|

Parcours en images de l'exposition
MICKALENE THOMAS
All About Love
avec des visuels
mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue
|
Titre de l'exposition |
|
|
|
Affiche de l'exposition devant le Grand Palais. |
|
Portrait de Mickalene Thomas. © Joshua Woods. |
Salle 1 - INTRODUCTION
|
|
|
Scénographie |
INTRODUCTION
«Mon travail comme mon art émergent d’un espace d’amour» - Mickalene Thomas
Mickalene Thomas (1971, New Jersey) est une artiste reconnue mondialement pour le regard nouveau et résolument engagé qu’elle porte sur la place des femmes noires dans l’histoire, l’art et la société.
Son œuvre s’enracine dans une longue étude de l’histoire de l’art et du portrait classique dont elle réinvente les codes à travers le prisme d’une esthétique queer puissante et de l’érotisme noir. Souvent monumentales, ses compositions mêlant peinture, photographie, collage ou encore vidéo et installation, mettent au défi les concepts traditionnels de beauté, de sexualité et de féminité, tout en célébrant leur diversité et leur pluralité. L’amour en tant que moyen d’émancipation et d’affirmation est au cœur de cette réflexion.
L’exposition All About Love révèle l’œuvre de Mickalene Thomas comme une exploration de l’art d’aimer, du plaisir et de la joie. Ce titre s’inspire du livre All About Love: New Visions (1999) [À propos d’amour: Nouvelles visions], dans lequel l’auteure féministe bell hooks souligne l’importance d’expérimenter l’amour sous toutes ses formes, et combien celui «que l’on construit au sein d’une communauté reste avec nous où qu’on aille».
Le corpus d’œuvres réunies dans cette exposition, réalisées depuis 2006, reflète avant tout cet amour de l’identité noire. C’est même l’ensemble de son travail qui est dédié à la célébration des femmes noires et de leur aspiration individuelle et collective à occuper un espace social et artistique qui leur est encore trop souvent refusé.
|
|
Les œuvres de Mickalene Thomas représentent sa mère, ses amantes, ses amies ou des chanteuses et écrivaines célèbres qu’elle admire, invitant le spectateur au cœur de son univers personnel. À travers la photographie, le collage, la vidéo ou la peinture, qu’elle rehausse d’émail et de strass, l’artiste capture toute la force, la sensibilité et la présence sensuelle des modèles qui nous font face, le regard plein d’assurance. Ses portraits, magnifiés par des compositions vibrantes aux riches textures, prennent place dans des espaces domestiques ou des paysages et s’abandonnent au repos et à la détente, affirmant leur droit au plaisir et à l’expression de soi. Ainsi, elle se réapproprie l’image de la muse face à l’artiste, la remodèle et lui offre un statut nouveau, subvertissant de fait les dynamiques de pouvoir traditionnelles.
Cette exploration s’ancre dans la réinterprétation par Mickalene Thomas de moments emblématiques de l’histoire de l’art européen, et en particulier français, dans lequel la femme est généralement façonnée par le peintre et offerte à son regard. Toute une partie de l’exposition est ainsi consacrée à cet aspect essentiel de son travail où les femmes s’affranchissent de cette position et affirment leur place dans les tableaux les plus célèbres, tels que Le Déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet (1863) ou La Grande Odalisque de Jean-Dominique Ingres (1814). Les grands thèmes de la peinture, du paysage aux scènes d’intérieurs, deviennent un espace d’expression, de réinvestissement de la puissance de l’amour et de l’érotisme des femmes.
Le Grand Palais est le cinquième lieu à accueillir All About Love en ses murs, après le Broad à Los Angeles, la Barnes Foundation de Philadelphie, la Hayward Gallery de Londres et Les Abattoirs à Toulouse. Il s’agit de la première exposition monographique d’envergure de Mickalene Thomas à Paris. |
Texte du panneau didactique.
|
|
|
|
Mickalene Thomas. Screen Test. Vidéo / durée: 4 min 10 s. Courtesy de l’artiste.
|
|
Citation de bell hooks (pseudonyme de Gloria Jean Watkins). |
|
|
Mickalene Thomas. Clarivel Face Forward Gazing, 2024. Strass, peinture acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois,
243.84 x 365.76 cm. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris. |
Salle 2 - 1 DÉESSES AFRO
|
|
|
Scénographie |
«Mon art s’enracine principalement dans la découverte de soi, la célébration, la joie, la sensualité, et dans un besoin de voir des images positives des femmes noires dans le monde.» - Mickalene Thomas.
Les femmes que Mickalene Thomas peint sont toutes issues de son cercle amical, familial ou amoureux, à l’exception de quelques rares modèles professionnelles. Elle travaille souvent pendant de longues périodes avec les mêmes personnes, qu’elle appelle ses «muses» et dont elle admire la connexion profonde avec leur propre beauté, à la fois insolente et fragile. L’autoportrait tient également une place centrale dans son travail à l’image de l’œuvre Afro Goddess Looking Forward, où l’artiste incarne sa propre muse.
