Parcours en images de l'exposition

LE GRAND DAUPHIN (1661-1711)

avec des visuels mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue

Parcours accompagnant l'article publié dans la Lettre n°629 du 7 janvier 2026


 

Entrée de l'exposition
 

«Fils de roi, père de roi, et jamais roi»: c'est en ces termes lapidaires que le célèbre mémorialiste Saint-Simon a résumé la vie de Louis de France (1661-1711), appelé Monseigneur de son vivant, puis le Grand Dauphin à sa mort.
Fils aîné de Louis XIV et de Marie-Thérèse, bientôt seul enfant légitime à survivre, Monseigneur porte à sa naissance le titre de Dauphin qui, depuis le Moyen Âge, désigne l’héritier du trône de France. On le reconnaît notamment à son animal héraldique, le dauphin, représenté au naturel ou stylisé. Deuxième personnage du royaume après le roi et symbole de continuité dynastique, Louis est l’objet de toutes les attentions durant son enfance. Destiné à régner, il reçoit une éducation complète et innovante que suivront après lui plusieurs générations de princes.
À dix-neuf ans, il épouse Marie-Anne de Bavière et de cette union naissent trois fils. Le cadet connaît un destin exceptionnel: il devient roi d’Espagne sous le nom de Philippe V, fondant une dynastie qui règne encore de nos jours. Monseigneur est donc père de roi.
À l'instar de Louis XIV, le Grand Dauphin est un immense collectionneur. À Versailles, il réunit des toiles de maîtres, des meubles précieux, des bronzes, des porcelaines et des gemmes que l’on retrouve ensuite à Meudon, son domaine qu'il embellit jusqu'à la fin de sa vie. Mort quatre ans avant son père, Monseigneur ne sera jamais roi et tombera rapidement dans l'oubli.
Cette exposition est la première à être consacrée à cette figure du Grand Siècle aussi centrale par son statut que fascinante par le faste dont elle a toujours été entourée.

Affiche de l'exposition.
 
Texte du panneau didactique.
Escalier d'accès à l'exposition


I - FILS DE ROI

     
1ère partie : Fils de Roi
 
Jean Nocret (1615-1672). Portrait du Dauphin en costume de baptême, vers 1668. Huile sur toile. Madrid, Museo Nacional del Prado.


1 - L'ENFANT DE LA PAIX

Scénographie

En 1660, à Saint-Jean-de-Luz, Louis XIV épouse Marie-Thérèse d’Autriche, fille aînée du roi d'Espagne. C'est un mariage pour la paix. Il avait été prévu l'année précédente lors du traité des Pyrénées qui avait mis fin au terrible conflit entre les royaumes de France et d’Espagne né bien plus tôt dans le cadre de la guerre de Trente Ans (1618-1648).

La Fronde, révolte de la noblesse contre l'autorité royale, marque encore les esprits et une naissance royale serait gage de stabilité. La nouvelle reine ne tarde pas à tomber enceinte. Pour que la grossesse se passe bien, des reliques lui sont apportées et le peuple récite des prières.

Le 1er novembre 1661, à Fontainebleau, naît le Dauphin à qui son père donne le titre, inédit, de Monseigneur. De somptueuses fêtes sont organisées dans tout le royaume et en particulier à Paris, où se tient le fameux Carrousel des Tuileries. Paix extérieure, paix intérieure: à la mort de Mazarin en 1661, principal ministre du roi, le règne personnel de Louis XIV commence sous les meilleurs auspices, et s'annonce éclatant.
 
Texte du panneau didactique.
 
Jean Nocret (1615-1672). Le Dauphin, à l'âge de deux ou trois ans, vers 1663-1664. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Wallerand Vaillant (1623-1677). Louis XIV, 1660. Pastel. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Wallerand Vaillant (1623-1677). Marie-Thérèse d'Autriche, 1660. Graphite. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Traditionnellement attribué à Nicola Mignard (1606-1668). Louis XIV présentant son fils à la Vierge, vers 1665. Huile sur toile. Cotignac, Notre-Dame de Grâces.

Ce tableau a fait l'objet d'un don manuel de Madame Anne-Aymone Giscard d’Estaing au sanctuaire Notre-Dame de Grâces à Cotignac, en date du 15 décembre 2022.
 
Charles (1604-1692) et Henri Beaubrun (1603-1677). Anne d'Autriche, Marie-Thérèse d'Autriche et le Dauphin, vers 1664. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Louis I Elle, dit Le Père (1612-1689). La Renommée présentant Louis XIV à la France, 1665. Huile sur toile. Saint-Quentin (Aisne), musée des Beaux-Arts Antoine Lécuyer.
 
Jacques Ier Bailly (1629-1679), peintre, sur une gravure de François Chauveau (1613-1676), d’après Henri Gissey (1621-1673). Le roi en empereur romain, lors du Carrousel de 1662, 1664-1668 (gravure) et 1671-1672 (peinture). Estampe gouachée. Versailles, bibliothèque municipale.
Scénographie. Photographie Didier Saulnier.
Manufacture Royale des Gobelins, d'après Charles Le Brun (1619-1690). Tapisserie de la Tenture de l'Histoire du roi: Entrevue de Philippe IV et Louis XIV dans l’île des Faisans, le 6 juin 1660. Tissage entre 1665 et 1668. Laine, soie et fil d’or. Paris, Mobilier national.
Manufacture Royale des Gobelins, d'après Joseph Christophe (1662-1748). Tapisserie de la Tenture de l'Histoire du roi: Le baptême du Dauphin à Saint-Germain-en-Laye, le 24 mars 1668. Tissage entre 1724 et 1730. Laine et soie. Paris, Mobilier national.
Scénographie. Photographie Didier Saulnier.
Exceptionnellement réunis, ces trois portraits (voir ci-dessous) ont été commandés en France pour être envoyés au roi d’Espagne, grand-père maternel du Dauphin. Âgé de deux ans, le Dauphin porte la croix et le cordon du Saint-Esprit, ordre de chevalerie qu'il a reçu à sa naissance. Il pose sa petite main sur une couronne. Un an plus tard, il apparaît avec sa mère vêtue d’un somptueux habit dit «à la polonaise» réservé aux fêtes et aux carnavals, comme l’indique le masque. Quant à la petite sœur du Dauphin, elle tient un citron, fruit alors luxueux dont la conservation longue pourrait faire référence à l'espérance d’une vie qui le soit tout autant. Hélas, elle meurt en bas âge, tout comme les quatre autres frères et sœurs de Monseigneur.
 
Jean Nocret (1615-1672). Portrait de Marie-Thérèse de France, dite «la Petite Madame » (1667-1672), vers 1670. Huile sur toile. Madrid, Museo Nacional del Prado.

 
Charles (1604-1692) et Henri Beaubrun (1603-1677). Portrait du Dauphin à l’âge de deux ans, 1663. Huile sur toile. Madrid, Museo Nacional del Prado.

 
Charles (1604-1692) et Henri Beaubrun (1603-1677). Portrait de la reine Marie-Thérèse et de son fils le Dauphin en costume «à la Polonaise», 1664. Huile sur toile. Madrid, Museo Nacional del Prado.
 
