ANDY WARHOL
La ligne et l'image

Article publié dans la Lettre n°643 du 23 septembre 2026



 
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ANDY WARHOL. La ligne et l’image. Si de nombreuses expositions ont été consacrées à Andy Warhol (1928-1987), elles s’intéressaient essentiellement à ses peintures, ses installations ou encore ses photosérigraphies, comme celle de 2015 au musée d’Art Moderne de Paris (Lettre n°389). Celle-ci, entièrement consacrée aux dessins, nous montre que Warhol, formé à l’art de l’illustration au Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh, n’a jamais cessé de dessiner jusqu’à ses derniers jours, reprenant dans de nouvelles mises en page les motifs si souvent répétés à la machine.
Alain Cueff, le commissaire, a choisi une présentation en cinq thèmes, sans ordre chronologique. Les quelques 150 dessins, auxquels s’ajoutent des peintures, des sérigraphies sur papier, des photographies, etc. sont exposés sur des murs couverts de papier aluminium, comme l’étaient ceux de son atelier, la Factory, en 1963.
La première section «Excentricités, lieux communs» nous présente des images fantaisistes, facilement identifiables, qui feront de Warhol l’un des artistes commerciaux les plus réputés de sa génération et assureront sa fortune. Voici Andy à l’âge de deux ans (années 1950) représente un petit enfant avec un grand papillon sur la tête. Un serpent malicieux semble s’intéresser aux dessous de quatre femmes tandis qu’un jeune garçon se cure le nez ! Bien sûr on trouve aussi des dessins de boîtes de soupe et de bouteilles de Coca Cola. Les chats aussi occupent Warhol. Lui et sa mère, qui vit chez lui, en ont 25, tous nommés Sam !
Sa mère, Julia Warhola (1891-1972), dessine à sa façon les lettres des mots que l’on trouve sur certains dessins. Warhol publiera même ses abécédaires et en fera le motif d’un paravent (années 1950). C’est le thème de la deuxième section. On y voit des pieds et des mains recouverts de lettres, un Billet d’un million de dollars, un schéma de pas de danse. Warhol utilise aussi la technique du test de Rorschach pour faire des dessins symétriques sans aucune signification.
La troisième section, «Visages et masques», nous présente l’un des thèmes de prédilection de Warhol à partir des années 1970, où il réalisera entre 50 et 100 portraits par an. La plupart de ses portraits sont facilement identifiables. Que se soit Marilyn Monroe, Mao ou encore Nixon, qu’il représente avec un visage affreux sur une affiche de propagande en faveur de McGovern ! Dans sa série Ladies and Gentlemen (1975) ce sont des drag-queens qu’il peint en leur donnant une visibilité comparable à celle des stars. Il y a aussi des autoportraits – Warhol en fit un grand nombre – dont une série de fac-similés de Polaroid où il se représente en drag-queen.
Avec «Érotisme», la quatrième section, on aborde un thème plus intime resté dans le domaine privé jusqu'au tournant des années soixante-dix. On y voit des torses d’hommes nus, des dessins de pieds, y compris reposant sur une boîte de soupe Campbell, des dessins de James Dean dont une publicité pour La Fureur de vivre (vers 1985) et aussi un extrait (1h24) de Sleep qui filme un homme en train de dormir. Avec ses 5h21min. ce n’est pas le film le plus long de Warhol mais ce n’est pas non plus le plus captivant.
La dernière section, «Enfer et merveilles» nous montre des dessins évoquant la violence, un thème qui occupe une grande place dans l’imaginaire américain et dans l’œuvre d’Andy Warhol. C’est le cas de The Nation's Nightmare (1951), qui évoque les ravages de la drogue, ou de ces dessins d’armes ou de cranes. Mais à côté de ces illustrations de la violence, il y a aussi des œuvres plus gaies comme ce paravent avec deux anges aux ailes de papillon, ces Vierges à l’enfant  (années 1950), cet Amour est un gâteau rose (Eurydice) (vers 1953) ou encore cette tête de Jésus-Christ (1983), inspirée de la Cène de Léonard de Vinci.
Une exposition qui nous éclaire sur un aspect moins connu de l’œuvre d’Andy Warhol. Par contre on regrettera qu’il n’y ait pas plus de cartels développés pour nous renseigner sur certaines œuvres.  R.P. Musée du Luxembourg 6e. Jusqu’au 10 janvier 2027. Lien: www.museeduluxembourg.fr.


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