur le temple de la Dame de Byblos. On le voit faire des offrandes à la déesse, habillée de vêtements et de bijoux en forme de tête de Hathor. Lui-même est vêtu d'un costume perse. À cette époque, le statut prestigieux de la déesse et son lien avec Hathor remontaient à plus de deux mille ans.
 
Buste du pharaon Osorkon Ier (vue de face et vue arrière). Byblos, temple de Baalat Gebal, 924-889 av. J.-C. (12e dynastie). Quartzite.
Paris, musée du Louvre, département des Antiquités orientales.


Ce buste a été réalisé en Égypte avant d’être envoyé au Levant. Le nom du pharaon Osorkon I est inscrit dans un cartouche sur la poitrine. Pour affirmer son indépendance, le roi de Byblos Elibaal, fils du roi Yehimilk, y fit ajouter une inscription en alphabet phénicien, dans laquelle il se met sous le patronage de la Dame de Byblos et la prie de prolonger favorablement ses jours et son autorité sur la ville.

La Dame de Byblos, ou Balaat Gebal, est la principale divinité de la ville, vénérée durant plus de trois mille ans. Cette déesse locale est intégrée au panthéon des diverses cultures présentes à Byblos : les Égyptiens l’assimilent à Hathor et la vénèrent dès l’An­cien Empire, les Phéniciens l’associent à Astarté et les Romains à Vénus. Déesse mère, elle protège la cité et le trafic commercial, recevant à ce titre de nombreuses offrandes. Sa vénération participe au rayonnement international de la ville.

Le temple qui lui est dédié est le plus impor­tant de Byblos : il se situe sur la partie la plus haute du promontoire, face à la mer. Son plan a évolué tout au long de ses trois millénaires d’activité, de son édification, vers 2800 avant J.-C. jusqu’à l’époque romaine.

Les offrandes découvertes au sein du temple, certaines de grande valeur, témoignent de l’ancienneté de ce culte et de sa perpétuation au fil des siècles. Leur accumulation consti­tuait sans doute une réserve d’objets de valeur, à laquelle les souverains pouvaient recourir en temps de crise.
 
Texte du panneau didactique.
 
Buste hathorique. Byblos, temple aux Obélisques âge du Bronze moyen « bleu égyptien ». Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
Plus de deux mille figurines en métal ont été retrouvées à Byblos, particulièrement dans le temple aux Obélisques. Un certain nombre représente des animaux, notamment des bovins. Il s'agit d'ex-voto offerts au temple par des particuliers ou des institutions pendant toute la période de l’âge du Bronze. Lorsqu'ils étaient trop nombreux ou pendant les périodes troubles, ils étaient rassemblés et déposés dans des espaces cachés et protégés. Cela permettait de conserver leur caractère sacré et de créer une réserve économique.

Le temple aux Obélisques est un autre sanctuaire majeur de la ville, probablement dédié au dieu de la guerre Reshef. Construit à l’âge du Bronze moyen sur un temple plus ancien en forme de L, il doit son nom à la trentaine de pierres dressées à l’intérieur de sa cour.

De très nombreuses offrandes ont été découvertes dans ce temple, certaines de grande valeur. C’est en son sein que furent trouvés, entre autres, le plus grand nombre de statuettes filiformes en bronze recouvertes de feuilles d’or, si caractéristiques de Byblos, ainsi que de splendides armes en bronze et en or. Lorsqu’elles étaient trop nombreuses ou pendant les périodes troubles, ces offrandes étaient rassemblées puis déposées dans des espaces cachés et protégés sous le bâtiment. Cela permettait de conserver leur caractère sacré tout en créant une réserve économique.

 
Texte du panneau didactique.
 
Figurines divines. Âge du Bronze moyen.
 
Figurines divines. Byblos, temple aux Obélisque, âge du Bronze, bronze et feuille d’or. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Figurines divines. Byblos, temple aux Obélisques et champ des Offrandes, âge du Bronze moyen. Bronze et feuille d’or. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Figurines masculines. Byblos, âge du Bronze moyen. Bronze. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

La majorité des figurines en métal retrouvées à Byblos représentent des hommes debout ou marchant. Certaines sont découpées dans des plaques de métal mais les plus nombreuses sont réalisée en rondes bosses à l’aide de moules. Elles portent souvent des éléments caractéristiques: un pagne, un chapeau conique ou un casque rond, ou alors un membre viril prononcé. Les chercheurs les ont longtemps identifiées au dieu Reshef, mais préfèrent aujourd’hui les considérer comme des archétypes du pouvoir masculin.
 
