EVA JOSPIN
Grottesco

Article publié dans la Lettre n°632 du 18 février 2026



 
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EVA JOSPIN. Grottesco. Depuis 2013 où nous avions vu l’une de ses Forêts dans la Galerie des Gobelins, c’est toujours avec le même plaisir que nous découvrons les nouvelles œuvres d’Eva Jospin (née en 1975). En dehors des nombreuses expositions qu’elle fait dans le monde entier (Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique, Brésil, Taïwan, Ouzbékistan, etc.) elle nous a permis de suivre son travail au musée Zadkine en 2019 (Lettre 493) et surtout au musée de la Chasse et de la Nature en 2022 où elle exposait déjà une œuvre gigantesque, Galleria (Lettre 541). Avec cette nouvelle exposition, Eva Jospin occupe toute une galerie du Grand Palais avec plusieurs œuvres monumentales.
Le visiteur déambule librement au milieu des cinq ensembles posés sur le sol tandis qu’il peut contempler sur les murs une quinzaine d’œuvres de plus petites dimensions. Grottesco renvoie à une légende, celle d’un jeune romain tombé par hasard dans une cavité oubliée où, sous terre, il découvre de magnifiques fresques. Plus tard, on reconnaîtra en ces vestiges la Domus Aurea de Néron, ensevelie depuis plusieurs siècles. C’est de ce palais qui semblait être une grotte que naît le «grotesque», un style mêlant végétaux, architecture et fantastique, fil conducteur d’Eva Jospin.
Le premier ensemble est constitué de six «Chefs-d’œuvre», allusion aux œuvres qui couronnent l’apprentissage d’un compagnon depuis le Moyen-Âge. Capriccio, Gloriette, Crayère et Bassin appartiennent à la suite Promenade (2023) tandis que Ninfeo et Arche sont rattachés à la suite Chambre d’écho (2025). Vient ensuite Cénotaphe (2020), une sculpture encore plus grande que celle du même nom exposée au musée de la Chasse et de la Nature en 2022, et l’impressionnant Duomo (2025). Haut de plus de 7 mètres, ce monument se visite aussi de l’intérieur où semblent brûler des feux de cheminée. Il est surmonté d’un dôme rappelant le Panthéon et ses murs, où architecture et nature se mêlent, renvoient aux fabriques de jardin.
On passe ensuite au milieu des trois sculptures formant l’ensemble Cité I, II et II (2023), évoquant des ruines avec des terrasses et des escaliers extravagants pour arriver au monumental Panorama (partie 1) (2016). Avec ses 9 mètres de longueur, cette sculpture en bois et carton, comme toutes celles que nous avons déjà vues, avait été réalisée pour la Cour Carré du Louvre où elle était protégée par une structure métallique. Elle représente une forêt entourant une paroi rocheuse.
Eva Jospin voulait être peintre. Elle s’en approche avec Encre des grottes (2017), déjà présente dans son exposition de 2022, une longue peinture à l’encre sur papier, ou encore avec Source et Sous-Bois (2025), appartenant à la suite Chambre d’écho, des œuvres mêlant carton, bois et fil de soie sur une toile de soie. Eva Jospin montre aussi son savoir-faire dans la broderie à laquelle elle donne du relief en y ajoutant du carton comme on le voit avec Grottesco I ; Grottesco  II et Grottesco III (2025). Nous avons également des sculptures en bronze telles ces deux Bas-relief doré (2025) qui évoquent ses réalisations en carton.
Une exposition qui magnifie un matériau banal, le carton ondulé, avec des œuvres absolument  spectaculaires. R.P. Grand Palais 8e. Jusqu’au 15 mars 2026. Lien : www.rmn.fr.


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