Jérôme Roussel (1663-1713). Felix Galliarum Genius (L'heureux génie de la France), avant 1689. Or. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, médailles et antique.


2 - L'ÉDUCATION D'UN FUTUR ROI

Scénographie

Sous l'ancien Régime, l'enfance des princes du sang, et en premier lieu du Dauphin, se décompose en deux temps: de sa naissance à ses sept ans, l'enfant évolue dans un univers féminin. Sous l'autorité d'une gouvernante s'affairent nourrices et femmes de chambre. Louise de Prie de la Mothe-Houdancourt a été la gouvernante du Dauphin, puis de ses enfants et de ses petits-enfants!

Ensuite, le petit prince «passe aux hommes». Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, est un militaire désigné comme son gouverneur. Il rassemble une équipe éducative pilotée par Pierre-Daniel Huet, érudit, et Jacques Bénigne Bossuet, évêque.

Louis XIV veille sur l'éducation de son fils  et rédige des Mémoires à son intention. Une pédagogie moderne, fondée sur l’image, permet à l’héritier du trône de maîtriser l’héraldique et de connaître l'Histoire millénaire de son futur royaume. Dans le contexte de la monarchie absolue, on lui apprend à craindre Dieu et à respecter l'autorité royale: jamais il ne s’opposera à son père. À l'adolescence, Monseigneur est initié aux sciences. Mathématiques, physique, cartographie et art militaire, entre autres, visent à parfaire l'apprentissage du métier de roi.

Intense et propre à dégoûter un enfant qui a probablement souffert de dyslexie, cette éducation s'achève en 1680, lorsque le Dauphin se marie. Louis XIV l'invite alors s'investir dans les affaires politiques et le fait bientôt entrer au Conseil.

 
Texte du panneau didactique.
 
Jean Nocret (1615-1672). Portrait équestre du Dauphin à l’âge de trois ans et quatre mois, 1665. Huile sur toile. Espagne, collection Columna Barreda Maldonado.
Scénographie.
En 1666 est aménagé un nouvel appartement pour le Dauphin au palais des Tuileries, à Paris. Donnant sur les jardins, il est situé au rez-de-chaussée de l’aile droite. Charles Le Brun conçoit les riches décors des plafonds compartimentés dans lesquels doivent venir s’encastrer des peintures. Celles encore conservées sont pour la première fois ici réunies. Pour la chambre d’apparat, Jean-Baptiste de Champaigne peint un cycle sur l'éducation d'Achille, le héros grec de la guerre de Troie auquel le Dauphin peut s'identifier. Dans l’alcôve, la référence antique cède le pas à l’allégorie: Le Soir et L'Aurore et la Nuit veillent au-dessus du lit. Dans le cabinet, ce sont les arts, la poésie et l’histoire peints par Audran qui sont offerts en modèle au jeune prince. Une reconstitution du plafond de la chambre est ici proposée.
Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). Le centaure Chiron enseigne la course de chars à Achille, 1666-1669. Huile sur toile.
Paris, musée du Louvre, département des Peintures.
Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). Le centaure Chiron enseigne le tir à l'arc à Achille, 1666-1669. Huile sur toile.
Paris, musée du Louvre, département des Peintures.
 
Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). Le centaure Chiron donne une leçon d'arme à Achille, 1666-1669. Huile sur toile. Paris, musée du Louvre, département des Peintures.
 
Claude-Oronce Fine de Brianville (1608-1674). Jeu de 52 cartes d'armoiries des souverains et États d'Europe, 1667. Gravures à l’eau-forte et gouachées. Issy-les-Moulineaux, Musée Français de la Carte À Jouer.
 
Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). Le Repos, dit aussi Le Soir, 1666-1669. Huile sur toile. Bruxelles, Musée royaux des beaux-Arts de Belgique.
 
Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). La Justice et la Paix, dit aussi Deux putti, 1666-1669. Huile sur toile. France, collection particulière.
 
Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681). L'Aurore et la Nuit, 1666-1669. Huile sur toile. Paris, musée du Louvre, département des peintures.
 
François Francart (1622-1672), d’après Charles Le Brun (1619-1690). Dessin du plafond de la grande chambre de l'appartement du Dauphin aux Tuileries, 1666. Plume, encre et crayon. Stockholm, Nationalmuseum, Donated 1941 by Eric Langenskiöld. Formerly in the Cronstedt collection, Fullerö.
Scénographie
 
Claude II Audran (1639-1684). L'Histoire, le Temps et la Peinture, 1666-1669. Huile sur toile. Mayence, GDKE - Direktion Landesmuseum Mainz.
 
Claude II Audran (1639-1684). La fureur poétique, dit aussi La Poésie ou L'Inspiration, 1666-1669. Mayence, GDKE - Direktion Landesmuseum Mainz.
 
Le Dauphin, un enfant très entouré.

 
L'education du Grand Dauphin.

Scénographie
 
Nicolas de Fer (1647-1720), cartographe; Herman Van Loon (16..-17..), graveur de la carte; Nicolas Guérard (vers 1648-1710), graveur des ornements. Mappemonde de la Terre divisée en deux hémisphères [...]  dédiée à Monseigneur le Dauphin, 1694. Carte. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Cartes et plans.
 
Charles (1604-1692) et Henri Beaubrun (1603-1677). Portrait de Louise de Prie, maréchale de la Mothe-Houdancourt, duchesse de Cardonne (1624-1709), vers 1666 ? Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Louis I Elle, dit Le Père (1612-1689). Portrait de Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), vers 1660. Huile sur toile. Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris.
 
Pierre Mignard (1612-1695). Portrait de Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Condom (1627-1704), vers 1669-1673. Meaux, musée Bossuet, Cité épiscopale.

Nommé en 1670, Bossuet assure La charge de précepteur du Dauphin durant dix ans. Pénétré de sa mission, il publie ses enseignements. Le précepteur assure trois leçons par jour: l’une le matin, une autre après le déjeuner et la récréation, et une dernière avant le coucher. Celles-ci associent écrit et oral au travers d’exercices de lecture, de commentaire, de mémorisation, de récitation et de traduction. Le précepteur corrige en temps réel les productions de l’élève.
Scénographie
 
- Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704). Discours sur l'histoire universelle, à Monseigneur le Dauphin pour expliquer la suite de la religion et des changements des empires, Paris, S. Mabre-Cramoisy, 1681. Livre, reliure aux armes du Grand Dauphin (à gauche). Versailles, bibliothèque municipale.
- Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704). Politique tirée des propres paroles de l’Écriture Sainte. À Monseigneur le Dauphin, Paris, P. Cot, 1709. Livre, reliure aux armes du Grand Dauphin (à droite).
Versailles, bibliothèque municipale.

Antoine Coysevox (1640-1720). Louis de France, dit le Grand Dauphin, vers 1676-1677. Marbre. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Louis de France (1661-1711) et Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704). Devoir français du Grand Dauphin sur l'histoire de France, avec les corrections de Bossuet, vers 1675. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits.
 
Anonyme. Tables de multiplication, de 1 à 10 000, vers 1670. Livre, reliure aux armes du Grand Dauphin. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français.
 
