
MARIE-ANTOINETTE
Article
publié dans la Lettre n° 283
MARIE-ANTOINETTE. Voici une exposition
originale qui allie l’art et l’histoire dans une scénographie exceptionnelle
de Robert Carsen, le même que nous mentionnons habituellement dans
notre rubrique « Opéras », en qualité de metteur en scène.
Avec plus de 300 œuvres venues de toute l’Europe, dont beaucoup
sont exceptionnelles, l’exposition retrace les trois époques de
la vie de cette reine de France au destin d’exception. Nous commençons
tout naturellement par son enfance et son éducation au château de
Schönbrunn en Autriche. Née en 1755, Marie-Antoinette était la dernière
fille de Marie-Thérèse d’Autriche. Elle n’était pas appelée à régner
mais avait reçu une éducation soignée, en particulier dans les domaines
artistiques (dessin, théâtre, chant, danse, etc.) et avait formé
son goût au contact de sa mère qui aimait, entre autres, les laques
d’orient, la porcelaine, les vases en pierres dures, etc.
Elle quitta le cocon familial pour épouser, à l’âge de 15 ans, en
1770, le dauphin de France, le futur Louis XVI. Le mariage fut fastueux
et suscita une riche iconographie comme d’ailleurs chacun des évènements
qui marquèrent sa vie à la cour et en particulier la naissance d’un
héritier, principale fonction d’une reine ! Ecartée de la vie politique,
elle s’intéressa avec passion aux arts, aux modes et idées nouvelles,
favorisant ainsi le développement d’un style que l’on associe aujourd’hui
à son nom.
Son indépendance, marquée par son « Petit Vienne », le Petit Trianon,
son caractère dépensier, qui nourrit le scandale de l’affaire du
collier, dont on voit une magnifique reconstitution, l’aliénèrent
du peuple et elle devint la cause de tous les maux. Après le départ
de Versailles pour Paris en 1789, le couple royal ne parut pas comprendre
le sens des évènements. L’exécution de Louis XVI imposa à Marie-Antoinette
plus de dignité. La dernière partie du parcours retrace ces heures
sombres d’où naquit le mythe.
Pour illustrer cette vie exceptionnelle, les commissaires ont réuni
des objets en relation directe avec la reine. Nous voyons ainsi,
entre autres, de nombreux portraits de la famille de la future reine,
du mobilier de l’impératrice (cabinet en marqueterie Boulle, cabinet
en laque du Japon), un plateau en pierres dures, un somptueux service
à petit déjeuner en or, porcelaine et ébène, des dessins réalisés
par les sœurs de Marie-Antoinette et une Tête d’ange qui
serait peut-être de sa main.
Viennent ensuite des portraits de sa belle-famille, dont celui du
futur Louis XVI, des illustrations des fêtes données en son honneur
(constructions temporaires, plans de table, feux d’artifice, etc.),
son acte de mariage, des lettres écrites à sa mère, son coffre à
bijoux, etc. Les œuvres les plus nombreuses concernent la représentation
de Marie-Antoinette. Peu de peintres en dehors de Madame Vigée Le
Brun (Marie-Antoinette au livre, Marie-Antoinette à la rose,
Marie-Antoinette et ses enfants, etc.), qui devint sa portraitiste
attitrée, surent lui plairent. Il en fut de même avec les sculpteurs
malgré les splendides bustes réalisés par Jean-Baptiste II Lemoyne,
Louis-Simon Boizot ou encore Félix Lecomte.
Parmi le mobilier présenté on remarque surtout la commode de la
chambre de Marie-Antoinette à Marly, de Riesener, et un secrétaire
à cylindre attribué au même ébéniste, le mobilier de la chambre
de la Reine au Petit Trianon et surtout l’imposant « Coffre aux
diamants » de Schwerdfeger. Les objets d’art sont nombreux et
variés : écritoires, pendules, vases de Sèvres et d’ailleurs, pièces
de divers services en porcelaine de Sèvres, coupe en jade, objets
en laque du Japon, etc. On peut voir également les décors d’une
pièce de théâtre donnée par la reine au Petit Trianon.
Les illustrations de la dernière partie sont constituées de dessins
satiriques et de pamphlets contre Marie-Antoinette et la famille
royale, mais aussi d’objets lui ayant appartenu lors de son emprisonnement
à la Conciergerie (chemise, serre-tête, livre de prières) ainsi
que la fameuse lettre qu’elle écrivit à Madame Elisabeth, la sœur
de Louis XVI, sa meilleure amie depuis son arrivée à Versailles,
le 16 octobre 1793 à 4h 1/2 du matin, peu avant son exécution. Grand
Palais 8e. Jusqu’au 30 juin 2008. Pour
voir notre sélection de visuels, cliquez ici.
Lien : www.rmn.fr.
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