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Parcours en images de l'exposition
EVA GONZALÈS
Parcours d'une artiste libre
avec des visuels
mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue
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Titre de l'exposition |
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Entrée de l'exposition |
1 - Introduction
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Cette exposition consacrée à Eva Gonzalès (1847-1883), peintre et pastelliste, est l'occasion de découvrir une artiste méconnue, à la trajectoire fulgurante. Tantôt évoquée selon son milieu familial, social et culturel, tantôt par l'évocation de ses professeurs et des artistes impressionnistes qu'elle a côtoyés, Eva Gonzalès n'avait encore jamais bénéficié d'une rétrospective majeure. Mais qui est donc cette artiste? Comment en finir avec la vision romanesque qui a très tôt accompagné sa vie et son œuvre? N'est-elle que la seule élève d'Édouard Manet, l’une des figures d'avant-garde les plus sulfureuses de l'époque? Disparue prématurément à 36 ans, elle rencontre très tôt le succès critique, dans le domaine de la peinture et dans celui du pastel, qu'elle contribue à revivifier.
Voir aujourd'hui rassemblées les œuvres d'Eva Gonzalès constitue une chance rare, tant elles ont été disséminées dans le monde entier. Cette exposition est la première à renouer avec l'ampleur de la rétrospective posthume de l'artiste organisée en 1885, deux ans après sa mort. Le choix d'une monographie s'est imposé afin de réhabiliter de manière juste et sincère l'artiste Eva Gonzalès et de lui rendre la place qu'elle mérite sur la scène artistique de son temps. N'étant plus uniquement perçue et définie comme la fille de, l'élève de, l'épouse de, l'artiste femme au talent si «féminin» ou peignant «comme un homme», voilà qu’elle peut enfin (re)devenir elle-même.
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Entrée de l'exposition |
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Texte du panneau didactique. |
2 - Mademoiselle Eva
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Scénographie |

Eva Gonzalès naît dans une famille bourgeoise qui favorise l’entrée de la jeune fille dans une carrière d’artiste. Le père, Emmanuel Gonzalès, d’origine monégasque, journaliste et littérateur bien connu de la scène artistique parisienne, est l’un des fondateurs de la Société des gens de lettres. La mère, Céline Ragut, est musicienne et tient un salon couru par le Tout-Paris littéraire. Plusieurs personnalités du temps, comme son parrain, Philippe Jourde, le directeur du journal Le Siècle ou encore le poète Théodore de Banville accompagnent ses premiers pas de peintre. C’est tout naturellement que les parents d’Eva Gonzalès acceptent son entrée dans l’atelier privé du peintre mondain Charles Chaplin en 1866. Celui-ci, célèbre pour ses portraits élégants, ses représentations féminines et ses peintures de fleurs, est l’un des maîtres préférés de la bonne société parisienne qui le charge de former à la peinture les jeunes filles de leur famille. La correspondance échangée entre Emmanuel Gonzalès et Charles Chaplin permet de comprendre la manière assez paternaliste dont le maître envisage cet apprentissage. Assez vite pourtant, la jeune artiste s’émancipe de cette tutelle et, en 1867, cesse de suivre cet enseignement.
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19 avril 1847
• Naissance d’Eva Gonzalès à Paris.
1858
• Emmanuel Gonzalès achète le domaine de La Chapelle à
Monte-Carlo.
1861
• Emmanuel Gonzalès est nommé chevalier de la
Légion d’honneur.
1873
• Le poète Théodore de Banville publie un portrait poétique
d’Eva Gonzalès dans son recueil Camées parisiens.
Il loue sa remarquable beauté
mais aussi son talent d’artiste et sa détermination.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 1/7). |
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Alfred Stevens. Eva Gonzalès au piano, 1878. Huile sur panneau, 54,9 × 45,4 cm. State Art Museum of Florida, Florida State University. Legs de John Ringling, 1936, collection du Musée d'art John et Mable Ringling.
Célèbre peintre belge, familier des cercles mondains parisiens, Alfred Stevens est un proche de la famille Gonzalès. C’est par son intermédiaire qu’Eva Gonzalès rencontre Édouard Manet dont elle devient peu après la seule élève. Eva Gonzalès pratiquait le piano trois heures par jour, sous la houlette de sa mère musicienne. Stevens figure ici la jeune fille à son instrument, vêtue d’une élégante robe blanche. Malgré sa grande timidité, il lui arrivait de jouer lors des soirées musicales organisées par ses parents. |
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Cartel pour le jeune public. |
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Eva Gonzalès. La Demoiselle. Vers 1866-1868. Huile sur toile marouflée sur panneau. Collection particulière.
Peinte à dix-neuf ans, cette œuvre atteste de l'influence manifeste de Charles Chaplin. L'artiste peint une figure féminine élégante et songeuse, dans une atmosphère qui évoque le XVIIIe siècle. La somptueuse robe de la jeune fille est rendue avec un grand sens du détail, au moyen de coloris doux. L'intérieur raffiné évoque le quotidien bourgeois qui était celui des sœurs Gonzalès. |
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Eva Gonzalès. Les Deux Sœurs ou La Toilette. Vers 1866-1868.Huile sur toile marouflée sur panneau. Collection Cathy Lasry.
L'artiste s'intéresse ici de manière précoce au thème de la femme à sa toilette, qu'elle développera plus tard à maintes reprises. Les robes, les accessoires sur la coiffeuse et le mobilier dans le goût du XVIIIe siècle évoquent un milieu raffiné. La douceur du coloris et la lumière sur les peaux nues témoignent d'une technique déjà maîtrisée. On pourrait voir, dans l'attitude délicate de la jeune femme arrangeant la coiffure de sa soeur, un écho personnel à la grande tendresse qui lia toute leur vie les sœurs Gonzalès. |
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Cartel pour le jeune public. |
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Eva Gonzalès. Joueuse de harpe. Entre 1873 et 1874. Huile sur toile. Collection de S.A.S. le Prince de Monaco.
Dans cette œuvre de petit format, l'influence de Charles Chaplin est perceptible dans le rendu soyeux des étoffes, les coloris doux, rose et bleu-gris de la robe du modèle, probablement la mère d'Eva Gonzalès. Celle-ci, née Céline Ragut, était musicienne et animait un salon littéraire et musical recherché du Tout-Paris. |
3 - Dans l'atelier pour dames de Charles Chaplin
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Scénographie |
De 1866 à 1867, Eva Gonzalès suit l’enseignement de Charles Chaplin, dont l’atelier est situé au 23, rue de Lisbonne, à Paris. Chaplin s’illustre alors dans le genre du portrait mondain ainsi que dans les représentations féminines gracieuses que la critique nomme ses «chaplinades». Ses nombreuses scènes de genre et ses figures de femmes voluptueuses lui valent d’être comparé aux peintres du XVIIIe siècle, et notamment à François Boucher. De nombreuses artistes talentueuses, parmi lesquelles Louise Abbéma, Madeleine Lemaire ou encore Mary Cassatt fréquentent son atelier pour dames. L’influence de Chaplin sur Eva Gonzalès est très sensible dans les premières années de sa carrière: ses œuvres combinant des gris argentés, des roses doux et des bleus veloutés sont très proches des œuvres de Chaplin, que le romancier Henry James disait peintes «d’eau de rose et de gouttes de rosée».
