LE MOCHE

Article publié dans la Lettre n°613 du 2 avril 2025


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LE MOCHE de Marius von Mayenburg. Traduction Laurent Muhleisen. Mise en scène Aurélien Hamard-Padis. Scénographie Salma Bordes. Costumes Claire Fayel. Lumières Jérémie Papin. Son Antoine Richard. Avec Thierry Hancisse, Sylvia Bergé, Jordan Rezgui, Thierry Godard.
Brillant ingénieur concevant des connecteurs de courant fort pour l’industrie automobile, Lette est heureux de se rendre à un congrès pour présenter sa nouvelle réalisation. Sa déception est vive lorsqu’il apprend que ce n’est pas lui mais son assistant que le patron a désigné pour cette présentation. Lette est d’autant plus surpris que tout le monde autour de lui trouve cette décision parfaitement normale. Son patron s’étonne qu’il n’en convienne pas. Après quelques atermoiements, il lui en explique la raison: Il est bien trop laid pour vendre quoique ce soit ! Compatissante, sa femme s’efforce de relativiser en mettant en avant sa beauté intérieure mais le choc est rude. Cette prise de conscience brutale l’amène dans le cabinet d’un chirurgien qui après l’avoir prévenu qu’il ne pouvait rien conserver de son ancien visage lui sculpte une tête totalement artificielle. L’opération réussit au-delà de toute espérance. «De moche», le visage de Lette est devenu d’une beauté sublime.
Bien sûr Lette ne reconnaît pas le visage qu’il considère dans le miroir. Bien sûr cette beauté attise la jalousie et la convoitise mais le succès est foudroyant et il compose très vite avec l’engouement qu’il provoque. Il n’est pas indifférent à ces jeunes femmes qui se pressent autour de lui, à celle d’un âge certain qui le perturbe. Sollicité dans le monde entier, il fait la promotion de sa réalisation mais aussi celle du chirurgien en question, qui façonne à tout va des visages identiques au sien. Mais comment rester le seul, l’unique face à toutes ces copies? Comment le vivre et le faire vivre?
1h13 mn 25 s pour 39 séquences, nous annonce-t-on. Un vrai challenge pour Aurélien Hamard-Padis et la troupe. La pièce se déroule comme un thriller où l’identité et le pouvoir sont la base d’une étude sociétale aux multiples facettes où s’entremêlent tous les états, physiques et psychologiques. Une véritable frénésie règne entre le moment où Lette découvre sa laideur et les changements opérés par sa métamorphose. La musique, la couleur des vêtements et celle des lumières aiguillonnent l’action pendant que les comédiens, assignés à plusieurs rôles, passent en un clin d’œil d’un personnage à l’autre jusqu’à la chute inattendue. Un travail d’orfèvre. M-P P. Comédie-Française-Studio 1er.


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