|

Parcours en images de l'exposition
KERRY JAMES MARSHALL
The Histories
avec des visuels
mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue
Légendes en cours de finition. Merci de revenir plus tard.
|
Entrée de l'exposition |
|
Entrée de l'exposition - Introduction. |

Kerry James Marshall, né en 1955 à Birmingham en Alabama (États-Unis), est un artiste célébré pour ses tableaux figuratifs qui donnent une place centrale aux figures noires, souvent invisibilisées ou asservies dans l’histoire de l’art occidental. Son style pictural se caractérise par la noirceur des corps : il fait l’usage de divers pigments qui confèrent des nuances de noir pleinement chromatiques dans des compositions monumentales aux couleurs riches.
Sa pratique est ancrée dans son intérêt profond pour l’histoire de l’art et de la peinture occidentale dont il réinvente et transforme les codes, tout en s’inspirant de ses genres majeurs, du portrait au paysage en passant par la peinture d’histoire. Cette dernière, initialement dévolu aux scènes bibliques et aux récits mythiques, est réinvestie par Marshall pour représenter des événements politiques contemporains. Il s’inspire également des arts en Afrique et dans ses diasporas, par exemple des statues nkisi nkondi, «figures de pouvoir» du peuple Kongo, ainsi que des vèvè du vodou haïtien, dessins réalisés pour invoquer les esprits. Il estime qu’un artiste doit connaître toutes les histoires de l’art en détail s’il souhaite y contribuer avec force, profondeur et originalité.
|
|
L’exposition «The Histories» met en lumière onze cycles distincts de son œuvre dont le premier remonte aux années 1980 et le plus récent à la période de 2023 à 2025. Nombre de ces œuvres se confrontent à des moments charnières de l’histoire des populations noires.
Marshall a toujours privilégié une approche rationnelle de la création picturale, planifiant ses compositions avec minutie, chaque élément soigneusement orchestré. À une époque où l’on attendait souvent de l’art qu’il soit porteur d’un sens immédiat, ses œuvres aux multiples strates se veulent complexes, soulevant davantage de questions qu’elles ne proposent de réponses.
Le Musée d’Art Moderne de Paris est la troisième et dernière institution à accueillir «The Histories» en ses murs, après la Royal Academy of Arts à Londres et le Kunsthaus à Zurich. Il s’agit de la première exposition monographique consacrée à son travail au sein d’un musée en France. Elle trouve une résonance particulière d’autant que le travail de Marshall dialogue avec la peinture française, d’Ingres à Seurat, en passant par Fragonard, David, Géricault et Manet.
|
Texte du panneau didactique. |
|
|
1955
Kerry James Marshall est né à Birmingham, en Alabama, une ville qui fut le théâtre de plusieurs moments décisifs du mouvement des droits civiques aux États-Unis.
1963
Déménage avec sa famille dans un complexe de logements sociaux au sein du quartier noir de Watts à Los Angeles, en Californie, où il est témoin des émeutes d’août 1965: une insurrection de six jours alimentée par des tensions raciales croissantes. Sa famille déménage ensuite à South Central Los Angeles, à quelques pâtés de maisons du siège des Black Panthers.
1965
À l’âge de 10 ans, Marshall effectue sa première visite muséale au Los Angeles County Museum of Art (LACMA) dans le cadre d’une sortie scolaire.
1976
Visite à plusieurs reprises l’exposition majeure de David Driskell, «Two Centuries of Black American Art», au LACMA.
|
Portrait of Kerry James Marshall, 2018. © Kerry James Marshall. Courtesy de l’artiste et David Zwirner. Photo: Jason Bell. |
|
Biographie (1/10) |
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Knowledge and Wonder, 1995.
Legler Regional Library.
La peinture représente des enfants et des adultes noirs contemplant avec émerveillement de grands livres ouverts qui dévoilent des mystères de l'univers, de la science et de la connaissance, plaçant la communauté afro-américaine au cœur de l'histoire et du savoir.
. |
1 - L'HOMME INVISIBLE
|
|
|
Scénographie |
En 1963, la famille de Kerry James Marshall s’installe à Los Angeles. En 1965, à l’âge de 10 ans, Marshall visite pour la première fois un musée, le Los Angeles County Museum of Art, lors d’une sortie scolaire. Trois ans plus tard, il est sélectionné pour suivre un atelier d’été de dessin à l’Otis Art Institute à Los Angeles. Il y découvre l’œuvre de Charles White (1918-1979), dont le travail dépeint les expériences des Noirs aux États-Unis, et décide de revenir y faire ses études après le lycée.