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1866
• Entrée à l’atelier du peintre mondain Charles Joshua Chaplin, situé au 23, rue de Lisbonne et inscription, sur les conseils de son maître, comme copiste au Louvre.
Mai 1867
• Départ d’Eva Gonzalès de l’atelier de Chaplin.
Octobre 1868
• Controverses au sujet des projets d’Eva Gonzalès visant à louer un atelier. Chaplin juge ce souhait inapproprié pour une jeune femme célibataire.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 2/7). |
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Eva Gonzalès. Le Catéchisme, v. 1865-1870. Huile sur toile, 53,34 × 43,5 cm. Denver Art Museum. Fonds d'acquisition du département de peinture et de sculpture, avec l'aide des «Amis de la peinture et de la sculpture». Photo gracieusement fournie par le Denver Art Museum.
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Eva Gonzalès. Portrait de fillette au chapeau. Vers 1878-1880. Huile sur toile. Collection Hélène Bailly Marcilhac.
Ce portrait inachevé permet de lire l'évolution de la technique d'Eva Gonzalès au tournant des années 1880. Délaissant le fini délicat appris chez Chaplin, elle cerne les volumes par des contours noirs en utilisant des traits libres et rapides. L'artiste se concentre aussi sur l'impression de légère dissonance (l'enfant délicate et poupine habillée et fardée comme une jeune fille) plutôt que sur une description précise du modèle. Ce portrait figura dans la collection de Carl et Felicie Bernstein, qui comptèrent parmi les premiers collectionneurs de peinture impressionniste en Allemagne. |
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Eva Gonzalès. Portrait de Célina Ragut, mère de l'artiste. Entre 1866 et 1868. Pastel sur papier. FAMM (Femme Artistes du Musée de Mougins) / The Levett Collection.
La mère d'Eva Gonzalès est ici représentée dans une splendide tenue de bal. Le velouté du pastel permet de rendre la douceur de la carnation pâle du modèle et la lumière sur le cou et les épaules nues. Cette technique restitue également avec beaucoup de justesse la transparence ou, au contraire, la densité des étoffes et des accessoires. On retrouve encore la palette douce des débuts de l'artiste, cette fois dynamisée par l'emploi du noir et du blanc.
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Cartel pour le jeune public. |
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Eva Gonzalès. La Psyché, v. 1869-1870. Huile sur toile, 39 x 26,5 cm. The National Gallery, Londres. Acquis grâce aux généreux legs de Mme Martha Doris Bailey et de M. Richard Hillman Bailey, de Mlle Gillian Cleaveret de Mme Sheila Mary Holmes, avec le soutien du National Gallery Trust, 2024.
Eva Gonzalès peint souvent des femmes dans l’intimité de leur intérieur bourgeois. Ici, l’artiste fait poser sa soeur Jeanne face à un grand miroir. Le modèle tourne le dos au spectateur qui voit un reflet dans le miroir. La palette éteinte composée de marron, de gris et de bleu pâle nimbe la scène d’une atmosphère mystérieuse, accentuée par le rouge strident de la fleur entre les mains du modèle. L’absence d’émotion sur le visage de la jeune femme renforce le caractère étrange de la scène. |
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Charles Chaplin (1825-1891). Le Rêve, 1857. Huile sur toile. Marseille, musée des Beaux-Arts.
Portraitiste mondain, Charles Chaplin était célèbre pour son atelier privé, situé rue de Lisbonne, à Paris, qui accueillait de nombreuses jeunes filles de bonne famille, désireuses de se former à la peinture. Parmi ses élèves figuraient Madeleine Lemaire, Louise Abbéma ou encore Mary Cassatt. La peinture suave et le brio de Chaplin avaient fait sa réputation: on retrouve ici le thème de la jeune fille rêveuse, le chatoiement des étoffes et les coloris raffinés. Le romancier Henry James écrivait au sujet de sa peinture qu'elle était un «mélange d'eau de rose et de gouttes de rosée. |
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Eva Gonzalès. Portrait de femme (Jeanne Gonzalès de profil). Vers 1866-1868. Huile sur bois. Marseille, musée des Beaux-Arts.
Eva Gonzalès fait ici le portrait de sa jeune sœur Jeanne. Peint sur un petit panneau, le modèle est représenté avec beaucoup de simplicité, dans une harmonie de couleurs sombres et de blanc que le fond neutre fait ressortir. Le traitement de la lumière sur la chevelure et le ruban bleu noué dans le cou confèrent à cette sage figure un certain naturel. L'ovale du cadre fait ressortir la douceur du visage pensif. L'œuvre fut sans doute offerte par l'artiste à son parrain Philippe Jourde, qui dirigea le journal Le Siècle. |
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Eva Gonzalès. Le Chapeau bleu, v. 1875-1876. Huile sur toile, 15 × 11,5 cm. Collection particulière. © 2026 Christie’s Images Limited. |
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Eva Gonzalès. Le Moineau, v. 1865-1870. Huile sur toile, 65,5 x 50,5 cm. Collection particulière. © 2018 Christie’s Images Limitedl. |
4 - La rencontre avec Édouard Manet
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Scénographie |
En 1869 a lieu la rencontre décisive entre Eva Gonzalès et le peintre Édouard Manet, qui fait prendre une orientation nouvelle à la carrière de la jeune artiste. Manet est alors un artiste sulfureux, résolument décidé à faire admettre au Salon sa peinture novatrice. Se choisir un tel maître n’est pas alors chose aisée pour une jeune femme artiste. Lui, de son côté, est charmé par la beauté toute espagnole d’Eva Gonzalès, dont il admire les qualités d’artiste. C’est d’ailleurs en peintre qu’il la représente dans un monumental portrait, qui devient rapidement la cible de nombreuses critiques. De 1869 jusqu’à leur décès en 1883, les deux artistes restent très liés. Consciente de la «manetophagie» du jury du Salon et des risques qu’elle prend en s’affichant comme l’élève de Manet, Gonzalès se présente, à ses débuts, comme l’élève de son premier maître, Chaplin. Néanmoins, plusieurs œuvres présentées ici, comme Une loge aux Italiens, L'Enfant de troupe ou la Jeune fille aux cerises témoignent de l’influence manifeste de la peinture de Manet. Gonzalès persévère comme Manet dans un désir de reconnaissance officielle. Elle ne fait ainsi jamais partie du groupe des impressionnistes mais se fixe le but d’être admise à présenter ses peintures et pastels au très officiel Salon de manière régulière, entre 1870 et 1883.
