
«
LES PORTES DU CIEL »
Visions du monde dans l'Egypte ancienne
Article
publié dans la Lettre n° 298
« LES PORTES DU CIEL ». Visions du monde
dans l’Egypte ancienne. C’est à une exposition originale que
le Louvre nous convie puisqu’il s’agit avant tout de nous expliquer
la conception du monde et de l’univers qu’avaient les anciens Egyptiens
et cela grâce aux objets et documents de toutes sortes, plus de
300 œuvres, issus des collections du Louvre et des grandes collections
égyptologiques de musées européens.
Dans la langue des anciens Egyptiens, les « portes du ciel » désignaient
les portes qui fermaient le meuble sacré, le tabernacle, abritant
la statue de la divinité. Leur ouverture met en contact le monde
des hommes et celui des dieux, elle permet à l’univers de se perpétuer
en renouvelant le processus de la création et donne à voir aux hommes
une image d’une réalité ineffable. Leur fermeture est le prélude
à une renaissance future et, dans son attente, renvoie la divinité
dans un au-delà ténébreux. Mais d’autres lieux sont à leur manière
une réplique des réceptacles d’images divines. De ce fait ils possèdent
des portes, matérielles ou non, qui marquent le passage entre des
réalités physiques et mentales. Quatre d’entre eux sont évoqués
dans cette exposition : l’univers organisé, l’au-delà, la chapelle
de la tombe et le parvis du temple. Chacun fait l’objet d’une section,
clairement identifiable grâce à une excellente scénographie, dans
le parcours de l’exposition.
Dans la première section, « L’univers, sanctuaire des dieux », on
nous explique la création du monde avec Atoum, le maître universel
qui organise l’univers, Ptah qui structure l’univers en nommant
les êtres et les choses et Thot qui crée le soleil sous la forme
d’un enfant au cœur d’un nénufar étincelant, prélude à l’organisation
du monde. Viennent ensuite des explications sur Osiris, l’être parfait,
son frère Seth qui le décapite et éparpille ses restes dans toute
l’Egypte, Isis qui ressuscite Osiris un bref instant et conçoit
un héritier, Horus, archétype du souverain égyptien, le pharaon,
qui doit préserver l’ordre établi et assurer le culte des dieux.
Une partie est consacrée à Akhenaton qui imposa le culte exclusif
du disque solaire, considéré comme une hérésie, d’où la destruction
systématique de ses monuments par ses successeurs. Une autre au
cycle des jours et des nuits avec l’horizon de l’Ouest et celui
de l’Est qui constituent les portes du ciel qui marquent, par leurs
ouvertures éternelles, la succession des jours et des nuits et le
triomphe du soleil, Rê, sur le serpent Apophis.
La deuxième section, « Le ciel sous la terre : l’au-delà mystérieux »
est consacrée à la période de régénération et de gestation du soleil
et au parcours des humains après leur mort, dans la demeure d’Osiris.
La conservation des corps grâce à la technique de la momification,
attestée dès 3100 av. J.-C., avait pour but d’abriter les entités
qui survivent à l’individu quand elles passent dans le monde des
vivants avant de revenir vers leur hôte, dont le corps reste dans
le caveau au cœur du monde souterrain. L’au-delà est complexe. Il
possède des gardiens, des portes et des édifices. Des livres, comme
le Livre des morts, le décrivent. Des cartes le représentent. C’est
la partie la plus fascinante de la conception égyptienne de la mort.
Il n’est pas possible de tout décrire pour une exposition de cette
nature. Indiquons seulement que les deux dernières parties, tout
aussi importantes et intéressantes que les précédentes, sont consacrées
à la tombe « Entrer et sortir : la chapelle de la tombe », lieu
de passage entre le monde des morts et celui des vivants et au temple
« Aux portes du Ciel ; le parvis du temple ». Le temple est le lieu
où est conservé le tabernacle, inaccessible aux profanes, et le
parvis est donc un lieu privilégié pour s’associer au divin. On
le voit, c’est une exposition dont le sujet est complexe mais bien
expliqué et dont les illustrations magnifiques et souvent spectaculaires
sont un enchantement. Musée du Louvre 1er. Jusqu’au 29 juin
2009. Pour
voir notre sélection de visuels, cliquez ici. Lien
: www.louvre.fr.
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