Son processus créatif commence par la photographie de ses modèles au sein de décors réalisés sur mesure dans son studio de Brooklyn (New York). Les portraits servent ensuite de point de départ à de grandes peintures réalisées à l’huile, à l’acrylique et à l’émail, et incrustées de strass multicolores. Initialement choisis par l’artiste comme alternative abordable à la peinture à l’huile plus coûteuse, ces matériaux sont depuis devenus sa signature. Ils mettent en valeur le glamour de ses muses et reflètent les thèmes de ses peintures, tels que la parure et la beauté sublimée.
Les peintures de Mickalene Thomas entrent délibérément en dialogue avec l’histoire de l’art occidental à laquelle elles empruntent poses et compositions archétypales. Pour mieux subvertir une tradition picturale dominée par les hommes, elles revendiquent un espace où les femmes noires occupent dorénavant le devant de la scène.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Portrait of Marie, 2015. Strass, peinture acrylique et à l’huile sur toile montée sur panneau de bois, 121,9 X 91,4 X 5,1 cm. Collection privée. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Portrait of Aaliyah, Night on the Town, 2008. Strass, acrylique et émail sur panneau, 183 x 117 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Madame Carrie, 2018. C-Print, 104 x 79 x 5 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. Afro Goddess Looking Forward, 2015. Strass,acrylique et huile sur panneau de bois, 152,4 x 243,8 x 5,1 cm. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris.
Dans cette peinture Mickalene Thomas se présente à la fois comme artiste et comme muse. À partir d’un autoportrait photographique réalisé en 2006, elle se représente installée dans une posture détendue et majestueuse, pleine d’aisance et de confiance. Son visage est rehaussé d’une photographie légèrement agrandie de ses yeux, à la manière d’un masque. L'artiste affirme sa présence dans l’espace artistique et muséal, remettant en question la marginalisation et l’objectivation des personnes noires au sein de la tradition occidentale du portrait. La composition rappelle Olympia (1863), le célèbre tableau d'Édouard Manet, sur lequel une femme blanche se prélasse sur un lit, tandis qu’une femme noire anonyme se tient derrière elle, un bouquet de fleurs à la main. |
|
Mickalene Thomas. Din avec la main dans le miroir et jupe rouge, 2023. Strass, paillettes et peinture acrylique montée sur panneau de bois, 228,6 x 279,4 cm. Collection privée.
«Din est une étudiante en médecine timide qui se transforme comme un caméléon, différente de toutes les autres femmes avec lesquelles j'ai travaillé.»
Din, l’une des muses de longue date de Mickalene Thomas, est ici représentée dans une scène intime, entourée d’un riche décor de textiles à motifs.
La modèle semble comme surprise par le spectateur dans un moment d'intimité.
Tenant nonchalamment le miroir dans sa main droite, tourné vers sa jupe écarlate, Din n’a pas besoin de s'y regarder pour s'assurer de sa propre beauté. Au contraire, elle tourne vers nous un regard assuré et confiant. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Vitrine vue d'un côté et de l'autre.
|
Salle 2 - 2 PHOTOGRAPHIES
|
|
|
Scénographie |
Dès le début de sa carrière, Mickalene Thomas développe un travail particulier autour de la photographie de portrait: dans la lignée d’artistes comme le photographe malien Seydou Keïta ou Malick Sidibé, elle recrée dans son studio des espaces domestiques que ses modèles peuvent habiter et où elles peuvent s’épanouir.
Sous son objectif, les modèles posent dans des tenues choisies ou créées par l’artiste, comme pour l’œuvre Déjeuner sur l’herbe : trois femmes noires. Mickalene Thomas entretient un rapport intime à la mode, qui lui vient d’abord de sa mère mannequin, Sandra Bush, présente dans deux photographies de cette salle. Elle envisage le style vestimentaire comme un geste radical d’affirmation de soi. Les tenues de ses modèles – vêtements aux couleurs vives et aux motifs complexes – vont directement puiser dans l’esthétique «super-fly» [issue des films blaxploitation] des années 70, étroitement liés à l’émancipation des noirs américains dans le sillage du mouvement de lutte pour les droits civiques. Utilisées au départ comme de simples ressources pour ses peintures, les photographies deviennent ensuite des œuvres à part entière, au côté des collages qui témoignent ici de l’étendue de son travail, depuis les pochettes d’album jusqu’aux illustrations d’articles et à ses propres prises. Quant à ses modèles, on compte parmi les plus notables sa mère, mais aussi la chanteuse Solange Knowles et l’artiste Carrie Mae Weems.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Portrait of Sidra Sitting, 2012. C-Print, 121,92 x 152,4 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Maya #7, 2017. Photographie couleur et collage sur papier sur carton d’archivage Image, 31,8 × 39,4 × 4,4 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. (If Loving You is Wrong) I Don’t Want to Be Right, 2006, réédité en 2014. Fibres imprimées teintées de sélénium, 38,74 x 47 x 5,1 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. Untitled #5 (Orlando Series), 2019, réédité en 2024. C-Print, 144,8 x 109.2 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. Sandra: She’s a Beauty, 2012. C-Print, 162,6 x 132,1 cm. Courtesy de l’artiste.
Pendant ses études à Yale, Thomas a commencé à photographier sa mère, Sandra Bush. Ces photographies ont inspiré de nombreuses peintures, collages et autres œuvres. Bush a connu une période de problèmes de santé et est décédée la même année où l'une de ces photographies a été prise. Lorsque Thomas lui a demandé comment elle souhaitait qu'on se souvienne d'elle, Bush a répondu: «Je veux qu'on se souvienne de moi comme d’une grande et belle femme.» |
|
Mickalene Thomas. Madame Mama Bush, 2006. C-Prints, 31,8 x 102 cm.