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1869
• En février, Eva Gonzalès rencontre Édouard Manet chez le peintre Alfred Stevens. Malgré sa réputation, controversée, elle devient l’unique élève officielle du peintre.
1870
• Eva Gonzalès fait avec succès ses débuts au Salon de Paris.
15 avril 1874
• Ouverture de la première exposition impressionniste. Manet, considéré comme le chef de file de la nouvelle école, en est absent, tout comme Eva Gonzalès.
1er mai 1874
• Au Salon, Eva Gonzalès remporte un franc succès avec son pastel La Nichée. Le jury rejette son tableau plus ambitieux, Une loge aux Italiens.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 3/7). |
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Eva Gonzalès (1847-1883) et Édouard Manet (1832-1883). Portrait de femme ou «Étude corrigée par mon maître», 1869-1870. Huile sur toile. Collection particulière.
Témoignage de l'enseignement par la pratique reçu de Manet, ce portrait de femme a été exécuté par Gonzalès puis corrigé par ce dernier. La figure qui se détache sur un fond sombre, le visage presque sans modelé rappellent le style de Manet. S'il est difficile de déterminer la part de chacun des artistes, leur collaboration n'est pas sans conférer un certain caractère d'étrangeté à cette effigie. |
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Cartel pour le jeune public. |
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Photographes divers. Album de photographies ayant appartenu à Édouard Manet, 1860-1883. Tirages sur papier albuminé. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie.
Ce lourd album renferme un ensemble de photographies rassemblées par Manet. Les êtres chers à l'artiste y sont associés. |
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Édouard Manet (1832-1883). Lettre aquarellée d'Édouard Manet à Henri Guérard. Fin août ou septembre 1880. Aquarelle sur papier. Paris, Fondation Custodia, collection Frits Lugt.
Depuis sa résidence de Bellevue, près de Meudon, Manet écrit à Guérard qui se trouve alors en villégiature à Honfleur. Il agrémente sa lettre de petits dessins aquarellés dont une pêche et des crevettes, en écho au séjour balnéaire de son correspondant. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. Une loge aux Italiens, v. 1874. Huile sur toile, 97,7 x 130 cm. Paris, musée d’Orsay. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.
L’artiste s’inspire de la vie moderne et s’intéresse aux spectateurs du Théâtre des Italiens, installés dans une loge. Les modèles sont sa soeur Jeanne et Henri Guérard, son futur mari. Le tableau, présenté au Salon de 1874, est refusé par le jury, alors que son pastel La Nichée est, lui, accepté. Il s’agit du premier échec notable de Gonzalès. Pour ses détracteurs, l’œuvre est une illustration de l’influence néfaste de Manet. Gonzalès expose finalement son tableau dans son propre atelier, sur les conseils de Manet. Elle présente de nouveau le tableau au Salon de 1879, où il est enfin accepté. |
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Henri Guérard (1846-1897). Le Grand Bouquet, 2e état. Avant 1888. Eau-forte et aquatinte. Paris, Bibliothèque nationale de France.
Henri Guérard s’est inspiré d’un détail du tableau de son épouse, Une Loge aux Italiens, pour la gravure de ce Grand bouquet. Il isole le motif de ce cornet de fleurs et lui donne une monumentalité nouvelle alors qu'il n'était qu'accessoire dans le tableau. Ce détail rappelle également le somptueux bouquet apporté par la servante dans la célèbre Olympia de Manet (1865, musée d'Orsay). |
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Berthe Morisot (1841-1895). Au Bal, 1875. Huile sur toile. Paris, musée Marmottan Monet.
Le thème des distractions mondaines, comme le bal ou le théâtre, intéresse de nombreux peintres modernes. Ici, Berthe Morisot peint une élégante jeune femme en tenue de bal jouant de son éventail, un accessoire popularisé par la mode du japonisme, également prisé par Gonzalès dans ses œuvres. |
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Eva Gonzalès. Jeune fille aux cerises, v. 1870. Huile sur toile, 56,2 x 47,4 cm. The Art Institute, Chicago. Mr. and Mrs. Lewis Larned Coburn Memorial Collection.
L’influence de Manet est manifeste dans ce portrait. La composition, l’arrière-plan sombre, le cadrage, le thème gourmand ici décliné au féminin, évoquent Le Jeune homme pelant une poire de Manet présenté dans cette salle. Le motif des cerises, utilisé à plusieurs reprises par Manet, conjugué à une figure féminine, évoque aussi sa Chanteuse de rue. Par contraste, la blouse rayée du modèle, sa chemise aux manches diaphanes et son charmant bonnet à rubans rappellent le goût pour le XVIIIe siècle élégant des premières œuvres de Gonzalès. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. L’Enfant de troupe, 1870. Huile sur toile, 133 x 109 cm. Musée de Gajac, Villeneuve-sur-Lot. © Photo Maitetxu Etcheverria.
En 1870, Gonzalès fait ses débuts au Salon avec un pastel, Portrait de Mlle J., et deux tableaux, La Passante et L’Enfant de troupe. Dans le catalogue, elle se présente comme l’élève de son premier maître, Chaplin. Cependant, la critique relève immédiatement l’influence de Manet, dont L’Enfant de troupe témoigne sans équivoque. Cette figure de musicien isolée sur fond sombre et son uniforme rappellent en effet le Fifre de Manet, refusé par le jury du Salon de 1866. |
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Édouard Manet. Portrait d’Eva Gonzalès,1870. Huile sur toile, 191,1 x 133,4 cm. The National Gallery, Londres. Legs de Sir Hugh Lane, 1917, The National Gallery, Londres. En partenariat avec la Hugh Lane Gallery, Dublin.
Manet présente ce portrait d’Eva Gonzalès au Salon de 1870, l’année même où celle-ci y fait ses débuts. La critique n’épargne ni l’artiste ni son modèle, à qui l’on reproche d’avoir accepté de poser pour un portrait qui ne lui fait pas honneur : «Les saintes au désert ou livrées aux bourreaux ne sont pas plus courageuses que la jeune personne qui a permis à M. Manet de la représenter en pied avec une robe blanche aussi sale.» Dans une lettre à sa soeur, Berthe Morisot note amèrement: «Manet me fait de la morale et m’offre cette éternelle Mlle Gonzalès comme modèle… En attendant, il recommence son portrait pour la vingtième fois; elle pose tous les jours et, le soir, la tête est passée au savon noir. Voilà qui est encourageant!».