Les années 1970 sont une période de tumulte politique au sein de l’université d’Otis comme dans le monde de l’art en général. Les artistes conceptuels délaissent la peinture; certains membres du Black Arts Movement se détachent des traditions artistiques européennes pour se consacrer à des œuvres politiques appelant au soulèvement et à la contestation. Loin de se laisser décourager, Marshall continue de se former pour enrichir ses connaissances et développer les compétences indispensables afin d’exceller en peinture. Le moment venu, il entend faire bon usage de cet apprentissage.
Ce moment arrive après sa lecture du roman L’Homme invisible de Ralph Ellison, publié en 1952. Le personnage principal, un homme noir, se décrit comme invisible dans une société raciste qui refuse de le voir. Cette idée inspire Marshall, qui inaugure alors une série d’œuvres représentant des figures noires sur un arrière-plan foncé, de sorte qu’elles deviennent presque invisibles. Dès lors, ses figures opèrent de manière rhétorique, interrogeant à la fois l’absence et la présence des personnes noires, tant dans la société que dans l’histoire de l’art occidental. Progressivement, Marshall enrichit ses figures en ayant recours à plusieurs pigments pour modeler les corps noirs.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
1978
Il sort diplômé de l’Otis College of Art and Design à Los Angeles, où il a suivi des cours de peinture et de dessin sous la direction de Sam Clayberger, Arnold Mesches et Charles White.
1980
Il peint A Portrait of the Artist as a Shadow of His Former Self, inspiré par l’ouvrage L’Homme invisible de Ralph Ellison (1952). Cette œuvre marque le début de son engagement envers la peinture figurative.
1985
Il débute une résidence d’artiste d’un an au Studio Museum in Harlem à New York, approfondissant ses recherches autour de Ralph Ellison. Invisible Man (1986) constitue l’œuvre centrale de l’exposition qui vient clore en 1986 sa résidence.
1986
À Harlem, Marshall visite et filme l’atelier de David Hammons. Le film est présenté pour la première fois en 2022 lors de l’exposition «Toni Morrison’s Black Book», organisée par Hilton Als à la galerie David Zwirner de New York.
|
Biographie (2/10) |
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
2 - LE PASSAGE DU MILIEU
|
|
|
Scénographie |
Les quatre tableaux de cette salle, peints au début des années 1990, constituent la première référence de Kerry James Marshall à l’histoire du Passage du milieu (Middle Passage) – le transport forcé d’Africains capturés à travers l’océan Atlantique à bord de navires négriers. Sur les millions de victimes de la traite transatlantique – incluant des captifs déportés depuis les côtes de l’Afrique de l’Ouest vers les plantations des colonies françaises telles que la Louisiane, la Martinique, ou Saint-Domingue/Haïti – nombreuses sont celles qui ont péri avant d’atteindre les marchés esclavagistes des Amériques.
En raison du caractère fragmentaire de cette histoire, plutôt que de recourir à des reconstitutions historiques, Marshall compose des tableaux aux images, motifs et textures disparates. Dans ces œuvres, il intègre des symboles et diagrammes issus des croyances yoruba, du vodou et d’autres religions syncrétiques. Ces traditions, nées de la fusion de différents cultes comme les religions traditionnelles des peuples africains avec le catholicisme imposé par les colons, étaient pratiquées au sein de la diaspora africaine tant par esprit de résistance que pour maintenir les liens avec l’Afrique.
Avant d’entreprendre cette série, Marshall termine un ensemble de gravures intitulé African Powers représentant six orishas yoruba, des esprits divins ou dieux. Il venait également de travailler comme chef décorateur sur le film Daughters of the Dust de Julie Dash (1991).
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
1984-1989
Kerry James Marshall produit une série de gravures sur bois intitulée African Powers représentant les divinités yoruba Eschu, Shango, Ogun, Olorun, Oschun et Obatala.
1986
Il réalise une série de collages, At the End of the Wee Hours, d’après un refrain du poème Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire.
1989
Il travaille comme chef décorateur sur le film Daughters of the Dust (1991) - dont l’intrigue se fonde sur les héritages religieux de différentes générations d’une communauté descendante de personnes esclavisées – de Julie Dash, filmé par Arthur Jafa. La femme de Marshall, Cheryl Lynn Bruce, y interprète l’un des personnages principaux.