Courtesy de l’artiste.
|
|
|
|
Mickalene Thomas. Déjeuner sur l’herbe: Three Black Women, 2010. C-Print, 121,9 x 152,4 cm. Courtesy de l’artiste. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris. |
|
Mickalene Thomas. Afro Goddess with Hand Between Legs, 2006. C-prints, 31,8 x 102 cm. Courtesy de l’artiste. |
Salle 3 - ICÔNES
|
|
|
Scénographie |
ICÔNES
L’œuvre de Mickalene Thomas trouve une partie de ses racines dans la culture populaire, mêlant références cinématographiques, musicales ou télévisuelles.
L’artiste grandit dans les États-Unis des années 1960-1980, en pleine explosion du mouvement Black is Beautiful qui conteste l’imposition des normes esthétiques blanches et valorise la beauté noire. C’est alors sur les écrans, à la radio ou dans les pages des magazines que les femmes noires peuvent trouver un lieu où apparaître, se reconnaître et s’admirer. L’artiste dédie les œuvres de cette salle à plusieurs figures iconiques de la culture africaine-américaine, qui ont marqué l’histoire par l’importance de leur carrière et de leurs succès. On retrouve ainsi les actrices Whoopi Goldberg et Diahann Carroll, la mannequin Naomi Sims, et la diva du disco Eartha Kitt, dont la voix rauque et suave résonne dans les vidéos Angelitos negros et Me as Muse.
Ces icônes, qui ont réussi à briser le plafond de verre imposé par des industries intrinsèquement racistes et sexistes, offrent à l’artiste une définition de la beauté qui transcende la simple apparence, en s’incarnant aussi dans l’activisme et la persévérance. Leurs visages imprimés sur des miroirs nous renvoient notre propre regard, engageant une relation faite de reconnaissance et de validation réciproque.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Diahann Carroll #2, 2017. Sérigraphie à l’encre sur miroir acrylique monté sur panneau de bois, 182,88 x 152,4 x 5,08 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
|
|
|
|
|
Mickalene Thomas. Naomi Sims, 2016. Sérigraphie à l’encre sur miroir acrylique monté sur panneau de bois, 182,88 x 340,36 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. Celie, 2016. Sérigraphique et peinture acrylique sur miroir acrylique, monté sur panneau de bois, 152,4 x 181,88 cm. Collection privée. |
|
Scénographie avec vue sur les salles adjacentes. |
Salle 4 - 1 ODALISQUES
|
|
|
Scénographie |
L’étude de l’histoire de l’art et du portrait classique est au cœur de l’œuvre de Mickalene Thomas.
L’art – en particulier la peinture traditionnelle – a été utilisé par les cultures dominantes et les élites pour se promouvoir et perpétuer les structures de pouvoir. L’artiste emploie son art comme moyen de résistance à l’exclusion des femmes noires de cette histoire, mais aussi contre leur réduction à des figures de servitude ou de divertissement. Dans les toiles de cette salle, elle renverse la représentation canonique du nu dans l’histoire de l’art occidentale, en
|
|
évinçant la femme blanche dénudée du lit où elle est souvent étendue, accompagnée d’une servante noire en retrait. De A Little Taste Outside of Love à Tan n’Terrific, ce sont les femmes noires qui se prélassent, seules, au milieu de riches draperies et de joyaux.
Si certaines empruntent des postures sensuelles elles sont pourtant loin d’être reléguées à une position de passivité ou au statut d’objet. Représentées dans des poses marquant leur confort et leur confiance, les muses de Mickalene Thomas défient les stéréotypes racistes et misogynes pour assumer les rôles d’icônes mythiques et de figures puissantes et sensuelles. La dimension imposante des toiles et le regard surplombant des modèles engagent un rapport fondé sur le respect. «Elles ont tout le pouvoir et le contrôle nécessaires pour exiger du spectateur qu’il les rencontre dans leur propre espace, plutôt que d’être exploitées ou scrutées», atteste l’artiste.
|
Texte du panneau didactique.
|
|
|
|
Mickalene Thomas. A Little Taste Outside of Love, 2007. Strass, acrylique et peinture émaillée sur panneau de bois, 274,3 x 365,8. Collection Brooklyn Museum, don de Giulia Borghese and Designated Purchase Fund.
Au cours du 18e siècle, l'expansion coloniale européenne éveille une fascination des Européens pour la culture de l’Empire ottoman. Les artistes commencent alors à peindre des odalisques, servantes au service de la cour du sultan, dans des postures langoureuses, comme La Grande Odalisque d’Ingres (1814).
Mickalene Thomas réinterprète ce motif en le plaçant en dehors du domaine du fantasme masculin, pour le positionner dans un espace de confiance et de respect mutuel entre deux femmes - l'artiste et son modèle. Il s’agit ici de Maya, une amie et ex-petite amie de Mickalene Thomas.
