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Parcours en images de l'exposition
BRION GYSIN
Le dernier musée
avec des visuels
mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue
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Titre de l'exposition |
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Scénographie |
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INTRODUCTION
Brion Gysin (1916, Taplow, Royaume-Uni – 1986, Paris) est un artiste protéiforme, peintre, poète, performeur, photographe et musicien souvent associé à la Beat Generation. Inventeur du cut-up dont il explore avec William S. Burroughs toutes les possibilités, il déploie une œuvre à l’intersection de la peinture et de l’écriture, mobilisant une gamme sans cesse renouvelée de langages plastiques. Sa fascination pour les visions qui transcendent le réel l’amène à mettre au point une machine à rêver, la Dreamachine, que l’on regarde les yeux fermés.
Passionné d’altérité et arpenteur des marges, guidé par une insatiable curiosité, il sillonne le monde et fréquente les mouvements alternatifs et underground. Ses pérégrinations l’amènent ainsi à côtoyer des milieux créatifs et intellectuels parfois très éloignés les uns des autres, et dans lesquels il a un écho souvent inattendu. Nourrie de ces rencontres, son incessante pulsion créatrice s’est exprimée à travers des formes telles que la poésie sonore et visuelle, le cinéma expérimental, la performance, le roman et la musique, sans oublier la peinture et la photographie. Cette trajectoire extraordinaire l’a amené à côtoyer de nombreuses personnalités marquantes du monde artistique et littéraire et à se façonner une aura presque magique.
Au-delà de la légende, qu’il a lui-même alimentée par sa verve narrative, cette rétrospective retrace en sept chapitres thématiques les grandes étapes du parcours hors norme de cette figure encore très méconnue, alors que son influence est toujours vivace chez nombre d’artistes.
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Louis Jammes (né en 1958). Portrait de Brion Gysin, 1986. Photographie noir et blanc. Paris, collection de l'artiste. |
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Texte du panneau didactique. |
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Chronologie |
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Chronologie 1916-1954.
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Chronologie 1958-1975.
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Chronologie 1977-2010.
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Information sur l'écoute de personnalités ayant côtoyé Brion Gysin. |
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Carl Van Vechten. Portrait de Brion Gysin, 1957. Van Vechten Collection, Library of Congress, Washington D.C. |
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Anne Nordmann. Portrait de Brion Gysin, s. d. Photographie noir et blanc. Paris, fonds Gysin, musée d'Art moderne de Paris. |
1 - RÊVER
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Scénographie |
Dans les années 1930, alors qu’il suit le Cours de civilisation française à la Sorbonne, Brion Gysin se lie au mouvement surréaliste. Proche de l’écrivain et éditeur René Bertelé, dont il illustre Le Jugement du vent (1936), il voit son travail repéré par André Breton, qui l’invite en 1935 à participer à une exposition de dessins surréalistes à la galerie Aux Quatre Chemins. Mais la veille du vernissage, Breton les fera retirer pour des raisons peu claires – une déception pour Gysin, qui en restera meurtri à jamais.
Sa production visuelle au cours de cette première période, qui compte également peintures, décalcomanies et estampes, témoigne de son intérêt pour les univers oniriques et surnaturels et de l’influence qu’ont eu sur lui les artistes surréalistes et leur figure tutélaire, Victor Hugo. Elle manifeste également son attrait, dès cette époque, pour les aventures de l’esprit provoquées par les substances hallucinogènes (la mescaline et la psilocybine notamment) et pour les visions induites par des stimuli lumineux. Le film de Philippe Decrauzat présenté dans cette salle rend hommage à cette fascination précoce qui annonce l’invention, des décennies plus tard, de la Dreamachine.
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Texte du panneau didactique. |
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Brion Gysin (1916-1986). La clé des songes, 1938. Huile sur toile. Collection particulière, Paris. |
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Victor Hugo. Tache dentelle, 1855-1856. Maison de Victor Hugo, 2012.3.1 / Paris Musées. Photo : Paris Musées. |
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René Bertelé (1908 - 1973) et Brion Gysin (1916-1986). Le Jugement du vent, 1936. Lithographie de Brion Gysin. Livre. Repères n°17, Paris, GML. Collection Maurice Imbert, Paris.