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Édouard Manet (1832-1883). Portrait d'Eva Gonzalès. Sans date. Pastel sur papier brun. Collection Raphael Schmit.
Comme Berthe Morisot, Eva Gonzalès a souvent été représentée par Manet. Dans cet exceptionnel portrait au pastel, la physionomie de la jeune artiste est très reconnaissable: visage rond, grands yeux sombre, nez fort et chevelure très brune coiffée à l'espagnole. La sobriété de l'arrière-plan, qui donne toute sa puissance à la seule figure, se retrouve dans d’autres portraits au pastel du peintre. |
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Henri Guérard (1846-1897). Portrait d'Eva Gonzalès, profil tourné à gauche, d'après Manet. Sans date. Eau-forte sur papier bleu. Paris, Bibliothèque nationale de France.
Manet réalise de son élève un portrait très graphique où quelques lignes suffisent pour rendre la physionomie et la coiffure d'Eva Gonzalès, très reconnaissables. Admirée pour son charme, Gonzalès possédait une beauté originale, héritée de ses racines espagnoles. On connaît plusieurs exemplaires de ce portrait, gravé par le mari de Gonzalès d’après le dessin de Manet. |
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Scénographie |
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Édouard Manet (1832-1883). Jeune garçon pelant une poire, 1867-1868. Huile sur toile. Stockholm, Nationalmuseum, offert en 1896 par l'artiste Anders Zorn. |
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Eva Gonzalès. Portrait d'Henriette Flameng Turquet, 30 novembre 1881. Pastel sur papier. Collection particulière, courtesy galerie Hubert Duchemin.
Éléonore et Henriette Turquet étaient les filles d'Edmond Turquet (1836-1914), sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts entre la fin des années 1870 et les années 1880. C'est vers lui que se tourna la famille d'Eva Gonzalès pour obtenir l'achat de tableaux par l’État après la mort de l'artiste. |
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Eva Gonzalès. Portrait d'Éléonore Turquet, 30 novembre 1881. Pastel sur papier. Collection particulière, courtesy galerie Hubert Duchemin. |
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Henri Guérard (1846-1897). Laure, d'après Eva Gonzalès, 2e état. Avant 1888. Eau-forte. Paris, Bibliothèque nationale de France.
Guérard reproduit ici une œuvre d'Eva Gonzalès inspirée de Manet. Il s'agissait d’un portrait de Laure, le modèle de la servante noire du tableau de Manet, Olympia. Il est possible que Gonzalès ait eu en sa possession le Portrait de Laure par Manet (Fondation Agnelli, Turin). Il existe de la main d'Eva Gonzalès un dessin au crayon et à la craie (Menil Collection, Houston) représentant le même modèle. |
5 - Mademoiselle Gonzalès, que pensez-vous de M. Henri Guérard ?
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Scénographie |
C’est un ami de la famille Gonzalès qui interpelle ainsi la jeune Eva au détour d’une lettre, lui demandant de lui confier son sentiment sur le peintre et graveur Henri Guérard. Les deux artistes s’étaient sans doute rencontrés vers 1874, au moment où Guérard pose pour Une loge aux Italiens, le grand chef-d’œuvre de Gonzalès. Guérard a probablement été présenté à Eva Gonzalès par Édouard Manet, dont il est l’un des graveurs attitrés, ou par Emmanuel Gonzalès, qui lui demande des illustrations pour ses ouvrages. Gonzalès et Guérard se marient en 1879, après de longues fiançailles. Modèle masculin de prédilection de son épouse, Guérard interprète son œuvre par la gravure. Cette collaboration harmonieuse, où l’artiste féminine peut compter sur le complet soutien de son époux, est assez rare pour être relevée. Elle offre en outre à l’œuvre d’Eva Gonzalès une diffusion supplémentaire par la gravure. Quelques lettres savoureuses ont été conservées parmi leur correspondance, qui nous renseignent sur la complicité et la tendresse unissant le couple.
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1874
• Le graveur Henri Guérard (1846-1897) pose pour
Une loge aux Italiens.
1876
• Eva Gonzalès se fiance avec Henri Guérard.
1879
• Mariage d’Eva Gonzalès et Henri Guérard à Paris. Manet figure parmi les témoins. La cérémonie et le dîner qui l’accompagne sont l’occasion d’un grand événement mondain.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 4/7). |
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Henri Guérard (1846-1897). Éventails. Vers 1879-1885. Gouache sur papier, gouache et aquarelle sur papier, gouache sur soie.
Collection de Lucy et John Buchanan.
Sous l'influence du japonisme, les artistes comme Edgar Degas s'intéressent à l'éventail à partir des années 1850. Les peintres sont séduits par le défi technique des courbes et du format plus réduit de ce support, qui leur offre aussi une nouvelle clientèle. Henri Guérard, amateur d'œuvres japonaises, est très attiré par ce support et l’utilise pour mettre en scène les thèmes de prédilection de son œuvre peinte et gravée: masques japonais, fleurs, animaux dont son chien, le facétieux Azor.
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Henri Guérard (1846-1897). Éventails. Vers 1879-1885. Gouache sur papier, gouache et aquarelle sur papier, gouache sur soie. Légendes. |
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Jacques-Émile Blanche (1861-1942). Portrait d'Henri Guérard, 1889. Huile sur toile. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Brillant portraitiste mondain, Jacques-Émile Blanche a souvent représenté les artistes de son temps, notamment au sein de leurs ateliers. Ici, il adapte le format étroit et monumental de son tableau à la longue silhouette d'Henri Guérard, vu en légère contre-plongée. Blanche le représente à la fois comme un peintre devant son chevalet et comme un graveur manipulant une plaque de cuivre, manifestant ainsi toute l'étendue de son talent. Resté dans la famille du modèle, ce tableau a été donné par Alice, la belle-fille de Guérard au Petit Palais en 1972. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. Henri Guérard dans son atelier. Vers 1879-1880. Crayon graphite sur papier. Collection particulière, Allemagne.
Rare exemple de dessin d'Eva Gonzalès conservé, cette feuille rappelle que le mari de l'artiste était également peintre. Elle le représente en train de travailler face à son chevalet, dans un atelier dont on distingue l'encombrement et le bric-à-brac. |
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Norbert Gœneutte (1854-1894). Henri Guérard à sa presse, 1888. Eau-forte, aquatinte et roulette originale. Collection particulière.
En 1889, Guérard devient vice-président de la Société des peintres-graveurs, fondée avec Félix Bracquemond. Dès lors, il n’a de cesse de faire reconnaître la gravure comme un art à part entière, au même titre que la peinture ou le dessin. Il est ici représenté par son ami Norbert Gœneutte dans son atelier, à côté de sa presse, en train d'examiner un tirage. |
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Henri Guérard (1846-1897). Frise de corbeaux. Sans date. Pointe sèche sur zinc. Collection particulière.
