LES VACHES LAITIÈRES ONT AUSSI DE BEAUX YEUX. Texte d’Aurélie Bargeme. Mise en scène Didier Brice. Avec Aurélie Bargème, Marie Petiot, Maxime Perrin.
La méchanceté des lycéens est sans limites. Surnommée la vache laitière par ses paires, Aurélie a accusé le coup mais assumé. Boulimique vomisseuse de 18 à 30 ans, elle croyait l’épisode enterré mais pressent chez sa fille pré-ado les mêmes interrogations qu’elle au même âge. Un gros sachet de fraises Tagada trouvé dans le sac à dos de la collégienne n’est peut-être pas innocent. Craignant qu’il arrive à sa fille ce qu’elle a vécu, elle décide de livrer ces douze années d’enfer où l’envie irrépressible de manger était quotidienne.
Aurélie Bargeme n’a laissé le soin à personne de raconter la guerre qu’elle a menée contre son ennemie n°1 et qu’elle dissimulait à tout le monde.
Sur la scène seulement occupée par un rideau noir transparent et un réfrigérateur vintage, «acteur» incontournable du spectacle, la narratrice et sa partenaire retracent les années noires avec un dynamisme à toute épreuve, ponctué par la musique de Maxime Perrin, complice hors pair. La mise en scène ne leur laisse aucun répit. Entre humour et autodérision, Aurélie Bargème, formidable, et Marie Petiot, irrésistible dans la diversité de rôles qu’elle incarne, emportent le public dans l’étude exhaustive d’un mal qui touche de plus en plus d’adolescents. Un témoignage indispensable et salutaire. M-P P. Le Funambule Montmartre 18e.