Figurine animale, vache. Byblos, âge du Bronze moyen. Bronze, or. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Cruche en forme de vache. Byblos, 2500-2000 av. J.-C. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Dès l'Ancien Empire, les pharaons ont fait fabriquer des vases et des tables d'offrandes en albâtre pour le temple de la Dame de Byblos. Ils espéraient que ces cadeaux leur assureraient le succès de leur mission commerciale. Ces objets de valeur figurent parmi les plus anciens artefacts égyptiens découverts à Byblos. L'un d'eux (inv. 15556) porte la plus ancienne mention écrite du nom de Hathor, Dame de Byblos. Le fragment (inv. 15560), porte l'inscription: Fils de Hathor, la Dame de Dendérah, Pepi Ier; a fait... sa donation pour Hathor [Dame de Byblos...].
 
Tête de taureau. Byblos, âge du Bronze ancien, 3200-2000 av. J.-C. Terre cuite. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.

À l'âge du bronze ancien, on trouve des dépôts de céramique en forme d'animaux, notamment des bovidés. Ces objets pourraient être liés aux sacrifices d'animaux ou même avoir remplacé les animaux sacrifiés.
 
Vitrine
 
Vitrine
 
Poignard à manche et fourreau en or repoussé à décor figuré. Byblos, temple aux Obélisques, âge du Bronze moyen, Or, ivoire et argent. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.

À l’âge du Bronze apparaît un nouveau type d'arme à la forme caractéristique. Il s'agit d'armes de courte et moyenne portée. De très nombreuses ont été retrouvées au Levant dans des tombes de guerriers supposés, mais beaucoup ont aussi été réunies dans des dépôts d'offrandes, comme ici au temple aux Obélisques. Leur préciosité indique qu'il s'agit d'armes à la valeur symbolique importante plus que d'armes de combat, qui témoignent de l'identité d’un groupe social. Plus de cinq cents armes ont été retrouvées à Byblos.
 
Plaquette décorée d’un masque hathorique. Byblos, âge du Bronze moyen, Ivoire. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Vitrine
 
Vitrine
 
Haches fenestrées et manche décoré. Byblos, temple aux Obélisques, Âge du Bronze moyen, Or. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Haches fenestrées à décor animalier. Byblos, temple aux Obélisques, Âge du Bronze moyen, Or. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Disque en or orné d’une cornaline sertie dans un cabochon central. Byblos, temple aux Obélisque. Âge du Bronze moyen, Or et cornaline. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Vitrine
 
Vitrine
 
Ensemble de Figurines en « faïence »: hippopotames, singes, bélier, chat, et personnages. Byblos temple aux Obélisques, âge du bronze moyen. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
- Amulettes en forme de scarabées. Byblos, hypogées V et VI, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Améthyste, stéatite glaçurée, obsidienne, jaspe vert et cornaline.
- Coquillage bivalve. Byblos, hypogée V, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Coquillage. Ces coquillages d'eau douce semblent avoir tenu une place particulière dans les offrandes funéraires. Six coquillages de ce type ont été trouvés dans l'hypogée V.
- Fragment de figurine représentant une tête humaine. Byblos, hypogée X, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Terre cuite.
- Pendentif incrusté de pierres fines. Byblos, hypogée V, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Or, cornaline, turquoise et lapis-lazuli. Le revers du pendentif est décoré de motifs incisés en chevrons. Il pourrait s'agir d'une imitation locale d'un modèle égyptien.
- Perles et pendentifs. Byblos, hypogée V, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Or et argent. Ce type de perles en pendeloque ou en forme d'étoile et de rosette est bien attesté en Égypte. Le pendentif en or et argent représente une mèche de cheveux tressée dont la partie inférieure forme une boucle, suivant la représentation égyptienne conventionnelle des mèches latérales associées à l'enfance.
- Perles. Byblos, hypogée V, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Cornaline (dans coupelle), cristal de roche, améthyste (tablette haute).
Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Le scarabée constitue la forme d'amulette la plus populaire en Égypte mais aussi à Byblos où plus de 600 exemplaires ont été retrouvés. Son revers est parfois décoré de signes hiéroglyphiques et de motifs apotropaïques. Symbole de renaissance et de renouvellement, il est également très présent en contexte funéraire où il servait de protection au défunt. Les scarabées découverts dans les hypogées de Byblos ont tous été importés d'Égypte et datent du Moyen Empire (vers 1850-1750).

