LE ROMAN DE MONSIEUR MOLIÈRE

Article publié dans la Lettre n° 441
du 8 novembre 2017


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LE ROMAN DE MONSIEUR MOLIÈRE d’après Boulgakov, Molière, Lully. Mise en scène Ronan Rivière avec Ronan Rivière, Michaël Giorno-Cohen et Olivier Mazal (piano).
Un fauteuil, juché sur une charrette. De quoi évoquer la vie aventureuse et théâtrale de Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière. La charrette de l’errance des saltimbanques. Le fauteuil quant à lui, c’est d’abord celui du père tapissier, peu enclin à favoriser les divagations du fils hors des sentiers tout tracés d’un bourgeois industrieux et bien en cour. C’est ensuite celui de Molière, pieusement conservé, dont s’honore encore la Comédie Française. Puis divers protecteurs s’y assiéront, le dévot Prince de Conti, Monsieur Frère du Roi, le Roi Louis XIV en personne. Enfin Molière, en plein Malade Imaginaire, y jouera son ultime rôle. Boulgakov s’était emparé de la vie du plus célèbre homme de théâtre français, universel fauteur de rires et de regards sans concession sur les ridicules et autres travers de la société de son temps.
Ronan Rivière et son truculent compère, Michaël Giorno-Cohen, donnent voix, corps, souplesse, à cette fresque de personnages, entremêlant le récit de Boulgakov avec des tirades de Molière. Le troisième larron, Olivier Mazal, offre la voix de son piano à cette farce jubilatoire et émouvante et Lully, sous ses doigts virtuoses et légers, en rythme les souffles rieurs ou tragiques. On déguste le charme de cette errance têtue qui trouve dans le rire collectif la réponse à la souffrance intime, ou son masque théâtralisé, et se refuse, avant tout, à céder au pouvoir et à la censure.
Molière, décidément, est intemporel et vivant. A.D. Théâtre du Ranelagh 16e.


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