Parcours en images de l'exposition

GÉOMÉTRIES SUD
Du Mexique à la Terre de Feu

avec des visuels mis à la disposition de la presse,
et nos propres prises de vue


Parcours accompagnant l'article publié dans la Lettre n°472 du 6 février 2019

Rez-de-chaussée - Petite salle
Freddy Mamani (né en 1971 en Bolivie, vit à El Alto, Bolivie). « Salle de bal », 2018. Photo Luc Boegly.
FREDDY MAMANI
Né en 1971. Vit à El Alto, Bolivie.

Freddy Mamani prend goût à l’architecture et à la construction pendant son enfance en accompagnant son père, maître-maçon, sur les chantiers. Au début des années 1990, il s’installe à El Alto, sur les hauteurs de La Paz, et devient entrepreneur indépendant tout en suivant des études d’ingénieur et d’architecture.
Alors qu’émerge une bourgeoisie Aymara soucieuse d’affirmer son identité, Freddy Mamani, lui-même issu de cette communauté indigène, développe un style architectural dit « néo-andin », propre à sa culture. Originaires de la région du lac Titicaca, les Aymara sont aujourd’hui installés dans toutes les Andes et constituent la minorité amérindienne la plus importante de Bolivie.
Hauts en couleur, les bâtiments de Freddy Mamani se distinguent des ordinaires constructions de brique aux tons monotones des paysages de l’Altiplano. Leurs façades et les décors intérieurs reprennent le vocabulaire géométrique des cultures précolombiennes et amérindiennes, tandis que leurs couleurs s’inspirent des textiles andins et des costumes cérémoniaux Aymara. Ils obéissent à une organisation précise : le rez-de-chaussée comprend des boutiques et des appartements destinés à la location, le premier étage offre un impressionnant salón de eventos où se tiennent les mariages et les fêtes communautaires Aymara, et le dernier étage abrite la résidence privée et luxueuse du propriétaire,
appelée chalet.
Depuis la première création de Freddy Mamani au début des années 2000, ces bâtiments se sont multipliés et on en compte aujourd’hui près d’une centaine dans toute la Bolivie. Pour la Fondation Cartier, à l’occasion de l’exposition Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu, Freddy Mamani crée sa première « salle de bal » hors de la Bolivie.



 
Texte du panneau didactique.
 
Freddy Mamani (né en 1971 en Bolivie, vit à El Alto, Bolivie). « Salle de bal ».
 
Freddy Mamani (né en 1971 en Bolivie, vit à El Alto, Bolivie). Cholet dans un quartier résidentiel en brique rouge, El Alto. Photo © Tatewaki Nio, série Néo-andina, 2016. Cette œuvre a été réalisée grâce au soutien du musée du quai Branly – Jacques Chirac.
 
Freddy Mamani (né en 1971 en Bolivie, vit à El Alto, Bolivie). Cholet.
 
Freddy Mamani (né en 1971 en Bolivie, vit à El Alto, Bolivie). Cholet.
 
Freddy Mamani (né en 1971 en Bolivie, vit à El Alto, Bolivie). Cholet.
Rez-de-chaussée - Grande salle
Scénographie

Solano Benítez et Gloria Cabral (nés en 1963 et 1982 au Paraguay, vivent à Asuncion, Paraguay).
6×8, 2018. Photo © Thibaut Voisin. © Solano Benítez et Gloria Cabral.

SOLANO BENÍTEZ & GLORIA CABRAL
Nés en 1963 et 1982. Vivent à Asunción, Paraguay.