Lors de son premier séjour parisien, Brion Gysin se lie d'amitié avec l'éditeur, René Bertelé. Celui-ci publie en août 1936 chez GML (Guy Lévis Mano) une plaquette, Le Jugement du vent, dédiée à René Laporte et pour laquelle il demande à Gysin une illustration. C’est l’opportunité pour le jeune Gysin, qui fréquente par l'intermédiaire de Sylvia Beach les milieux littéraires, d’apparaître dans une revue qui associe à chaque livraison un poète et un artiste et où ont été publiés André Breton-Marcel Duchamp, René Char-Pablo Picasso, Paul Éluard-Salvador Dali, etc. |
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Brion Gysin (1916-1986). Signe dans le paysage, 1935. Plume et encre de Chine sur papier. Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne. © Ville de Paris. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. GrandPalaisRmn / image Centre Pompidou, MNAM-CCI. |
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Brion Gysin (1916-1986). Écrit dans le paysage, 1935. Plume et encre de Chine sur papier. Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle. |
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Scénographie.
Dans les années 1930, Gysin réalise également des peintures sur toile et sur panneau d'inspiration surréaliste. Dans celles-ci, des personnages analogues à ceux qui figurent sur les dessins prennent place dans des paysages ou des espaces théâtraux dont les éléments hétéroclites, les reliefs anthropomorphes et les perspectives sur l'horizon infini de la mer ne sont pas sans rappeler les tableaux de la période paranoïaque-critique de Salvador Dali. Dans The Key of the Dreams [La clé des songes] - titre surréaliste s’il en est -, un personnage se dresse au centre d’une scène de théâtre et de bord de mer. Augure curieusement drapé de blanc, il avance clé en main comme s'il cherchait une serrure pour nous donner accès au monde des rêves.
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Brion Gysin (1916-1986). Psylocibes, 1959. Huile sur toile. Musée d'Art moderne de Paris.
À la suite de d’écrivains et de peintres comme Antonin Artaud ou Henri Michaux, les artistes de la Beat Generation expérimentent l'effet des substances hallucinogènes sur leur perception et leur capacité créatrice. Dans l’article (présenté en vitrine) «psacrée Psylocibine [sic] et les champignons sacrés» paru en 1977 dans la revue Artpress International, Gysin raconte l'effet produit sur lui par la psilocybine, un alcaloïde d’un champignon mexicain hallucinogène, que Timothy Leary lui avait envoyés au Beat Hotel, en 1961. Il y évoque également ses pérégrinations à Tanger, après la prise de mescaline, un dérivé du Peyotl, dans les années 1950. Le titre de cette œuvre renvoie à ces expériences.
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Brion Gysin (1916-1986). Sans titre, 1937. Huile sur toile. Collection Particulière, Paris.. |
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Brion Gysin (1916-1986). Sans titre, 1941. Encres de couleur sur carton. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Sans titre, 1941. Encres de couleur sur papier. Musée d'Art moderne de Paris.
C'est lors d’un vol entre les États-Unis et Cuba, où il se rend pour pouvoir renouveler son visa américain, que Gysin remarque les formes caractéristiques des nuages de cette région du monde. Elles lui inspirent ces compositions abstraites réalisées selon la technique des décalcomanies. Mise au point par Oscar Dominguez, dont une œuvre est présentée dans cette salle, celle-ci consiste à étaler de la gouache sur une surface lustrée et à presser sur la peinture humide une autre feuille de papier. Les formes obtenues génèrent des paréidolies – éléments figuratifs vus dans des formes abstraites - que Gysin souligne parfois à l'encre de Chine. |
2 - VOYAGER
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Scénographie |
La vie de Brion Gysin est jalonnée d’incessantes pérégrinations. Né en Angleterre, élevé au Canada, il étudie en Grande-Bretagne, en France et en Espagne. Il s’installe à Paris au milieu des années 1930 et voyage en Grèce et en Algérie. Il rejoint New York en 1940 pour créer des costumes de comédies musicales, avant d’être enrôlé dans l’armée canadienne. Après la guerre, doté d’une bourse Fulbright, il revient en Europe poursuivre des recherches sur l’esclavage. Il découvre alors le Maroc et s’installe à Tanger, où il ouvre un restaurant, Les Mille et Une Nuits. Il revient à Paris en 1958, au Beat Hotel, base à partir de laquelle il multiplie les voyages et les séjours dans le sud de la France, en Angleterre, aux États-Unis, à Tanger et à Venise, où il réside chez la collectionneuse et galeriste Peggy Guggenheim.
