POP FOREVER, TOM WESSELMANN &… À la fin des années 1950, le Pop Art déferle des deux côtés de l’Atlantique, en Amérique du Nord comme en Europe. Il est difficile de dire quand commence le Pop et assurément il est encore bien vivant. C’est pourquoi les commissaires de cette exposition grandiose l’ont baptisée «Pop Forever». Pour cela, ils ont mis en avant l’un de ses représentants les plus célèbres, Tom Wesselmann (1931-2004) dont on voit quelque 150 œuvres et plus de 80 archives, accompagné par 35 artistes de 1917 à nos jours avec 70 de leurs œuvres, dont certaines ont été réalisées spécialement pour cette exposition.
Le Pop Art prend sa source dans la représentation de la bande dessinée, de la publicité, du cinéma, des célébrités, des robots ménagers et de tout ce qui concerne la vie courante. Ainsi les œuvres Pop célèbrent les noces de l’art et de la culture populaire.
C’est ce que manifeste l’art de Wesselmann qui débute la peinture à la fin des années 1950, à une époque où pourtant l’art abstrait prédomine aux États-Unis. Lui s’intéresse au vocabulaire iconographique de son temps, incorporant dans ses œuvres de la publicité, des panneaux d’affichage, des images et même des objets. S’il prend pour thèmes des genres classiques de la peinture tels la nature morte, le nu, le paysage, il les traite d’une manière très originale, à mi-chemin entre la peinture et la sculpture. Dans certaines compositions, il incorpore même des lumières, des sons, des vidéos. Ses œuvres les plus spectaculaires, ses Standing Still Lifes, sont à la croisée de la peinture et des installations.
Il fallait bien les quatre niveaux de la Fondation Louis Vuitton pour présenter une telle exposition. Elle commence avec quelques œuvres emblématiques des années 1950-1960 d’artistes tels Roy Lichtenstein, Marjorie Strider, Andy Warhol et quelques autres, autour de celles de Wesselmann. On y voit des installations spectaculaires comme celle de Yayoi Kusama, Self-Obliteration (1966-1974), des objets gigantesques comme ces interrupteurs de Claes Oldenburg (Light Switches – Hard Version, 1964) ou cette Fiat 128 compressée et peinte de Sylvie Fleurie (Skin Crime 3 (Givenchy 318), 1997).
Viennent ensuite des «Natures mortes», mais ces Still Lifes, souvent faits avec des affiches ou des panneaux publicitaires, prennent des proportions gigantesques comme cette orange (Still Life #44, 1964), ce sandwich (Still Life #33, 1963) ou cette pomme (Still Life #29, 1963). L’utilisation d’objets du quotidien dans les œuvres de Wesselmann fait écho au mouvement Dada et en particulier à la fameuse Fontaine (1917) de Marcel Duchamp, un simple urinoir acheté dans le commerce et présenté comme une œuvre d’art, ready-made. ... (Lire la suite).