Jean Rou (1638-1711). Tables historiques chronologiques et généalogiques contenant ce qu’il s’est passé de plus mémorable depuis la création du Monde, 1675. Versailles, bibliothèque municipale.
 
Ole Romer (1644-1710), concepteur, Isaac Thuret (1630-1706), réalisateur. Eclipsareon et calendrier, 1680-1681. Cuivre doré, acier et ivoire. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Cartes et plans.
 
Ole Romer (1644-1710), concepteur, Isaac Thuret (1630-1706), réalisateur. Planisphère pour les mouvements des planètes, calendrier et carte céleste, 1680-1681. Cuivre doré, acier et ivoire. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Cartes et plans.


3 - MONSEIGNEUR À LA GUERRE

Scénographie

Futur chef des armées, le Dauphin reçoit une éducation militaire soignée. Dès ses quatre ans, il accompagne son père passer les troupes en revue et a pour jouets une armée miniature en argent et des modèles réduits de canons. En «passant aux hommes», il vit entouré de nombreux hommes de guerre. Son professeur de mathématiques, François Blondel, est spécialiste de l’artillerie. Un fort est construit pour que le prince puisse s'entraîner à la stratégie avec son régiment d'infanterie. Escrime et équitation parachèvent cette formation et, vers ses treize ans, il assiste  à plusieurs sièges que conduit son père, assisté de Vauban, durant la guerre de Hollande (1672-1678).

C'est seulement à 27 ans que Louis XIV lui confie son premier commandement lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Il rejoint l’armée du Rhin et, après un siège d’un mois, prend la citadelle de Philippsbourg, en octobre 1688. Cette victoire éclatante est célébrée dans tout le royaume. Monseigneur participe à d’autres campagnes jusqu’en 1694, mais sans le même succès, puis laisse à son fils le duc de Bourgogne la gloire de la guerre.

 
Texte du panneau didactique.
 
Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Portrait du Grand Dauphin, 1708. Huile sur toile. Madrid, Patrimonio Nacional, Colecciones Reales, Palacio Real.

De très belle qualité, ce portrait célèbre le vainqueur de Philippsbourg, place forte qui ouvrait la voie vers l'Allemagne et que l’on distingue à l’arrière-plan. Cuirassé, Monseigneur tient le bâton de commandement. Nouée à sa taille, l’écharpe blanche de commandement est la marque officielle du pouvoir royal.
 
Wolf Hieronÿmus Herold (1627-1693). Modèle réduit de canon de 48 livres, 1663. Bronze, bois, fer. Paris, musée de l'Armée.
 
Wolf Hieronÿmus Herold (1627-1693). Modèle réduit d'obusier de 10 pouces, 1663. Bronze, bois, fer. Paris, musée de l'Armée.
Scénographie
 
Jacques Bailly (1629-1679), enlumineur. Emblèmes «Pour la cornette de Monseigneur le Dauphin», du recueil des Devises pour le roi, vers 1663-1668. Gouache, or et encre. Los Angeles, The J. Paul Getty Museum.

La devise de Monseigneur a été conçue vers ses quatre ans. Celle-ci devant figurer sur les étendards (la cornette) de son régiment, elle fait l’objet de plusieurs projets par des érudits. Celui de Charles Perrault (l’auteur des fameux Contes) a finalement été retenu. Le corps de la devise est un éclat de tonnerre sortant de la nuée avec ce mot Et ipso terret in ortu («toutes les choses de la nature sont faibles en leur naissance»).
 
Jacques Pennier (1656-1720?). Camps et ordres de marches de l’armée du roi en Flandres commandée par Monseigneur, 1694. Livre, reliure aux armes du Grand Dauphin. Paris, Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l’Arsenal.


II - PÈRE DE ROI

     
2e partie : Père de Roi
 
- Pierre Gruché (actif vers 1675-1699). Fusil à silex du prince-électeur Maximilien II de Bavière, vers 1680. Noyer sculpté, argent, plaqué or, acier bleui. Munich, Bayerisches Nationalmuseum.
- Anonyme. Registre d'inscription de l'archiconfrérie Unsere Liebe Frau von Altötting, XVIIe siècle. Manuscrit enluminé. Munich, Bayerisches Nationalmuseum.
- Tableau (voir plus bas)

Louis XIV offre ce luxueux fusil à Maximilien II de Bavière, frère de la Dauphine, en 1680. Ce cadeau diplomatique a été fait soit à l'occasion du mariage de cette dernière, soit parce que son frère est devenu prince-électeur de Bavière.
Avant de partir pour la France, la Dauphine se rend à la cathédrale de Munich auprès de l'archiconfrérie de Notre-dame d'Altöring, chère à la famille régnante. Elle signe alors ce livre d'or: ses nouvelles armes delphinales sont accolées à celles de Bavière.


4 - LA FAMILLE DU GRAND DAUPHIN

Scénographie

L'électorat de Bavière était sans aucun doute l'État catholique le plus puissant du Saint-Empire; l'attirer aux côtés de la France était essentiel pour Louis XIV. Ainsi, en 1670 un traité d’alliance est ratifié, incluant le futur mariage de la princesse Marie-Anne de Bavière avec le Dauphin, respectivement âgés de dix et neuf ans. Le projet se concrétise une décennie plus tard et, après un mariage par procuration, la Dauphine quitte la Bavière et rencontre sa nouvelle famille en mars 1680. Trois garçons naissent de cette union: le duc de Bourgogne (1682), le duc d'Anjou (1683) et le duc de Berry (1686). L'avenir de la dynastie semble assuré.

La mort de la reine Marie-Thérèse en 1683 fait de la Dauphine la première femme du royaume: à Versailles, elle s’installe dans le Grand Appartement de la Reine. Les premières années, le couple semble uni, partageant la même passion pour les divertissements. Mais les infidélités de son époux et les fausses couches successives rendent la Dauphine plus taciturne et on lui reproche de ne pas tenir son rang. Elle meurt, épuisée, en 1690.

 
Texte du panneau didactique.
 
Antoine Coypel (1661-1722). Allégorie du mariage du Dauphin avec la Dauphine, vers 1680. Gouache et rehauts d’or sur vélin. New York, collection particulière.
 
Arnould de Vuez (1644-1720). Allégorie de l'alliance de la France et de la Bavière, 1681. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.
 
Pierre Mignard. La Famille du Grand Dauphin, 1687. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © Château de Versailles, Dist. RMN. © Chistophe Fouin.