1991-1992
Il réalise un cycle de peintures consacrées au Passage du milieu.
|
Légende.
Cartel. |
|
Biographie (3/10) |
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
3 - PEINDRE LA VIE MODERNE
|
|
|
Scénographie |
Au XIX siècle, des artistes français comme Édouard Manet et Georges Seurat transforment le genre de la peinture d’histoire en représentant des scènes de la vie moderne à une échelle monumentale. Réalisés sur des toiles libres et accrochés aux murs avec des œillets, les tableaux de cette salle datent du début et milieu des années 1990, période pendant laquelle Kerry James Marshall, une fois installé dans son atelier de Chicago, commence à peindre des scènes de la vie quotidienne: des enfants qui jouent, des amoureux qui dansent, des familles qui profitent d’une journée au parc.
De Style (1993) dépeint un groupe d’hommes noirs dans un salon de coiffure. Ce tableau est la première œuvre de Marshall à entrer dans les collections d’un musée. C’est à la fois une combinaison de styles artistiques établis, comme le néo-plasticisme de Piet Mondrian et les portraits de groupe néerlandais du XVII siècle, et un hommage aux différents styles des Noirs. Un an après la réalisation de cette peinture, Marshall commence à travailler sur sa série Garden Project, dont trois œuvres sont exposées ici. Elles évoquent les logements sociaux américains nommés « Gardens » (cités-jardins en français) dont les premiers habitants incluaient des familles qui, comme celle de Marshall, ont quitté le Sud des États-Unis pour s’installer dans le nord et l’ouest du pays à partir des années 1940. Peintes dans les années 1990, à une époque où de nombreux logements sociaux souffraient d’un manque de financement, ces images expriment à la fois les espoirs portés autrefois par ces projets et les échecs des politiques de logement social.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
1993
Le LACMA fait l’acquisition de De Style, la première peinture de Marshall à entrer dans un musée.
1994
Première exposition itinérante, «Telling Stories», inaugurée au Cleveland Museum of Art.
1995
Lors de l’exposition «About Place: Recent Art of the Americas» à l’Art Institute of Chicago, la série Garden Projects de Marshall est présentée aux côtés du travail d’artistes avec lesquels il entretient un dialogue, notamment Jeff Wall, dont la pratique photographique s’inspire elle aussi de la peinture d’histoire. Ce dernier a ensuite coorganisé la première exposition personnelle de Marshall au Canada, présentée en 2010 à la Vancouver Art Gallery.
1997
Il reçoit une bourse MacArthur «Genius». Sa série Garden Project, représentant des ensembles de logements sociaux à Chicago et à Los Angeles, est présentée à la fois à la Biennale de Whitney à New York et à Documenta X à Cassel.
|
Légende.
Cartel. |
|
Biographie (4/10) |
4 - SOUVENIRS
|
|
|
Scénographie |
En 1998, Kerry James Marshall réalise un ensemble de tableaux, photographies, sculptures, gravures et vidéos pour l’exposition «Mementos» de la Renaissance Society à Chicago. Quatre tableaux de cet ensemble sont réunis dans cette salle et nous plongent dans des intérieurs de foyers de la classe moyenne. Ces représentations sont emblématiques des maisons où vivaient des amis ou membres de la famille de Marshall, dont l’une est celles de sa belle-mère. La décoration des salons rend hommage aux frères Kennedy et à Martin Luther King, tous victimes d’assassinats. Ces œuvres montrent comment les tumultueuses années 1960, période d’optimisme déçu et d’agitation politique, pouvaient être commémorées dans les années 1990.
Si Marshall s’inspire des cartes de vœux décorées de paillettes avec ces compositions, il cherche surtout à réinterpréter les tableaux de l’Annonciation, un thème de l’art de la Renaissance dans lequel l’archange Gabriel apparaît à Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus. Les anges de ces tableaux semblent épuisés de porter tant le poids des rêves inexaucés que les réalisations concrètes de ces figures politiques et culturelles.
|
|
1997-1998
Kerry James Marshall réalise une série de quatre tableaux, Souvenir, retraçant la disparition de figures majeures dans les domaines de la politique, de la littérature, des arts et de la musique, durant le mouvement des droits civiques.
