|

Parcours en images de l'exposition
L’EMPIRE DU SOMMEIL
Rembrandt, Ingres, Delacroix, Füssli, Courbet, Rodin, Monet, Munch, Picasso…
avec des visuels
mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue
1 - DOUX SOMMEIL, BONHEUR PUR
|
|
|
|
Tous, nous dormons, même les insomniaques. Le sommeil, ce doux besoin qui occupe un tiers de notre vie, nous est nécessaire, et nous procure un grand bonheur. Il apporte le repos, et l’oubli des peines de la veille. Cet état mystérieux dans lequel on «tombe» a nourri la création depuis des millénaires. Innombrables, les artistes qui nous ont laissé des portraits de leurs proches – parents, époux, amants - ou de leurs modèles endormis, au creux de la nuit ou le plus souvent le jour, pendant la sieste. C’est peut-être le sommeil des innocents – nouveau-nés, enfants, bêtes familières, chats, chiens… – qui exprime au mieux l’abandon au bonheur de l’inconscience. Mais le sommeil montre aussi un aspect ambigu, il peut évoquer la mort, la vulnérabilité, la dépossession de soi; il impose d’abandonner la vigilance, d’accepter l’oubli, de ne plus veiller ni surveiller…
L’exposition explore, pour la première fois en France, les représentations diverses du sommeil et de ses troubles, en se focalisant sur le «long dix-neuvième siècle», des Lumières à la Grande Guerre. Des œuvres plus anciennes ainsi que des œuvres du XXe siècle sont convoquées pour montrer l’extraordinaire richesse du sujet dans la persistance de ses thèmes iconographiques.
|
Affiche de l'exposition sur le musée Marmottan Monet. |
|
Texte du panneau didactique. |
|
Scénographie |
|
|
|
Anonyme. Jeune fille endormie, vers 1615-1620. Huile sur toile, 67,5 x 74 cm. Budapest, Szépmvészeti Múzeum / Museum of Fine Art. © Szépmvészeti Múzeum / Museum of Fine Arts, Budapest. |
|
Charles-Émile-Auguste Carolus-Duran (1838-1917). L’homme endormi, 1861. Huile sur toile, 87 x 85 cm. Lille, Palais des Beaux-Arts. © GrandPalaisRmn (PBA, Lille) / Philipp Bernard. |
|
|
|
Giuseppe Antonio Petrini (1677 - 1755/1759). Le Sommeil de saint Pierre (?), vers 1740. Huile sur toile, 85 x 115 cm. Paris, musée du Louvre – département des Peintures. © Grand Palais Rmn (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle. |
|
Puvis de Chavannes (1824-1898). Le Sommeil, vers 1867. Huile sur toile. Paris, musée d'Orsay, dépôt au Palais des beaux-Arts de Lille. |
|
Scénographie |
|
|
|
John Everett Millais (1829-1896). Mon deuxième sermon [My Second Sermon], 1864. Huile sur toile, 97 x 72 cm. Londres, Guildhall Art Gallery. © Guildhall Art Gallery, City of London.
|
|
Edouard Vuillard (1868-1940). La Berceuse. Marie Roussel au lit, vers 1894. Huile sur carton marouflé sur bois. Musée national Picasso Paris, donation Picasso 1978.
La Berceuse saisit une scène domestique, la mère de l'artiste, de profil, veillant sa fille Marie Roussel. Le tableau évoque un moment douloureux de la vie de l'artiste. Le mariage de sa sœur aînée en 1893 avec son meilleur ami, le peintre Ker-Xavier Roussel, s'était révélé malheureux. Après une fausse couche, la jeune femme était revenue se reposer dans la maison familiale. Le titre du tableau est poignant, car Marie ne peut pas bercer son enfant perdu. Elle redevient une enfant, bercée par sa mère pour trouver le sommeil et l'oubli des peines. |
|
Jean-Baptiste Chatigny (1834-1886). Jean-Jacques Rousseau endormi dans la grotte des Étroits, à Lyon, vers 1877. Huile sur toile.