Avec Paris, le Maroc est certainement le lieu qui a eu le plus d’influence sur la création de Gysin. Il s’intègre aux milieux artistiques, découvre les paysages du Sahara, la calligraphie arabe, la musique Jajouka et des formes de spiritualité auxquelles il restera attaché toute sa vie. Son attrait pour Hassan-i Sabbah notamment l’amènera à effectuer, en 1969, un pèlerinage à la forteresse d’Alamût en Iran, autrefois le bastion spirituel, politique et militaire des Nizârites ismaéliens. |
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Texte du panneau didactique. |
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Brion Gysin (1916-1986). Night in Marrakech, 1968. Encre et peinture sur papier. Collection particulière. |
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Brion Gysin (1916-1986). Bicycle Market on Friday, Marrakech, 1954. Aquarelle et encre de Chine sur papier. Paris, collection particulière. |
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Brion Gysin (1916-1986). Black Dancers, 1968. Encre et peinture sur papier. Collection particulière. |
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Scénographie |
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Brion Gysin (1916-1986). Sheltering Sky (Sahara), 1958. Huile sur toile. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Sans titre (Sahara), 1959. Huile sur toile. Collection particulière. |
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Brion Gysin (1916-1986). My Window at Pegoy Guggenheim's Palazzo, 1962. Ensemble de six dessins. Encre sur papier.
New Galerie, Paris.
Brion Gysin rencontre Peggy Guggenheim au début des années 1960 pour lui présenter sa Dreamachine, en espérant qu’elle l’aidera à en assurer la diffusion. Ce projet avorte mais la collectionneuse se prend d'affection pour Gysin et l'invite à plusieurs reprises au cours des années suivantes dans son palazzo vénitien. C’est lors de l’un de ces séjours que Gysin dessine une série de petites encres inspirées de la vue de sa chambre dans lesquelles le geste calligraphique, imprégné de l’atmosphère de la cité des Doges, épouse les contours de la fenêtre et forme, feuille après feuille, dans un tempo allègre, une série de variations quasi-musicales.
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Brion Gysin (1916-1986). My Window at Peggy Guggenheim's Palazzo, 1962. Encre sur papier. New Galerie. © Ville de Paris. Collection François de Palaminy. Courtesy New Galerie, Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). To Master - A Long Goodnight: The Story of Uncle Tom, a Historical Narrative, 1946. Livre. New York, Creative Age Press, Inc. Collection Hélène Leroy.
Écrit alors qu’il était enrôlé dans l’armée canadienne durant la Seconde Guerre mondiale, To Master - A Long Goodnight est le premier livre publié de Brion Gysin. La même année, Gysin publie un essai sur l'Histoire de l'esclavage au Canada. Ces publications, qui témoignent de l'intérêt de Gysin pour la cause anti-esclavagiste, furent déterminantes pour l'obtention, en 1949, d’une bourse Fulbright lui permettant de poursuivre ses recherches en Europe sur l’esclavage au XVIIIe siècle. |
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Mohamed Hamri (1932 - 2000). Portrait de Brion Gysin, années 1960. Encre sur papier. Collection Sanaa Hamri.
Dans un entretien avec Gérard-Georges Lemaire, Brion Gysin se souvient: «Une grande découverte pour moi fut celle de Hamri vers 1950, un jeune Marocain illettré à qui j’ai donné ma boîte de couleurs et qui est parti comme un lièvre avec tubes et pinceaux. Il a immédiatement fait quelque chose d’époustouflant, éblouissant de couleurs, d’invention, de poésie.» C’est ce même Hamri dont plusieurs peintures sont présentées dans cette salle qui a réalisé ce portrait de Gysin à partir d’une photographie prise par Donald Angus au restaurant Les Mille et Une Nuits, en 1955. On y voit le pied gauche mutilé de Gysin, séquelle d’un accident de la route avec son ami l'écrivain américain, John Hopkins. |
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Mohamed Hamri (1932-2000). Les Femmes voilées, 1952. Aquarelle sur papier. Collection Sanaa Hamri. |
3 - PERMUTER / ÉCRIRE-DESSINER
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Scénographie |
La découverte du cut-up au Beat Hotel en 1959 – reviviscence dadaïste consistant à couper dans un texte et à réarranger les morceaux de façon aléatoire – marque un tournant dans l’œuvre de Brion Gysin. Elle lui permet d’introduire une dimension de hasard et de coïncidence dans toutes les facettes de sa production artistique: visuelle, sonore, poétique et littéraire. Elle l’amène aussi à expérimenter différentes formes de permutations qui prolongent et démultiplient la combinaison des sens de lecture des écritures japonaise et arabe, à l’origine de la grille structurant ses calligraphies. Une grille qui se trouve systématisée par l’usage de rouleaux de peintre modifiés qu’il met au point au même moment.
Il pratique ses cut-up et permutations, seul ou en groupe, notamment avec William S. Burroughs, son alter ego. Ils créeront ensemble une série d’œuvres dans lesquelles la combinaison de leurs deux personnalités engendre une troisième entité, le Third Mind.
