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Lettre n° 641
du 24 juin 2026
 

Nos sélections de la quinzaine

 
 

 

 


 
      THÉÂTRE

 
 


Photo Sébastien Toubon

 



 

ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR d’Alfred de Musset. Mise en scène Stéphane Douret. Avec Jeanne Zuccarelli, Mateo Autret Vasquez, Mathilde de Closets, Fabien Saez, Peio Carrere, Karl Eberhard, Clémentine Torchet ou Manon Sauvage, Jean Segura, Victor Combalbert.
Promis l’un à l’autre depuis leur plus tendre enfance, deux cousins Perdican et Camille se retrouvent après dix ans d’une absence consacrée à l’étude pour l’un et à l’éducation stricte du couvent pour l’autre. Persuadé de l’accord tacite des fiancés, le baron est aux anges. Mais si Perdican est charmé par la beauté de sa cousine, il l’est moins par son ton provocateur. Les religieuses du couvent n’ont pas manqué d’instruire la jeune fille des périls de l’amour et du mariage. Convaincue que son consentement est la porte ouverte à la déception et à la souffrance, Camille ne fait pas mystère du motif de sa venue: «Recueillir» le bien de sa mère et revenir au plus tôt auprès des religieuses. Elle adresse une missive au couvent où elle laisse entendre que son refus a désespéré son cousin. L’orgueil «le plus fatal des conseillers humains» pique Perdican qui a intercepté le courrier. Il use de la naïveté de Rosette, sœur de lait de Camille, pour se venger.
Marqué par sa liaison passionnelle avec George Sand, Alfred de Musset brosse de l’amour et du mariage un portrait désenchanté. Il dénonce les ravages de l’éducation religieuse mais défend l’idéal de l’amour humain et l’acceptation des souffrances qu’il cause dans le célèbre monologue de Perdican, formulé de la plus belle des manières par Mateo Autret Vasquez. La critique du milieu social et du clergé dans lesquels il évolue est vive. Musset s’attache à représenter des personnages grotesques, comme Pluche, Blazius et Bridaine, ou coincés dans le carcan de leur rang social comme le baron, qui servent aux intermèdes comiques. ... (Lire la suite).






 
      EXPOSITIONS ET SITES

 
 

Photo Spectacles Sélection




 

L’ORIENT-EXPRESS. Une épopée moderne (1883-1918). Après l’exposition du musée des Arts décoratifs, c’est au tour de la Villa du Temps retrouvé de Cabourg de nous présenter l’épopée de ce train mythique à l’occasion du 150e anniversaire de la création de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (CIWL).
Le parcours commence par l’évocation, à l’aide d’affiches et de vidéos, des récits suscités par ce train, tels Protéa (1913), James Bond (1963) ou Hercule Poirot (1974). Vient ensuite un ensemble de panneaux, tableaux et accessoires divers décrivant l’environnement des trains et les innovations techniques depuis les années 1830 jusqu’à la Belle Époque. C’est dans ce contexte que le jeune Georges Nagelmackers (1845-1905), descendant d’une influente famille belge de banquiers et d’industriels, découvre aux États-Unis, où il fait un voyage d’étude, la diversité des trains américains et en particulier les fameux sleeping-cars mis au point par Pullman en 1865. Il s’associe alors avec un constructeur de voitures-lits dans le Devon, en Angleterre, et fonde la CIWL en 1876.
Le réseau ferré est déjà bien fourni en Europe et la CIWL commence par louer ses luxueux wagons aux sociétés existantes qui les ajoutent à leurs trains. Ensuite elle lance des trains complets, dont un pour Constantinople, et cela sans attendre que la totalité de la ligne soit terminée. Le premier départ a lieu le 4 octobre 1883, obligeant à divers transbordements. Cela ne rebute pas les prestigieux invités de ce voyage inaugural de 13 jours qui reviennent conquis. Un tableau nous présente quelques-uns des voyageurs ayant emprunté ce train, tels le Prince de Galles, Mata Hari, Agatha Christie, Sarah Bernhardt, Laurence d’Arabie ou encore Pierre Loti. Ils pouvaient emporter avec eux des guides touristiques décrivant le voyage jusqu’à destination.
Vient ensuite, avec la section «L’art de vivre à bord de l’Orient-Express», une description de ces trains de luxe, de leurs tables de restaurant avec de la vaisselle dessinée par les plus grands spécialistes de l’époque, dans laquelle était servie une cuisine française, le train étant ravitaillé tout au long du parcours. Le personnel, dont on voit des photographies, était nombreux et spécialisé et dormait dans des hamacs suspendus dans le wagon restaurant. La CIWL gérait également des agences de voyages, des ateliers d’entretien de ses trains et de grands hôtels, qui ne connurent pas le succès pour ces derniers. .... (Lire la suite).





 

Photo Sémiose, Paris




 

MOI ET LES AUTRES. Regards d’artistes sur nos vies en ligne. Qu’on le veuille ou non, Internet a largement remis en question la frontière entre vie publique et vie privée. Si de nouveaux codes sociaux ont émergé dans notre langue, notre personnalité, etc. les risques induits par la pratique d’Internet et plus encore des réseaux sociaux inquiètent de plus en plus. En cause ces algorithmes, dont on ignore le fonctionnement, qui sont susceptibles de pervertir nos expériences en ligne.
La présente exposition fait appel à trois experts en sociologie, qui nous font part de leurs recherches au moyen de courtes vidéos, et à vingt-trois artistes qui nous transmettent leur ressenti sur ce sujet, sous des formes aussi bien humoristiques que satiriques ou poétiques.
Les commissaires ont conçu un parcours en trois sections, EGO, ALTER et HOLO, auxquelles s’ajoute, en guise de conclusion, un espace, La Bulle, avec une installation qui nous montre comment fonctionnent les algorithmes et comment l'information circule, se resserre ou s'ouvre.
S’aimer et être désiré est au cœur des comportements humains depuis l’Antiquité et le mythe grec de Narcisse. La première partie, EGO, montre comment les réseaux sociaux avec leurs likes, followers, nombre de vues, etc. répondent à ce besoin de visibilité. Parmi les œuvres des six artistes qui illustrent cette première partie, on note Selfie (2023) de Françoise Pétrovitch; Être belle comme elles (2023), de Marilou Poncin qui montre comment devenir Kim Kardashian grâce à divers artifices et FAILED I HAVE, IN EXILE I MUST GO (2020-2023) de Katherine Longly qui illustre comment des japonais, les «hikikomori», s’isolent dans leur chambre pendant de longues périodes et ne communiquent que par Internet.
ALTER, la deuxième partie, décrit comment Internet a redéfini le collectif. Nos liens s’étendent, se multiplient, mais sont-ils pour autant profonds et dignes de confiance? Que sont véritablement tous ces «amis». Dix artistes se sont attelés à nous montrer ce que valent ces liens. Sophie Calle avec sa série «À l’affût» a recueilli les petites annonces matrimoniales publiées dans Le Chasseur français (1905-1914) et dans Le Nouvel Observateur (1950-1960). Elle montre ainsi que ces annonces sont proches de celles laissées aujourd’hui sur Internet dans des applications comme Tinder ou Meetic.... (Lire la suite).






 
 
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