Fin connaisseur d'estampes et d'objets japonais, Guérard s'inspire du japonisme pour imaginer cette frise de corbeaux, rythmée, telle une partition musicale, par le jeu du noir et du blanc. |
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(À gauche) Henri Guérard (1846-1897). Azor. Sans date. Estampe.
Collection particulière.
(Au centre, en haut) Anonyme. Portrait photographique d'Henri Guérard. Sans date. Photographie.
Paris, Fondation Custodia, collection Frits Lugt.
Henri Guérard aimait les animaux et les a souvent représentés. Il est ici photographié avec son fidèle Azor, un de ses modèles récurrents.
(2 autres) Voir ci-dessous
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Henri Guérard (1846-1897). Azor, 1890. Eau-forte et aquatinte sur papier vergé. Musée de Dieppe.
Eva Gonzalès et Henri Guérard vivaient entourés de plusieurs chiens, dont le fameux Azor, un carlin facétieux dont il est souvent question dans leur correspondance. Ici, Guérard s'est amusé à retranscrire plusieurs attitudes savoureuses de son fidèle compagnon. |
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Henri Guérard (1846-1897). Azor, 2e état, n°4. Vers 1888. Eau-forte et aquatinte. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
6 - Dieppe et la Normandie
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Scénographie |
Au XIXe siècle, la Normandie devient un haut lieu du tourisme. Proche de Paris par le train, Dieppe fait figure de destination favorite des citadins désireux de prendre du repos au bord de la Manche. Les artistes y découvrent quant à eux des paysages inspirants. Les Gonzalès connaissent la ville pour s’y être installés pendant la guerre de 1870. Dieppe devient bientôt un lieu de villégiature récurrent pour la famille qui y séjourne plusieurs mois chaque année jusqu’au début des années 1880. Eva Gonzalès y fréquente les lieux huppés, le casino et les grands restaurants où elle retrouve ses amis parisiens. Cette vie mondaine est interrompue par des séances de travail sur le motif. Au contact des paysages de Dieppe, Honfleur ou Grandcamp, l’œuvre d’Eva Gonzalès évolue et sa palette s’éclaircit. Ses parents et sa soeur deviennent les modèles de ses scènes de plage qui rappellent celles des artistes impressionnistes.
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1868
• Premier séjour d’Eva Gonzalès et sa famille à Dieppe.
Juillet-septembre 1870
• Eva, sa soeur Jeanne et leur mère fuient la guerre franco-prussienne à Dieppe. Emmanuel Gonzalès reste à Paris pour son travail.
Été 1875
• Pendant les vacances d’été de sa famille sur la côte normande, Eva Gonzalès réalise plusieurs œuvres empreintes de lumière et de clarté.
Mai 1882
• Probable dernier séjour d’Eva Gonzalès à Dieppe.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 5/7). |
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Eva Gonzalès. La Promeneuse, 1875-1876. Huile sur toile. Dixon Gallery and Gardens; Museum purchase with funds provided by an anonymous donor. |
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Eva Gonzalès. Enfants dans les dunes de sable, Grandcamp, v. 1877-1878. Huile sur toile, 46 x 56 cm. National Gallery of Ireland, Dublin. Acquis en 1972 (Fonds Shaw). Photo: National Gallery of Ireland.
Gonzalès choisit pour ce paysage très esquissé une vue originale, éloignée du rivage. Elle se concentre sur les dunes où la végétation est sommairement rendue par des touches très maigres, rapidement brossées. Les accents de couleur sont réservés au charmant duo d’enfants de retour de la pêche avec un panier de poissons frais. |
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Henri Guérard (1846-1897). Port de Dieppe de nuit, 3e tiers du XIXe siècle. Huile sur toile. Musée de Dieppe.
Eva Gonzalès et Henri Guérard séjournent à plusieurs reprises à Dieppe - l'occasion, pour Guérard, de démontrer ses qualités de peintre en réalisant plusieurs vues de la ville. |
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Eva Gonzalès. La Plage de Dieppe. Vers 1875-1877. Huile sur toile. Collection de S.A.S. le Prince de Monaco.
Si une petite cabine de plage est visible au premier plan de la composition, cette marine fait presque oublier toute présence humaine. La plage est réduite à une étroite bande de sable. La mer et le ciel, traités en larges rectangles presque abstraits occupent quasiment toute la composition, conférant à cette scène de petit format une dimension très poétique. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. Portrait de Cyrilla Montgomery-Love, première épouse de Georges Haquette. Entre le 12 octobre 1878 et mai 1883. Aquarelle sur papier. Musée de Dieppe. Don des Amys du Vieux Dieppe - Amis du musée.
Cyrilla Montgomery-Love, héritière d'une riche famille belge, est l'épouse de Georges Haquette, peintre parisien installé à Dieppe. Ce portrait témoigne des liens de Gonzalès avec la haute société mondaine et artistique en villégiature dans la région. |
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Édouard Manet (1832-1883). Anguille et rouget, 1864. Huile sur toile. Paris, Établissement public du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie. Don Dr et de Mme Albert Charpentier, 1951. |
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Eva Gonzalès. Plage de Dieppe vue depuis la falaise ouest. Vers 1871-1872. Huile sur toile.
Musée de Dieppe.
Dans ce grand panorama, inhabituel dans sa production, Eva Gonzalès embrasse le paysage du front de mer, visible depuis les hauteurs du château de Dieppe. Eva Gonzalès, commence à s'intéresser au paysage à l'occasion de ses séjours normands. Cette vue se concentre sur l'étagement des plans du paysage où les bandes de couleurs deviennent presque abstraites.
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Henri Guérard (1846-1897). Petite fille dans les champs, 1890. Eau-forte en couleurs. Musée de Dieppe.
Henri Guérard reprend et interprète par l'estampe un détail de la peinture d'Eva Gonzalès, Grandcamp. Graveur attitré de nombreux peintres, dont Édouard Manet, il met ici ses talents au service de l'œuvre de son épouse. Plusieurs compositions de Gonzalès sont aujourd’hui connues par les gravures de Guérard. |
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Henri Guérard (1846 1897). Sur la falaise. Sans date. Pointe sèche. Collection particulière.
