ÇA VA BIEN SE PASSER (j’espère !). Texte Joëlle Bouvier, Robert Bouvier, Simon Romang. Mise en scène Joëlle Bouvier, Simon Romang. Avec Robert Bouvier.
«Ça va bien se passer», se rassure le directeur du théâtre Robert Bouvier lorsqu’on lui annonce que la troupe du Kirov, sensée jouer le soir même, est coincée à l’aéroport. Prêt à tout pour ne pas annuler la représentation, il revêt le costume du prince Siegfried et commence à interpréter son rôle dans le Lac des cygnes. Un moment tellement exaltant qu’il ne croit pas une seconde à devoir rembourser un parterre plus que mitigé. Il glisse alors sur ses souvenirs, ceux de l’enfance avec une première apparition dans la crèche vivante de l’école, une enfance illustrée par un petit garçon plein d’idées singulières. Le virus de la scène s’est pourtant incrusté dans son cœur et devenu grand, il tente le concours d’entrée au conservatoire national de Strasbourg avec le plus grand enthousiasme. Paris l’accueille. Les castings, les premières apparitions au théâtre ou au cinéma se succèdent. Puis une lettre de la ville de Neuchâtel le propulse directeur d’un théâtre qu’il nomme Théâtre du Passage parce qu’il se dit «passeur». Travaux, inauguration, recherche de sponsors, recherche du personnel et caprices des comédiens représentent des aventures de tous les instants…
Polyglotte, imitateur désopilant de Michel Sardou, Vincent Delerme, Jane Birkin, Barbara, entre autres, Robert Bouvier s’inspire de sa propre vie et incarne pas moins d’une cinquantaine de personnages. L’œil rieur et le sourire en coin, il choisit l’autodérision pour dévoiler les affres de ses premières figurations en tant que mort, puis silhouette et, le graal, une seule réplique dans une mauvaise série et raconter toutes sortes d’anecdotes savoureuses. Une rencontre qui tourne court avec Jean-François Balmer, les idées saugrenues de Jean-Quentin Châtelain, la clairvoyance de Matthias Langhoff… Chemin faisant, il donne l’impression que toutes ces années ne furent jalonnées que de difficultés et de déconvenues. Et pourtant, inoubliable François d’Assise (Lettre 458), sa biographie illustre le parcours foisonnant d’un éclectisme exceptionnel. Un seul en scène que l’on a plaisir à revoir ou à découvrir. M-P P. Théâtre Le Funambule Montmartre 18e.