Sur ce tableau, livré au début de l’année 1688 pour la somme de 8000 livres (ce qui en fait probablement le portrait français le plus cher du XVIIe siècle), l’héritier du trône pose entouré de son épouse et de leurs trois enfants. L'œuvre est présentée dans la chambre de la Reine au château de Versailles, lorsque cette pièce est occupée par l'épouse du Grand Dauphin. Après le décès de la Dauphine, la toile est exposée au château de Meudon, où Monseigneur la conserve jusqu’à sa mort. Le tableau regagne ensuite Versailles où il est mis en réserve, rappelant sans doute de douloureux souvenirs après les deuils qui affectent la famille royale entre 1711 et 1714. Lors de la réinstallation de Louis XV à Versailles en 1722, la toile est de nouveau exposée dans les Grands Appartements, une façon, sans doute, de relier le jeune roi orphelin aux générations qui l’ont précédé. L'œuvre a fait l'objet d'une importante restauration pour l'exposition.
Scénographie.
- (à gauche) François de Troy (1645-1730). Portrait de Philippe de France, duc d'Anjou (1683-1746), décembre 1696. Huile sur toile. Pays de Galles, Bodrhyddan Hall. loaned bv Lord & Lady Langford.
- (à droite) François de Troy (1645-1730). Portrait de Charles de France, duc de Berry (1686-1714), décembre 1696. Huile sur toile. Pays de Galles, Bodrhyddan Hall. loaned bv Lord & Lady Langford.
 
Anonyme. Le Dauphin et la Dauphine accueillis par Louis XIV et Marie-Thérèse, vers 1680. Gouache sur vélin. Londres, collection particulière.
 
Sylvain Bonnet (1645?-1705). Généalogie des Bourbons avec Louis XIV, le Grand Dauphin, les petits ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry, 1688. Gouache sur vélin. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des estampes et de la photographie.
Scénographie
 
Atelier de François de Troy (1645-1730). Portrait de Marie-Anne de Bavière, dauphine de France (1660-1690), vers 1678-1680. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Ce portrait dérive de celui, perdu, que de Troy a envoyé de Munich à la Cour de France afin de faire connaître les traits de la future Dauphine à son promis.
 
Sebastiano Bombelli (1635-1719). Portrait du prince héritier Maximilien-Emmanuel (1662-1726) et de Marie-Anne de Bavière (1660-1690) enfants, vers 1666.  Huile sur toile. Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlungen.


5 - DE VERSAILLES À MADRID

Scénographie. Photographie Didier Saulnier.

Après avoir reçu une solide éducation, notamment par leur précepteur Fénelon, les fils du Grand Dauphin se marient. L'alliance avec le puissant duché de Savoie est scellée par un double mariage: les sœurs Marie-Adélaïde et Marie-Louise Gabrielle épousent respectivement le duc de Bourgogne et le duc d'Anjou.

En 1700, Charles II de Habsbourg, roi d’Espagne, des Indes, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, souverain des Pays-Bas, meurt sans enfant. Il lègue sa couronne et ses immenses possessions au duc d’Anjou, son petit-neveu. «Monsieur, voilà votre roi», déclare Louis XIV à l'ambassadeur d’Espagne, le 16 novembre 1700, à Versailles, en désignant le duc d'Anjou qui prend le nom de Philippe V d’Espagne. Monseigneur devient donc père de roi.

Les puissances étrangères sont furieuses. La guerre de Succession d'Espagne éclate (1701-1713). Philippe V reste sur son trône et fonde la dynastie des Bourbons d'Espagne qui règne encore de nos jours.

 
Texte du panneau didactique.
 
Antoine Dieu (1662?-1727). La cérémonie du mariage du duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie en 1697, 1710-1711. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Nicolas de Largillière (1656-1746). Portrait de Charles de France, duc de Berry (1686-1714), vers 1710. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Hyacinthe Rigaud (1659-1743) et Joseph Parrocel (1646-1704). Portrait de Louis de France, duc de Bourgogne (1682-1712), vers 1702. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Henri-Antoine de Favanne (1668-1752). Allégorie de la reconnaissance du duc d'Anjou comme roi d'Espagne, 16 novembre 1700, 1704. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Reconnu roi d’Espagne à 17 ans, Philippe V demeure dix-huit jours à Versailles avant de partir pour sa nouvelle patrie. L’étiquette de la Cour s’adapte à la présence de deux souverains en exercice. Père de roi, Monseigneur doit céder le pas devant son fils.  Stupéfait, Louis XIV avoue: «je crois encore que tout ceci est un songe».
Optant pour l'allégorie, le peintre ne représente pas le cabinet du Conseil, à Versailles, où la proclamation s’est tenue. Sur un fond de paysage, la France présente le nouveau roi qui reçoit la couronne des mains de l’Espagne agenouillée. Assis sur des nuée, le Génie de l'Espagne contemple l'événement.
 
Louis Michel Van Loo (1707-1771). Philippe V et sa famille, avant 1743. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Anonyme, Flandres. Allégorie du traité de Nimègue [Charles II d'Espagne et Louis XIV], 1678. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Philippe V, roi d’Espagne (1683-1746), 1700-1704. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.


III - JAMAIS ROI

     
3e partie : Jamais Roi
 
Antonio Susin (1558-1624) d’après Jean de Bologne (1529-1608). L’Enlèvement d’une Sabine, vers 1590-1610. Bronze. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.


6 - UN COLLECTIONNEUR ROYAL

Scénographie

Louis XIV encourage la passion de son fils pour les beaux objets: en 1681, il lui offre des œuvres d’art afin qu’il forme «un cabinet de toutes les choses les plus belles, les plus rares et les plus curieuses». De fait, Monseigneur a été l'un des principaux collectionneurs de son temps.

Le dernier appartement qu’il occupe à Versailles, de 1683 à sa mort, est célèbre pour le raffinement des aménagements intérieurs et la richesse des collections, concentrées dans trois pièces: la galerie des Bijoux, qui devient le Grand Cabinet, le Cabinet doré et le mythique cabinet des Glaces. Il ne reste rien de ces décors changés par les occupants successifs.

Pour qu’il tienne son rang, Louis XIV prête à son fils les fleurons des collections royales de peintures: les maîtres de la Renaissance et du baroque italiens, comme Raphaël et l'Albane, côtoient de grands peintres français, tel Poussin.

Mais Monseigneur affirme aussi un goût plus personnel. Il est le premier client de Boulle, le fameux ébéniste. Il réunit une cinquantaine de statuettes de bronze. Avec 380 pièces, il possède la plus belle collection de porcelaines d'Extrême-Orient. Enfin, les quelque 730 gemmes, vases de pierres dures et de cristal forment, par leur qualité et leur quantité, une collection qui surpasse celles des rois.

 
Texte du panneau didactique.
 
Pierre Gole (1620?-1684). Table à écrire dite du Grand Dauphin, vers 1680-1684. Bâti de chêne, marqueterie en première partie d’écaille et d’étain. Paris, musée du Louvre, département des Objets d'art.
 
Raffaello Santi, dit Raphaël (1483-1520), et Giulio Pippi, dit Giulio Romano (1499 ?-1546). Portrait de Dona Isabel de Requesens, vice-reine de Naples, 1518. Huile sur bois, transposée sur toile. Paris, musée du Louvre, département des Peintures.

Cette peinture était exposée dans le Grand Cabinet de Monseigneur à Versailles.
 
Anonyme, Italie. Paysan buvant à une bouteille, vers 1640. Huile sur toile. Compiègne, musée national du château, dépôt du musée du Louvre.