Depuis 2019, la Direction Générale des Antiquités du Liban et le département des Antiquités orientales du musée du Louvre fouillent ensemble sur le site de Byblos une nécropole de l’âge du Bronze moyen I (vers 2000-1750 av. J.-C.). Cette nécropole, composée de tombes creusées dans la roche-mère (hypogées), se situe sur une esplanade qui surplombait la ville basse et le port de l’an­tique cité et qui donnait accès à l’une des portes urbaines majeures de l’acropole.

Les tombes présentent une grande variété morphologique et possèdent pour la plupart plusieurs chambres funéraires, parfois reliées entre elles par des escaliers. La nécropole présente également une caractéristique exceptionnelle: elle est structurée en étages souterrains, les hypogées étant superposés et leurs espaces imbriqués avec une grande sophistication. Les analyses préliminaires ont confirmé que ces tombes étaient des sépultures collectives réservées aux élites urbaines de Byblos.
Elles ont livré un très grand nombre d’objets mais aussi des ossements humains et animaux, qui nous renseignent sur les pratiques funéraires d’alors.

 
Texte du panneau didactique.
 
Miroir. Byblos, hypogée V, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Alliage cuivreux. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Des miroirs similaires ont été retrouvés en Égypte dans des tombes du Moyen Empire. Les cuivres arséniés étaient employés pour la fabrication des miroirs car ils présentaient des teintes dorées ou argentées.
Scénographie

Les tombes renferment une grande quantité de poteries provenant des offrandes déposées en accompagnement des défunts, mais aussi des banquets organisés au moment des funérailles. Sont exposées ici les formes les plus communes, issues d’une production locale. Certaines formes, telles que les plats tronconiques et les petits bols hémisphériques, s'inspirent de modèles égyptiens du Moyen Empire. On retrouve également dans les tombes des objets de la vie quotidienne en lien avec la préparation culinaire.

 
Coupes, coupelles, plats, jarres, cruches, cruchettes, bols, vases, bouteille, marmites et support. Byblos, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Coupes, coupelles, plats, jarres, cruches, cruchettes, bols, vases, bouteille, marmites et support. Byblos, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Coupes, coupelles, plats, jarres, cruches, cruchettes, bols, vases, bouteille, marmites et support. Byblos, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Meule, molette. Byblos, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Basalte. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

 
Poteries. Byblos, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Terre cuite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Vidéo : Byblos - Nécropole de la Porte Sud.

Scénographie
Tirages d'exposition, 2026.
Ministère de La Culture / Archives de La Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Vue de la colonnade romaine avec des ouvriers remontant un chapiteau, début années 1920. Tirage d'exposition, 2026. Ministère de La Culture / Archives de La Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Photographie lors de la découverte du colosse devant le Bâtiment |, années 1920. Ministère de La Culture / Archives de La Direction Générale des Antiquités du Liban.
Armes : pointes de lance à douille, hache fenestrée, poignard, couteau. Byblos, hypogées IV et V, âge du Bronze moyen, 2000-1750 av. J.-C. Alliage cuivreux. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Au début du deuxième millénaire av. J.-C., de nouveaux types d'armes apparaissent dans l'ensemble du Levant. Retrouvées dans les tombes, ces armes composaient la panoplie du guerrier qui comprenait généralement une hache, un poignard et une ou deux pointes de lance. Au moins deux panoplies complètes ont été retrouvées au sein de l'Hypogée IV. Byblos était un important centre de production d'armes.
Scénographie

En 1922, un glissement de terrain dû à des pluies diluviennes révèle une tombe dans la zone nord-ouest du promontoire de Byblos. Cette découverte fortuite est à l’origine de l’exploration du site. Les archéologues, sous la direction de Pierre Montet, trouvent huit nouvelles chambres funéraires creusées au fond de puits profonds datant des IIe et Ie millénaires av. J.-C. Des sarcophages de pierres imposants, dont le fameux sarco­phage d’Ahiram, attestent qu’il s’agissait de tombes des rois de Byblos.