Contre une tradition picturale représentant les femmes noires «hors de l'amour», l'artiste revendique un regard aimant entre le modèle et le regardeur. Elle déclare avoir fait le choix de cette grande échelle car «les gens doivent engager le dialogue avec ce corps monumental, face à face». |
|
Mickalene Thomas. Tan n’Terrific, 2024. Strass, paillettes et peinture acrylique sur toile montée sur panneau de bois. Sous verre, 243,8 x 406,4 cm. Courtesy Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles. |
|
Mickalene Thomas. Sleep: Deux femmes noires (sic), 2012. Strass, peinture acrylique, huile sur toile montée
sur panneau de bois avec cadre en chêne, 609,6 x 274,32 cm. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris.
Cette œuvre fait écho au tableau Le Sommeil (1866) du peintre Gustave Courbet, représentant deux femmes blanches étendues dans une étreinte sensuelle, entre les draps froissés d’un lit défait.
La réinterprétation de la scène par Mickalene Thomas présente deux femmes noires enlacées, sommeillant au cœur d’un patchwork éclatant d'arbres verdoyants et d’un coucher de soleil orangé. En plaçant ses modèles au milieu d’un paysage, elle s'éloigne de l'érotisme voyeur imprégnant la scène intime de chambre à coucher choisie par Courbet, pour représenter cet amour saphique comme naturel et sans honte.
Les strass qui cernent les contours des corps des modèles se présentent comme une réappropriation singulière de la technique pointilliste. L'artiste revendique l'usage de ce matériau artisanal et considéré comme ultra-féminin comme une remise en question supplémentaire du canon pictural occidental.
|
|
Scénographie avec vue sur la deuxième partie de la salle. |
|
Mickalene Thomas. Installation reproduisant le salon de la grand-mère de l'artiste à la fin das années 1970. |
Salle 4 - 2 MÉMOIRES DOMESTIQUES
|
|
|
Scénographie |
Dans cette installation, l’artiste reconstitue sous forme de «tableaux» deux salons issus de deux périodes distinctes de la première partie de sa vie. D’un côté, le salon de l’appartement de sa grand-mère à la fin des années 1970, de l’autre, le salon de sa mère dans les années 1980, comme le montre une paire de polaroïds de sa mère placés dans l’installation. Pour Mickalene Thomas, ces environnements évoquent le souvenir d’espaces-refuges où les femmes tenaient des réunions joyeuses. «Je me trouvais à l’extérieur, l’oreille collée à la porte, essayant de participer à cette effervescence, alors que j’aurais dû dormir à l’étage», se souvient l’artiste.
À l’intérieur d’un des salons se trouve une œuvre du début de sa carrière, le triptyque Lounging, Standing, Looking (2003). On y voit la mère de l’artiste, Sandra Bush, qui pose dans le style de l’actrice Pam Grier, star de la Blaxploitation, courant majeur du cinéma des années 1970. Après le décès de sa mère en 2012, Mickalene Thomas a honoré sa mémoire avec des moulages en bronze d’objets personnels, tels que ses bracelets, exposés dans l’installation. On y trouve aussi des meubles tapissés, en hommage à sa grand-mère qui se servait de vêtements de seconde main pour raccommoder son mobilier.
|
|
«J’ai créé des décors domestiques principalement pour que les femmes noires - mes muses – puissent se détendre et vivre de nouvelles expériences au sein d’environnements familiers, qui puissent ressembler au salon de leur mère ou de leur grand-mère.» - Mickalene Thomas.
Les intérieurs domestiques que Mickalene Thomas réalise servent d’arrière-plan à de nombreuses œuvres: il s’agit à la fois d’environnements immersifs qu’habitent ses sujets lors des séances de photos, de décors pour ses peintures et d’installations recréant des pièces de son enfance, ici des maisons de sa mère et de sa grand-mère.
«Le salon est l’endroit où l’imagination noire devient visuelle», écrit la poétesse Elizabeth Alexander dans L’intérieur noir (2004). L’autrice suggère que le foyer revêt une signification sacrée pour les Africains-Américains, longtemps confrontés à l’impermanence et à la privation d’un tel lieu en raison de l’esclavage, de la ségrégation, de la discrimination dans l’accès au logement, et de la gentrification. La maison, et le salon en particulier, devient un lieu de reprise du pouvoir et d’affirmation d’une culture et d’une créativité.
Dans l’installation présentée ici, Thomas explore la manière dont notre identité est façonnée par les espaces que nous habitons, les vêtements que nous portons, la musique que nous écoutons et les livres que nous lisons. |
Texte du panneau didactique.
|
|
|
|
Mickalene Thomas. Sweet Chocolate #1, 2024. Strass et peinture acrylique sur toile montée sur panneau de bois, 182,9 x 152,4 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Honey #1, 2024. Strass et peinture acrylique sur toile montée sur panneau de bois, 182,9 x 152,4 cm. Courtesy de la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Portrait of Maya #8, 2015. Strass, acrylique, peinture émail et sérigraphie sur panneau de bois, 152,4 x 243,8 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Left Behind #2, 2014. Strass, acrylique, huile, émail sur panneau de bois, 243,9 x 152,4 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Installation reproduisant le salon de la mère de l'artiste dans les années 1980.
|
|
Mickalene Thomas. Lounging, Standing, Looking (2003). |
|
|
|
Mickalene Thomas. Courbet #4 (Marie Centered), 2011. Polaroid, 87,2 × 77,2 cm. Courtesy de l’artiste.