Cette peinture était exposée dans le Grand Cabinet de Monseigneur à Versailles.
Scénographie
 
Ferdinando Tacca (1619-1686) d’après Pietro Tacca (1577-1640). Hercule et le sanglier d’Érymanthe, vers 1600-1615. Bronze. Paris, musée du Louvre, département des Objets d’art.
 
Probablement Rome, d'après Alessandro Algardi (1598?-1654). Jupiter victorieux des Titans, dit aussi Le Feu, vers 1655-1681. Bronze. Londres, The Wallace Collection.
 
Probablement Rome, d’après Alessandro Algardi (1598?-1654). Junon contrôlant les vents, dit aussi L'Air, vers 1655-1681. Bronze. Londres, The Wallace Collection.
 
Adriaen De Vries (1556?-1626). Hercule, Déjanire et le centaure Nessus, vers 1603-1608. Bronze. Paris, musée du Louvre, département des Objets d’art.
Scénographie avec vue sur l'escalier d'accès à l'exposition.
- (à gauche) Antoine Coysevox (1640-1720). Louis XIV, 1677-1682. Buste, marbre. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
- (à droite) Antoine Coysevox (1640-1720). Louis de France, 1679-1682. Buste, marbre.
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Nicolas Poussin (1594-1665). La nourriture de Bacchus, vers 1626. Huile sur toile. Paris, musée du Louvre, département des Peintures.

Cette peinture était exposée dans le Grand Cabinet de Monseigneur à Versailles.
 
Francesco Albani (1578-1660). Cybèle et les Saisons, dit aussi Allégorie de la Terre, 1630. Huile sur cuivre. Fontainebleau, Château de Fontainebleau, dépôt du musée du Louvre.

Cette peinture était exposée dans le Grand Cabinet de Monseigneur à Versailles.
Scénographie
Scénographie
 
Anonyme. Agates, cristaux, porcelaines, bronzes et autres curiosités qui sont dans le cabinet de Monseigneur le Dauphin à Versailles, inventoriés en 1689. À partir de 1689. Manuscrit, reliure aux armes du Grand Dauphin. Collection particulière.

Le Dauphin a un appartement dans toutes les Maisons royales. À Versailles, il en occupe successivement quatre dont les rares vestiges sont ici exposés.
Situé sous le Grand Appartement de la Reine où loge la Dauphine à partir de 1683, son dernier appartement a ébloui les contemporains. En témoigne l'inventaire de ses richissimes collections.
Exemplaire personnel du prince, ce document pour la première fois exposé à Versailles est une source fondamentale pour les historiens de l’art.
Transformé au siècle suivant, l'appartement présente aujourd’hui l’aspect qu’il avait en 1747.
 
Anonyme, France. Décorations intérieures et de jardins de Versailles et d’autres endroits, vers 1690-1700. Sanguine, crayon et encre. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (collection Grosseuvre).
Paire de commodes, attribuée à Renaud Gaudron, vers 1690-1700. Placage d’ébène et d’amarante,
marqueterie de bois polychromes, bronze doré.
Madrid, Patrimonio Nacional, Colecciones Reales, Palacio de la Zarzuela.
Provenant de la résidence privée du roi d’Espagne, ces commodes ont été exceptionnellement prêtées pour cette exposition. Bien qu'elles ne figurent pas dans l’inventaire des collections de Monseigneur (vitrine en face), le monogramme du prince (le double L de Louis de France) et les couples de dauphins sur la bordure des plateaux trahissent leur origine.
Avec les gemmes présentées dans la salle suivante, ces meubles font partie de l’héritage que reçoit Philippe V d’Espagne à la mort de son père, en 1711.
 
Paire de commodes, attribuée à Renaud Gaudron, vers 1690-1700. Placage d’ébène et d’amarante, marqueterie de bois polychromes, bronze doré. Madrid, Patrimonio Nacional, Colecciones Reales, Palacio de la Zarzuela. © Mario Sedeño. Palacio Real de Madrid, Patrimonio Nacional.
 
Paire de commodes, attribuée à Renaud Gaudron, vers 1690-1700. Placage d’ébène et d’amarante, marqueterie de bois polychromes, bronze doré. Madrid, Patrimonio Nacional, Colecciones Reales, Palacio de la Zarzuela.


7 - LE CABINET DES GLACES DE MONSEIGNEUR

Scénographie

Dernière pièce de l'appartement de collectionneur du Grand Dauphin à Versailles, le cabinet des Glaces était la plus spectaculaire. Elle était considérée par les contemporains comme le chef-d'œuvre d'André-Charles Boulle. Les murs et le plafond de ce cabinet étaient lambrissés de panneaux en marqueterie d’écaille, de laiton et de cuivre dessinant des octogones et même des cœurs dans lesquels étaient insérés des miroirs. Devant ces derniers, des consoles étaient fixées afin de présenter près de 350 agates, 200 cristaux et une vingtaine de bronzes. Ainsi, ces objets précieux étaient réfléchis à l'infini par les glaces. Commencé par l'ébéniste Pierre Gole et achevé par Boulle, le parquet en marqueterie de bois était orné des chiffres du Dauphin et de la Dauphine. Il était si fragile que les visiteurs devaient porter des chaussons.

 
Texte du panneau didactique.
 
Atelier parisien.
- Étui, XVIIe siècle. Cuir, bois, métal, velours. Madrid, Museo Nacional del Prado. Atelier de Johann Daniel Mayer (?), Augsbourg.
- Étui, 1662-1700. Cuir, bois, métal, soie. Madrid, Museo Nacional del Prado. Atelier des Metellino, Milan.
- Étui, 1650-1689. Cuir, bois, métal, tissu. Madrid, Museo Nacional del Prado. Atelier des Magoulet (?), Paris.
- Étui
. Dernier quart du XVIIe siècle -  1711. Cuir, bois, métal, tissu.
Madrid, Museo Nacional dei Prado.
 
Scénographie (détail ci-contre).
 
Vase en forme de bougie. Prague, atelier des Miseroni. Ottavio et / ou Dionysio Miseroni ?, 1600-1630. Citrine, quartz fumé, or, émail. Madrid, Museo Nacional del Prado. © Photographie Archive Museo Nacional del Prado.

Décrit en 1746 comme «velón» (lampe à huile), ce vase en citrine, surmonté d’un bouton en quartz fumé, est décoré de godrons et d’ondes parallèles formant des volutes qui simulent la fumée à l’intérieur d’une lampe venant de s’éteindre. Les ornements en or et en émail noir, aux fins dessins «en réserve», suivent des motifs maniéristes tardifs du type «silhouettes», en vogue durant le premier tiers du XVIIe siècle, ce qui facilite la datation du vase. Le résultat est une pièce singulière, presque abstraite, dans le style épuré des œuvres réalisées par les Miseroni à Prague, au service de l’empereur Rodolphe II.
 
Chine (coupe) et Michel Debourg (monture). Coupe en jade sur un pied en vermeil. Dynastie Qing (coupe) et 1684-1687 (monture). Jade gris et vermeil. Madrid, Museo Nacional del Prado.