Parallèlement, Gysin renouvelle son intérêt pour le signe et son usage à des fins plastiques, explorant les territoires en marge de l’écriture et du dessin que nombre d’artistes de sa génération ou plus contemporains investissent également.
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Texte du panneau didactique. |
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William Burroughs (1914-1997) et Brion Gysin (1916-1986). The Third Mind, 1978. Livre. |
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Jean Degottex (1918-1988). IBN II 01.08.1962, 1962. Encre de Chine sur papier. Paris, musée d’Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Mektoub, 1959. Encre noire et rouge sur papier. Paris, musée d’Art moderne de Paris. |
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Pierrette Bloch (1928-2017). Sans titre, 1999. Encre sur papier. Paris, musée d’Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Untitled (Naked Lunch), 1964. Encre et peinture au rouleau modifié sur papier. Musée d’Art moderne de Paris.
Untitled (Naked Lunch) peut être considéré comme un hommage à Burroughs. Sur une trame tracée au rouleau et recouverte de différentes nuances de gris, Gysin a inscrit en lettres capitales, telle une épitaphe, une phrase tirée du roman de Burroughs. On peut penser que si Gysin se saisit de ce thème en 1964, c’est pour saluer la fin des aléas juridiques ayant empêché la publication du livre de son ami. Après une première publication en français par Maurice Girodias en 1959, il avait fallu attendre fin 1962 pour qu'il soit publié aux États-Unis (chez Grove Press) et 1964 en Grande-Bretagne (aux éditions John Calder).
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Scénographie.
Brion Gysin (1916-1986). 8 Unit, 1961:
Word Burst in Numbered World, Unit I
Word-Flow in the Theatre of Numbered Space, Unit Il
Gold in Chariot of Ordered Word, Unit III
Words Seeded Over Cities in the Sand, Unit IV
Permutation I Am That I Am, Unit V
Jade Mirror of Magnetic Memory, Unit VI
Word Made Grass-Machine, Unit VII
Star of the Dreamachine, Unit VIII1961.
Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Word Burst in Numbered World, Unit I. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Word-Flow in the Theatre of Numbered Space, Unit II. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Gold in Chariot of Ordered Word, Unit III. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Words Seeded Over Cities in the Sand, Unit IV. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Permutation I Am That I Am, Unit V. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Jade Mirror of Magnetic Memory, Unit VI. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Word Made Grass-Machine, Unit VII. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Unit, 1961. Star of the Dreamachine, Unit VIII. Acrylique sur toile. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Permutation I, II, II, IV, 1959. Huile sur toile.
Paris, musée d’Art moderne de Paris.
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Cutter de Brion Gysin. Années 1960. Cutter. Ancienne collection Paul-Armand Gette. Collection particulière, Paris.
Un après-midi de l'automne 1959, au Beat Hotel, alors qu'il s'apprête à découper un passe-partout pour l’un de ses dessins, Gysin met sur sa table une pile de journaux pour la protéger. En coupant le carton, la lame de son cutter traverse plusieurs feuillets du New York Herald Tribune et de l’Observer ainsi qu’un exemplaire du magazine Life. En réassemblant au hasard les morceaux découpés, il se rend compte qu'ils forment un nouveau texte. Il se met à en lire des passages et s’esclaffe de rire en tombant sur «It is impossible to estimate the damage» [Les dégâts sont inestimables]. La technique du cut-up était née. |
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Brion Gysin (1916-1986). Garden IV - Rustique Olivette, La Ciotat, 1959. Huile sur toile. Collection particulière, Courtesy DEVALS, Paris.
Cette œuvre appartient à une série réalisée par Gysin lors de son séjour à Rustique Olivette, résidence d’artistes créée à La Ciotat par l'écrivain et critique d'art anticolonialiste, militant pour l'émancipation homosexuelle Daniel Guérin (1904-1988). Au milieu des années 1950, on y croise d’autres écrivains tels que Chester Himes (1909-1984), Paul Celan (1920-1970) et André Schwartz-Bart qui y travaille sur Le Dernier des Justes (Prix Goncourt 1959). C’est dans le car qui le ramenait à Marseille que Gysin fera sa fameuse expérience optique à l’origine de la Dreamachine. |
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Brion Gysin (1916-1986). Fenestration d’Iris Clert, 1961. Gouache sur toile. Suisse, collection Ahrenberg. |
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Brion Gysin (1916-1986). Ensemble de 4 dessins permutés, 1959-1961. Encre de Chine avec rehauts de gouache sur-papier collé sur carton. Paris, musée d'Art moderne de Paris.