Si la plupart ont été pillées, trois tombes demeurent intactes. Elles ont livré des objets de très grande qualité. Tant leur forme et leur iconographie que les cartouches inscrits au nom des pharaons sur certains d’entre eux, prouvent, une fois de plus, les rapports étroits entre l’Égypte et Byblos. Beaucoup de ces objets d’apparence égyptienne ont en fait été produits localement, ou bien ont été modifiés pour s’adapter aux coutumes locales.


 
Texte du panneau didactique.
 
Cuillère à encens à la tête d'oiseau. Byblos, nécropole royale, âge du Bronze moyen. Or, cuivre et argent. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
Scénographie
Scénographie
 
Boîte inscrite au nom du pharaon Amenemhat IV, trouvée dans la tombe du roi de Byblos Abishemou-Abi. Byblos, nécropole royale, tombe II, 1772-1764 av. J.-C. (12e dynastie). Obsidienne et or. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. ©Philippe Maillard.
 
Diadème et son cobra trouvé dans la tombe du roi de Byblos Abishemou-Abi. Byblos, nécropole royale, tome II, âge du Bronze moyen. Or, cuivre et argent. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Balsamaire au nom du pharaon Amenemhat III, trouvé dans la tombe du roi de Byblos Abishemou. Byblos, nécropole royale, tombe I, 1818-1773 av. J.-C. (12e dynastie). Obsidienne et or. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.

La boîte inscrite (ci-dessus) et ce balsamaire, en obsidienne et or inscrits au nom des pharaons de la 12e dynastie (v. 1974-1781 av. J.-C.) Amenemhat II et son fils Amenemhat IV sont probablement des cadeaux des pharaons aux rois de Byblos.
La boîte a été trouvée dans la tombe d’Abishemou-Abi (tombe II), qui est reliée par un long couloir souterrain à une autre tombe où a été trouvé le coffret, et qui est probablement celle de son père Abishemou (tombe I).
 
Bracelet et bague en or décorée d’un scarabée en améthyste. Byblos, nécropole royale (tombe II), âge du Bronze moyen. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Miroir du tombeau du roi Abishemou-Abi au manche papyriforme. Byblos, nécropole royale (tombe II), âge du Bronze moyen, Argent et or. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.

Ce miroir a été trouvé dans la tombe du roi Abishemou-Abi, dite tombe II. Il a probablement été réalisé par un orfèvre de Byblos, très fortement inspiré de modèles égyptiens, comme en témoigne son manche en forme de papyrus.
 
Scénographie
 
Pectoral. Byblos, nécropole royale, tombe Il, âge du Bronze moyen. Or. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Les tombes de la nécropoles royales ont livré des bijoux de grande qualité où l'influence de l'orfèvrerie égyptienne est incontestable, tant dans l’iconographie (faucon, représentation typique des pharaons assis, scène représentée dans un temple, entre deux colonnes aux chapiteaux en lotus) que dans la technique (repoussé, cloisonné).
 
Pectoral avec Hathor inscrit au nom du pharaon Amenemhat III. Byblos, nécropole royale, 1818-1773 av. J.-C. (12e dynastie). Or. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Découvert en février 1922 dans l’une des chambres funéraires de la nécropole royale de Byblos, par l’archéologue Pierre Montet et ses équipes, ce sarcophage est exception­nel à plus d’un titre. D’une part, il est le seul des sarcophages des rois giblites à être décoré de reliefs : quatre lions couchés assurent sa base et des scènes sculptées animent ses faces. Elles nous renseignent sur les pratiques funéraires de l’époque: on y voit des représentations de banquet, de processions,  d’offrandes, de pleureuses… D’autre part et peut-être surtout, cette pièce est remarquable du fait de l’inscription qui court sur une partie de la cuve et se poursuit sur le couvercle. Il s’agit en effet du plus ancien texte écrit en alphabet phénicien qui nous soit parvenu, comportant dix-neuf des vingt-deux signes de cet alphabet.