Offerte au Dauphin par les Siamois lors de leur fastueuse ambassade à Versailles en 1686, la coupe en jade a été montée sur un pied dû au grand orfèvre parisien Michel Debourg. Elle a orné le cabinet des Glaces puis le château de Meudon où Monseigneur transfère la plupart de ses collections après 1695. À la mort du prince, elle fait partie des 169 gemmes dont hérite son fils Philippe V. Protégés par leurs étuis faits sur mesure, ces précieux objets partent pour l’Espagne. Ils sont de nos jours exposés au musée du Prado, à Madrid, dans la salle du «Trésor du Dauphin».
 
Scénographie (détail ci-dessous).
 
Atelier des Sarachi, Milan. Fontaine de table, vers 1580. Cristal de roche, or émaillé, argent doré. Paris, musée du Louvre, département des Objets d'art.
 
Atelier des Miseroni, Milan. Aiguière et son bassin, vers 1610. Héliotrope, or, émail, perles, argent doré, laiton. Madrid, Museo Nacional del Prado.
 
Anonyme, Chine, province du Jiangxi, Jingdezhen. Vases «rouleau». Dynastie Qing, période Shunzhi (1644-1661). Porcelaine à décor bleu sous couverte et émaux rouge, jaune, vert, violet. Londres, Royal Collection, Lent by His Majesty King Charles III.
 
Anonyme, Chine, Jingdezhen. Vase Fonthill dit aussi Vase Gaignières. Dynastie Yuan, vers 1300-1330. Porcelaine à glaçure qingbai «blanc bleuté». Dublin, National Museum of Ireland.


8 - LES DIVERTISSEMENTS DU GRAND DAUPHIN

Scénographie

Prince de son temps, Monseigneur est un grand amateur de chasse, de musique et de divertissements en tous genres: théâtre, mascarades et carrousels.

Apanage de la noblesse, la chasse est très appréciée par les Bourbons. Vue comme l’école de la guerre, Monseigneur y est initié dès le plus jeune âge. Il pratique toutes les chasses mais sa préférence va à celle du loup.

Monseigneur adore les bals masqués où il n'est pas reconnu. Il est également un spectateur assidu de théâtre, fréquentant l'Opéra, la Comédie-Française et la Comédie-ltalienne avec sa demi-sœur adorée, la princesse de Conti. Mélomane, il admire Lully et protège Campra et Charpentier.

À Versailles, il crée les spectaculaires carrousels des Galants Maures puis des Galantes Amazones, les derniers de l’Ancien Régime. Enfin, il aime s’entourer de familiers connus pour leur liberté de mœurs.

«Monseigneur le Dauphin ne songeait qu’à ses plaisirs, et se reposait sur le roi, son père, des soins de la couronne». Peu amène, ce constat est à relativiser car le prince se doit d'entretenir sa cour par des divertissements.
 
Texte du panneau didactique.
 
François Desportes (1661-1743). Après la mort du cerf, 1702. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.
Scénographie
 
François Desportes (1661-1743). La Chasse au loup, 1702. Huile sur toile. Gien, château-musée de Gien: chasse, histoire et nature en Val de Loire, dépôt du musée du Louvre.

En faisant de la vénerie du loup sa préférée, l'héritier du trône marque sa singularité. Pour lui constituer un équipage, on détache de la Grande Louvèterie une centaine de chiens courants et vingt chevaux de selle. Ces chasses éprouvantes épuisent ses officiers et ses compagnons, aussi le Dauphin se résout à ne plus chasser que deux fois par semaine. Ces deux tableaux font partie d’une suite exécutée pour le château de Meudon. Fameux peintre animalier, Desportes représente l'instant ultime où les chiens assaillent le prédateur.
 
Scénographie (détails ci-dessous).
 
Dimanche Drouyn. Pochette, vers 1670 (?). Ivoire, sycomore, ébène, cuir et laiton; étui aux armes du Grand Dauphin. Londres, Victoria & Albert Museum.
 
Atelier de Jean I Berain (1640-1711). Dessin pour le frontispice de «Le Temple de la Paix», 1685. Plume, encre, lavis et aquarelle. Paris, Archives nationales.
Attribué à Jean-Baptiste Martin L'Aîné (16591735). Vue du Carrousel des Galantes Amazones, donné à Versailles dans la cour d'honneur de la Grande Écurie, les 28 et 29 mai 1686, vers 1686. Gouache et rehauts d’or. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Jean I Berain (1640-1711). Caparaçon du cheval «Le Glorieux», monté par le Dauphin lors du Carrousel des Galants Maures de Grenade, vers 1685. Estampe rehaussée d’aquarelle. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, collection Edmond de Rothschild.
 
Pierre Vérité. Le portrait de monseigneur le Dauphin divisé en douze tomes (tome 1), 1685. Parchemin; reliure en toile brochée d'or et d'argent. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français.
Vitrine


9 - MEUDON, UN FABULEUX « CHEZ SOI »

Scénographie

En 1693, Monseigneur hérite du château de Choisy. À 31 ans, enfin, le Dauphin est «ravi d’avoir un chez soi» pour la première fois. La demeure est belle, mais peut-être pas assez pour l’héritier du trône.

À contrario, le château de Meudon, idéalement situé près de Versailles et Paris, est selon les contemporains «extrêmement superbe» grâce aux aménagements tant intérieurs qu'extérieurs ordonnés par son propriétaire, le marquis de Louvois, surintendant des Bâtiments du roi. Louis XIV n’hésite pas: en 1695, il offre à la veuve du ministre d'échanger Meudon contre  Choisy. Il rachète aussi les seigneuries voisines, constituant pour son fils un immense domaine clos de vingt-cinq kilomètres de murs.

Avec passion, Monseigneur embellit son château. Il passe commande aux meilleurs peintres de son temps et transfère de Versailles une partie de ses fabuleuses collections. Surtout, il séjourne de plus en plus à Meudon, où le roi vient parfois le rejoindre. Une petite Cour se forme autour du futur souverain. On la dit plus libre et on imagine même qu'une cabale s’y fomente, ce qui est exagéré: Monseigneur a toujours respecté l'autorité royale.

En 1709, le Château-Neuf est bâti. À la dernière mode, l'édifice est destiné à héberger les familiers du prince. Ce dernier n’en a guère profité : deux ans plus tard, il décède dans son cher Château-Vieux, laissant Louis XIV et la Cour abasourdis.

 
Texte du panneau didactique.
 
Attribué à Jean-Baptiste Poultier (1653-1719). Profil du Grand Dauphin, vers 1700. Bronze doré sur marbre Portor. Département des Hauts-de-Seine / musée du Grand Siècle.
 
Adam Frans Van Der Meulen (1632-1690). Le marquis de Louvois et son épouse chassant à Meudon, vers 1679-1684. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Pierre-Denis Martin (1663?-1742). Vue du château de Meudon, 1723. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.


10 - LE SALON DES MAURES
ET LE SALON DU BILLARD DU CHÂTEAU-VIEUX

Scénographie. Photographie Didier Saulnier.

Construit durant la Renaissance, le Château-Vieux est modernisé par l'architecte Louis Le Vau vers 1650, puis sur ordre de Louvois. Monseigneur conserve nombre d'aménagements intérieurs, comme la galerie d’apparat de l’aile droite et le vestibule central du premier étage. Il est alors appelé «salon des Maures», en référence aux douze termes en marbres polychromes qui le décorent aux côtés de grandes glaces et de tableaux de fleurs.

