
DE
NITTIS
La modernité élégante
Article
publié dans la Lettre n° 317
DE NITTIS. La modernité élégante.
Comme le Musée d’Orsay, le Petit Palais s’attache à nous faire découvrir
des artistes célèbres de leur vivant et injustement oubliés du grand
public après leur mort. Ce fut le cas en 2007 avec Jean Carriez
(Lettre 276) et l’année dernière avec Fernand Pelez (Lettre
302). C’est au tour cette année d’un artiste italien ayant « épousé »
la France, Giuseppe de Nittis. Il est né en 1846 à Barletta, près
de Bari dans les Pouilles, au sein d’une famille fortunée. Après
des études à l’Académie des Beaux-arts de Naples, interrompues pour
motifs disciplinaires, il fonde en 1863, avec trois autres peintres,
l’Ecole de Résina qui a pour but de promouvoir une peinture de paysage,
débarrassée de toute anecdote littéraire ou historique. Sur les
rives de l’Ofanto (1867), Le Train qui passe (1878) ou
encore la douzaine de vues du Vésuve en éruption, en sont de magnifiques
illustrations mais nous en aurons bien d’autres dans les salles
suivantes.
Après un premier voyage à Paris en 1867, il y revient définitivement
l’année suivante et épouse en 1869 la fille adoptive d’un « grand
costumier de Paris dont il est devenu amoureux en allant louer des
costumes », comme l’écriront les Goncourt, deux de ses principaux
défenseurs. La même année il expose pour la première fois au Salon
et reçoit des commandes de plusieurs tableaux. Il n’a que vingt-trois
ans ! Il deviendra l’ami de Caillebotte, de Manet et de Degas avec
lesquels il expérimenta avec un très grand succès la technique du
pastel dans des grands formats (Madame José-Maria de Heredia,
1881).
Le parcours de l’exposition est à la fois thématique et chronologique.
Il commence par un imposant Autoportrait de l’artiste, qui
le représente dans son magnifique hôtel particulier parisien, au
fait de sa gloire, en 1883, un an avant sa mort. Il se poursuit
avec des paysages italiens et les vues du Vésuve déjà cités, puis
des scènes de « plein air » où il capte des instants de bonheur
en peignant sa femme, son fils, des amis, dans des jardins, au bord
de l’eau, en barque, etc (Heure tranquille, 1874).
Viennent ensuite des représentations de « Paris et les berges de
la Seine » (Les Ruines des Tuileries, 1882) et de « Londres
et la Tamise » où, à la demande d’un banquier, il peint dix tableaux
représentant les lieux emblématiques de la capitale britannique
(La National Gallery à Londres, 1877). Mais il y réalise
aussi des paysages influencés par Turner et Whistler comme Westminster
(1878) où l’on voit le palais noyé dans le fog sous un ciel rougeoyant.
Tant à Paris qu’à Londres il ne peint pas que des monuments mais
aussi des personnages en gros plan (La Patineuse, 1875).
Les salles 7 et 8 sont consacrées à des œuvres plus mondaines avec
l’évocation des « Champs de courses » et du « Salon de la Princesse
Mathilde », où sont reçus des écrivains, des artistes et des musiciens.
La salle 9, « Le mariage avec la muse japonaise » est la plus étonnante.
Comme ses amis Degas et Manet, De Nittis était passionné par le
Japon et possédait quelques œuvres de ce pays. Il s’en inspira pour
faire des portraits devant des paravents ou dans des tenues japonisantes
(Le Kimono couleur orange, 1883), des sujets d’éventails
(Les Chauves-souris, 1880) ou encore des paysages (Peupliers
au bord de l’eau, 1878). Enfin dans la dernière salle, consacrées
aux « Portraits et figures » nous pouvons admirer ces magnifiques
pastels déjà cités et une superbe composition, Déjeuner au jardin
(1883) où l’on voit sa femme et son fils et une place vide,
celle de l’artiste, occupé à les peindre. Une exposition magnifique
et rare, à ne pas manquer. Petit Palais 8e. Jusqu’au 16 janvier
2011. Pour
voir notre sélection de visuels, cliquez ici. Lien:
www.petitpalais.paris.fr.
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