
LOVIS
CORINTH (1858-1925)
Entre impressionnisme et expressionnisme
Article
publié dans la Lettre n° 284
LOVIS CORINTH (1858-1925) - Entre impressionnisme
et expressionnisme. Une fois de plus le Musée d’Orsay nous fait
découvrir un peintre de tout premier plan, quasiment inconnu du
public en France. Il y compléta pourtant sa formation à l’Académie
Julian de Paris où il fut l’élève de Bouguereau. C’est la première
exposition réalisée en France sur ce grand peintre allemand, qui
a profondément marqué l’art de son époque, ainsi que la peinture
des générations suivantes, notamment celle des expressionnistes
et de nombreux artistes contemporains. L’un d’entre eux, Anselm
Kiefer, né en 1945, a créé un tableau en hommage à Corinth à l’occasion
de cette exposition.
Avec quelque 80 tableaux et une trentaine d’œuvres sur papier, tous
les thèmes traités par Corinth sont représentés selon un parcours
chronologique. La première salle nous accueille avec des tableaux
d’autres peintres de la Sécession berlinoise, fondée en 1898, et
surtout son Autoportrait au verre de champagne avec son épouse
(1902) qui résume tout son art. Loin d’une pose classique et
familiale, nous voyons deux joyeux vivants aimant le plaisir et
le bon vin, dans un tableau évoquant son maître Rembrandt (Autoportrait
avec Saskia, 1636). Corinth fit un grand nombre d’autoportraits,
un par an à partir de 1900. Nous avons ainsi 42 peintures et 140
œuvres sur papier, où il se représente dans des situations diverses
et pas du tout conventionnelles (Autoportrait au verre, Autoportrait
avec nu de dos) sans compter les œuvres où c’est lui qui prend
la place du personnage qu’il représente (Ecce Home, Samson aveugle).
Il aborda aussi les sujets mythologiques et religieux. Les personnages
ne sont pas idéalisés et les modèles sont choisis dans son entourage
ou celui de sa compagne, Charlotte Berend. C’est le cas de Salomé
II où cette dernière tente d’ouvrir les yeux du mort tandis
que le bourreau, Corinth sans doute, se tient debout devant elle,
un sabre sanguinolent à la main.
Comme on l’a déjà noté, Corinth fut considéré comme « le peintre
de la chair et de la vie contemporaine ». Il peint avec autant d’intérêt
des carcasses d’animaux dans les abattoirs que des nus dans des
situations qui n’ont plus rien à voir avec la mythologie (Nu
couché, 1899, Après le bain, 1906). Ses portraits eux-mêmes,
dont il tire ses principaux revenus, représentent les personnages
dans des situations inhabituelles : son fils dans Thomas en armure
(1925) ou Rudolf Rittner dans le rôle de Florian Geyer (1906),
voire ses amis peintres dans des compositions qui ne rappellent
pas leur métier.
Le dernier thème abordé est celui des paysages et des natures mortes.
Il nous montre un artiste qui aime la nature et qui, comme les impressionnistes,
peint les mêmes paysages, comme le lac de Walchen, à différentes
saisons et différentes heures de la journée. L’exposition nous montre
aussi des œuvres sur papier, peu connues à son époque. Corinth en
fit un grand nombre, utilisant toutes les techniques possibles,
autant pour des esquisses que pour des œuvres abouties. Une exposition
vraiment passionnante et que l’on visite avec un grand plaisir.
Musée d’Orsay 7e. Jusqu’au 22 juin 2008. Pour
voir notre sélection de visuels, cliquez ici. Lien
: www.musee-orsay.fr.
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