Chambéry, musée des Beaux-Arts.
|
|
|
|
Michael Ancher (1849 1927). La Sieste [Middagshvil], 1890. Huile sur toile, 62 x 79 cm. Skagen, Art Museums of Skagen. © Art Museums of Skagen. |
|
Fernand Pelez (1848-1913). Un martyr. Le Marchand de violettes, 1885. Huile sur toile. Paris, Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris. |
|
Scénographie |
|
|
|
David Hockney (né en 1937). Dog Etching N°8, 1998. Gravure sur papier vélin. Collection particulière, courtesy galerie Lyndsey Ingram. |
|
Auguste Rodin (1840-1917). Le Sommeil, buste de femme, vers 1889. Plâtre. Musée Rodin. |
|
|
|
Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875). Femme endormie, 1876. Terre cuite. Paris, Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris. |
|
Jean Carries (1855-1894). Le Bébé endormi, 1888. Plâtre patiné gris. Paris, musée d'Orsay. |
2 - FIGURES DU SOMMEIL DANS LA BIBLE
|
|
|
Scénographie |
Pour saisir les diverses facettes du sommeil, il faut remonter aux origines de la culture occidentale – la Bible d’abord puis la permanence des mythes antiques revisités à la Renaissance. Dans la Genèse, le sommeil appartient à la symbolique des origines: Adam est endormi lors de la création d’Ève. Noé nous rappelle les dangers du sommeil troublé par l’ivresse. Les Psaumes et le Livre de Job lient l’insomnie aux fautes et aux tourments de l’âme. Le sommeil de l’enfant Jésus est souvent représenté comme une anticipation de la Passion, et la douceur de l’iconographie de la Vierge qui observe l’Enfant endormi rejoue la douleur de la Pietà. Par la foi en la Résurrection, la mort est désormais perçue comme un sommeil dont on sera réveillé – miracle de la résurrection de la fille de Jaïre. Dans l’épisode de Jean endormi durant la Dernière Cène, le sommeil exprime la confiance en Dieu et l’abandon heureux. La Dormition de la Vierge révèle que Marie s’est endormie en Dieu.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
George Frederic Watts (1817-1904). La Création d'Ève, 1881-1882. Huile sur toile. Compton (Surrey), Watts Gallery. |
|
|
|
Giovanni Bellini (vers 1433-1516). L'Ivresse de Noé, vers 1515. Huile sur toile. Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie.
Dans ce tableau peint à l'âge de 80 ans, Bellini représente une scène de la Genèse (9.18-27), l'ivresse de Noé. La nudité honteuse du vieillard enivré par le vin de ses vignes est découverte et moquée par son fils Cham (au centre), tandis que ses deux autres fils, Sem et Japhet, couvrent respectueusement ses «parties honteuses» d'un manteau rose, en détournant le regard. Lorsque Noé apprendra ce que lui avait fait son fils cadet, il maudira Cham et son fils Canaan. Intégrant les innovations de ses élèves, Titien et Giorgione, Bellini donne une version magistrale de la nudité sénile. |
|
Gabriel von Max (1840-1915). La Résurrection de la fille de Jaïre, 1878. Huile sur toile, 123,3 x180,4 cm. Montréal, Musée des beaux-arts. © MBAM, Denis Farley.
Le tableau représente le miracle de la résurrection de la fille de Jaïre, chef de la Synagogue (Marc 5, 22-42). Jésus dit: «Pourquoi ce tumulte et ces pleurs? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort». Il ajoute: «Fillette, je te le dis, lève-toi». Et l'enfant se réveille. Sa pâleur, et la mouche posée sur son bras, rappellent encore l'outre-tombe. Ce tableau présenté à l'Exposition Universelle de Paris de 1878 sera perçu comme un renouveau de la grande peinture religieuse. |
|
|
|
«Naissance d'Ève», dans une Bible latine, XIIe-XIIIe siècle. Manuscrit enluminé, vélin. Paris, Bibliothèque Mazarine. |
|
«Crucifixion. La Cène (Jean endormi sur le giron du Christ)», dans un Missel à l'usage de Paris, fin du XVe siècle. Manuscrit enluminé, vélin. Paris, Bibliothèque Mazarine.
La Bible a multiplié les récits où le sommeil des protagonistes recouvre différentes formes. Adam est quasi anesthésié tandis qu'Ève naît de son côté. Dans le Nouveau Testament, lors de la Cène, l'apôtre Jean semble s'abandonner au sommeil. Sur le mont des Oliviers, les soldats, postés au pied du tombeau de Jésus, sont plongés dans une totale torpeur. |
|
Scénographie |
|
|
|
Saint Jean endormi, 1500-1515. Noyer autrefois polychromé. Paris, musée du Louvre. |
|
Garofalo (Benvenuto Tisi, dit Il) (1481-1559). Le Sommeil de l'Enfant Jésus, entre 1500-1550. Huile sur bois. Paris, musée du Louvre. |
|
La Mort de la Vierge - La Crucifixion, vers 1375-1400. Ivoire sculpté.
Lyon, musée des Beaux-Arts.
|
|
Scénographie |
|
|
|
Antonio Randa (1577-1650). Jésus endormi, 1640. Huile sur toile. Modène, Museo Civico. |
|
Trois apôtres endormis, XIVe siècle. Ivoire sculpté rehaussé d'or. Lyon, musée des Beaux-Arts. |
|
La Dormition de la Vierge, seconde moitié du XVe siècle. Bois (tilleul) polychromé et doré.