Cette photographie est liée à Sleep: Deux femmes noires (exposée par ailleurs), qui représente deux personnages enlacés dans un paysage. Ces deux œuvres font partie de la réinterprétation par Thomas du tableau Le Sommeil (1866) du peintre français du XIXe siècle Gustave Courbet, qui représente un couple de lesbiennes enlacées. Thomas a travaillé avec deux modèles, Marie et Melody, pour créer sa version du tableau de Courbet. Ici, Marie est représentée seule. Le polaroid sépia et le cadre métallique doré évoquent le milieu du XIXe siècle, suggérant à la fois la période du tableau de Courbet, mais aussi la photographie ethnographique des esclaves aux États-Unis. |
|
Mickalene Thomas assise dans l'installation ci-dessus durant les interviews des journalistes. Photo Spectacles Sélection. |
|
Mickalene Thomas. Moment’s Pleasure #2, 2008. Strass, peinture acrylique et peinture émaillée sur panneau de Bois, 182.9 x 213.4 cm.
Collection Christopher et Alison Melton. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris. |
Salle 5 - LES LUTTEUSES
|
|
|
Scénographie |
Avec la série Brawlin Spitfire Wrestlers, réalisée plus tôt dans sa carrière (2005-2007), Mickalene Thomas explore les différentes facettes de sa personnalité. Ces œuvres, réalisées avec la collaboration de l’artiste Kalup Linzy, sont autant de représentations d’elle-même où seul son visage apparaît. Les contorsions des figures luttant entre elles incarnent de façon semi-autobiographique les conflits internes qui surgissent entre nos identités multiples, notamment dans notre relation au reste de la société. Les personnages enlacés brouillent la frontière entre le plaisir érotique et la douleur, la lutte et l’affection, la domination et la soumission, multipliant les expressions du désir. L’artiste s’inspire ici à la fois de la mythologie des Amazones, incarnées aujourd’hui par des héroïnes de comics comme Wonder Woman, Shuri, Ninja G, ou Martha Washington, et de la tradition iconographique des lutteuses, de l’Antiquité aux sculptures du XVe siècle de l’Italien Antonio Pollaiuolo; autant de représentations de femmes fortes et séduisantes dans des positions de lutte violente, porteuses d’une réflexion sur la complexité d’être perçue comme telle. Les justaucorps à motifs zèbre ou léopard arborés par les lutteuses peuvent être vus comme une critique des représentations volontairement stéréotypées de la femme noire comme agressive ou hypersexualisée – clichés développés pendant les périodes coloniales puis esclavagistes, et qui perdurent encore aujourd’hui.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. This Is Where I Came In, 2007. Strass, acrylique et émail sur panneau de bois, 182,88 x 152,4 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
|
|
Mickalene Thomas. It’s All Over but the Shouting, 2006. Strass, acrylique et émail sur panneau de bois, 182,9 x 152,4 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Making the Best of A Bad Situation, 2007. C-Print montée sur plexiglas, 94 x 76,2 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. This is it, 2010. Strass, acrylique et émail sur bois, 122 x 182 cm.
Collection privée. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Just When I Need You Most, 2007. C-Print montée sur plexiglas, 94 x 76,2 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. It’s All Over but the Shouting, 2005. C-Print monté sur plexiglas, 243.84 x 213.36 cm. Collection privée. |
Salle 6 - AVEC MONET
|
|
|
Scénographie |
Pour Mickalene Thomas, présenter ses œuvres à Paris n’est pas anodin, dans la mesure où elles ont largement été influencées par des peintres y ayant vécu et travaillé. Une grande partie de son travail consiste à se réapproprier une iconographie construite par des artistes français célèbres, d’Ingres à Manet en passant par Courbet, Boucher et Modigliani.
Par ailleurs, de nombreux artistes et écrivains africains-américains qu’elle admire, dont Joséphine Baker, Archibald J. Motley, Jr., Lois Mailou Jones ou encore James Baldwin, y ont émigré tout au long du XXe siècle. En 2011, elle se rend en France à l’occasion d’une résidence dans la maison de Claude Monet, à Giverny. Au cours de cette expérience formatrice, elle approfondit son exploration du paysage et de l’espace domestique, non seulement comme espaces de loisir et de beauté, mais aussi comme lieux de création artistique. Elle est également marquée par la biographie du peintre, en particulier par son désir de liberté et de rébellion contre les normes de son époque.
Les œuvres de cette salle, produites pour l’exposition de Mickalene Thomas au Musée de l’Orangerie en 2022, proposent son interprétation personnelle des espaces que Monet s’était inventés, réinvestis par l’usage du collage, du cristal et du strass, ainsi que sa propre version du célèbre Déjeuner sur l’herbe, d’abord peint par Manet (1863) puis réinterprété par Monet (1865).
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Tamika sur une chaise longue, 2008. Photographie couleur, linoléum et collage de papier sur carton d’archivage, 16,5 × 21 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Me As Muse, 2016. Installation vidéo multimédia réalisée avec des caméras Super 8 et HD. Dimensions totales : 146 x 269,88 x 81,28 cm. 12 écrans vidéo, chacun mesurant 48,5 x 61,2 x 47 cm, 146,1 x 269,9 x 81,3 cm (dimensions totales variables). Courtesy de l’artiste.
