
L'ANTIQUITE REVEE.
Innovations et résistances au XVIIIe siècle
Article
publié dans la Lettre n° 321
du
17 janvier 2011
L'ANTIQUITE REVEE. Innovations et résistances
au XVIIIe siècle. C'est la troisième et la plus grande des quatre
expositions que le Louvre consacre cette saison au XVIIIe siècle
(voir Lettres 319 et 320). Avec quelque 150 œuvres parmi les plus
importantes de cette période, nous avons un panorama quasi exhaustif
de ce renouveau dans l'art, inspiré par la redécouverte de l'Antiquité
(bustes drapés à la romaine, motifs décoratifs tirés des vases grecs)
et les avancées de l'archéologie. Néanmoins les artistes ne copient
pas servilement, comme cela avait été fait à d'autres époques, mais
s'inspirent des thèmes, de l'histoire et de la mythologie grecs
et romains pour traiter aussi les sujets contemporains. Ce renouveau
artistique s'empara aussi bien des arts plastiques que de l'architecture
(demeures en forme de temple) et des arts décoratifs (Console
d'Ignazio Marchetti). L'exposition s'articule autour de trois thèmes
qui s'enchaînent chronologiquement.
Nous commençons par « Le renouveau du goût pour l'antique,
1730-1770 ». La première figure majeure de cette époque est
Edme Bouchardon dont on voit cinq œuvres dont L'Amour taillant
son arc dans la massue d'Hercule, une sculpture inspirée de
l'Amour bandant son arc, un marbre antique exposé à côté. Cette
première partie présente d'autres thèmes tels que «L'Antique
mis à l'épreuve : les académies et les cercles intellectuels »,
« Retrouver le décor antique : l'architecture » ou encore
« Représenter l'Antique ». Pour illustrer le premier
thème nous avons, entre autres, des sculptures de Pigalle (Mercure
attachant ses talonnières, 1744) et de Falconet (la gracieuse
Pygmalion et Galatée, 1761), des dessins et peintures d'Hubert
Robert (La découverte du Laocoon, 1773) et de Pajou (Diomède
assailli par les Troyens). Pour le deuxième, nous mentionnerons
la curieuse peinture de Joseph-Marie Vien, La Marchande d'amours,
1763 et la Console de Marchetti, déjà citée. Pour le dernier
thème, c'est l'imposant tableau de Greuze, Septime Sévère et
Caracalla, 1769, qui présente l'empereur Sévère reprochant à
son fils Caracalla d'avoir voulu l'assassiner, que nous avons retenu.
La deuxième partie, « Résistances (1750-1790) : les trois
principaux contre-courants » est elle-même divisée en trois
thèmes intitulés par les commissaires « Le néo-Baroque »,
« le néo-Maniérisme » et « Le Sublime ».
Pour illustrer le premier thème nous mentionnerons une peinture
de Tiepolo, Le Banquet de Cléopâtre, vers 1740, et une sculpture
impressionnante d'Augustin Pajou, Neptune irrité, 1767. Pour
le deuxième thème, nous avons particulièrement apprécié les gracieuses
peintures de Pompeo Batoni, Achille confié au centaure Chiron,
1760 et de Giuseppe Cades, Achille et Briséis, 1776, et les
non moins gracieuses sculptures de John Deare, Vénus marine,
et Christophe Gabriel Allegrain, Vénus sortant du bain. Quant
au Sublime, il exalte des figures dramatiques telles Titan foudroyé,
1786, de Thomas Banks ou Mars et Vénus de Johan Tobias Sergel.
La dernière partie, « Néo-Classicismes, 1770-1790 »
est divisée en quatre thèmes : « Le triomphe de Mars »,
« Le grand homme », « L'apologie de la vertu »,
« Le corps magnifié ». Parmi les œuvres illustrant le
premier thème, citons le Projet d'un arc triomphal, 1784,
de Charles Joachim Bénard et le buste d'Alexandre, 1784,
de Houdon. Pour le second, le remarquable buste de Denis Diderot,
1771, encore de Houdon, et l'étonnant Cénotaphe à Newton,
un dessin d'Etienne-Louis Boullée. Pour le troisième thème, c'est
évidemment la formidable peinture de David, Le Serment des Horaces,
1784, qui retient l'attention, même si les autres œuvres, moins
connues, comme La Découverte de l'art du dessin de Joseph-Benoît
Suvée, sont très intéressantes elles-aussi. Enfin, pour le dernier
thème, c'est bien sûr la Psyché abandonnée de David, qui illustre
l'affiche de l'exposition, et la Psyché debout, 1789-1792, d'Antonio
Canova, qui sont les plus notables. On le voit, il s'agit d'une
présentation originale et remarquable d'œuvres exceptionnelles,
à ne pas manquer. Louvre 1er. Jusqu'au 14 février 2011. Pour
voir notre sélection de visuels, cliquez ici. Lien
: www.louvre.fr.
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