1998
Grande exposition personnelle de Marshall, «Mementos», inaugurée par la Renaissance Society de l’université de Chicago. Elle est conçue comme une installation d’envergure comprenant des sculptures, une vidéo, des estampes et les quatre grands tableaux de la série Souvenir.
1999
Il crée une série de bandes dessinées de superhéros intitulée Rythm Mastr à l’occasion de la 53e Carnegie International au Carnegie Museum of Art à Pittsburgh. Son travail est présenté aux côtés de Luc Tuymans et Kara Walker.
|
Texte du panneau didactique. |
|
Biographie (5/10). |
|
|
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
5a - FOCUS : WAKE / GULF STREAM
|
|
|
Scénographie |
Kerry James Marshall expose pour la première fois ces deux œuvres dans une même salle lors de la Biennale de Venise en 2003. La sculpture Wake représente un voilier noir posé sur un piédestal symbolisant une mer noire. L’œuvre rappelle le périple des populations africaines réduites en esclavage, mais évoque aussi le pouvoir croissant des expressions culturelles noires. À chaque exposition de la sculpture, Marshall lui ajoute de nouveaux médaillons pour illustrer les réalisations toujours plus nombreuses des Africains-Américains. Cette idée d’accumulation est inspirée des nkisi nkondi, ces «figures de pouvoir» du peuple Kongo dans lesquelles on enfonçait des clous en fer pour accroître leur puissance spirituelle. Wake inclut également des photographies en lumière noire d’un navire négrier et des plaques commémorant le premier convoi de vingt Africains esclavisés vers l’Amérique en 1619. Marshall utilise une photographie de lui-même adolescent pour rendre hommage à William Tucker, le premier enfant d’origine africaine né en Amérique vers 1624.
À Venise, le tableau Gulf Stream était exposé en face de Wake. Marshall y revisite un célèbre tableau de 1899 du peintre américain Winslow Homer, représentant un marin noir couché sur une petite embarcation sur le point de couler au milieu d’un groupe de requins affamés. Chez Marshall, un groupe d’amis profite d’une journée en mer à bord d’un voilier situé au large des côtes américaines, mais un orage visible à l’horizon semble annoncer une période d’incertitude. Marshall expose ces deux œuvres à Venise afin d’attirer l’attention sur le rôle de l’Europe dans la traite négrière transatlantique.
|
|
2003
Première grande exposition en Europe dans la section «Delays and Revolutions» de la 50e Biennale de Venise, où il met en regard la peinture Gulf Stream et la sculpture Wake qui se compose d’un navire et d’un unique médaillon figurant la cargaison d’Africains. Il ajoute depuis des médaillons chaque fois que l’œuvre est présentée.
2012
Lors de la Biennale de Venise en 2003, Marshall découvre l’exposition «Within Reach» de Chris Ofili au pavillon britannique. Impressionné par ses idylles afrofuturistes en rouge, noir et vert, il s’en inspire pour concevoir «Who’s Afraid of Red, Black and Green», présentée à la Sécession viennoise en 2012, sa deuxième grande exposition européenne. Elle présentait des œuvres liées à l’histoire culturelle et à l’esthétique des populations noires. Marshall a par la suite écrit sur l’œuvre de Chris Ofili en 2010.
2013
L’exposition rétrospective itinérante européenne, «Kerry James Marshall: Painting and Other Stuff» est présentée au Museum van Hedendaagse Kunst Antwerpen à Anvers, à la Kunsthal Charlottenborg à Copenhague, à la Fundació Antoni Tàpies à Barcelone et au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía à Madrid.
|
Texte du panneau didactique. |
|
Biographie (6/10) |
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Wake (voilier). Installation composée d'un modèle de voilier noirci,
placé sur une base en plexiglas noir qui évoque les profondeurs de l'océan. |
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Gulf Stream. Acrylique et paillettes sur toile libre avec œillets métalliques, 274 x 396 cm. Walker Art Center (Minneapolis, États-Unis), acquis en 2004 via le T. B. Walker Acquisition Fund. |
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Wake (photographies en lumière noire d’un navire négrier). |
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Wake (plaques commémorant le premier convoi de vingt Africains esclavisés vers l’Amérique en 1619) |
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Wake (plaques commémorant le premier convoi de vingt Africains esclavisés vers l’Amérique en 1619) |
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Wake (plaques commémorant le premier convoi de vingt Africains esclavisés vers l’Amérique en 1619) |
5b - Couloir
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Rush More, 2017. Fresque murale. Centre culturel de Chicago.