Lyon, musée des Beaux-Arts.
|
3 - HYPNOS ET THANATOS :
LE SOMMEIL ET LA MORT SONT FRÈRES
|
|
|
Scénographie |
Dans la mythologie grecque, la Nuit ( Nyx) engendre Hypnos (le sommeil) et Thanatos (la mort) (Klotz). C’est probablement l’atonie, la perte de force musculaire pendant le sommeil, la ressemblance extérieure des deux conditions qui ont inspiré le mythe. Hypnos est représenté comme un jeune homme ailé, parfois endormi, parfois tenant une corne emplie de l’eau du Léthé ou de jus de pavot, usé comme hypnotique depuis des millénaires. Au XIXe siècle, les portraits et photographies de cadavres sur leur lit de mort, apparemment endormis, parés pour le souvenir, rappellent cette proximité du repos éternel et du sommeil quotidien. Des artistes comme Monet, et plus tard Hodler, iront jusqu’à peindre leur épouse ou leur maîtresse sur leur lit de mort. |
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Léon Cogniet (1794-1880). Tête de jeune fille morte, vers 1845. Huile sur toile. Orléans, musée des Beaux-Arts. |
|
|
|
Evelyn De Morgan (1855-1919). Nuit et Sommeil [Night and Sleep], 1878. Huile sur toile, 108,8 x 157,8 cm. Barnsley, De Morgan Foundation. © Trustees of the De Morgan Foundation.
Peintre préraphaélite britannique, Evelyn De Morgan réalise des œuvres allégoriques et symbolistes. Dans ce tableau la Nuit et le Sommeil, survolant un paysage, éparpillent doucement des pavots (la teinture de pavot était utilisée comme base pour le laudanum-somnifère). Marquée par ses nombreux voyages en Italie, l'artiste s'inspire pour cette œuvre de la Naissance de Vénus de Botticelli où les roses tombent autour de Vénus, Zéphyr (vent) et Chloris. |
|
Ferdinand Hodler (1853-1918). Valentine Godé-Darel malade, 1914. Huile sur toile. Soleure, Kunstmuseum, Fondation Dübi-Müller.
Ce tableau fait partie d'une série décrivant la lente agonie de Valentine Godé Darel, modèle puis maîtresse de Hodler, diagnostiquée d'un cancer en 1913. Le peintre documente l'évolution de la maladie de Valentine, partagé entre le désir d'immortaliser le souvenir de sa bien-aimée et une pulsion macabre de saisir la mort en face. L'horloge, à droite symbolise la fuite du temps, et les fleurs esquissées en cercles rouges rappellent la couleur des lèvres du modèle, qui rendra son dernier souffle le 25 janvier 1915.
|
|
|
|
Georges Jeanclos (1933-1997). Dormeur, 1979. Terre cuite. Nançay, galerie Capazza, avec l'aimable autorisation de Mathilde Ferrer Jeanclos. |
|
Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953). Ophélie (portrait de Suzanne Reichenberg), 1900. Pastel. Paris, collection Lucile Audouy. |
|
|
|
Scénographie. |
|
Hans Sebald Beham (1500-1550). La Mort surprenant la femme endormie, 1548. Burin. Paris, Petit Palals, legs Dutuit, 1902. |
|
|
|
Claude Monet (1840-1926). Camille sur son lit de mort, 1879. Huile sur toile, 90 x 68 cm. Paris, musée d’Orsay. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Patrice Schmidt. |
|
Aimé-Jules Dalou (1838-1902). Masque mortuaire de Victor Hugo, 1885. Plâtre et patine. Paris / Guernesey, Maisons de Victor Hugo, don de Michel de Bry, 1984. |
|
|
|
Simon Petrus Klotz (1776-1824). La Nuit avec ses enfants, Sommeil et Mort, 1811. Huile sur panneau. Munich, Bayerische. Staatsgemäldesammlungen - Neue Pinakothek. |
|
Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti, dit) (1475-1564) d'après La Nuit, s.d. Bronze, patine brun-noir. Paris, musée du Louvre. |
4 - LE SOMMEIL ÉROTIQUE :
AMOUR DÉVOILÉ ET BELLES ENDORMIES
|
|
|
Scénographie |
