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Lettre n° 640
du 10 juin 2026 |
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Nos sélections de la quinzaine |
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THÉÂTRE
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Photo Georges Socratoff et jean Freetz
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LES DEUX FRÈRES ET LES LIONS de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre. Mise en scène Vincent Debost et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre. Avec Lisa Pajon et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre ou Clara Artur-Vaude et Naïm Bakhtiar.
Naître dans une famille défavorisée, originaire d’Ecosse, ne représente pas un départ idéal dans la vie. Nés jumeaux, David et Frederick grandissent avec deux paramètres qui seront le moteur de leur réussite: être complémentaires et rester unis. Observant ces conditions, ils vont exploiter les traits de leur caractère, l’un optimiste et fonceur, l’autre introverti et prudent. Leur devise: discrétion et secret. Et surtout, pas de politique, surtout éviter d’avoir affaire avec l’État. Petits vendeurs à la criée du Daily Telegraph, ils sont à Londres sans un sou en poche. Employés à quinze ans au service comptable de la Société General Electric puis comme peintres et décorateurs, ils fréquentent les cours du soir. L’un apprend à «réussir son commerce» pendant que l’autre table sur l’histoire de l’art parce que l’art c’est le mouvement et qu’il faut être toujours en mouvement et investir. Cinquante ans plus tard, après le rachat du Daily Telegrah et une réussite spectaculaire dans l’immobilier, des voyages dans les paradis fiscaux les amènent à Sercq (Sark), l’une des îles anglo-normandes. Ils rachètent l’îlot de Brecqhou, une dépendance de la seigneurie de Sercq. Ils ont soixante-dix ans et sont milliardaires. Certains que leurs filles respectives vont hériter de leur fortune, ils jubilent. Pas si sûr si l’on en croit les lois pour le moins spéciales des îles anglo-normandes en vigueur depuis …1565! ... (Lire la suite).
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Photo Christophe Raynaud de Lage
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PENTHÉSILÉE d’après Heinrich von Kleist. Traduction Julien Gracq. Adaptation et mise en scène Michael Thalheimer. Avec la troupe de la Comédie-Française: Clotilde de Bayser, Suliane Brahim, Sébastien Pouderoux.
Le mythe des Amazones est à l’origine de la pièce de Heinrich von Kleist.
Suite à la destruction de leur clan, les femmes fondent leur état et en érigent les lois pour se protéger des hommes. Penthésilée devient reine à la mort de sa mère Otréré qui lui a révélé sa future inclination pour Achille, le Péléide. Une fois au pouvoir, la jeune reine part à sa recherche tout en prêtant main forte à Priam, attaqué par les grecs. Penthésilée et Achille se rencontrent sur le champ de la bataille de Troie. Ils sont immédiatement attirés l’un vers l’autre mais la loi exige qu’ils s’affrontent dans une lutte où chacun doit vaincre l’autre.
Michael Thalheimer adapte le texte de Kleist peu compréhensible car encombré par un trop grand nombre de personnages. Il n’en garde que trois, Penthésilée, Achille et «la femme» qui prend la parole, tel un chœur antique, et en offre ainsi une vision plus claire. Il commence par la fin, l’épilogue de la bataille entre les deux protagonistes, à l’instant où la reine des amazones tient dans ses bras le cadavre d’Achille à qui elle vient d’infliger une mort cruelle. Elle se réveille comme d’un rêve et ne veut pas croire que c’est elle qui a commis une telle atrocité. Elle n’y survivra pas. Les trois personnages remontent alors le fil des événements, par un récit à trois voix pour revenir à l’épilogue, une conception originale conduite par une mise en scène spectaculaire et un décor volontairement dépouillé: une haute paroi au fond de la scène et un plan incliné où s’illustre le récit des combats. ... (Lire la suite).
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Photo Spectacles Sélection
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MICHEL-ANGE / RODIN. Corps vivants. C’est une exposition monumentale que nous présente le Louvre avec vingt sections regroupées en cinq grandes parties proposant quelque 200 œuvres. L’exposition réunit ainsi marbres, bronzes, plâtres, terres cuites, moulages et une riche production graphique provenant des collections du Louvre, du musée Rodin et de grands musées internationaux. Le parcours a pour fil conducteur celui du corps et de la vie comme le montrent, dès l’entrée, cinq sculptures emblématiques. La rotonde abrite ainsi l’Esclave mourant et l’Esclave rebelle de Michel-Ange, deux chefs-d’œuvre du Louvre, L’Âge d’airain, Adam et Jean d’Aire nu, l’un des bourgeois de Calais. La présence dos à dos de l’Esclave mourant et de l’Âge d’airain, avec chacun un bras derrière la tête, montre d’emblée l’influence de Michel-Ange sur Rodin.
La première partie, «Deux artistes mythiques» nous montre comment ces deux sculpteurs se sont formés. Michel-Ange (1475-1564) en s’inspirant de Giotto et Masaccio et Rodin (1840-1917) de Michel-Ange lui-même, dont il découvre en 1876 ses sculptures pour les tombeaux de Julien et Laurent de Médicis dans la chapelle des princes de la basilique San Lorenzo à Florence. Des copies en marbre de 1873 appartenant aux collections du Louvre sont exposées ici. Des dessins et sculptures de leurs contemporains montrent l’admiration que ces deux hommes inspiraient déjà à leur époque.
Vient ensuite «Nature et Antiquité: Réinventer le modèle». Pour ces deux artistes, il s’agit bien de sources d’inspiration mais elles doivent être dépassées. Les études et esquisses de corps humains que l’on voit ici résultent d’une observation scrupuleuse des modèles, tant vivants qu’antiques, les deux maîtres ayant une grande admiration pour les sculptures antiques, y compris lorsqu’elles étaient endommagées. C’est ainsi qu’on dit que Michel-Ange aurait refusé de restaurer le Torse du Belvédère, reconnaissant la complétude esthétique de cette forme fragmentaire, tandis que Rodin créait des torses comme œuvres en soi. Tous deux ont réalisé des sculptures pouvant passer pour des antiquités et tous deux ont manifesté une attention particulière pour les modèles féminins.
Cette idée de laisser inachevées des sculptures est qualifiée de «Non finito». .... (Lire la suite).
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Spectacles Sélection
13 chemin Desvallières
92410 Ville d'Avray |
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