Courtesy Patrick L. Pyszka, City of Chicago. |
En 2017, Kerry James Marshall réalise une fresque monumentale intitulée Rush More, une réponse explicite au memorial national du mont Rushmore dans le Dakota du Sud réalisée entre 1927 et 1941 par le sculpteur Gutzon Borglum, un sympathisant du Ku Klux Klan. Plutôt que des gigantesques portraits des présidents américains, il met à l'honneur vingt femmes ayant marqué la vie culturelle et artistique de Chicago (la poétesse Gwendolyne Brooks, l'artiste et co-fondatrice du DuSable Museum of African American History Margaret Burroughs, l’animatrice et productrice Oprah Winfrey...). Peinte sur la façade arrière du Centre culturel de la ville, ces visages de femmes semblent sculptés dans des troncs d'arbres. L'œuvre fait aussi écho au Wall of Respect, fresque militante créée en 1967 dans les quartiers sud de Chicago par le collectif d'artistes, écrivains, intellectuels et militants africains américains OBAC, qui présentait les portraits de figures héroïques noires. Ce couloir présente des images de l'artiste peignant la fresque, ainsi que de l'œuvre achevée
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Rush More (détail). |
|
Rush More (Marshall peignant la fresque). |
|
|
6 - PANTHÉON
|
|
|
Scénographie |
Pendant des siècles, les Africains-Américains ont résisté à l’oppression et créé une riche culture dans leur lutte contre le système esclavagiste et les inégalités. Dans cette série de portraits, Kerry James Marshall rend hommage à des esclaves rebelles, des poètes, des artistes, des abolitionnistes et des militants. Comme la plupart de ces figures historiques n’ont pas été peintes de leur vivant, il imagine librement leur apparence, tout en nous invitant à réfléchir à la manière dont l’art du portrait peut enrichir la compréhension de l’histoire.
Les deux paysages exposés dans cette salle représentent les demeures des présidents américains George Washington et Thomas Jefferson, et mettent en évidence le travail des personnes réduites en esclavage qui ont entretenu leurs domaines. Les deux présidents sont étirés en anamorphose, reflétant l’image déformée que l’histoire a retenue d’eux.
Outre une réflexion sur la complexité de la couleur noire, le tableau Black Painting, que l’artiste a volontairement rendu difficile à distinguer, interroge les limites de la perception et du savoir. On peut être tenté d’y reconnaître le moment précédant l’assassinat de Fred Hampton, le leader des Black Panthers de Chicago, en 1969, mais un examen plus attentif révèle un détail sur la table de chevet, le livre d’Angela Davis If They Come in the Morning publié en 1971.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
2007
Marshall débute une série de portraits de figures emblématiques de la résistance: chefs de révoltes d’esclaves, abolitionnistes, artistes et poètes.
2009
Marshall est invité à réaliser un diptyque de peintures murales pour le hall du Museum of Modern Art de San Francisco et représente Mount Vernon et Monticello, les domaines des présidents américains George Washington et Thomas Jefferson.
2013
Première exposition personnelle à Washington DC à la National Gallery of Art, «In the Tower : Kerry James Marshall», où sont présentées des œuvres comme Great America (1994) qui aborde la traite négrière transatlantique ou le portrait alors récemment achevé Portrait of Nat Turner with the Head of His Master (2013).
|
Biographie (7/10) |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
7 - RYTHM MASTR
|
|
|
Scénographie |
Rythm Mastr est un projet que Kerry James Marshall développe depuis 1999: une série de bandes dessinées et de travaux associés qu’il poursuit encore aujourd’hui. Les comics-books Marvel et DC que Marshall lit durant son enfance ne mettaient pas en scène de superhéros noirs. Il se souvient de l’apparition de Black Panther dans Fantastic Four en 1965 comme d’un «événement déterminant», mais il observe par la suite que «beaucoup de superhéros noirs finissaient simplement par lutter contre la petite délinquance». Attendant davantage des comics, il décide donc de créer les siens.
Rythm Mastr s’articule autour d’une métropole noire qui reflète le South Side de Chicago. En son centre se trouve un ensemble d’artefacts africains transformés en superhéros, dont les pouvoirs se manifestent par les puissants battements de tambour du protagoniste. À travers plusieurs planches et des intrigues fragmentaires, les personnages de Marshall abordent des thèmes allant de la rénovation urbaine aux collections muséales, en passant par l’importance d’«UN P… DE COMBATTANT» tel que Nat Turner (1800-1831), figure de la résistance contre l’esclavage devenue une icône du mouvement Black Power.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Scénographie |
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955).