Au rez-de-chaussée de l’aile gauche, sous l'appartement du Roi, le Dauphin aménage son propre appartement. Outre les toiles de maîtres issues des collections royales, des peintures sont commandées aux artistes contemporains, comme celles ici exposées où triomphent couleur et sensualité.

 
Texte du panneau didactique.
 
Jean Jouvenet (1644-1717). Latone et ses enfants, 1700. Huile sur toile, anciennement ovale. Fontainebleau, Château de Fontainebleau, dépôt du musée du Louvre.
 
Charles de la Fosse (1636-1716). Hercule entre le Vice et la Vertu, 1700. Huile sur toile, anciennement ovale. Nevers, musée de la Faïence et des Beaux-Arts.
 
Louis II de Boullogne dit Le Jeune (1654-1733). Céphale et Procris, 1700. Huile sur toile, anciennement ovale. Saint-Étienne, musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, dépôt du musée du Louvre.
Scénographie
 
Anonyme, Italie. Terme féminin, XVIIe siècle. Marbres de couleur. Compiègne, musée national du château.
 
Anonyme. Alexandre le Grand. Première moitié du XVIIe siècle (porphyre) et vers 1650 (bronze). Buste. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures.

Ce buste a été présenté dans le salon du Petit Pont du Château-Vieux qui ouvrait sur la galerie d’apparat.
 
Jean-Baptiste Blin de Fontenay (1653-1715). Une médaille d’or entourée d’une guirlande de fleurs, d’un fusil et d’une gibecière, entre 1702 et 1705. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.

Ce tableau a orné la «galerie sur le petit pont» de l’aile des Marronniers.
 
Jean-Baptiste Blin de Fontenay (1653-1715). Vasque de bronze remplie de fleurs, entre 1702 et 1705. Huile sur toile. Draguignan, musée des Beaux-Arts.

Ce tableau a orné la «galerie sur le petit pont» de l’aile des Marronniers.


11 - LA CHAPELLE DU CHÂTEAU-VIEUX

Scénographie

En 1702, Jules Hardouin-Mansart achève la chapelle du Château-Vieux. Monumentale, elle préfigure par ses volumes celle du château de Versailles. Par la galerie d’apparat du premier étage, le prince peut accéder à la tribune royale et entendre la messe, face au maître-autel. Ce dernier accueille la grande Résurrection peinte par Antoine Coypel, l'artiste favori de Monseigneur. La composition de cette toile disparue est connue par la gravure dédiée au Dauphin et les dessins préparatoires ici exposés.

 
Texte du panneau didactique.
 
Anonyme. Taque foyère aux armes de Monseigneur, pour le Château-Neuf, vers 1708. Fonte. Meudon, musée d’art et d'histoire de la Ville de Meudon.
 
Antoine Coypel (1661-1722). Étude pour le soldat en buste, de dos, 1702. Pierre noire, rehauts de sanguine et de craie blanche. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques.
 
Antoine Coypel (1661-1722). Étude pour le Christ de la Résurrection, 1702. Sanguine, rehauts de pierre noire et de craie blanche. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques.
Scénographie (détails ci-dssous)
 
Jean Cotelle (1646-1708). Le bosquet de l'Étoile avec Alphée poursuivant Aréthuse. Avant 1693. Gouache sur tracé à la pierre noire sur papier. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

 
Jean Cotelle (1646-1708). Les parterres du Trianon de marbre avec Zéphyr et Flore endormie. Avant 1693. Gouache sur tracé à la pierre noire sur papier. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Jean Cotelle (1646-1708).  Le bosquet du Théâtre d'eau avec la toilette de Psyché. Avant 1693. Gouache sur tracé à la pierre noire sur papier. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Jean Cotelle (1646-1708). Le bassin de Neptune, le bassin du Dragon et l'allée d'Eau avec le jugement de Pâris. Avant 1693. Gouache sur tracé à la pierre noire sur papier. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Jean Cotelle (1646-1708). Le bosquet des Trois Fontaines avec Renaud et Armide. Avant 1693. Gouache sur tracé à la pierre noire sur papier. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Jean Cotelle (1646-1708).  Le bosquet de l'Arc de triomphe vers le bassin de la France triomphant avec des nymphes enchaînant des captifs. Avant 1693. Gouache sur tracé à la pierre noire sur papier. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.


12 - LE CHÂTEAU-NEUF, LABORATOIRE DU NOUVEAU STYLE

Scénographie
Manufacture Royale des Gobelins d'après Claude III Audran (1658-1734).
- Tenture des Douze Mois grotesques en bandes: Janvier-Février-Mars.
- Tenture des Douze Mois grotesques en bandes: Avril-Mai-Juin-Juillet-Août-Septembre.
Tissage entre 1709 et 1710. Laine, soie, or et argent.
Paris, Mobilier national.

Pièce principale de l’appartement de Monseigneur au Château-Neuf, la chambre est dotée d’un riche décor. Aux boiseries très chargées dues à Robert de Cotte, successeur de Hardouin-Mansart mort en 1708, répond la tenture d’alcôve. Pour magnifier l’espace du lit, la manufacture des Gobelins tisse trois tapisseries (seules les deux exposées sont conservées) imaginées par Audran, peintre fameux pour ses décors de grotesques et d’arabesques. Sur chaque bande est représentée une divinité de l'Olympe symbolisant un des mois de l’année, qui émerge au centre d’architectures graciles et de délicats ornements. Enrichies de fils d'argent, les bandes de séparations portent le chiffre de Monseigneur (le double L) et des couples de dauphins.

Sacrifiant le pavillon Renaissance faisant office de grotte non loin du Château-Vieux, Monseigneur fait bâtir par Jules Hardouin-Mansart le Château-Neuf entre 1706 et 1709. Destiné à loger le prince et ses courtisans, l'édifice dispose de 37 appartements. Si l'architecture extérieure a été par la suite décriée pour sa simplicité, les aménagements intérieurs ont ébloui par leur somptuosité et leur modernité. Donnant sur l'appartement du prince, la galerie de représentation étonne par ses boiseries aux décors si inventifs qui annoncent l’art rocaille du règne suivant. Quant aux peintures et aux sculptures, elles s’apparentent à cet «art de la détente» empreint de joie, de jeunesse et de sensualité alors en vogue.

 
Texte du panneau didactique.
 
Manufacture Royale des Gobelins d'après Claude III Audran (1658-1734). Tenture des Douze Mois grotesques en bandes.

 
Agence de Robert de Cotte (1656-1735). Projet pour la chambre de Monseigneur au Château-Neuf, vers 1708-1709. Crayon, plume, encre, lavis et aquarelle. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie.
 
Anonyme. Relevé des croisées du Château-Neuf. Plume et lavis. Stockholm, Nationalmuseum.

