KÁROLY FERENCZY. Modernité hongroise. Une fois de plus le Petit Palais met à l’honneur un peintre aussi célèbre dans sa Hongrie d’origine qu’il est méconnu en France. Károly Freund (1862-1917), qui « magyarisera » son nom en Ferenczy, nait à Vienne à une époque où l’empereur d’Autriche est aussi roi de Hongrie. Son père, un haut fonctionnaire hongrois, l’invite à étudier le droit à Budapest et à s’occuper du domaine familial. En 1880-1881, il suit des cours d’histoire de l’art consacrés à la Renaissance italienne et, en 1884, il fait un long séjour en Italie avec la peintre Olga Fialka, une cousine éloignée, de 14 ans son ainée, qu’il épouse en 1885. Leur premier fils, Valér, naît une semaine après leur mariage et leurs jumeaux, Noémie et Benjámin, surnommé Béni, en 1890. C’est durant ce voyage en Italie que se révèle le talent de peintre de Ferenczy. Il fait ensuite des voyages à Munich où il découvre le symbolisme, à Naples où il s’inscrit à l’académie des Beaux-Arts et, en 1887, à Paris où il étudie à l’académie Julian, se familiarisant avec le naturalisme et la peinture de Bastien-Lepage. Malgré ces influences multiples, Ferenczy n’est ni symboliste, ni naturaliste, ni nabi, ni impressionniste, mais un peu tout cela à la fois. Tandis qu’Olga expose une dernière fois ses œuvres à Budapest et renonce à la peinture pour se consacrer à ses enfants, Károly, dont le style s’affine, devient de plus en plus célèbre.
Les commissaires ont conçu le parcours en trois «temps» regroupant douze sections à la fois chronologiques et thématiques. Il commence avec deux tableaux montrant Ferenczy ajustant la pose de son modèle dans des environnements différents, une forêt et son atelier, accrochés de part et d’autre de son Autoportrait (dans l’atelier) (1903).
Après cette entrée en matière commence le premier «temps», «Un artiste en devenir (1884-1896)». En 1889, Ferenczy s’installe avec sa famille à Szentendre, près de Budapest. Ses premières toiles témoignent de ses «racines européennes» - il lit aussi bien le hongrois, que l’allemand, le français, l’anglais et l’italien - et de l’influence du naturalisme (Jeunes garçons jetant des cailloux, 1890; Devant les affiches, 1891). La section suivante «Visages familiers» nous montre l’importance de la cellule familiale dans la vie et l’œuvre de Ferenczy. ... (Lire la suite).