Le Roi des dieux, Zeus chez les Grecs, Jupiter chez les Romains, dévoile le corps d’Antiope endormie. La sensualité du geste sera reprise à travers les siècles depuis Rembrandt et jusqu’à Picasso. Par inversion, ce sera aussi bien Psyché dévoilant Éros endormi, ou encore Séléné, la Lune, amoureuse du bel Endymion. Voir et être vu, le regard érotique décache la nudité, féminine ou masculine. Les Vénus endormies, les nymphes de la peinture néoclassique, deviennent des demoiselles endormies, des amies surprises dans le sommeil après l’amour, ou des jeunes femmes rêvant, assoupies dans un fauteuil. Les contes de fées comme La Belle au bois dormant illustrent naïvement le pouvoir d’Éros qui tire les Belles endormies de leur sommeil enchanté, marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Edouard Manet (1832-1883), d'après Le Titien (1488/1489-1576). Jupiter et Antiope, 1856. Huile sur toile. Paris, musée Marmottan Monet, legs Annie Rouart, 1993. |
|
|
|
Félix Vallotton (1865-1925). Femme nue assise dans un fauteuil, 1897. Huile sur carton marouflé sur contre-plaqué, 28 x 27,5 cm. Grenoble, musée de Grenoble. © Musée de Grenoble - J.L Lacroix. |
|
Jean Cocteau (1889-1963). Vingt-cinq dessins d'un dormeur, 1929. In-quarto. Paris, collection Patrick Mauriès. |
|
|
|
Pablo Picasso (1881-1973). Faune dévoilant une dormeuse (Jupiter et Antiope d'après Rembrandt), 1936. Aquatinte, grattoir et burin. Musée national Picasso-Paris, dation Picasso, 1979. |
|
Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867). Jupiter et Antiope, 1851. Huile sur toile, 32,5 x 43,5 cm. Paris, musée d’Orsay, dépôt du musée du Louvre - département des Peintures. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Franck Raux. |
|
Scénographie |
|
|
|
Simon Vouet (1590-1649), atelier de. Vénus dormant sur des nuages, après 1630. Huile sur toile, 100,5 x 84 cm. Budapest, Szépmvészeti Múzeum / Museum of Fine Arts. © Szépmvészeti Múzeum / Museum of Fine Arts, Budapest. |
|
Eugène Le Poittevin (1806-1870). Le Rêve de Cendrillon, 1863. Huiles sur toile. Avignon, musée Calvet.
Le Rêve de Cendrillon représente l'héroïne du conte assoupie à proximité de l'âtre. D'épaisses fumées s'élèvent dans la pièce, faisant surgir une scène de bal où elle apparaît face au prince, entourée par la foule des invités. La jeune fille tente de retenir son rêve, souvenir ou illusion, en gardant sur elle la pantoufle de verre. Le soulier est l'objet qui fera reconnaître les futurs amants. Il symbolise Le passage à l'âge adulte et le changement de condition sociale. |
|
|
|
Simon Vouet (1590-1649), d'après. Psyché et l'Amour, vers 1650. Huile sur toile. Lyon, musée des Beaux-Arts. |
|
Arturo Martini (1889-1947). La Pisana, 1933. Terre cuite, patine. Florence, Museo Novecento.
Arturo Martini a souvent traité le thème du sommeil et du rêve. La Pisana, réalisée en 1933, offre un équilibre parfait entre sensualité paisible et spiritualité, entre naturalisme et abstraction. Le titre de l'œuvre évoque le personnage de La Pisana, figure féminine du roman Les confessions d'un Italien d'Ippolito Nievo (1867), femme courageuse et libre qui incarne les idéaux de la nouvelle société de la seconde moitié du XIXe siècle. Une autre possible source d'inspiration vient du monde de la peinture: le tableau de Felice Casorati, Meriggio (1923). |
|
Auguste Rodin (1840-1917). Amour et Psyché, avant 1886. Plâtre. Paris, musée Rodin.
|
|
Scénographie |
|
|
|
George Frederic Watts (1817-1904). Endymion, 1903 – 1904. Huile sur toile, 104,1 x 121,9 cm. Compton, Surrey, Watts Gallery. © Watts Gallery Trust.
Peintre et sculpteur symboliste anglais, Watts est surtout connu pour ses œuvres allégoriques. Il a peint deux versions du mythe d'Endymion, chanté par les poètes grecs et par Ovide dans les Métamorphoses. Le beau berger mortel est aimé par la déesse lunaire Diane. Pour pouvoir garder éternellement jeune son amant, elle obtient de son père Jupiter de l'endormir d'un sommeil enchanté. Dans ce tableau, la pose d'Endymion est inspirée de la sculpture du Dionysos du Parthénon. Les deux figures forment un cercle parfait que souligne le halo de lumière autour de Diane.
