TOUT CE QUE PEUT L’AMOUR

Article publié dans la Lettre n°636 du 15 avril 2026


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TOUT CE QUE PEUT L’AMOUR. Texte de Chloé Duperrin. Adaptation et mise en scène Cécile Parichet. Avec Yelu Bao, Sarah Eskenazi, Mariane Manec’h, Julien Massetti, Romane Noulé.
L’enfant était attendu avec impatience et lorsqu’il voit le jour, le bonheur de ses parents est à son comble. Le berceau dans la chambre, Chloé et Hadj guettent le moindre vagissement, le moindre prétexte pour le prendre dans leurs bras et le bercer. Trois mois plus tard, leur petite Soley hurle et vomit. Le médecin des urgences les dirige vers un service spécialisé. Le diagnostique tombe. Ils vont vivre «au pays du cancer». Les parents ne s’avouent pas vaincus. Avoir un second avis les décide à consulter l’institut Curie et à y transférer Soley. Viennent alors les jours, puis les mois de combat durant lesquels Chloé ne quitte pas sa fille et lui transmet son amour absolu. Malgré les opérations et les traitements, la tumeur au cerveau aura raison de sa jeune vie.
Rien n’est plus épouvantable que la perte d’un enfant. Dans le service d’oncologie, ceux atteints du même mal fréquentent un moment Chloé et Soley puis la porte de leur chambre se ferme, ils ont quitté notre monde. Les soignants blasés à force de côtoyer la mort n’ont pas toujours le mot ou le geste pour apaiser les douleurs, celles physiques de Soley et celles psychologiques de ses parents. Mais Chloé fait preuve d’une combativité hors du commun, persuadée que l’on peut faire quelque chose pour sa fille puis décidée à l’accompagner jusqu’au bout. Ensuite, il y a l’après, le deuil insurmontable pour la jeune mère que Hadj ne supporte pas. Quelques années plus tard, la vie reprend ses droits sans pourtant oublier.
«Toutes les peines, on les peut supporter si on les fait entrer dans une histoire, ou si on peut raconter une histoire sur elle», écrit Karen Blixen. Chloé Duperrin a essayé. Elle a couché sur le papier sa propre histoire, une thérapie qui l’a sans doute aidée.
Cécile Parichet a resserré le texte et en restitue un récit passionnant. Sur scène, cinq comédiens enchaînent narration et dialogues entrecoupés de danse, de musique et de chansons.  Secondés par un décor astucieux, ils se donnent à fond pour transmettre la joie d’un mieux, l’espoir d’un traitement, le bonheur d’un jour gagné sur la faucheuse. Cet enthousiasme communicatif permet à l’auditoire de contrôler la vague d’émotions qui l’étreint. Une belle réussite. M-P P. Le Funambule Montmartre 18e.


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