Dans cette épreuve intitulée Sur la falaise, Henri Guérard reprend un élément de la peinture d'Eva Gonzalès intitulée Le Peintre et son modèle. Il choisit un détail de cette petite esquisse (son propre portrait) et l'interprète en l'agrandissant. |
7 - Tracer son chemin
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Scénographie |
Les années 1870 et le début des années 1880 permettent à Eva Gonzalès de s’affirmer. Synthétisant les enseignements de Chaplin et de Manet, elle parvient à imposer son propre style. Aisément reconnaissable, sa soeur Jeanne devient quasiment son unique modèle, endossant tous les rôles. Gonzalès crée, autour de cette personnalité qu’elle connaît bien, des héroïnes différentes, au même visage. Le thème de la femme à sa toilette, par lequel elle nous fait pénétrer dans l’intimité de Jeanne, devient un motif récurrent. De manière générale, Eva Gonzalès s’inspire de son quotidien et de la vie des femmes qu’elle côtoie pour peindre des scènes dont les figures féminines ou leurs accessoires constituent le cœur. Manet constate que son élève est moins désireuse de ses conseils mais la félicite néanmoins pour ses progrès couronnés de succès. Le pastel occupe une part croissante dans sa production et montre toute l’étendue de son talent. Les critiques positives qu’elle reçoit contribuent à consolider encore sa carrière.
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1873
• Rejet, par le jury du Salon, du tableau Les Oseraies. Il est exposé au Salon des Refusés.
1875
• Eva Gonzalès expose La Toilette à l’Exposition générale des Beaux-Arts de Bruxelles.
1876
• Eva Gonzalès fait un retour remarqué au Salon officiel de Paris avec Le Petit Lever.
1878
• Retour au Salon de Paris avec deux tableaux, Miss et Bébé et En cachette, ainsi que deux pastels.
1879
• Eva Gonzalès expose plusieurs œuvres au Salon dont Une loge aux Italiens, rejetée cinq ans plus tôt par le jury.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 6/7). |
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Eva Gonzalès. La Matinée rose, 1874. Pastel sur papier et châssis entoilé, 93,8 x 74,3 cm. Paris, musée d’Orsay. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.
Admis au Salon de 1874, en même temps qu’Une loge aux Italiens essuie un refus, ce pastel de grande dimension vaut à son auteur les louanges de la critique. Il représente sa soeur Jeanne en peignoir rose, regardant avec tendresse un panier rempli de chiots. Cette scène, qui évoque les petits bonheurs d’un quotidien paisible, appartient à une série de représentations de femmes à leur toilette. La délicatesse des tons roses et bleus rappelle encore l’influence de Charles Chaplin mais donne déjà à voir la grande maîtrise de Gonzalès dans l’art du pastel. |
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Eva Gonzalès. La Plante favorite. Vers 1871-1872. Pastel sur toile. Collection Diane B. Wilsey.
Ce pastel a longtemps intrigué les spécialistes: une erreur typographique dans le catalogue de l'exposition du Salon de 1872 le donnait en effet à «Eva-Jeanne» Gonzalès, laissant entendre un travail à deux mains. Si Jeanne accompagne régulièrement sa sœur à ses leçons chez Manet et si elle expose elle-même au Salon, il est aujourd'hui admis que ce pastel est l'œuvre d'Eva seule. Gonzalès démontre ici sa maîtrise du pastel, tout en nuances délicates et diaphanes pour le vêtement et en accents plus toniques pour la cordyline du premier plan. |
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Édouard Manet (1832-1883). Marguerite de Conflans. Vers 1876. Huile sur toile. Paris, Établissement public du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie, dépôt au musée des Augustins de Toulouse, legs de Mlle d'Angély, 1941.
Manet représente ici Marguerite de Conflans, une amie de sa famille, à sa table de toilette. Les accents de bleu qu'utilise le peintre pour déterminer les volumes qui sont repris par Gonzalès pour la scène du Réveil (Bremen Kunsthalle). Le décor, le costume et le format ovale du tableau rappellent les scènes de boudoir du XVIIIe siècle. Sur la table de toilette, on aperçoit un miroir similaire à celui qu'Eva Gonzalès utilise pour La Nichée (présenté dans cette salle). |
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Eva Gonzalès. Le Réveil, 1877. Huile sur toile, 81,1 x 100,1 cm. Kunsthalle Bremen – Der Kunstverein in Bremen. Photo: Lars Lohrisch, Public Domain Mark 1.0.
Emblématique de la série des «Réveils», cette peinture donne à voir la figure de Jeanne Gonzalès, émergeant de son sommeil, encore rêveuse. Tout en courbes douces, accentuées par des lignes bleues, le corps du modèle épouse la forme du lit et de l’oreiller. Une certaine sensualité se dégage de ce moment de torpeur. L’artiste dispose quelques éléments de mobilier élégant mais aussi un bouquet de violettes qui n’est pas sans rappeler Manet. Il existe une réplique de ce tableau de format similaire mais plus esquissée, intitulée Le Sommeil. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. L’Indolence, v.1871-1872. Huile sur toile, 99,5 × 81 cm. Collection de S.A.S. le Prince de Monaco. Cliché Geoffroy Moufflet. © Archives du Palais de Monaco – IAM.
L’Indolence est présentée au Salon de 1872 avec le pastel La Plante favorite. Bien que mentionnée comme élève de Chaplin au catalogue du Salon, Eva Gonzalès fait ici clairement référence à Manet, avec le perroquet dans sa cage ou le bouquet de violettes. La critique s’est moquée de la figure à la pose antinaturelle, aux yeux dans le vague et portant d’étranges gants. Une caricature dans la presse accuse cette effigie maladive d’avoir «mangé trop de cresson». Émile Zola la défend au contraire, lui trouvant des allures de «vierge tombée d’un vitrail». |
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Eva Gonzalès. Portrait de Jeanne Gonzalès, v. 1870-1872. Huile sur toile, 55,3 x 46 cm. Collection particulière / Photo Scott Goodwin.
Eva Gonzalès représente sa soeur, un éventail à la main. Accessoire de mode, clin d’œil au japonisme, l’éventail est un motif récurrent et partagé dans l’œuvre de Gonzalès et de son mari Henri Guérard. Il apporte un charme supplémentaire à l’effigie raffinée de Jeanne. |
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Eva Gonzalès. Le Goûter, 1869-1875. Huile sur toile. Dallas Museum of Art, The Eugene and Margaret McDermott Art Fund.
Dans une salle à manger, une petite fille attend son goûter, préparé par une jeune femme qui est probablement sa nourrice. Le tableau, bien qu'assez esquissé, fait apparaître une partie du décor raffiné de cet intérieur bourgeois. Le visage de Jeanne Gonzalès est lui aussi reconnaissable. Le thème de l'enfant et de la gouvernante pourrait avoir été choisi sous l'influence de Manet. Il est repris plus tard dans un tableau de plus grand format, Miss et Bébé (Washington, National Gallery of Art). |
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Eva Gonzalès. La Femme en bleu, v. 1871-1872. Huile sur toile, 49 x 31,5 cm. Collection particulière / Jacques Bétant, Lausanne Museum. Photo Tihamér Lukács.