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955).
|
|
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955).
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955).
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Above the Line (détail), 2015. Fresque murale sur la High Line, New York.
Courtesy the artist, David Zwirner, London, and Friends of the High Line.
Au fil des années, la série de bandes dessinées Rythm Mastr de Kerry James Marshall a pris différentes formes et notamment celle d’une monumentale fresque extérieure intitulée Above the Line, elle fut exposée de juin 2015 à mars 2016, sur la High Line de New York. Première commande publique de l'artiste dans la ville, cette œuvre imagine un paysage urbain afrofuturiste dans lequel les châteaux d’eau sur les toits des immeubles new-yorkais ont été transformés en logements luxueux. Le mur présenté ici reproduit partiellement le dessin préparatoire de ce projet.
|
|
|
|
Scénographie
Les documents de la bande dessinée Rythm Mastr présentés ici au mur ont été imprimés sur du papier journal. La première page introduit les principaux personnages de la saga: les protagonistes Farrell et Stasha, le Rythm Mastr, figure du griot, ainsi que les super-héros Senufo, Ibeju, Nkisi, Boli et Oba dont les formes font référence aux sculptures africaines conservées dans les collections des musées. Dans l'intrigue centrale de Rythm Mastr, les artefacts africains sont réveillés et retrouvent leurs puissances originelles, anticipant les débats actuels sur la restitution des biens qui se trouvent toujours dans les collections muséales des anciennes puissances coloniales comme la France. |
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Rythm Mastr.
|
|
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Rythm Mastr.
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Rythm Mastr.
|
|
|
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Rythm Mastr.
|
|
Kerry James Marshall (né en 1955). Rythm Mastr.
|
|
8 - PEINDRE LA VIE MODERNE II
|
|
|
Scénographie |
Dans les années 2010, Kerry James Marshall poursuit la création des scènes saisissantes de la vie quotidienne se déroulant dans des parcs, des boîtes de nuit, des maisons, des rues et des galeries d’art. Il réinterprète souvent les compositions et les éléments de tableaux célèbres, par exemple en transformant un détail du tableau Les Ambassadeurs (1533) du peintre allemand Hans Holbein le Jeune dans le salon de beauté de School of Beauty, School of Culture, ou en reprenant l’attitude de la serveuse de Un bar aux Folies Bergère (1882) d’Édouard Manet dans la femme posant de Untitled (Club Scene).
Certains tableaux font référence à des moments précis du passé, comme le couronnement de Gloria Smith en 1969, la deuxième femme à avoir remporté le concours Miss Black America au plus fort du mouvement Black Is Beautiful. D’autres toiles abordent la période contemporaine: Marshall a peint Untitled (Policeman) (2015) peu après le début du mouvement Black Lives Matter, quand les manifestants réclamaient le définancement de la police, en référence au slogan «Defund the Police». L’ensemble de ces tableaux exprime une grande diversité d’expériences et de postures des Noirs à l’égard des États-Unis, oscillant entre exaltation et ambivalence inconfortable.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
2015
Marshall fait partie des artistes présentés dans l’exposition internationale «All the World’s Futures» à la 56e Biennale de Venise, sous le commissariat d’Okwui Enwezor. Il présente également la fresque Above the Line, extension de la série de bandes dessinées en cours Rythm Mastr, créée spécialement pour la High Line à New York.
2016-2017
Marshall fait l’objet d’une importante rétrospective américaine couvrant trente-cinq ans de sa carrière, «Mastry», présentée au Museum of Contemporary Art de Chicago, au Met Breuer à New York, et au Museum of Contemporary Art de Los Angeles. Son travail est également présenté à Paris lors de l’exposition «The Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation» au Musée du quai Branly – Jacques Chirac, aux côtés d’artistes tels que Henry Ossawa Tanner, Romare Bearden et Elizabeth Catlett.
2017
La Ville de Chicago dévoile sa fresque monumentale peinte sur le Chicago Cultural Center. Intitulée Rush More, elle rend hommage à vingt femmes noires ayant joué un rôle déterminant dans le développement de la scène culturelle de la ville, telles que Margaret Burroughs, Gwendolyn Brooks ou Oprah Winfrey.
|
Biographie (8/10) |
|
|
|
|
|
Légende.