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Etel Adnan (1925-2021). Ibrahim Nasrallah: Fadihat Al-Thalab [Le scandale du renard], 1998. Aquarelle, encre de Chine sur papier Japon.
Succession Etel Adnan.
C’est en Californie, au début des années 1960, qu’Etel Adnan découvre les leporellos qui font partie de la tradition chinoise et japonaise. Plus qu'un support différent de la feuille ou de la toile, ces livres en accordéon ouvrent tout un champ de son travail où se mêlent la poésie, la calligraphie et la peinture, l’écriture et le dessin ne faisant plus qu'un. Dans ce leporello réalisé à Beyrouth à partir d’un texte du poète palestinien Ibrahim Nasrallah (né en 1954), Adnan exploite les possibilités visuelles de la manipulation des lettres et des mots qu'offre |’écriture arabe, jouant de la couleur du tracé, de la taille des lettres et - évoquant en cela Gysin - de l'orientation de la graphie, tantôt horizontale et tantôt verticale.
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Scénographie |
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Brion Gysin (1916-1986). Calligraffiti of Fire, 1985. Huile sur toile.
Collection Omar Alexander Fayed, FRSA. © Ville de Paris. Photo : October Gallery London.
Alors qu'il sentait sa santé décliner rapidement, Gysin décida en 1985 de réaliser une calligraphie monumentale dans le style des makemono, ces livres dépliants japonais qui se lisent de droite à gauche et dont un célèbre exemplaire représentant un ouragan de feu, découvert au musée de Boston en 1940, l'avait fasciné. Ne disposant pas chez lui d’un espace suffisant, il se fit prêter un atelier et alla y travailler tous les jours pendant un mois et demi. Gysin considérait que Calligraffiti of Fire, un polyptique constitué de dix panneaux s’étalant sur plus de seize mètres de long, était «LA peinture de sa vie» et il savait en l’achevant que c'était la dernière qu’il réaliserait.
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4 - DREAMACHINE
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Scénographie |
UNE ŒUVRE D'ART CONÇUE POUR ÊTRE REGARDÉE LES YEUX FERMÉS
Le 21 décembre 1958, Brion Gysin note dans son journal: «Bouleversé aujourd’hui par une tempête de visions en couleurs dans le car entre La Ciotat et Marseille. Nous traversions une avenue d'arbres quand j’ai fermé mes yeux contre le soleil couchant. Aussitôt, je me sentis emporté par un tourbillon de couleurs d’une intensité surnaturelle qui explosaient derrière mes paupières». Cette expérience le marque profondément et il s'efforce d'en comprendre la genèse et d'en reproduire les effets. Avec Ian Sommerville, un jeune mathématicien britannique ami de William S. Burroughs, il conçoit en 1961 un prototype de Dreamachine: une ampoule de 100 W placée au centre d’un cylindre en carton perforé, posé sur un tourne-disque 78 tours. De multiples autres modèles dotés de cylindres intérieurs colorés verront le jour dans les années suivantes.
Œuvre emblématique de Gysin, la Dreamachine a fasciné les milieux artistiques et les protagonistes de la contre-culture des années 1960 et 1970. Elle est aujourd'hui reconnue comme une œuvre pionnière de l'art optique et du psychédélisme, anticipant les recherches actuelles sur la neuroesthétique et l'expérience immersive.
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Texte du panneau didactique. |
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Récit dactylographié de l’invention et du fonctionnement de la Dreamachine, vers 1961. Fonds Gysin, musée d'Art moderne de Paris.
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Scénographie |
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Brion Gysin (1916-1986). Dreamachine, 1961-1979. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris.
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Brion Gysin (1916-1986). Dreamachine, 1961-1979. Encre de couleur au pochoir sur papier. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris. |
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Carton préparé pour la Dreamachine, 1979. Encre et peinture sur papier. Paris, musée d’Art moderne de Paris. |
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Philippe Decrauzat. The Shooting, 2006. Acrylique sur toile. Galerie Alexandre Devals. © ADAGP, Paris, 2026. Photo ©Fabrice Gousset, Courtesy Devals. |
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Scénographie |
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Brion Gysin (1916-1986). Dreamachine, 1961-1979. Encre de couleur au pochoir sur papier.
Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Parisl.
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Brion Gysin (1916-1986). Cylindre pour Dreamachine, 1979. Encres de couleur sur papier, peinture argent au verso. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris. |
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Nicolas Aiello (né en 1977). 9 avril 2013 (Libération), 2018. Eau-forte sur papier japonais. Collection de l'artiste.