Cette femme en bleu incarne la quintessence des Parisiennes élégantes bourgeoises qu’étaient Eva Gonzalès et sa soeur Jeanne. La femme de lettres Judith Gautier, qui remarque la peinture lors de l’exposition posthume de Gonzalès en 1885, y voit «une fenêtre ouverte sur Paris avec le vertige d’un étage élevé». |
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Eva Gonzalès. L’Alcôve, v.1875-1878. Huile sur toile, 46,5 x 38,4 cm. Collection particulière.
Appartenant à la série des femmes à leur toilette, cette peinture représente Jeanne en chemise de nuit, au réveil. La délicate harmonie de blanc montre l’étendue du talent d’Eva Gonzalès. L’attitude empreinte de simplicité nonchalante, les pieds nus concourent à donner une image naturelle du modèle. |
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Eva Gonzalès. Portrait de Jeanne, v. 1873-1874. Huile sur toile, 56 x 46,5 cm. Collection particulière / Courtesy of Sotheby’s. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. Les Souliers roses, v. 1878-1879. Huile sur toile, 26 x 35 cm. Collection particulière / Photo Jean-Louis Losi.
Eva Gonzalès s’est intéressée à une forme de nature morte bien particulière avec cette vue très rapprochée de ravissants souliers roses. S’agit-il d’une forme d’autoportrait par l’objet? On connaît un autre tableau très proche, représentant une paire de souliers blancs en satin. |
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Henri Guérard (1846-1897). L'assaut du soulier. 1er état, combinaison de deux planches de noir et de rose. Avant 1888. Eau-forte et roulette en couleurs. Paris, Bibliothèque nationale de France.
Eva Gonzalès montre un attrait pour les chaussures féminines, dont elle réalise plusieurs peintures, isolant ces accessoires en gros plan. Ici son mari Henri Guérard, réinterprète à sa façon, japonisante et humoristique, le thème des souliers roses. |
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Eva Gonzalès. Roses dans un verre, vers 1875. Huile sur toile. Collection Cathy Lasry. |
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Cartel pour le jeune public. |
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Eva Gonzalès. Coupe de persil, 1878. Aquarelle sur papier. Collection Catherine A. Schreurs. |
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Eva Gonzalès. La Convalescente. Entre 1877 et 1878. Fusain et huile sur toile. Ordrupgaard, Copenhagen.
C'est à nouveau Jeanne Gonzalès qui pose pour ce portrait, très proche de la scène de L'Alcôve. Eva Gonzalès a ici choisi de représenter sa sœur en plus gros plan, appuyée sur un lit défait à peine esquissé. L'artiste travaille une large palette de blancs, bleutés pour le vêtement et rosés pour la carnation. L'effigie, diaphane, émerge devant un arrière-plan modulé de gris. |
8 - Les dernières années
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Scénographie |
Les dernières années de la carrière d’Eva Gonzalès sont une période d’intense créativité. Ses peintures mais surtout ses pastels témoignent de l’évolution de son style. Les couleurs sont posées en larges touches, brossées avec énergie. L’artiste n’hésite pas à utiliser des couleurs très franches voire acides pour souligner des détails dans ses compositions. Pourtant, l’année 1883, qui s’annonçait sous les meilleurs auspices (un pastel accepté au Salon, la naissance à venir de son premier enfant) prend une tournure dramatique. Le 30 avril, Édouard Manet meurt à Paris des suites d’une grave opération. Très affectée par ce deuil, Eva Gonzalès succombe quelques jours plus tard, le 6 mai, emportée par une embolie à l’âge de 36 ans. En 1885, les amis et la famille d’Eva Gonzalès organisent une exposition posthume dans les salons de la revue La Vie moderne, à Paris, suivie d’une vente à l’Hôtel Drouot. Henri Guérard meurt en 1897, et Jeanne Gonzalès en 1924. Ils laissent à Jean-Raimond Guérard, qu’ils ont élevé ensemble, la charge de conserver vivant le souvenir de sa mère.
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19 avril 1883
• Naissance de Jean-Raimond Guérard.
30 avril 1883
• Mort de Manet.
6 mai 1883
• Mort d’Eva Gonzalès. La Modiste, son dernier envoi au salon, est drapé de noir.
1888
• Remariage d’Henri Guérard avec Jeanne Gonzalès, sa belle-sœur.
Expositions posthumes
1885 : salons de la revue La Vie Moderne.
1914 : galerie Bernheim Jeune.
1932 : galerie Georges Bernheim.
1950 et 1959 : galerie Daber.
1952 : principauté de Monaco.
1950
• Première monographie consacrée à l’artiste par Claude Roger-Marx.
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Texte du panneau didactique. |
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Biographie d'Eva Gonzalès (tableau 7/7). |
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Eva Gonzalès. Miss et bébé, v. 1877-1878. Huile sur toile, 65 × 81,4 cm. National Gallery of Art, Washington. Courtesy of the National Gallery of Art, Washington.
Eva Gonzalès expose cette œuvre au Salon de 1878. Les figures de la gouvernante et de l’enfant qui nous tourne le dos rappellent un tableau de Manet, Le Chemin de fer. Gonzalès insuffle à son tableau une atmosphère d’étrangeté à l’aide de plusieurs détails : l’ombrelle renversée au sol, qui occupe une large part de la composition, le regard absent de la jeune femme ou encore la lumière irréelle qui semble provenir de diverses sources lumineuses. Ce tableau a un temps figuré dans la collection de la couturière Jeanne Lanvin. |
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Eva Gonzalès. La Servante ou À la barrière, v. 1865-1870. Huile sur toile, 41 x 32,5 cm. Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. CCØ : Paris Musées / Petit Palais.
Cette œuvre très esquissée pourrait être un travail préparatoire pour le tableau Miss et Bébé (Washington, National Gallery of Art). On reconnaît en effet le même détail de la barrière dans chacune des compositions. |
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Eva Gonzalès. Jeanne au chevalet. Dieppe. Huile sur toile. Collection particulière. |
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Henri Guérard (1846-1897). Jeune femme au chevalet, 4e état. Vers 1890. Estampe, manière noire. Paris, Bibliothèque nationale de France.