Le décor figuré est généralement daté du XIIIe siècle av. J-C et l’inscription du Xe siècle. Il pourrait s’agir du réemploi d’un sarcophage plus ancien.


 
Texte du panneau didactique.
 
Sarcophage d'Ahiram.


4 - LA BYBLOS PHÉNICIENNE

Scénographie

La fin du IIe millénaire av. J.-C. constitue un tournant important au Levant. Il y a d’une part une rupture technologique majeure avec l’introduction de la métallurgie du fer, et d’autre part, une évolution géopolitique. Les grands empires s’effondrent (les Hittites en Anatolie) ou connaissent un repli (les Égyptiens et les Assyriens). Les villes côtières, en particulier Byblos, Sidon et Tyr, qui n’ont pas été touchées par les destructions infligées par les Peuples de la mer (1204 et 1175 av. J.-C.), gagnent leur indépendance et développent leur propre réseau commercial.

Ces cités-États collaborent entre elles ou entrent en concurrence pour s’approvisionner en matières premières et établissent, à partir du Xe siècle av. J.-C. des contacts commerciaux tout autour de la Méditerranée, notamment avec le monde grec. C’est ce dernier qui nomme « Phéniciens » les populations du Levant avec lesquelles il commerce. Elles préfèrent s’identifier par leur appartenance à une cité: Giblites, Tyriens, Sidoniens… Cela ne les empêche pas de partager des traits culturels communs et une même langue.

Les relations fécondes des Phéniciens avec le monde extérieur et l’affirmation d’une identité forte ont eu un impact majeur sur Byblos. La ville a un lien étroit avec la diffusion de l’alphabet phé­nicien à partir du XIe siècle av. J.-C., et est la première cité levantine à frapper sa propre monnaie vers le début du IVe siècle av. J.-C.

 
Texte du panneau didactique.
 
- Poids avec une inscription en phénicien au nom d’Ozi-Ba’al. Byblos, 1050-900 av. J.-C. Hématite. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
- Pointe de flèche au nom du roi d'Amurru (au nord de Byblos) Zakar-Ba'al. Byblos, 1050-900 av. J.-C. Bronze. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
Scénographie (différents alphabets)

L’écriture alphabétique est l’aboutissement d’un processus long et complexe de codifi­cation de l’écrit, combinant diverses influences. Au cours du IIe millénaire av. J.-C., à Byblos, les scribes chargés de la rédaction des documents officiels maîtrisaient les écritures hiéroglyphiques et cunéiformes. Ils se sont inspirés des hiéroglyphes pour déve­lopper leurs propres systèmes d’écriture à base de pictogrammes, notamment le pseu­do-hiéroglyphique de Byblos et, un peu plus tard, le pseudo-hiéroglyphique linéaire, qui s’écrit à l’horizontale et de droite à gauche.

En parallèle, les habitants de la côte levantine sont exposés aux prémices d’une écriture alphabétique, dont les premières traces découvertes en Égypte remontent à 2000-1800 av. J.-C. Elle est clairement influencée par l’écriture hiéroglyphique. Toutefois, chaque signe utilisé ne représente plus désor­mais une idée, mais une consonne. Les Phéniciens, plus particulièrement à Byblos, ont modifié et simplifié ce système pour l’adapter à leur propre langue, comme l’at­testent les premières inscriptions phéni­ciennes du XIe  siècle trouvées à Byblos. Au fil du temps, les Phéniciens ont diffusé ce système d’écriture par le biais de leurs mar­chands : c’est ainsi que les Grecs l’ont désigné comme « alphabet phénicien », servant de base pour leur propre alphabet ; il est ainsi le précurseur de la majorité des systèmes d’écritures modernes.

 
Texte du panneau didactique.
 
Plaque avec inscription gravée en écriture pseudo-hiéroglyphique. Byblos, 2e millénaire av. J.-C. Alliage de cuivre. Beyrouth. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban. © Philippe Maillard.
 
Cônes votifs avec inscription phénicienne. Byblos, 1100-1000 av. J.-C. Argile. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Ces cônes sont des offrandes. Y sont inscrits des noms, parmi les plus anciens exemples d'inscriptions phéniciennes. La mention des noms propres sur ces cônes ou sur plusieurs autres objets indiquent que l'écriture à Byblos était très répandue et qu'elle n’était pas réservée à une classe sociale définie.
 