Avec Me as Muse, l'artiste critique l’idée de la muse dans l'art occidental, à travers son propre corps. Des images de l'artiste nue, allongée dans la pose d'une odalisque, apparaissent et disparaissent, se mélangeant à des images de nus emblématiques de l’histoire de l’art européen, de stars telles que la mannequin Grace Jones, mais aussi de Saartje Baartman, surnommée «La Venus Hottentote», une femme Khoïsan du sud-ouest de l'Afrique qui a été exploitée et exhibée dans le cadre d'expositions coloniales à travers l'Europe au 19e siècle, avant de mourir à Paris en 1815.
Mickalene Thomas incarne ici une résistance à l'emprise iconographique exercée sur le corps des femmes noires non seulement par l'histoire de l'art occidentale, mais aussi par l'anthropologie et des siècles de racisme scientifique européen. La bande son est une interview de la BBC de la célèbre actrice et chanteuse noire Eartha Kitt (1927-2009), dans laquelle elle évoque sans fards les abus, les souffrances et le racisme qui lui ont été infligés tout au long de sa vie.
|
|
Mickalene Thomas. Le Déjeuner sur l’herbe: les Trois Femmes Noires avec Monet, 2022. Photographie couleur, papiers imprimés, peinture acrylique et strass sur papier, montage sur dibond, 170,2 x 123,2 cm. Collection privée.
1863, réinterprété par Monet en 1865-66. La toile de Manet, qui a suscité une extraordinaire controverse à l’époque de sa création, montre un pique-nique rassemblant deux hommes en habit du dimanche et deux femmes nues.
L'artiste remplace ces figures blanches par un trio de femmes noires parées de coiffures afro et de robes aux riches imprimés colorés évoquant les années 1970, apogée des mouvements pour les droits civiques et Black is Beautiful aux États-Unis. Confortablement et fièrement installées dans cet espace conçu pour elles, les trois amies de l'artiste nous toisent tout autant que nous les regardons, créant un rapport de reconnaissance et d'approbation. À travers cette réinterprétation picturale d'un motif canonique, elle remet en cause l'entre-soi de l'histoire de l'art traditionnelle, tout en célébrant la sororité et la joie noires. |
|
|
Scénographie |
|
Mickalene Thomas. La Maison de Monet, 2022. Photographie couleur, papier mixte, strass et acrylique sur papier pressé à chaud
monté sur Dibond, 548,64 x 307,34 cm. Courtesy de la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles.
En 2011, Mickalene Thomas participe à une résidence d'été dans la maison de Claude Monet à Giverny. L'artiste est frappée par la démarche méticuleuse de transformation de sa maison en espace créatif personnel réalisée par Monet. Cette expérience a nourri sa réflexion sur l'investissement des espaces domestiques comme des lieux d'inspiration et de loisirs. Durant ce séjour, témoigne-t-elle, elle a été libre de créer dans un environnement paisible sans avoir à justifier de son identité, son genre ou sa vie: «j'étais libre de regarder par la fenêtre et de faire un paysage si j'en avais envie. Libre comme Monet.»
Pour concevoir ce collage monumental, Thomas s'est appuyée sur la cinquantaine de collages de petits formats réalisés à partir de ses photographies du domaine. Par un jeu sur les impressions, les degrés de résolution et les intensités chromatiques, magnifiés par les cristaux Swarovski qui surlignent les formes de la végétation et de la maison, elle crée une œuvre immersive qui transcrit sa propre expérience des lieux.
|
|
|
|
Salle 7 - RÉSISTE
|
|
|
|
|
Escalier d'accès au niveau supérieur. |
|
Tableau sans cartel. |
|
Scénographie |
|
Citation |
|
|
|
Mickalene Thomas. Shrine, 2024. Installation multimédia. Dimensions variables. Courtesy de l’artiste.
|
|
Scénographie |
«Je définis mon travail comme un acte féministe et politique... Je suis noire, queer et femme» - Mickalene Thomas.
Si tout l’art de Mickalene Thomas souhaite dénoncer et réparer les injustices et les difficultés auxquelles les personnes noires – et particulièrement les femmes – sont confrontées, la série Résiste met l’accent sur la brutalité de l’expérience des personnes noires aux États-Unis, en se concentrant sur l’histoire de l’activisme en faveur des droits civiques des années 1960 à nos jours. La peinture Guernica detail (Resist#7) fait ainsi office de mémorial dédié aux personnes noires ayant succombé aux violences policières et carcérales aux États-Unis, nous confrontant à la mémoire de ces nombreuses victimes.
En écho, les collages Power to the People (Resist #12), 2023, et Say Their Names (Resist #6), 2021, dont les titres sont issus de slogans protestataires, explorent le rôle central des femmes noires dans l’activisme pour les droits civiques.
|
|
En superposant des images d’archives de manifestations et des fragments de photographies récentes documentant divers mouvements de justice sociale tels que Black Lives Matter, l’artiste crée des connexions visuelles entre passé et présent. S’inspirant d’artistes comme les peintres africains-américains Romare Bearden (1911-1988) ou Faith Ringgold (1930-2024), elle fait du collage un outil politique qui permet à la fois de révéler la violence et l’injustice, et de créer de nouveaux récits, témoignant et enseignant ce qu’est la résistance.