Le 9 avril 2013, Nicolas Aiello se rend à l'URDLA à Villeurbanne pour réaliser des gravures. En chemin, il s'arrête à un kiosque à journaux et achète les quotidiens nationaux. Il en recopie tout le contenu à la main sur une plaque de zinc au format exact de la page de chacun d’eux, en mêlant trois types d’écritures: à l'endroit, à l'envers et une écriture automatique, sorte de gribouillage destiné à former des respirations de place en place. Les nouvelles du jour peuvent être vues dans leur totalité, le contenu d’un journal tenant sur une seule page, mais ainsi «compressées», elles deviennent quasiment illisibles. Rendus à la contemplation de leur pure présence graphique, nous sommes tenus dans les limites de nos perceptions tout autant qu'invités à les dépasser. |
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The Dream Machine. Extraits du film. |
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Derek Jarman (1942-1994), Michael Costiff, Cerith Wyn Evans (né en 1958), John Maybury (né en 1958) et Tim Burke (né en 1965). The Dream Machine, 1983 (extraits). Film original en 16 mm, numérisation d'après VHS, 33 min. Fonds Gysin, Musée d'Art moderne de Paris.
Marqué par l'esthétique poétique et l'érotisme propres au cinéma expérimental de Derek Jarman, ce court-métrage, a été tourné avec plusieurs de ses anciens assistants, en 1983. La production est restée en suspens jusqu'en 1986 et fut finalisée grâce au soutien du British Film Institute. Il a depuis été montré dans divers festivals dont le Festival international de Berlin (1987) et le Festival des films gay et lesbiens de Londres (2004). Le film montre une série de scènes oniriques entrecoupées de plans - retours à la réalité ? - dans lesquels Brion Gysin se tient, les yeux fermés, devant la Dreamachine. |
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5 - JOUER
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Scénographie.
Grand tableau au centre: Brion Gysin (1916-1986). Sans titre (peinture réalisée pendant la performance au Domaine poétique), 1961. Gouache sur papier marouflé sur toile. Collection particulière, Paris.
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C’est par la performance que Brion Gysin se fait connaître dans les milieux de la poésie d’avant-garde, à Paris et à Londres, dès le début des années 1960. Il accompagne la récitation de ses poèmes, dans la tradition américaine du spoken word, avec des diffusions d’enregistrements. Au cours de ces séances, il projette sur son propre corps des photographies de lui-même qu’il a modifiées en grattant les diapositives : il apparaît nu puis disparaît subitement, grâce à un drap blanc tendu devant lui et un savant jeu d’éclairage.
Repéré par les tenants de Fluxus et de la poésie concrète, il participe à diverses manifestations dont les soirées du Domaine poétique, aux côtés de François Dufrêne, Robert Filliou et Bernard Heidsieck notamment, au cours desquelles il réalise, dans une gestuelle soigneusement chorégraphiée, de grandes peintures calligraphiques comme celle présentée dans cette salle. Il se produira dans un grand nombre de festivals, tels que la “Nova Convention”, la “Final Academy” et les Polyphonix”, en Europe et aux États-Unis, au cours des années 1970 et 1980.
La musique est une autre composante importante des apparitions sur scène de Gysin, qu’il s’agisse des poèmes sonores exécutés en duo avec le saxophoniste Steve Lacy ou de sa participation à des formations musicales de toute nature, mêlant rock et free jazz, en particulier aux côtés de Ramuntcho Matta et Don Cherry.
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Texte du panneau didactique. |
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Affiche pour la performance du Domaine poétique, 1961. Collection particulière, Paris.
C’est au cours d’une soirée performance du Domaine poétique à l'American Center, alors boulevard Raspail à Paris, que Bernard Heidsieck, Henri Chopin et François Dufrêne ont rencontré des représentants de Fluxus américain. Cette soirée est aussi l’une des premières occasions pour ces poètes sonores français de faire entendre leurs créations à un public averti. Brion Gysin est l’un des invités de cette manifestation; il y réalise - en direct - une peinture calligraphique qui est présentée dans cette salle (voir «scénographie» ci-dessus.
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Brion Gysin (1916-1986). Autoportrait, 1961. Diapositive grattée. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Autoportrait, 1961. Diapositive grattée. Musée d’Art Moderne de Paris. |
Diaporama: Autoportraits, vers 1961. Série de diapositives grattées. Musée d'Art moderne de Paris.
La pulsion scripturale de Brion Gysin et son goût pour la mise en scène et le jeu avec son image s'exprime dans une série de diapositives réalisées en 1961, au moment où il engage son travail dans la voie de la performance, où il apparaît de face, nu ou habillé, recouvert de vers de poèmes permutés ou de calligraphies. L'artiste et l'œuvre ne font qu'un, une autre façon de dire : « I AM THAT I AM. » Gysin reprendra régulièrement la technique des diapositives grattées, jusqu’à l'ultime période des années 1980.
