EDITH, LA FILLE DU PERE GASSION

Article publié dans la Lettre n° 217


EDITH, LA FILLE DU PERE GASSION. Texte d’Hélène Darche et Linda Chaïb. Mise en scène Hélène Darche avec Linda Chaïb, Perrine Sonnet.
Une petite dame brune un peu biscornue, vêtue d’une robe noire toute simple. Elle chante comme personne, sa voix est à nulle autre pareille. Ce soir, Edith Piaf est brisée, laminée. Sa voix est prise dans l’étau des sanglots. L’avion qui emportait Marcel Cerdan s’est abîmé. Son Marcel est mort. Elle est derrière le rideau noir du Versailles, le cabaret new-yorkais où elle se produit ce 23 octobre 1949. Elle tourne en rond sur la scène. Pourra-t-elle chanter? Elle le doit. Sa vie de combat défile, douloureuse, devant elle. Du caniveau au firmament, elle croyait avoir tout connu. Elle a vu le jour dans le ruisseau, personne n’aurait misé un sou sur la mouflette maigrichonne de Belleville. La môme a tout appris dans la rue: la faim, la misère, la bagarre. Un passant, un peu filou, un peu mécène, trouve sa voix extraordinaire et la propulse sur scène. Edith est à la dure école du Music-hall, des huées aux applaudissements. Le moineau des faubourgs sait que le public est volage, ce soir elle doit chanter. Lorsque le rideau se lèvera, que les projecteurs seront sur elle, elle sera cette petite silhouette noire avec cette voix qui vrille au coeur et aux tripes jusqu’après sa mort.
Linda Chaïb réalise la performance d’être Edith Piaf sans faire d’imitation caricaturale. Son Edith vient profondément d’une interprétation toute en intériorité. Elle est habitée par son personnage, jusqu’à sa démarche qui émeut ceux qui ont vu la Piaf. Il ne s’agit pas d’une pseudo-reconstitution musicale en play-back. Hélène Darche a écrit un texte sensible qui trouve en Linda Chaïb une interprète poignante. Théâtre du Renard 4e (01.42.71.46.50).


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