|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Say Their Names (Resist #6), 2021. Diptych: 340,36 x198,12 x 5,1 cm (overall). Strass et peinture acrylique sur toile montée sur panneau de bois. Collection privée. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Guernica Detail (Resist #7), 2021. Strass, peinture acrylique et à l’huile sur toile montée sur panneau de bois, 152.4 x 243.84 x 5,1 cm. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris.
Cette œuvre est un collage d'images de manifestations américaines pour les droits civiques des années 1960 et de celles de manifestations plus récentes contre les violences policières.
En bas à droite, des étudiants de la Caroline du Nord manifestent pour la liberté et l'égalité dans les années 1960. La partie supérieure représente un bâtiment incendié lors des soulèvements de 2020 à Minneapolis, Minnesota, à la suite du meurtre de George Floyd qui donnera ensuite naissance au mouvement Black Lives Matter.
L'œuvre est recouverte d'images de l'œuvre Guernica (1937) de Picasso, devenue un symbole de la dénonciation des violences guerrières, réalisée en réponse immédiate au bombardement par les forces fascistes de la ville basque de Guernica pendant la guerre civile espagnole. En tissant un lien entre ces événements, l'artiste souligne les échos intergénérationnels entre les activistes et la lutte continue pour les droits civiques et la justice. |
|
Mickalene Thomas. Power to the People (Resist #12), 2023. Strass, peinture acrylique et huile sur toile montée sur panneau, 243,84 x 152,4 cm. Courtesy de l’artiste.
Ici, Mickalene Thomas explore à la fois le rôle central des femmes noires dans l’activisme pour les droits civiques aux États-Unis, et le pouvoir d’action de la photographie de manifestation.
Des images sérigraphiées de violences policières exercée contre les manifestants dans les années 1960 sont superposées sur la toile. Au centre, l’image d’Amelia Boynton Robinson, figure majeure du mouvement des droits civiques, est portée par d’autres manifestants en soutien à la militante blessée par la police lors d’une manifestation à Selma, Alabama, en 1965. Cet événement, connu sous le nom de «Bloody Sunday», a joué un rôle de catalyseur dans la décision d'adoption de la loi sur le droit de vote de 1965, qui visait à mettre fin à la discrimination raciale pour accéder à ce droit. |
|
Scénographie |
Salle 8 - COLLAGE (1)
|
|
|
Scénographie |
Qu’il s’agisse d’agencer les uns sur les autres des tissus à motifs dans ses compositions photographiques, ou de découper et réarranger des images en utilisant la technique du papier collé, le collage s’impose très tôt comme un médium central dans l’œuvre de Mickalene Thomas.
L’artiste puise son inspiration dans un large éventail de sources, autant chez les artistes Romare Bearden (1911-1988) et Faith Ringgold (1930-2024) qui, dès le siècle précédent, ont utilisé cette technique comme moyen d’expression personnel et politique pour explorer leurs expériences en tant qu’Africains-Américains, que chez les modernistes européens, dont Pablo Picasso (1881-1973) et Henri Matisse (1869-1954). Son usage du photocollage, comme moyen d’exploration identitaire et d’interrogation des représentations relayées par les médias de masse, peut aussi être rattaché à une lignée d’artistes féministes telles que l’Allemande Hannah Höch (1889-1978) ou la Française Claude Cahun (1894-1954).
Mickalene Thomas s’inspire aussi de l’érotisme noir présenté dans les magazines populaires des années 1970, en particulier la revue Jet, avec ses pages centrales sur «La Beauté de la semaine» et ses calendriers de pin-up. On retrouve également dans son choix d’archives des publications issues du magazine parisien Nus Exotiques. Utilisant le collage pour réinterpréter visuellement ces documents, elle nous encourage à réfléchir aux évolutions et aux persistances des représentations visuelles des femmes noires à travers le temps.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Untitled #10, 2014. Acrylique, peinture à huile, paillettes, strass, pastel à l’huile, pastel sec et graphite sur panneau de bois, 243.84 x 182.88 cm. Collection privée. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris.
Pour ses Tête de Femme, assemblages de matières colorées et de motifs zébrés ou pailletés, Thomas a d’abord collaboré avec son maquilleur de studio de longue date, Vincent Oquendo, sur de petits collages rapidement réalisés pour capturer l'essence du sujet. Elle a ensuite développé toute une série, en dialogue plus étroit avec le collage cubiste et notamment les linogravures Tête de Femme de Picasso des années 1960.
Intégrant des clins d'œil au Pop Art d’Andy Warhol, l'artiste réinvente l’abstraction hors du canon occidental incarné par Picasso ou Matisse. Dans ces visages chamarrés se retrouvent à la fois un écho symbolique aux masques que les femmes noires doivent porter pour survivre, et un rapport plus large à l'exploration identitaire et à la célébration de soi.