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Le Colloque de Tanger, 1975. Affiche. Collection particulière, Paris.
Le Colloque de Tanger s'est tenu à Genève du 24 au 28 septembre 1975. Organisées à l'initiative de Gérard-Georges Lemaire, ces journées ont été marquées par des expositions d'œuvres de Gysin et du manuscrit de The Third Mind, l'intervention de poètes comme Bernard Heidsieck et Henri Chopin, des performances du danseur japonais Ishii Mitsutaka et de la troupe de théâtre bruxelloise Le Plan K, le spectacle de rock de Patrick Eudeline et des Wild Boys, et le concert de jazz donné par Steve Lacy et son groupe. Les actes du colloque ont été publiés en deux volumes aux éditions Christian Bourgois, en 1976 et 1979.
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«Junk Is No Good Baby», extraits du concert de Brion Gysin avec Steve Lacy à l'American Center, 1979. Film, 20 min 37 s. Paris, fonds Gysin, musée d'Art moderne de Paris. |
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6 - ENSORCELLER
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Scénographie |
Brion Gysin a entretenu toute sa vie un rapport singulier à la magie et à l’au-delà, passant pour être lui-même doté d’une aura de mystère et de qualités quasi médiumniques. C’est à cette facette de sa personnalité que rendent hommage non sans humour plusieurs artistes présentés dans cette section. Tandis que Louis Jammes photographie le vagabondage underground qu’il forme avec William S. Burroughs, le film de Françoise Janicot cherche, comme son titre l’indique, à capturer Les Diables de Brion.
Tous ceux qui ont fréquenté Gysin évoquent le magnétisme qu’il exerçait et sa capacité à apparaître ou à disparaître de façon impromptue, ce qu’il mettait d’ailleurs en scène dans ses performances des années 1960. La grande peinture-collage Pals Popping Out of Windows [Des copains surgissant aux fenêtres], dans laquelle les portraits photographiques de ses proches constellent un vaste paysage urbain, semble faire allusion à sa capacité à aimanter toutes sortes de personnalités.
À l’instar de John Giorno ou de Keith Haring, qui voyait en Brion Gysin «une sorte de professeur» et «un génie incroyable dont les idées ont changé [sa] vie», de nombreux artistes ont subi son influence et ont été proprement envoûtés par son charisme et sa manière très particulière d’être au monde.
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Texte du panneau didactique. |
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Brion Gysin (1916-1986). Rouleau de caches peints pour la Dreamachine, 1979. Encre et peinture sur papier, 110 x 880 cm. Collection particulière.
Enthousiasmé par la Dreamachine, le jeune galeriste Miklos von Bartha et un ami de Gysin, le collectionneur bâlois Carl Laszlo, en firent produire une demi-douzaine d'exemplaires dont quatre furent présentés à Bâle, en juin 1979. Le public, nourri des visiteurs de la Foire de Bâle, fut intrigué mais aucune des Dreamachines exposées ne trouva acheteur. Gysin était convaincu que le modèle mis au point avec le galeriste von Bartha allait connaître un grand succès et il vint à l'ouverture de l’exposition avec un rouleau de caches colorés qu’il suffirait de découper et de placer à l’intérieur des cylindres en plexiglass. Faute de demande du public, ces nouvelles Dreamachines ne furent jamais produites et Gysin laissa le rouleau à Bâle, chez son ami Udo Breger. Il est présenté ici pour la première fois. |
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Louis Jammes (né en 1958). Brion Gysin et William Burroughs, 1985. Ensemble de six épreuves gélatino-argentique sur aluminium.
Paris, collection de l'artistel.
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Scénographie |
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Keith Haring (1958 -1990). Hommage à Brion Gysin, 1986. Encre noire sur papier. Signé: Keith, daté: July 1986 Tokyo. Collection particulière Gideon Tadmor.
L'artiste américain Keith Haring était à Tokyo quand il a appris le décès de Brion Gysin. Ne pouvant se rendre à Paris, il a envoyé ce dessin, plié dans une enveloppe et accompagné d’une lettre manuscrite demandant que le dessin soit brûlé avec lui lors de la crémation. À ces instructions, il ajoutait: «Je me sens honoré d’avoir connu Brion et d’avoir pu bénéficier de son enseignement.» La lettre se termine par une adresse à son ami, sous forme d’un poème permuté:
FOR MY TEACHER
LOVE ALWAYS
LOVE ALL WAYS
LOVE WAYS ALL
Contrairement à la volonté de Keith Haring, le dessin n'a pas été détruit. Keith Haring dessina également la couverture du dernier roman publié par Gysin, intitulé The Last Museum.
