
DECORUM
Tapis et tapisseries d’artistes
Article
publié exclusivement sur le site Internet, avec la Lettre
n° 362
du
30 décembre 2013
DECORUM. Tapis et tapisseries d’artistes.
Si les tapis orientaux traditionnels ne semblent plus avoir la faveur
des acheteurs, comme on le voit en visitant, par exemple, le Grand
Bazar d’Istanbul où les marchands de tapis ont presque complètement
disparu, si le mot tapisserie évoque le plus souvent des œuvres
anciennes, en revanche de nombreux artistes se sont intéressés aux
arts textiles dès le XXe siècle. Depuis les années 2000 il y a un
regain d’intérêt pour ces techniques comme on le constate, en particulier,
au Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine d’Angers
(voir notre article sur Artémis dans la Lettre 356)
et dans la présente exposition. Celle-ci regroupe les œuvres de
plus de cent artistes, tant modernes que contemporains.
Le titre de cette exposition est trompeur car decorum renvoie à
décor alors que le tapis et la tapisserie actuels sont des œuvres
artistiques à part entière et non pas de simples objets de décoration.
Ceci est d’autant plus vrai que les artistes contemporains ne se
contentent pas de faire des cartons, comme leurs ainés tels Le Brun
où même Jean Lurçat, dont nous avons vu tout récemment des tapisseries
faites à partir de leurs cartons à la Galerie des Gobelins
(Lettre 359) mais, comme Artémis, déjà citée, tissent eux-mêmes
leurs tapis ou tapisseries.
Parmi les artistes dont on peut voir des œuvres, il y en a de très
connus, mais pas pour ce type de réalisations et d’autres, contemporains,
en grand nombre, que l’on découvre ici pour la plupart d’entre eux.
Dans le premier groupe on trouve Francis Bacon, Louise Bourgeois,
Brassaï, Alexander Calder, Sonia Delaunay, Marcel Gromaire, Le Corbusier,
Fernand Léger, Jean Lurçat, Joan Miró, Pablo Picasso, Victor Vasarely.
Dans le second groupe, on trouve tous les contemporains dont certains
sont bien connus pour leur production dans d’autres domaines que
les arts textiles.
Le parcours de l’exposition, dont la scénographie a été conçue par
l’artiste londonien Marc Camille Chaimowicz, est divisé en cinq
parties, pas toujours bien respectées (!), à savoir : « Le pictural »,
« Le décoratif », « Orientalisme », « Primitivismes » et « Le sculptural ».
Des installations ponctuent ces étapes. Ainsi, au milieu du parcours,
nous avons celle de Michel Aubry (né en 1959), Le Grand Jeu,
réalisée avec des tapis afghans et des tapis et kilims caucasiens
et, en fin de parcours, celle de Franz West (1947-2012), Auditorium
(1992), composé de tapis et de polochons recouvrant des canapés.
Toujours en fin de parcours, nous pouvons voir Weaving Workshop
(2009-2013), un gigantesque métier à tisser de 6 mètres de largeur,
conçu par Michael Beutler (né en 1976). Une exposition multiple
et variée, accueillante et chaleureuse, où il fait bon flâner. Musée
d’Art moderne de la Ville de Paris 16e. Jusqu’au 9 février 2014.
Pour
voir notre sélection de visuels, cliquez ici.
Lien : www.mam.paris.fr.
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