Fragment d’une statue du pharaon Shoshenq I, avec inscriptions hiéroglyphes et phéniciennes. Byblos, v. 945-923 av. J.-C. Quartzite. Berlin, Voderasiatisches Museum.

Cette statue a été envoyée à la Dame de Byblos par le pharaon Shoshenq I au début de son règne (v. 945-923 av. J.-C.), conformément à une coutume ancienne. En imitant ses prédécesseurs, il voulait reprendre les relations diplomatiques avec Byblos, qui était à cette époque un royaume indépendant, et acquérir une certaine légitimité politique. Le roi de Byblos Abibaal a fait graver son propre nom en phénicien sur la statue du pharaon.
Inscription en alphabet phénicien. Byblos, Xe siècle av. J.-C. Calcaire.
Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.


Le roi Yehimilk demande aux dieux Baal Shamim et la Dame de Byblos de prolonger ses jours en contrepartie de la restauration des temples de la ville, car il est un roi juste et bon.


5 - BYBLOS AU CŒUR DES ENJEUX GÉOPOLITIQUES

Scénographie

Durant les âges du Bronze récent (1550-1200 av. J.-C.) et du Fer (1200-333 av. J.-C.), de puissants empires ont émergé en Égypte, en Anatolie et en Mésopotamie. Ils se sont affrontés au Levant dans le but d’élargir et de sécuriser leurs frontières, maîtriser le commerce international et étendre leur sphère d’influence.

Byblos occupe une position stratégique qui suscite de nombreuses convoitises. Les liens de subordination qu’elle

 
entretient avec les grands empires sont fluctuants. Après des siècles de domination égyptienne, elle gagne en indépendance au tournant du XIe siècle av. J.-C., comme l’attestent un ensemble d’inscrip­tions phéniciennes de Byblos, ainsi que de nombreux textes égyptiens et assyriens.

De 1080 à 880 av. J.-C., Byblos devient une cité indépendante, dotée d’une lignée royale (les rois de Byblos). Elle parvient ensuite à maintenir une relative autonomie face aux aspirations expan­sionnistes des Assyriens, des Babyloniens, et plus tard des Achéménides, même si elle leur versait parfois un tribut. Sa politique habile lui permet non seulement d’éviter une hégémonie trop pesante, mais également de promouvoir une prospérité économique relative en s’inspirant de diverses influences culturelles.

Texte du panneau didactique.

L'émission des premières monnaies à Byblos date de vers le milieu du Ve siècle av. J.-C. Frappées en argent, elles sont les signes d'une certaine stabilité politique, d'une prospérité économique due à la situation stratégique de la ville et au commerce du cèdre, et des relations avec le monde grec, qui en utilisait pour ses échanges commerciaux. Les plus anciennes pièces ne portent pas le nom du roi émetteur. Elles figurent un sphynx couché et coiffé de la double couronne égyptienne, et, sur le revers, un faucon Horus coiffé de même et portant le fléau et le sceptre égyptien. Puis apparaissent les motifs de la galère montée par trois soldats et d'un hippocampe ailé, la prospérité économique de la ville s'étant notamment concrétiser par la construction d'une flotte de guerre. Enfin, apparaît sur le revers le nom et le titre du roi commanditaire, en caractères phéniciens et souvent en abrégé, surmontant un lion attaquant un taureau.


6 - BYBLOS HÉLLÉNISTIQUE ET ROMAINE

Scénographie

En 330 av. J.-C., Alexandre le Grand met fin à l’empire perse des Achéménides et s’allie avec la plupart des villes de la Méditerranée orientale qui était alors sous leur domination, dont Byblos. La lignée des rois de Byblos prit fin. Au cours des guerres qui oppo­sèrent les successeurs des généraux d’Alexandre pour le partage de son empire, Byblos reste d’abord sous la domination de l’Égypte des Lagides. Puis elle tombe, vers 198 av. J.-C., sous celle des Séleucides, dont l’empire s’étendait de l’Anatolie à l’Asie centrale.