Le Château-Neuf est le chaînon manquant de l’histoire du décor reliant le siècle de Louis XIV à celui des Lumières. Premier architecte du roi, Jules Hardouin-Mansart y développe son goût pour les décors boisés où fourmillent des ornements très délicats et des formes assouplies. Les cheminées, quant à elles, se couvrent de bronzes finement ciselés. De passage en France, l'architecte suédois Härleman dessine ces décors tant il a apprécié leur inventivité.
Scénographie
 
Pierre Drevet (1663-1738), d’après Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Louis, Dauphin de France, 1701. Burin. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
 
Attribué à Giovanni Francesco Rustici (1475-1554). Apollon vainqueur du serpent Python, 1535-1545. Bronze. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures.

Cette statue a orné le palier supérieur de l’escalier du Château-Neuf.
 
Anonyme, d’après Pierre Lepautre (1659-1744). Le Printemps, avant 1871. Bas-relief, plâtre. Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris.
 
Anonyme, d’après Pierre Lepautre (1659-1744). L'Automne, avant 1871. Bas-relief, plâtre. Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris.

Ces moulages sont les seuls témoignages des dessus-de-porte en pierre sculptés dans le vestibule haut du Château-Neuf.
Jacques Rigaud (1680-1754). Vue du château de Meudon du côté des parterres, vers 1730. Eau-forte.
Département des Hauts-de-Seine / Château de Sceaux, musée départemental.
 
Noël Coypel (1628-1707). Enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus, entre 1695 et 1699. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.

Cette toile a orné la galerie du Château-Neuf.
 
Noël Coypel (1628-1707). Hercule domptant Acheloüs, entre 1695 et 1699. Huile sur toile. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.

Cette toile a orné la galerie du Château-Neuf.


13 - LES JARDINS : LES DÉLICES DE MEUDON

Scénographie

Les jardins de Meudon ont été célèbres pour leur beauté mais aussi par la vue qu'ils offraient sur la campagne alentour et sur Paris. Divisés entre jardins hauts et jardins bas, ils sont très embellis par le marquis de Louvois qui fait appel à André Le Nôtre, le fameux jardinier de Versailles. Ce dernier dessine des parterres de broderie, ainsi que des bosquets, bassins et pièces d’eau. Enfin, il termine la grande perspective si caractéristique des jardins à la française.

Partageant la même passion pour les jardins, le Grand Dauphin et son père lancent d’importants travaux menés, comme pour le château, par Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du roi. Des statues en bronze venant des collections royales sont installées sur les parterres dont les abords sont parés de fleurs colorées, parfumées pour certaines, et d’arbustes provenant de l’orangerie du château. Monseigneur ordonne la création de cascades et de buffets d’eau.
Meudon connaît alors son âge d’or.

 
Texte du panneau didactique.
 
Israël Silvestre (1621-1691). Vue de la grotte du château de Meudon, 1683. Graphite, plume et encre. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques.
 
Jean-Balthazar Keller (1638-1702), d'après François Girardon (1628-1715), d'après l'antique. Vénus Médicis, 1685-1687. Statue, bronze. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.
 
Jean-Balthazar Keller (1638-1702), d'après François Girardon (1628-1715), d'après l'antique. Adonis, 1685-1687. Statue, bronze. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, dépôt du musée du Louvre.
Scénographie
 
Israël Silvestre (1621-1691). Vue de la grande perspective de Meudon depuis l'Orangerie, 1687. Burin. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques.
 
Jean Mariette (1660-1742). Plan des jardins de Meudon, vers 1720. Eau-forte. Département des Hauts-de-Seine / Château de Sceaux, musée départemental.
 
Anonyme. Le château de Meudon bombardé par les Prussiens en 1870, 1871. Chromolithographie. Département des Hauts-de-Seine / Château de Sceaux, musée départemental.

Après le décès de Monseigneur, en 1711, Meudon connaît un certain déclin mais le domaine, rattaché à la Couronne en 1726, est entretenu. Durant la Révolution, le Château-Vieux, pillé, sert à la fois d'atelier pour la fabrication de boulets et de logement pour les troupes. En 1795, un incendie se déclare. Le bâtiment ravagé est détruit sur ordre de Bonaparte. Devenu empereur, Napoléon attribue à son fils le roi de Rome l'usage du Château-Neuf. Meudon redevient alors une résidence princière.
En 1871, ce site stratégique est occupé par les Prussiens. Le Château-Neuf subit un bombardement depuis Paris et, à son tour, est ruiné par le feu. Dévolu ensuite à l’observation scientifique, cette partie du domaine est toujours rattachée à l'Observatoire de Paris.
 
Hubert Robert (1733-1808). La démolition du château de Meudon, vers 1805. Huile sur toile. Département des Hauts-de-Seine / Château de Sceaux, musée départemental.


14 - DE LA MORT À L'OUBLI

 

1711. Monseigneur à 49 ans. Il contracte la variole, maladie alors très répandue. Le 9 avril, il s'alite dans son château de Meudon, où son père le rejoint. Le peuple aime son Dauphin et des parisiennes se rendent à son chevet. Monseigneur semble aller mieux mais, soudain, la tête enfle, il est pris de convulsions et perd connaissance. Il meurt le 14 avril. Louis XIV «appréhende d’étouffer, tant sa douleur était grande». Il n’est pas au bout de ses peines...

En effet, presque toute la descendance du Grand Dauphin va être décimée.

L'année suivante, le duc et la duchesse de Bourgogne (fils et belle-fille de Monseigneur) tombent malades et succombent, suivis par leur fils Louis, duc de Bretagne. Seul son petit frère est préservé: Louis, duc d'Anjou, devient en moins d’un an le quatrième Dauphin de France. En 1715, l'enfant de cinq ans monte sur le trône sous le nom de Louis XV.

Jamais roi, Monseigneur est rapidement oublié. Aucun monument funéraire ne lui est érigé à Saint-Denis, la nécropole royale. Dans ses Mémoires, le duc de Saint-Simon dresse un portrait au vitriol de celui qu’il décrit comme «noyé dans la graisse et dans l’apathie», et la légende noire s’installe.

Certes, il est difficile de lui déceler une opinion politique personnelle. Mais le pouvait-il ? Éduqué pour régner, le Dauphin s’est construit dans le strict cadre de la monarchie absolue et en est le parfait reflet. Il n’est pas jusqu’à ses goûts personnels, pour la chasse ou les collections, qui ne témoignent du faste attendu chez l’héritier du trône dont le destin, si bien préparé, a été prématurément brisé.

Scénographie
 
Texte du panneau didactique.
 
Attribué à Pierre Gobert (1662-1744). La duchesse de La Ferté avec le duc d’Anjou, futur Louis XV, et le duc de Bretagne, vers 1715. Huile sur toile. Leeds, Leeds Museums and Galleries (Temple Newsam), bought from the Earl of Lonsdale, 1950.

Présenté pour la première fois en France, ce superbe tableau représente la duchesse de La Ferté avec les deux petits-fils du Grand Dauphin: le duc de Bretagne et, encore bébé, le duc d’Anjou, futur Louis XV, de qui elle était la marraine.
 
Jean-François Cars (1661-1738), d’après Desmarestz (sans doute Martin Desmarest). Tombeau du Dauphin, 1711. Burin. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.