Cartel.
|
|
Légende.
Cartel. |
|
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
9a - VIGNETTES, ACADÉMISME ET ROUGE-NOIR-VERT
|
|
|
Scénographie |
Pour Kerry James Marshall, chaque genre et style pictural historique se prête à la réinvention.
Dans Vignette, Marshall réinterprète les compositions de peintres français tels que Jean-Antoine Watteau et Jean- Honoré Fragonard. En peignant des scènes romantiques, il crée des images de résistance : au temps de l’esclavagisme, c’était la «reproduction», et non le mariage ou se mettre en couple, qui était encouragée pour accroître richesse et main-d’œuvre. Ces tableaux nimbés de rose et présentés comme des séquences oniriques soulèvent une autre question: les couples noirs peuvent-ils réellement se détendre dans l’espace public, ou cela reste-t-il un rêve ?
Les œuvres de la salle suivante constituent deux ensembles distincts. Le premier rassemble des tableaux représentant des scènes d’écoles d’art, d’ateliers et de musées, ces lieux où les artistes étudient, créent et exposent leur travail. L’art occidental a toujours été fasciné par l’atelier en tant que lieu de production, et par le musée en tant que lieu de consécration. Marshall s’inscrit dans cette tradition, mais la transforme en mettant en scène des sujets noirs dans les rôles de producteurs et de consommateurs.
Dans le second groupe d’œuvres, Marshall déploie les couleurs du drapeau de l’UNIA (Universal Negro Improvement Association), ou drapeau panafricain, créé par le penseur Marcus Garvey en 1920, aux côtés de l’imagerie et des slogans des Black Panthers datant de la fin des années 1960. Au lieu de célébrer ouvertement le nationalisme noir, Marshall construit des œuvres impertinentes et complexes qui font référence aux liens étroits entre l’histoire de la peinture et l’art érotique.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
Scénographie |
|
|
2003
Marshall commence une série de Vignette consacrée à des scènes d’amour.
2007-2009
Production de sa série influente de peintres noirs imaginaires dans leurs ateliers. |
Légende.
Cartel. |
|
Biographie (9/10) |
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
Scénographie |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
9b - UN NOUVEAU REGARD SUR LE PASSÉ AFRICAIN
|
|
|
Scénographie |
Les tableaux exposés dans cette salle, conçus spécialement pour l’exposition «The Histories», mettent l’accent sur des épisodes sombres de l’histoire africaine, rarement représentés.
Cinq d’entre eux évoquent la traite négrière en montrant un enlèvement d’enfants, des hommes à bord d’une pirogue qui livrent leurs captifs à des acheteurs hors champ, leur retour avec toutes sortes de marchandises et la célébration de leurs fructueuses transactions. Ces figures sont représentées après avoir pris part à la vente de personnes réduites en esclavage, poussées par leur avidité pour les marchandises fournies en échange par les Européens.
Un autre tableau dépeint l’assassinat en 1828 du roi Chaka Zoulou par ses demi-frères au Zoulouland (l’actuelle province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud). L’ensemble de ces toiles bouleverse notre vision du passé africain en proposant une image plus complexe.
Les deux derniers tableaux mettent en scène les prétendues «reines blanches» d’Afrique, Colette Hubert et Ruth Williams, lors de leurs mariages respectifs avec les présidents Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Seretse Karma (Botswana). Ces scènes montrent de véritables unions, mais Marshall en a réinventé les détails pour nuancer les récits de la période postcoloniale en Afrique.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Légende.
Cartel. |
2019
Il reçoit la médaille W. E. B. Du Bois du Hutchins Center for African and African American Research, la plus haute distinction de l’université de Harvard dans le domaine des études africaines et africaines-américaines.
2022
Il est élu membre honoraire de la Royal Academy of Arts à Londres.
2023
Sa commande de vitraux Now and Forever représentant la lutte pour la justice raciale est dévoilée à la cathédrale nationale de Washington en remplacement de ceux représentant des généraux confédérés, retirés en 2017.
2023-2025
Il crée une nouvelle série de peintures représentant des scènes historiques imaginaires de l’Afrique.
|
Biographie (10/10) |
|
|
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|
|
|
Légende.
Cartel. |
|
Légende.
Cartel. |
|
|
|