Byblos s’hellénise : la langue grecque supplante peu à peu le phénicien et de nombreux témoignages de la culture matérielle grecque sont découverts sur le site. La ville, qui ne joue plus un rôle commercial central, se replie sur elle-même mais demeure un pôle religieux important, fidèle à sa vocation ancienne de ville sainte.

A l’instar des autre villes côtières, Byblos fut annexée par les Romains vers l’an 66 av. J.-C., initiant une période durant laquelle elle semble retrouver un regain d’importance. Le culte d’Adonis et d’Aphrodite / Vénus attire les pèlerins. Des constructions monumentales voient le jour, notamment la rue à colonnade et le théâtre; le temple de Balaat Gebal est rénové, alors que les vestiges retrouvés dans la nécropole en périphérie de la ville antique témoignent d’une culture raffinée.

 
Texte du panneau didactique.
 
L'Enlèvement d'Europe. Byblos, fin IIe-début IIIe siècle. Mosaïque. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Cette mosaïque d'une grande finesse d'exécution décorait le sol d'une villa giblite d'époque romaine. Elle représente l'enlèvement de la fille du roi de Tyr, la belle Europe, par Zeus, métamorphosé en taureau. Il la conduit en Crète où elle donne naissance au roi Minos. Elle donne son nom au continent européen. La légende veut que son frère Cadmos, fondateur de la ville de Thèbes, parti à sa recherche, transmit aux grecs l'alphabet des Phéniciens. Ce mythe symbolise la rencontre entre l'Orient et l'Occident.
 
Lettres de Rib-Hadda, roi de Byblos, au pharaon Amenhotep III (lettres d’Amarna n°68 et n°84). Byblos, 1360-1340 av. J.-C. Argile. Berlin, Voderasiatisches Museum.

Rib-Hadda a entretenu une longue correspondance avec le pharaon: il est l‘auteur de plus d’un quart des lettres qui lui ont été adressées par tous ses vassaux levantins. Elles font le plus souvent état de plaintes et des menaces qui pèse sur sa ville. Dans celle-ci, Rib-Hadda informe le pharaon que les rebelles ont commencé à se rallier à son ennemi, qui est en train de s‘emparer des villes autrefois contrôlées par Byblos.
 
Cippe. Byblos, 100-324. Calcaire. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités Orientales.

Sur le dé et sur la base une inscription en grec nous apprend que ce monument a été dédiée par une dénommée Philaté, en accomplissement d'un vœu, à Ourania, la déesse Céleste. Ce qualificatif est donné à Astarté et Aphrodite. Ce dé est décoré d'une corbeille, dite calathos, orné d'épis de blé symbolisant la fertilité et l'abondance, souligné par un rang d'oves. Elle est placée sur un piédestal flanqué de des gardiennes de la divinité présente par ses seuls symboles.
 
Statue de Vénus. Byblos, période romaine. Bronze (alliage cuivreux). Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

De nombreux dieux étaient traditionnellement vénérés à Byblos. Aux époques hellénistique et romaine, les dieux des conquérants ont été ajoutés au panthéon local ou assimilés à des dieux indigènes.
 
Vidéo : Vue du site de Byblos.
 
Balsamaires. Byblos, période romaine. Verre. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.
 
Plaque de Lamashtu. Byblos, vers 800 av. J.-C. Basalte. Ministère de la Culture / Direction Générale des Antiquités du Liban.

Lamashtu est une démone mésopotamienne qui dévorait les enfants et les femmes enceintes. De nombreuses amulettes destinées à l’éloigner ont été retrouvées en Assyrie. Cette plaque conjuratoire retrouvée à Byblos est la plus ancienne attestation de la démone au Levant. Elle porte sur le revers une inscription cunéiforme mal gravée au nom d'Ilu-ittija, un gouverneur de la ville assyrienne d’Assur. On ignore les circonstances de sa présence à Byblos.
 
Sphinx. Byblos, 500-300 av. J.-C. Calcaire. American University of Beitut Archeological Museum.

Originellement créature égyptienne, le sphinx a été pleinement adopté et intégré dans la culture locale de Byblos. Il est un des nombreux témoins de l’assimilation d’éléments de la culture égyptienne dans la cité et des relations très étroites qu'elle entretenait depuis longtemps avec le pays des pharaons.
 
Lampe à huile en forme de pied. Byblos, période romaine. Bronze. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.