La Jeune élève est le nom d'une peinture d'Eva Gonzalès qu'Henri Guérard a traduite en gravure. Ici, l'apprentie n'est autre que Jeanne Gonzalès, qui pratiquait aussi la peinture et qui exposa à plusieurs reprises au Salon. Guérard a continué à reproduire les peintures de son épouse après le décès de celle-ci. |
9 - Femmes artistes
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Scénographie |
Eva Gonzalès a souvent été associée à Berthe Morisot (1841-1895), Mary Cassatt (1844-1926) ou Marie Bracquemond (1840-1916), bien qu’elle n’ait jamais exposé avec les Impressionnistes. Si toutes ces artistes possèdent des points communs (leur soeur comme modèle de prédilection, certains thèmes comme celui des femmes à leur toilette), elles ont pour autant chacune suivi une voie singulière. Mary Cassatt, américaine, choisit la France pour affirmer son talent de peintre, et reste célibataire, préservant ainsi son indépendance. Berthe Morisot poursuit son travail d’artiste après son mariage avec le frère d’Édouard Manet et devient l’une des figures les plus respectées du groupe des Impressionnistes. Après une carrière de peintre et céramiste couronnée de succès, Marie Bracquemond, quant à elle, cesse d’exposer son travail, pour laisser la place à un mari ombrageux, le peintre et graveur Félix Bracquemond. Eva Gonzalès, de son côté, peut compter toute sa vie sur le soutien de son mari et sa collaboration dans son travail de peintre.
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Texte du panneau didactique. |
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Cartel pour le jeune public. |
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Marie Bracquemond (1840-1916). Le Goûter. Vers 1880. Huile sur toile. Paris, Petit Palais - musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Marie Bracquemond a réalisé plusieurs portraits de sa sœur Louise. Dans celui-ci, elle la représente assise à la table du goûter, lisant un livre. Influencée par Claude Monet, Bracquemond développe une touche où la couleur se fait miroitante. Contrairement à Morisot, Cassatt ou Gonzalès, Marie Bracquemond renonce à exposer son travail. Il est fort probable que ce soit sous la pression de son mari, le graveur Félix Bracquemond, qu'elle ait renoncé à ses ambitions d'artiste. |
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Mary Cassatt (1844-1926). Portrait de Sara avec son chien. Vers 1901. Pastel sur papier collé en plein sur carton. Paris, Petit Palais - musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Américaine, Mary Cassatt vient étudier en France et entre dans l'atelier de Charles Chaplin, comme Eva Gonzalès. Elle prend régulièrement sa sœur Lydia comme modèle. Devenue une figure incontournable du mouvement impressionniste, elle s'expatrie en France et y reste six décennies. Cassatt demeure tout au long de sa vie soucieuse de son indépendance financière et affective. |
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Eva Gonzalès. La Promenade à âne (Henri et Jeanne), v. 1880-1882. Bristol Museums & Archives. Courtesy of Bristol Museums & Archives / Photo David Emeney.
Cette œuvre de la dernière partie de la carrière d’Eva Gonzalès montre l’évolution de son style vers une facture moins lisse, plus énergique. La composition est brossée en larges touches, laissant un fond plus esquissé que le duo de personnages. Une fois encore, Gonzalès réunit son mari Henri Guérard et sa soeur Jeanne. L’œuvre pourrait être rapprochée d’Une loge aux Italiens: les deux personnages forment peut-être un couple mais la figure féminine, juchée sur le dos de l’âne, semble désabusée et n’a pas un regard pour l’homme. |
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Berthe Morisot. Dans le parc, v. 1874. Pastel sur papier, 71 x 89 cm. Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. CCØ : Paris Musées / Petit Palais.
Berthe Morisot fait poser sa jeune soeur Edma et ses deux enfants dans les herbes hautes. Comme les sœurs Gonzalès, les sœurs Morisot étaient très proches. Ici, le lumineux paysage aux camaïeux de vert tranche avec les figures sombres du chien et de la jeune femme. La douceur et la tendresse maternelle font écho au velouté du traitement au pastel. |
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Scénographie |
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Eva Gonzalès. Sous le berceau, Honfleur. Vers 1879-1880. Pastel sur papier. Académie des sciences morales et politiques.
Jeanne Gonzalès est représentée assise sous un berceau de feuillage, sur la plage de Honfleur. Elle est accompagnée du chien Azor, reconnaissable à son collier à grelots. Cette scène paisible est dynamisée par l'emploi de couleurs franches (rose, rouge, vert, jaune et bleu) posées en touches nerveuses. L'étrangeté de la scène est liée à la manière originale dont Gonzalès raccorde les figures du premier plan, en surplomb, au paysage presque abstrait. |
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Jeanne Gonzalès (1852-1924). Portrait de Jean-Raimond Guérard. Vers 1885. Huile sur toile. Collection Amaury d'Everlange.
À la mort de sa sœur, Jeanne Gonzalès devient une mère de substitution pour son neveu Jean-Raimond. Elle épouse son beau-frère Henri Guérard en 1888, situation relativement courante à cette époque dans ce type de circonstances. Jeanne a également pratiqué la peinture et a exposé au Salon mais de manière moins remarquée que son aînée. Elle donne ici un charmant portrait du petit Jean-Raimond, accompagné de son cheval à bascule. |
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Eva Gonzalès. Une mariée, 1879. Pastel sur toile. Collection de S.A.S. le Prince de Monaco.
En 1879 Eva Gonzalès épouse Henri Guérard. Peu après, elle fait poser sa soeur Jeanne dans sa robe de mariée pour réaliser deux pastels. Dans un geste presque prémonitoire, elle attribue à sa soeur un rôle que celle-ci endossera cinq ans après la mort de son aînée. Claude Roger-Marx écrit ainsi, dans la première monographie publiée sur Eva Gonzalès: «On dirait qu’elle s’est observée et rêvée à travers ce double d’elle-même qu’elle aimait, rudoyait, transformait à sa guise.» |
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Eva Gonzalès. La mariée (Jeanne Gonzalès) 1879. Pastel sur toile, 46,2 x 38,2 cm. Collection de S.A.S. le Prince de Monaco.
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Norbert Gœneutte (1854-1894). Portrait de Jean-Raimond Guérard. Vers 1886. Pastel sur papier. Collection particulière, courtesy Galerie Chaptal.
Norbert Gœneutte est resté proche de son ami Henri Guérard après le décès d'Eva Gonzalès. On connaît de lui plusieurs portraits du jeune Jean-Raimond. La douceur du pastel sied bien à cette représentation très touchante du garçonnet en vareuse, le visage grave entouré de boucles blondes. Plus tard, Jean-Raimond Guérard s'ingénie à faire vivre l'héritage de ses parents, tout en menant de front des activités de peintre et décorateur de théâtre. |
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Eva Gonzalès. La Femme en rose, 1879. Pastel sur toile. Collection Diane B. Wilsey.
Quintessence de l'art du portrait au pastel par Eva Gonzalès, cette Femme en rose révèle les grandes qualités de coloriste de l'artiste, ainsi que la subtilité de son travail avec ce médium. |
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