|
|
Felice Casorati (1883-1963). Midi (Meriggio), 1923. Huile sur toile. Trieste, Museo Revoltella - galleria d'arte moderna. |
|
|
|
Rembrandt (Rembrandt Harmenszoon van Rijn, dit) (1606-1669). Antiope et Jupiter en satyre, 1659. Eau-forte, burin et pointe sèche. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
|
Anne Louis Girodet (1767-1824). Le Sommeil d'Endymion, 1808. Huile sur toile. Montargis, musée Girodet. |
|
|
|
Charles Perrault 628-1703), auteur; Gustave Doré 1832-1883), illustrateur; Louis Paul Pierre Dumont (1822-1885), graveur. «Il vit sur un lit, dont les rideaux étaient ouverts de tous côtés», La Belle au bois dormant. Paris, J. Hetzel, 1862. Gravure sur bois. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
|
Pablo Picasso (1881-1973). Minotaure caressant du mufle la main d'une dormeuse, 1933. Pointe sèche sur cuivre. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
5 - LES PORTES DU RÊVE
|
|
|
Scénographie |
Depuis les temps homériques, on a tenté d’interpréter les songes dans un sens prophétique, quand même Homère, par la bouche de la sage Pénélope, mettait déjà en garde contre les songes trompeurs.
Si la moderne médecine du sommeil est récente, c’est au XIXe siècle qu’on entreprend une étude des rêves qui se veut scientifique, avec les œuvres d’Alfred Maury (1861) et d’Hervey de Saint Denis (1867). La Traumdeutung (L’interprétation des rêves) de Freud paraît en 1899 et sera traduite en français en 1926. Le rêve n’est désormais plus prophétique, mais réflexif, il ne nous révèle rien de notre futur mais éclaire notre passé. Le sommeil et les rêves peupleront dès lors les œuvres des Symbolistes qui s’attachent à représenter la vie intérieure, comme Odilon Redon, Khnopff, Max Klinger, ou Kubin. Artistes et poètes évoqueront souvent la possibilité d’un sommeil créateur. L’inspiration vient pendant la nuit, et la Muse impose à l’artiste le retour au travail. Dans l’Apollon endormi de Lorenzo Lotto, c’est une fois le dieu solaire plongé dans le sommeil, que dansent les Muses.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Johann Heinrich Füssli (1741-1823). Lycidas, 1796-1799. Huile sur toile. Collection particulière. |
|
|
|
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867). Le Songe d'Ossian, vers 1800. Aquarelle, encre et plume sur papier. Paris, collection Prat. |
|
Albrecht Dürer (1471-1528). Le Songe du docteur, entre 1498 et 1499. Burin. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
|
Scénographie |
|
|
|
John Faed (1819-1902). Le Rêve du poète, 1881-1882. Huile sur toile, 104,7 x 142,9 cm. Edimbourg, Royal Scottish Academy of Art & Architecture Collections (RSA). © RSA Collections, Edinburgh.
John Faed partagea sa vie entre Édimbourg, Londres, et son village natal, Gatehouse of Fleet, où il s'installa définitivement en 1880. Célèbre surtout pour ses scènes de l'histoire écossaise et ses peintures narratives inspirées des écrits de Walter Scott, Burns et Shakespeare, John Faed fut aussi un graveur reconnu et prolifique. Ce tableau illustre le rêve créateur du poète: les personnages issus de son imagination se profilent et se massent à l'horizon, comme une forêt. |
|
Victor Hugo (1802-1885). Le Château des-Cris-la-Nuit, vers 1859. Plume et lavis d'encre brune, fusain, crayon noir sur papier vélin. Paris / Guernesey, Maisons de Victor Hugo. |
|
Lorenzo Lotto (1480-1556). Apollon endormi avec les Muses qui se dispersent et la Renommée qui s'enfuit, 1530-1532.
Huile sur toile. Budapest, Szépmüvészeti Müzeum.
Ce tableau illustre la relation entre le rêve et l'imagination créatrice. Apollon, le dieu de la lumière et des arts, s'est endormi, nu, dans une clairière entourée d'une dense forêt. Il appuie sa tête sur sa main droite, dans la pose traditionnelle de la mélancolie, et tient sa lyre avec la gauche. Dans les airs voltige une figure ailée - la Renommée -, qui tente de le réveiller. À ses pieds, les vêtements des Muses, éparpillés: échappées, les jeunes filles batifolent dans le pré voisin. C'est quand le dieu solaire dort que dansent les Muses.
|
|
Scénographie |
|
|
|
Odilon Redon (1840-1916). Les Yeux clos, 1890. Huile sur toile. Paris, musée d'Orsay. |
|
Odilon Redon (1840-1916). Orphée, vers 1910. Huile sur carton. Montpellier, musée Fabre. |
|
|
|
Glorgio Ghisi (1520-1582), d'après Luca Penni (1500-1556). L'Allégorie de la vie humaine, 1561. Burin. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
|
Louis-Léopold Boilly (1761-1846), dessinateur ; François-Séraphin Delpech (1778-1825), lithographe. Le Songe de Tartini, 1824. Lithographie couleur. Paris, musée de la Musique, Philharmonie.
