
PEROU,
L'ART DE CHAVIN AUX INCAS
Article
publié dans la Lettre n° 257
PEROU, L'ART DE CHAVIN AUX INCAS.
Après cinq ans de travaux (voir l'article « Le Petit Palais
»), le Petit Palais accueille l'une de ces expositions qui
ont fait sa renommée, comme celles sur le baroque brésilien (Lettre
166), les « Soleils » mexicains (Lettre 173)
ou les dernières découvertes archéologiques chinoises (Lettre
178). Le visiteur sera certainement étonné de voir à quel point
les incas n'ont occupé dans le temps qu'une place minime, une centaine
d'années à peine, à cause d'un certain Pizzarro, mettant un terme
en 1532 à leur toute puissance. Avant eux, douze cultures se sont
succédé ou côtoyées à partir du milieu du deuxième millénaire avant
notre ère.
La chronologie du Pérou précolombien est complexe. Pour s'y retrouver
(voir l'excellent tableau au début de l'exposition), les archéologues
distinguent d'une part trois grandes époques appelées « Horizon
» séparées par deux époques intermédiaires et, d'autre part,
sept régions géographiques allant de la côte nord jusqu'à l'altiplano
et le lac Titicaca (vers la Bolivie) en passant par les hautes terres
(le point culminant est à 6768 m). Durant l' Horizon ancien
ou Formatif, trois cultures apparaissent entre 1500 et 300
avant notre ère, Cupisnique sur la Côte nord, Chavin
dans les Hautes terres du nord et Paracas sur la Côte sud.
Chacune de ces cultures, comme les dix autres, sont représentées
isolément avec des cartes, des panneaux explicatifs et des objets
somptueux très bien éclairés (mais les cartels ne sont pas toujours
très visibles). Une bouteille anthropomorphe représentant un
suicide par égorgement, la tête curieusement retournée, tout
à fait extraordinaire par le sujet et le traitement, illustre, entre
autres, la culture Cupisnique.
Viennent ensuite, succédant aux trois précédentes dans les mêmes
territoires, de 300 avant notre ère à 600, cinq cultures de l' Intermédiaire
ancien : Viru, Vicus, Moche ou Mochica, Recuay
et Nasca, les premières au nord et la dernière sur la côte
sud. Compte tenu du climat aride de cette région, les habitants
de Nasca ont creusé des sortes d'aqueducs souterrains pour développer
l'agriculture. Ce sont eux aussi qui ont dessiné au sol d'immenses
géoglyphes de plusieurs Km, suscitant les interprétations les plus
fantaisistes. La culture Moche est la mieux connue de cette
période grâce à ses pyramides de briques d'adobe, ses systèmes d'irrigation
et bien sûr sa production artistique dont nous voyons de splendides
exemples.
Nous abordons ensuite l' Horizon moyen, de 600 à 1100, avec
tout d'abord la culture de Tiwanaku qui s'est développée
sur l'Altiplano, au sud, aujourd'hui en Bolivie, et où se trouvent
d'importants vestiges architecturaux, dont le Kalasasaya et sa fameuse
« Porte du Soleil » . Vient ensuite la culture Wari,
à l'origine du premier grand empire andin, très expansionniste,
avec de grandes cités comme Pachacamac et surtout un important réseau
routier dont les Incas se souviendront.
Apparaît alors la culture Lambayeque ou Sican, vers
700 ou 800, qui se prolongera durant toute la période Intermédiaire
récent. Son art est caractérisé par l'omniprésence d'un personnage
dit le Seigneur de Sican, repris dans le magnifique Vase céphalomorphe
à col évasé en or. Les deux autres cultures de cette période
sont Chimu ou Chimor sur la côte nord et Chancay
sur la côte centrale. Les deux nous ont laissé des pièces d'étoffe
somptueuses qui semblent sortir tout droit de la manufacture tant
leurs couleurs sont éclatantes.
Enfin arrive la culture Inca, la plus connue et la plus récente,
qui se développe durant moins d'un siècle dans l' Horizon récent.
Les incas se sont appropriés les acquis des cultures antérieures,
ont construit un réseau de 23.000 Km de routes, dont le célèbre
« Grand Chemin Inca », long de 6.000 Km, avec des relais,
les tampu ou tambos, et sont réputés pour leur architecture
: Machu Picchu, Pisac, Ollantaytambo, Saqsaywaman en particulier
ou leurs édifices de briques crues sur la côte.
Cette très belle exposition, qui comprend près de 200 œuvres allant
du masque funéraire au sujet érotique, est à voir absolument d'autant
plus que nous n'avons pas, en France, des objets équivalents à ceux
qu'ont prêtés ici les plus grands musées du Pérou. Petit Palais
8e (01.53.43.40.00) jusqu'au 2 juillet 2006. Pour
voir notre sélection de diapositives, cliquez ici.
Lien: www.petitpalais.paris.fr
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