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John Giorno. YOU GOT TO BURN TO SHINE, 2017. Sérigraphie. Édition 1/75. Éditions Cahiers d’art, Paris. Collection Staffan Ahrenberg, Suisse. Photo: Thomas Lannes. © John Giorno Estate. Courtesy of Staffan Ahrenberg and Cahiers d’Art. |
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Brion Gysin (1916-1986). Pals Popping Out of Windows, 1974-1975. Collages photographiques, encre de Chine sur papier. Paris, collection particulière. |
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Laurie Anderson (1947). WINDBOOK, 1974. Livre manuscrit, caisson en bois et Plexiglas, ventilateurs électriques. Lyon, musée d'Art contemporain de Lyon.
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John Giorno (1936 -2019). Dial-A-Poem, 1968-2012. Téléphone modifié, enregistrement numérique sonore de 200 poèmes de 80 poètes. Édition 2/12. Œuvre réalisée avec la collaboration de Bob Bielecki, ingénieur. Besançon, collection Frac Franche-Comté.
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Initié en 1969, Dial-A-Poem n'a cessé, sous l'égide de la maison d'édition Giorno Poetry Systems, de se développer au fil des ans. Le projet rassemble aujourd’hui 282 enregistrements de 132 poètes, artistes, musiciens et activistes. Le principe - qui aurait certainement enthousiasmé Brion Gysin - est de rendre ces enregistrements accessibles à tous, à tout moment. Ainsi Giorno Poetry Systems a développé des lignes téléphoniques locales à travers le monde: pour entendre un poème de la ligne française, on est invité à composer le + 33 09 73 72 32 77 sur son téléphone personnel. |
7 - RÉVÉLER
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Scénographie |
En 1973, Brion Gysin s’installe dans un appartement au quatrième étage d’un immeuble situé 135, rue Saint-Martin, face à ce qui était en train de devenir le Centre Pompidou. La vue de ce gigantesque chantier le fascine et il ne cesse d’en photographier la progression, d’autant que, au fur et à mesure que s’élève la façade de l’immeuble conçu par Richard Rogers et Renzo Piano, il reconnaît la grille qui structure nombre de ses propres œuvres. De cette révélation et du riche matériau photographique qu’il accumule – sous forme de planches-contacts en noir et blanc ou en couleurs, de diapositives sur lesquelles il écrit ou dessine et d’innombrables petits tirages photographiques qu’il insère dans des trames tracées au rouleau – vont naître plusieurs séries d’œuvres, dont la plus emblématique se nomme, à l’instar de son dernier roman jamais intégralement publié, Le Dernier Musée.
Cet engouement pour la photographie au cours des dernières années parisiennes de l’artiste est l’occasion d’un renouvellement formel d’autant plus manifeste que les œuvres ainsi créées portent sur un nombre limité de sujets: des monuments parisiens de son environnement immédiat et les personnes qui l’entourent.
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Texte du panneau didactique. |
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François Lagarde (1949-2017). Brion Gysin devant Pals Popping Out of Windows, 1973. Photographie noir et blanc. Paris, collection particulière. |
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Brion Gysin (1916-1986). Le Dernier Musée, 1977. Encre et gouache au rouleau modifié et collage de photographies sur papier. Paris, musée d'Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Sans titre, vers 1978. Photographie sépia. Paris, musée d’Art moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Le Dernier Musée, 1977. Série de dix photographies couleurs, planches contact. Tirages d'exposition.
Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle.
Fasciné par la structure en exosquelette du Centre Pompidou qu'il voit depuis ses fenêtres, Gysin photographie compulsivement le bâtiment, n’hésitant pas à déambuler autour de lui pour le saisir sous toutes ses coutures. Au même moment, il prend conscience des potentialités offertes par la planche-contact et réalise que la bobine de film de son appareil photo est aussi, à sa façon, un rouleau. C’est probablement ce qui le décide à composer, en orchestrant savamment ses prises de vues, cette série de dix agrandissements de planches-contacts qu’il intitule Le Dernier Musée.
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Brion Gysin (1916-1986). Beaubourg, 1975. Encre au rouleau modifié et collage de photographies noir et blanc sur papier. Musée d’Art Moderne de Paris. Paris Musées / Musée d’Art Moderne de Paris. |
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Brion Gysin (1916-1986). Le Dernier Musée, 1977. Série de dix photographies couleurs, planches contact, extrait. Tirages d'exposition. Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle. |
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