Cette gravure illustre une anecdote sur l'origine de la «Sonate du trille du Diable» de Giuseppe Tartini (1692-1770). Tartini raconte qu'une nuit, il rêva qu'il avait fait un pacte avec le diable, et que celui-ci lui joua une sonate si admirable qu'il n'avait même rien conçu qui pût entrer en parallèle. Il fut réveillé par cette violente sensation de ravissement, prit aussitôt son violon, en espérant retrouver une partie de ce qu'il avait entendu en rêve: mais ce fut en vain. La pièce qu'il composa pour lors fut la meilleure qu'il ait jamais faite. Le rêve est-il créateur? |
|
Scénographie |
|
|
|
Max Klinger (1857-1920). Un gant, Opus VI, 1881. Ensemble de 10 planches dont pl. 5: Triomphe. Eau-forte et aquatinte. Milan, collection Gabriele Mazzotta.
Un gant est peut-être la suite des gravures la plus emblématique de Max Klinger. Après avoir trouvé un gant féminin dans une patinoire, le rêveur - alter ego de l'auteur - fantasme sur celle qui l'a perdu et se laisse emporter dans un voyage onirique. Le gant, objet de désir, devient tour à tour allégorie de l'amour, manifestation de quiétude, créature effrayante. La série passe de la quête idéale à la désillusion. Cette œuvre symbolique influencera des artistes comme Dali, Ernst, De Chirico et Breton. |
|
Max Klinger (1857-1920). Un gant, Opus VI, 1881. Ensemble de 10 planches dont pl.9: Rapt. Eau-forte et aquatinte. Milan, collection Gabriele Mazzotta. |
|
|
|
Jean-Jacques Grandville (Jean-Ignace-Isidore Gérard, dit) (1803-1847). «Premier rêve - Crime et expiation» dans Le Magasin pittoresque. Paris, juillet 1847. Imprimé. Paris, collection Laura Bossi. |
|
Alfred Kubin (1877-1959). Chaque nuit, un rêve nous rend visite, vers 1902-1903. Encre de Chine et papier sur lavis. Vienne, Albertina Museum. |
|
|
|
Max Klinger (1857-1920). Rêves, Opus VIII, pl. 3: Une vie, 1884. Eau-forte et pointe sèche. Collection Jack Daulton. |
|
Max Klinger (1857-1920). De la mort, Opus XIII, pl. 3: Le Philosophe, 1898-1910. Eau-forte et aquatinte. Collection Jack Daulton. |
6 - LE SOMMEIL TROUBLÉ - QUAND LA RAISON S'ABSENTE
|
|
|
Scénographie |
Au XVIIIe siècle, Goya, Füssli ou Blake interrogeront la face obscure des Lumières pour tenter de donner forme et crédit aux figures évanescentes des cauchemars. Les Romantiques dénonceront l’emprise de la raison en explorant ce qui est désormais appelé l’inconscient, les phénomènes médiumniques, la folie, le somnambulisme. Au XIXe siècle, Charcot à la Salpêtrière expérimente l’hypnose sur les hystériques. Freud sera fasciné par l’hypnose mais l’abandonnera vite. Après la Grande Guerre, les Surréalistes reprendront l’exploration du domaine nocturne et useront de l’hypnose comme un procédé «créatif».
De nos jours, c’est peut-être l’insomnie qui nous trouble le plus. Dans la civilisation industrielle, les rythmes du travail, la lumière artificielle, les bruits de la ville, les écrans, les excitants, s’opposent à l’endormissement. Empêché de tous côtés, le sommeil est devenu objet de désir, que l’on essaie de retrouver par tous les moyens. Parmi les drogues auxquelles on fait alors recours pour obtenir le repos, l’opium est la plus ancienne. Le pavot est souvent représenté comme symbole du sommeil et de l’oubli, et par extension, de la mort. Les Symbolistes le peignent volontiers. Plusieurs écrivains à la fin du XIXe siècle expérimentent les rêveries induites par le laudanum et le haschisch; le tableau de Gaetano Previati montre l’ambiance «maudite» d’une fumerie.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Francisco de Goya (1746-1828). Le sommeil de la raison engendre des monstres, 1797/1799. Eau-forte et aquatinte. Paris, Bibliothèque nationale de France. |
|
|
|
Ditlev Blunck (1798-1854). Le Cauchemar, 1846. Huile sur toile. Nivà, The Nivaagaard Collection, don de Niels Risom, 2014. |
|
Gabriel von Max (1840-1915). Le Cauchemar, d'après Johann Heinrich Füssli, vers 1860. Huile sur toile. Collection Jack Daulton. |
|
|
|
Francisco José de Goya y Lucientes (1746-1828). Le sommeil [El sueño], 1790. Huile sur toile, 46,5 × 76 cm. Dublin, National Gallery of Ireland. © National Gallery of Ireland. |
|
Johann Heinrich Füssli (1741-1825). L’Incube s’envolant, laissant deux jeunes femmes, 1780. Huile sur toile, 86,4 x 110,5 cm. Paris, collection Farida et Henri Seydoux. © Collection Farida et Henri Seydoux, Paris.
