MODIGLIANI / ZADKINE
Une amitié interrompue

Article publié dans la Lettre n°611 du 5 mars 2025



 
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MODIGLIANI / ZADKINE. Une amitié interrompue. Amedeo Modigliani (Livourne, 1884 -Paris, 1920) et Ossip Zadkine (Vitebsk, 1888 – Neuilly-sur-Seine, 1967) arrivent à Paris, l’un après l’autre, en 1906 et 1910. Le sculpteur et le peintre qui voulait devenir sculpteur se rencontrent en 1913. Une amitié sincère naît entre les deux artistes qui partagent alors le «temps des vaches maigres» comme l’écrira Zadkine dans ses souvenirs. Cette amitié est féconde sur le plan artistique, comme on le constate dans le parcours de cette exposition, mais brève car interrompue par la Première Guerre mondiale. Tandis que Zadkine s’engage comme brancardier en 1915, avant d’être gazé et d’entamer une longue convalescence, Modigliani abandonne la sculpture pour la peinture sur les conseils de marchands. Après de brèves retrouvailles au sortir de la guerre, leurs voies divergent de nouveau jusqu’à la mort prématurée de Modigliani à l’âge de 35 ans. Néanmoins Zadkine n’oubliera jamais son ami, gardant précieusement le portrait qu’il fit de lui en 1913 et contribuant à sa gloire posthume.
Le parcours en cinq sections retrace les étapes de cette amitié. Il commence par la confrontation d’œuvres des deux artistes, tant en peinture qu’en sculpture. Le rapprochement de la Tête de femme (1911-1913), en calcaire, de Modigliani avec la Tête héroïque (1909-1910), taillée dans le granit, de Zadkine, est tout à fait pertinent. De même les sculptures étirées de Zadkine, telles Hermaphrodite (1914) ou Éphèbe (1918) s’accordent bien avec les têtes allongées avec de longs cous de Modigliani (Femme au ruban de velours, vers 1915).
Tout autour de deux sculptures de Zadkine, la section suivante compare des peintures et dessins des deux amis. La ressemblance dans la représentation de nus et autres personnages par les deux artistes est absolument frappante.
Bien entendu il n’y a pas que Modigliani et Zadkine à Montparnasse. Les troisième et quatrième parties du parcours évoquent les rencontres avec d’autres artistes tels Chana Orloff (Buste de Modigliani, 1949), Chaïm Soutine, Pablo Picasso, Constantin Brancusi ou encore Marie Vorobieff, dite Marevna, dont on voit son Portrait de Zadkine (1955). Des peintures, sculptures et photographies illustrent ces sections. On y voit aussi une toile, Femme brune (1919-1920), jadis attribuée à Modigliani, comme bien d’autres, tant le mythe de celui-ci était devenue rentable pour des marchands sans scrupules.
La dernière section, «Un temple pour l’humanité», explore les recherches que les deux compères firent pour associer la sculpture et l’architecture. Modigliani voulait réaliser un «temple en l’honneur de l’Humanité». De ce projet nous avons ici plusieurs dessins et peintures de cariatides ou de femmes ornées d’éléments d’architecture. Quant à Zadkine, il taille de nombreuses cariatides qu’il met en scène comme un décor d’architecture.
Une exposition qui nous permet de voir ou de revoir quelques-unes des plus belles œuvres de ces deux artistes. R.P. Musée Zadkine 6e. Jusqu’au 30 mars. Lien : www.zadkine.paris.fr.


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