
PIERRE
BONNARD
l'œuvre d'art, un arrêt du temps
Article
publié dans la Lettre n° 253
PIERRE BONNARD, l’œuvre d’art, un arrêt
du temps. Après plus de deux ans de travaux pour mettre le Musée
d’Art moderne de la Ville de Paris aux normes de sécurité actuelles
(16 millions d’euros) et en profiter pour améliorer l’éclairage
des œuvres et le parcours des collections permanentes (8 000 pièces),
celui-ci rouvre enfin ses portes avec cette magnifique exposition.
C’est la première rétrospective depuis 22 ans consacrée, à Paris,
à ce précurseur du modernisme. Quelque 90 peintures, photos et dessins
(agendas) provenant du monde entier et en particulier, en dehors
des collections françaises, des musées russes et américains, ont
été rassemblés pour la circonstance dans des confrontations passionnantes.
En effet le parcours est à la fois chronologique et séquentiel.
Il commence par Le Peignoir (1892) qui évoque la période
nabie et japonisante du peintre et, sur un mode naturaliste, L’Homme
et la Femme (1900), mettant en scène à travers un miroir l’artiste
et son modèle, Marthe, la femme aimée, rencontrée en 1893 et dont
la présence dans l’œuvre de Bonnard sera récurrente. Il continue
par de grandes décorations qui répondaient à l’injonction nabie
d’« occuper les murs », dont les commandes Morozov (1911-1912) qui
sortent pour la première fois du musée Pouchkine depuis leur installation
en 1913.
Viennent alors, en alternance, des nus féminins, des paysages et
des intérieurs et natures mortes. Dans les premiers nous trouvons
des nus aux bas noirs (1893-1900), des nus au tub (1908-1920) et
des nus aux bains (1924-1946). Bonnard joue avec les formes, les
effets de miroirs, les accords audacieux de couleur et de lumière.
C’est éblouissant ! Dans les deuxièmes, le thème des paysages /
terrasses est le plus intéressant. Une terrasse, au premier plan,
ouvre sur un vaste panorama en plans étagés, avec de petits personnages,
le tout dans un flamboiement de couleurs, La Terrasse de Vernon
(1928). Enfin, dans les troisièmes, les scènes familières telles
que La Nappe à carreaux rouges (1910) ou Jaune et rouge
(1915), où l’on voit Marthe prenant son petit déjeuner avec son
chien, sont pleines de charme. Plus tard, à partir de 1920, Bonnard
peint des salles à manger, alliant l’intérieur et l’extérieur, ce
dernier vu à travers la fenêtre, et alternant les couleurs froides
et chaudes, Grande salle à manger sur le jardin (1934-1935).
Dans une galerie sont rassemblés des autoportraits d’où émane une
tension toujours plus intérieure, Le Boxeur (1931), Portrait
de l’artiste par lui-même (1945), tandis que dans une autre
nous voyons les agendas sur lesquels il dessinait tout en notant
la météo et diverses choses, des dessins et des photographies.
L’exposition se termine par les derniers
paysages du Midi tel que L’Atelier au mimosa (1939-1946)
où l’on a « une suite de tâches qui se lient entre elles et finissent
par former l’objet ». Une exposition aux couleurs éclatantes qui
permet, en outre, de revoir les œuvres maîtresses de ce très beau
musée. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 16e (01.53.67.40.00)
jusqu'au 7 mai 2006. Pour
voir notre sélection de diapositives, cliquez ici.
Lien : www.mam.paris.fr
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