Comme elle l'explique, «ces éléments ne concernent pas nécessairement l'expérience noire; ils sont liés au fait de se masquer, se déguiser, se maquiller - d’amplifier la façon dont nous nous voyons nous-mêmes. Cela va au-delà d'une esthétique noire.» |
|
|
|
Mickalene Thomas. December 1950, 2023. Strass, paillettes, fusain, acrylique et peinture à l’huile sur toile montée sur panneau de bois, 218,4 x 182,9 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. November 1977, 2023. Impression par sublimation thermique et strass, 154,305 x 124,142 cm. Collection privée. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. Jet Blue #15, 2020. Photographie couleur, papier mixte, strass, tissu en fibre de verre et cristaux Swarovski sur papier, 92,71 x 66,68 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Untitled #12, 2015. Strass, acrylique et huile sur toile. Collection privée. |
Salle 9 - COLLAGE (2)
|
|
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. Jet Blue #50, 2022. Photographie couleur, techniques mixtes, papier et strass sur papier pressé à chaud. Monté sur Dibond, 92,71 x 66,68 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. November 1950, 2021. Strass, peinture acrylique, huile sur toile montée sur panneau de bois avec cadre en chêne, 218.8 x 132.2 x 7.3 cm. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Landscape with Camouflage, 2011. Photographie couleur et collage sur papier sur carton d’archivage, 41,91 x 47,63 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. Untitled #6, 2014. Collage de papier photographique couleur, paillettes, papier contact et graphite sur panneau d’archivage. Courtesy de l’artiste. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. Portrait of Wrestler #5 [Brawlin’ Spitfire Two] Panel #123, 2007. 2 panneaux. Strass, acrylique et émail sur panneau de bois, 61 x 50,8 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. Portrait of Wrestler #9 [Brawlin’ Spitfire Two] Panel #120, 2007. Strass, acrylique et émail sur panneau de bois, 61 x 50,8 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. Clarivel Centered, 2013. Photographie couleur et collage sur papier sur carton d’archivage, 40,64 x 27,94 cm.
Courtesy de l’artiste. © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Untitled #10, 2014. Collage de papier, paillettes, graphite, marqueur et pastel à l’huile sur carton d’archivage. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. Portrait of Mickalena, 2010. Strass, acrylique et émail sur panneau de bois, 152,4 x 121,92 cm. Collection privée. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. Nus Exotique #6, 2023. Photographie couleur, papier mixte, strass et peinture acrylique sur papier monté sur Dibond, 94,3 x 94,3 x 6,67 cm. Collection privée.
Avec la série Nus Exotiques, Mickalene Thomas explore la culture européenne, qui lui offre d’autres perspectives sur la diaspora africaine et la manière dont les modèles noirs ont été perçus, fétichisés et exotisés par le regard occidental, dans un contexte colonial. La série tire son nom d’un magazine de photographie français des années 1950 qui présentait des portraits de femmes noires dénudées, réalisés par le photographe italien Paul Facchetti. L'artiste aborde ces photographies - créées par et pour des hommes blancs - du point de vue d’une femme noire lesbienne, avec l'intention de subvertir les rapports de pouvoir impliqués dans ces images. Elle nous invite ainsi à faire face au caractère conventionnel de ces images et à interroger l’évolution du regard porté sur les corps noirs à travers le temps. |
|
Mickalene Thomas. Nus Exotique #2, 2023. Photographie couleur, papier mixte, peinture acrylique et strass sur papier musée monté sur Dibond, 105,89 x 107,37 x 6,67 cm. Collection privée. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. The Struggle Within 2005. Papier, photographie et ruban adhésif collage avec peinture acrylique, 33,02 x 33,02 x 5,08 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. February 1976, 2021. Strass, paillettes, fusain, acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois et cadre en chêne, 208,6 x 249,2 x 7,3 cm. Collection privée. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Keri On, 2009. Photographie couleur, collage de linoléum et de papier sur carton d’archivage, 46,99 x 40 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. This is where I came in, 2007. |
|
Scénographie |
|
|
|
Mickalene Thomas. June 1976, 2022. Strass, paillettes, fusain, acrylique et peinture à l’huile sur toile sur panneau de bois avec cadre en chêne, 188 x 157,5 x 7 cm. Collection privée. |
|
Mickalene Thomas. Interior: Green and White Couch, 2011. Photographie couleur et collage sur papier sur carton d’archivage, 43,18 x 46,99 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Untitled #2, 2013. Paillettes, papier mixte, maquillage et peinture acrylique sur carton d’archivage, 53,3 × 43,8 × 4,4 cm. Courtesy de l’artiste. |
|
Mickalene Thomas. May 1975 Redux, 2022. Strass, paillettes, fusain, acrylique et huile sur toile montée sur panneau de bois, 187,96 x 157,48 cm. Collection privée. |
10 - JE
|
|
Dans la série Je, filmée en partie à Paris, Thomas aborde les thèmes de l’intime, de l’expression et de l’amour de soi en se faisant personnage central de ses œuvres. En acceptant de céder la caméra – et le pouvoir du regard – à une tierce personne qui n’est d’autre qu’elle-même, elle pousse un peu plus loin le questionnement quant à la relation entre l’artiste et sa muse. Dans cette série de vidéos réalisée selon les codes du film noir, l’installation en single-channel instaure une atmosphère à la fois romantique et voyeuriste.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Mickalene Thomas. Hair Portrait #15, 2013. Strass et acrylique sur panneau de bois, 61 x 50,8 cm chaque; l’ensemble: 121,9 x 101,6 cm. Collection privée. |
|
|
|
Mickalene Thomas. Installation. |
|
Mickalene Thomas. Je, 2013. Vidéo / durée: 20 min 7 s. Courtesy de l’artiste.
|
|