Peintre romantique de la première heure, Füssli a décliné plusieurs versions de son célèbre Cauchemar. Dans celle du Detroit Institute of Arts, une femme endormie, la tête renversée, un bras pendant jusqu'à terre, est visitée par un incube, tandis qu'un cheval noir surgit dans l'ombre, allusion au mot anglais nightmare. Cette image est devenue un archétype, repris par Gabriel von Max ou Ditlev Blunck dans une veine plus érotique. Le tableau présenté ici montre le départ de l'incube chevauchant sa monture. Deux jeunes femmes se réveillent, l'une presse encore sa main sur la poitrine oppressée. |
|
Scénographie |
|
|
|
Kiki Smith (née en 1954). Sleep Walker, 2001. Encre et crayon sur papier népalais. Paris, galerie Lelong & Co. |
|
Maximilián Pirner (1854-1924). La Somnambule, 1878. Huile sur toile, 157 × 87 cm. Prague, Národní galerie / National Gallery. © Photo National Gallery Prague 2025. |
|
Gaetano Previati (1852-1920). Les Fumeuses d'opium, 1887. Huile sur toile.
Plaisance, Galleria d'Arte Moderna Ricci Oddi.
|
|
Scénographie |
|
|
|
Gabriel von Max (1840-1915). Juliette Capulet le matin de son mariage, 1874. Huile sur toile, 41,9 x 51 cm. Graz, Neue Galerie, Universalmuseum Joanneum. © Lackner/UMJ Graz. |
|
Albert von Keller (1844-1920). Hypnose par Schrenck-Notzing, 1885. Huile sur toile. Zurich, Kunsthaus, don de la succession de Dr. Oskar A. Müller, 2007. |
|
|
|
Max Ernst (1891-1976). Portrait de Paul Éluard, 1923, Saint-Brice-sous-Forêt. Dessin au crayon bleu sur papier. Paris, collection de Bueil & Ract-Madoux. |
|
Edvard Munch. Le Noctambule, 1923-1924. Huile sur toile. Oslo, Munch-Museet.
Edvard Munch utilise souvent l'autoportrait pour donner forme à ses préoccupations existentielles. Dans Le Noctambule, il se met en scène dans sa maison-atelier d'Elky, près d'Oslo. Sa silhouette, à contre-jour, est penchée vers le centre de la composition, ses traits du visage sont marqués, et ses yeux sont cernés de noir. En arrière-plan, les fenêtres ouvrent sur un ciel nocturne que vient confirmer le titre de l'œuvre. Munch a soixante ans lorsqu'il peint cet autoportrait. Régulièrement hanté par les insomnies, il en exprime les angoisses. |
|
|
|
Gustave Courbet (1819-1877). La Voyante ou La Somnambule, vers 1865. Huile sur toile. Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie.
Ce portrait en buste représente une jeune femme dont le visage se détache d'un fond sombre. Son regard pénétrant, presque halluciné, et son léger sourire la font paraître dans un état entre veille et sommeil. Bien que le titre ait été ajouté plus tard, Courbet décrivait cette figure comme «une sorte de somnambule». Elle fait écho à la curiosité des années 1850 pour l'hypnotisme et les états de transe, qui fascinaient artistes et scientifiques. Courbet, intéressé par les études de l'époque, cherche à capturer la frontière indécise entre le conscient et l'inconscient. |
|
Jean-Martin Charcot (1825-1893). Sans titre, 1853. Encre sur papier. Paris, Sorbonne Université - Bibliothèque Charcot. |
|
7 - AU LIT !
|
|
|
Scénographie |
Le mot «chambre» nous vient des Grecs (kamara), et notre «civilisation du lit» est romaine. Le lit est le meuble principal, même chez les pauvres qui dorment tous ensemble. Dans les demeures des riches, les lits se trouvent dans les pièces de réception.
