IMPAIR ET PERE

Article publié dans la Lettre n° 194


IMPAIR ET PERE de Ray Cooney. Adaptation Stewart Vaughan et Jean-Christophe Barc. Mise en scène Jean-Luc Moreau avec Roland Giraud, Stéphane Hillel, Marie-Christine Adam, Jean-Baptiste Marcenac, Elisa Servier, Clair, Jacques Pater, Manaut Deva, Nicole Gueden, Baptiste Roussillon, Guillaume Romain, Jean-Claude Arnaud.
Que peut faire Pierre Jouffroy, chef de service dans un hôpital de pointe, en passe de décrocher la légion d’honneur, lorsqu’il doit prononcer un discours magistral devant trois cents chirurgiens venus des quatre coins de la planète? Que peut-il faire lorsque le ministre de la santé est également présent et qu’il doit lui demander des sous sans l’indisposer? Que peut-il faire enfin, pressé par sa femme et par le directeur de l’hôpital d’en finir au plus vite avec l’élaboration du fameux discours, lorsqu’il voit débarquer, dix minutes avant l’heure, une ancienne infirmière de son service, qu’il a bien connue il y a vingt ans, qui met sa disparition soudaine durant ce laps de temps sur le compte d’une grossesse et qui lui annonce, sur sa lancée, qu’il est le père du rejeton en question, que celui-ci vient d’avoir 18 ans et que, récemment avisé de l’existence de son géniteur, il le cherche pour lui casser la figure? Que peut il faire? Rien!... Sinon proférer un premier et gros mensonge dont notre pauvre diable ne saura se dépêtrer qu’en en inventant un autre, puis un autre plus énorme encore, qui vont le conduire dans une suite de situations inextricables et délirantes.
Ray Cooney reste le maître incontesté de ce genre de vaudeville basé sur le mensonge. On se souvient, entre autres, de Double mixte, Le vison voyageur et surtout de Espèces menacées qui a tenu l’affiche durant des années. Le mécanisme du mensonge est l’affaire de Jean-Luc Moreau, orfèvre en la matière pour créer situations et jeux de scène ahurissants, à l’instar des inventions du héros. Quant aux comédiens, ils font bloc, tous remarquables, autour du personnage principal et de son copain médecin. Si Roland Giraud est excellent en chef de service complètement débordé par son machiavélisme, Stéphane Hillel, que l'on a admiré l’an passé, dans un rôle aux antipodes de celui-ci dans Les Dernières Lunes, est époustouflant. Dans celui du médecin-copain et souffre douleur, il montre un formidable talent de comédien. Signalons également Clair, infirmière en chef, désopilante.Un excellent spectacle, cousu main et incontournable. Michodière 2e (01.47.42.95.22).


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