
JEAN MARTIN OU LA VIE NORMALE
Article
publié dans la Lettre n° 361
du
9 décembre 2013
JEAN MARTIN OU LA VIE NORMALE de Pierre-Antoine
Durand et Benjamin Bellecour avec Clément Aubert, Jacques Bourgaux,
Anna Mihalcea et Arnaud Pfeiffer.
Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Déconcertante
question, qui pourrait presque résumer la teneur de ce spectacle.
Parce qu’il est blond et parle sans accent, Amine se glisserait
sans difficulté dans l’anonymat d’un pays où le nom de Martin est
premier sur la liste des occurrences patronymiques. Même s’il est
musulman, Kossovar, d’une généalogie plus que cosmopolite…! Cueilli
à son arrivée par un mystérieux mécène, Amine découvre le monde
des Jean Martin revendiqués, prêts à lui tracer le parcours d’une
existence normale, entre le rituel Ikéa, le mariage avec la cousine,
les dimanches sur l’eau. Un idéal de monotonie, en somme ? Voire…
Il y découvrira surtout combien l’identité est chose délicate et
étrange, comment les rêves héroïques de l’enfance sous-tendent jusqu’au
délire la normalité prétendue. Il goûtera à la vraie tendresse loin
des conformismes, jusqu’à l’explosion de ces bulles normatives où
l’absurdité fermente.
Dans cette fable loufoque, menée rire battant, les trois Jean Martin
et leur cousine complice brassent avec jubilation une atmosphère
qui se fait de plus en plus déjantée, dans laquelle les incursions
de la réalité, comme par voix off, viennent instiller une perplexité
beaucoup plus interrogative et dérangeante qu’il n’y paraîtrait.
Bonheur et normalité feraient-ils bon ménage?
Au fait, comment vous appelez-vous ? Ciné XIII Théâtre 18e.
Jusqu’au 4 janvier. A.D.
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