À la fin du Moyen Âge, la chambre à coucher se constitue comme un espace privé, abrité des regards. Au XIXe siècle, la morale chrétienne dicte la conduite à tenir dans la chambre: tout doit être pudique et voilé. Chaud et douillet, le lit est un refuge et un abri. Autrefois lieu de la naissance, de l’amour, de la maladie et de la mort, il garde une aura métaphysique, quand même est-il aujourd’hui remplacé par un lit anonyme d’hôpital. On ne dort bien que dans son lit. Pour l’enfant, c’est dans le grand lit des parents qu’on trouve le réconfort, quand s’évanouit la peur du noir. Mais le lit peut être aussi le lieu de l’abandon et de la sensualité. Un lit défait suggère la présence de l’Autre, étrange et familière à la fois, et nous trouble. La chambre est le lieu de l’intime, et le lit une île qui nous permet de protéger et de nourrir nos rêves.
|
|
|
Texte du panneau didactique. |
|
Chiara Gaggjotti (née en 1977). La Chambre, 2024. Huile sur bois. Paris, galerie Mercier. |
|
|
|
Max Beckmann (1884-1950). Visages; Bâillements, 1918. Eau-forte et pointe sèche. Vienne, Albertina Museum. |
|
Avigdor Arikha (1929-2010). Lits, 2004. Pastel. Londres, collection particulière. |
|
Scénographie |
|
|
|
Eugène Delacroix (1798-1863). Le lit défait, vers 1824. Graphite et aquarelle sur papier, 18,3 x 29,8 cm. Paris, musée national Eugene-Delacroix. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Rachel Prat. |
|
Antonio Lopez Garcia (né en 1936). Femme endormie dit aussi Le Rêve, 1963. Bois, collage et polychromie. Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia. |
|
|
|
Charles Matton (1931-2008). La Chambre d'un collectionneur d'art romantique, 2002 (vue de face). Technique mixte. Paris, collection Sylvie Matton. |
|
Charles Matton (1931-2008). La Chambre d'un collectionneur d'art romantique, 2002 (vue latérale). Technique mixte. Paris, collection Sylvie Matton. |
|
Scénographie |
|
|
|
Balthus (Balthasar Klossowski de Rola, dit) (1908-2001). La Phalène, 1959-1960. Centre Pompidou, Paris.
Dans ce moment suspendu, Balthus évoque l'état transitoire entre sommeil et éveil ainsi que le passage entre l'enfance, l'adolescence et la maturité. Après-guerre, Balthus s'installe à Chassy. Là, il se fait peintre d'un quotidien inspiré par les décors que lui offrent les pièces de sa nouvelle demeure : sol carrelé, papier peint dépouillé des chambres. Récurrent chez Balthus, le motif en échiquier présent sur la frise du sommier est toujours associé au sommeil ou au rêve. Dans l'héraldique, l'écu échiqueté d'argent et de sable est en effet la structure onirique par excellence, à la fois signe d'un état de trouble de la conscience, de l'ambiguïté, de l'indétermination, symbole qui ne peut que séduire le peintre. |
|
Thomas Couture (1815-1879). Étude de bonnet de nuit, s.d. Pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier. Paris, galerie Ambroise Duchemin. |
|
Scénographie |
|
|
|
Federico Zandomeneghi (1841-1917). Jeune fille endormie dit aussi Intérieur avec figure féminine endormie [Fanciulla dormiente (interno con figura femminile che dorme)], 1878. Huile sur toile, 60 x 74 cm. Florence, Gallerie degli Uffizi, Palazzo Pitti. © Gabinetto Fotografico delle Gallerie degli Uffizi. |
|
Jules Bastien-Lepage (1848-1884). La Jeune femme endormie, 1880. Huile sur toile. Montmédy, musée Jules Bastien-Lepage. |
|
|
|
Augustin Rouart (1907-1997). Cinq peintures de Jean-Marie dormant, 1948. Tempera sur carton. Paris, Petit Palais. |
|
Joaquin Sorolla y Bastida (1863-1923). Mère (Madre), vers 1900. Huile sur toile, 125 x 169 cm. Madrid, Museo Sorolla. © Museo Sorolla, Madrid.
Madre évoque la naissance de la fille cadette du peintre, née le 12 juillet 1895. La mère et l'enfant sont enfoncés dans un lit immense, recouvertes par une grande couverture blanche qui occupe la moitié de la composition. Seuls les visages des figures, plongées dans un profond sommeil, émergent de cette blancheur. L'atmosphère paisible, presque suspendue, révèle le talent de l'artiste dans la pratique de la subtilité des tons. Sorolla représentera souvent ses proches, influencé par le naturalisme de Jules Bastien-Lepage, qu'il rencontre à Paris en 1885. |
|