
MÉMOIRES GRAVÉES
Les timbres racontent la guerre 39-45
Article
publié dans la Lettre n° 385
le
21 septembre 2015
MÉMOIRES GRAVÉES. Les timbres racontent
la guerre 39-45. Durant les travaux de rénovation de « L’Adresse,
Musée de la Poste », cette institution et le Musée du Général Leclerc
de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin
présentent un ensemble de documents tout à fait exceptionnels. Le
parcours se déploie dans une scénographie qui évoque l’univers concentrationnaire
nazi et propose dix sections. La première est consacrée à la « Naissance
d’une thématique : le timbre Résistance ». Cela commence en 1947.
On peut voir une trentaine d’épreuves de sept dessinateurs qui illustrent
chacun à sa manière la Résistance. Aux figures représentant la détention,
l’embuscade, le sabotage etc., la Poste préfère le timbre de Paul
Pierre Lemagny montrant un résistant arrêté par deux soldats allemands.
Vient ensuite « La guerre des timbres » qui commence avec les colonies
ralliées au général de Gaulle, puis « Les postiers dans la guerre »,
rappelant que 2 000 d’entre eux sont morts ou disparus. On voit
même un faux timbre de Gaulle imprimé en 1943, détournant le timbre
de l’époque à l’effigie de Pétain ! Avec « Au cœur de l’évènement
- Les timbres libération de 1945 », nous voyons le nouveau pouvoir
remplacer rapidement, dès le 3 juin 1944, les timbres de Vichy par
des timbres évoquant la Libération.
Les sections suivantes sont consacrées aux hommages rendus aux résistants.
La Poste refuse en 1948 de rendre hommage à Jean Moulin au prétexte
que la Résistance a déjà été honorée et surtout pour répandre la
croyance d’un pays entier se levant contre l’occupant ! Il faut
attendre 1957 pour voir, au milieu de la première des cinq séries
des héros de la Résistance, l’effigie du président du Conseil
de la Résistance. Ces séries sont évoquées dans la section suivante
« Portraits de résistants - Un choix impossible » où l’on voit les
27 hommes et femmes ainsi honorés. Le choix devenant délicat, la
Poste préfère alors représenter des hauts lieux de la Résistance
tels le Mont-Valérien, le Vercors, l’Île de Sein … La section suivante
est consacrée au général de Gaulle, honoré de son vivant par des
timbres commémorant l’appel du 18 juin et la création de l’ordre
de la Libération et en 1971, un an après sa mort, par des timbres
à son effigie. Il en est de même du général Leclerc qu’on honore
de son vivant par des timbres à destination des colonies intitulés
« Du Tchad au Rhin », où il n’est pas représenté, puis, après sa
mort, par pas moins de six timbres au fil des ans jusqu’en 1997.
La Déportation est, elle aussi, illustrée dans la section « Mémoire
de la Déportation - Regards d’artistes ». Ce n’est qu’en 1955 qu’est
émis le premier timbre. D’autres suivront dont un dessiné par le
caricaturiste Plantu au début du XXIe siècle.
La dernière section est consacrée à la présentation spectaculaire
du « Panorama des timbres-poste ». Cet objet phare du Musée de la
poste est un panneau de 22,80 mètres de long (en 2012), présentant
les 4 950 timbres français émis depuis 1849, année d’émission du
premier timbre français, jusqu’à nos jours. La présentation est
faite de manière chronologique et thématique, les timbres courant
sur une grande bande au milieu du panneau et ceux des autres catégories
(territoire, célébrités, sites et monuments, etc.) sur des lignes
de part et d’autre en haut et en bas. Une exposition aussi intéressante
pour les passionnés d’histoire que pour les philatélistes. Musée
du Général Leclerc - Musée Jean Moulin 15e. Jusqu’au 8 novembre
2015.
Lien : www.paris.fr/loisirs/musees-expos/memorial-leclerc-et-de-la-liberation-de-paris-musee-jean-moulin
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