Diplômé de l’École nationale d’architecture d’Asunción en 1986, Solano Benítez est l’une des figures majeures de l’architecture contemporaine latino-américaine. En 1987, il fonde le cabinet Gabinete de Arquitectura, rejoint en 2004 par Gloria Cabral, diplômée en 2003 de la même université. Tous deux ont une approche multidisciplinaire de l’architecture et collaborent régulièrement avec différents acteurs sociaux tels que des anthropologues, des philosophes, des économistes ou des historiens. Tirant profit du savoir-faire des artisans paraguayens, Solano Benítez et Gloria Cabral imaginent des structures qui, par leurs formes et leurs matériaux, privilégient l’économie, la durabilité et le respect de l’environnement. Leur méthode architecturale est fondée sur l’agencement de modules aux formes géométriques simples et l’utilisation de matériaux vernaculaires tels que la brique ou le mortier, qui permettent aux habitants de construire leurs bâtiments eux-mêmes. Leur cabinet remporte le Lion d’or de la Biennale d’architecture de Venise en 2016 avec l’oeuvre Breaking the Siege, consacrant sa démarche sur la scène internationale.
En 2018, Solano Benítez et Gloria Cabral conçoivent spécialement pour la Fondation Cartier, et pour la première fois en Europe depuis la Biennale d’architecture de Venise, une oeuvre monumentale composée de 144 panneaux de briques brisées et de béton – leurs matériaux de prédilection –, savant jeu d’équilibre, d’ombres et de lumières. Pensant la géométrie comme un rythme, une cadence avec ses légères nuances, ils fondent leur oeuvre sur le principe de répétition ; répétition qui, selon eux, «apporte une continuité géométrique et offre la possibilité de créer des contrastes et des oppositions à partir de la succession d’un élément ».
Avec le soutien d’EPC Groupe – ATD Démolition pour l’oeuvre 6×8 de Solano Benítez et Gloria Cabral.


 
Texte du panneau didactique.
 
Solano Benítez et Gloria Cabral (nés en 1963 et 1982 au Paraguay, vivent à Asuncion, Paraguay). 6×8, 2018 (détail).
Scénographie avec diverses œuvres de Gego (1912, Allemagne - 1994, Venezuela).
GEGO
1912 (Hambourg, Allemagne) – 1994 (Caracas, Venezuela)

Gertrud Louise Goldschmidt, dite Gego, est née à Hambourg,
en Allemagne, dans une famille juive issue de la haute bourgeoisie. Après des études d’architecture et d’ingénierie, elle fuit l’Allemagne nazie et s’installe au Venezuela.
Au début des années 1950, Gego décide de se consacrer à l’aquarelle, au dessin et à la gravure. En 1957, encouragée par Alejandro Otero et Jesús-Rafael Soto, elle réalise ses premières sculptures dans lesquelles elle explore les possibilités offertes par la ligne pour modeler l’espace. En 1969, Gego crée la première Reticulárea, une installation occupant tout l’espace d’exposition et composée d’une grille métallique faite de triangles irréguliers interconnectés. Cette oeuvre est annonciatrice d’un tournant majeur dans sa carrière. Au cours des décennies suivantes, Gego développe des variations de ce système en ajoutant à son répertoire des formes carrées, rectangulaires et polygonales. Gego crée également des cascades de tiges métalliques (Chorros) et des dessins se déployant dans l’espace (Dibujos sin papel), y incluant souvent des matériaux tels que des ressorts ou des treillis.
Gego tisse, plie et tord à la main les fils d’acier et d’aluminium, tirant parti de leur flexibilité pour donner une impression d’irrégularité à ses sculptures. Ces dernières revêtent un caractère organique qui échappe à la rigueur formelle de l’abstraction géométrique et fait de la transparence un élément sculptural à part entière. Ainsi, bien que son oeuvre soit profondément ancrée dans le modernisme, Gego est une figure singulière dans l’histoire de l’art du xxe siècle.
Les 22 pièces rassemblées dans l’exposition, dont la plupart sont présentées pour la première fois à Paris et dont 9 sont en prêt exceptionnel de la Fundación Museos Nacionales au Venezuela, proviennent des nombreuses séries que l’artiste a développées tout au long de sa carrière : Reticuláreas cuadradas (Filets carrés), Chorros (Ruisseaux), Troncos (Troncs), Esferas (Sphères) et Dibujos sin papel (Dessins sans papier). À travers cette présentation, la Fondation Cartier souhaite célébrer et porter à l’attention du grand public l’oeuvre de Gego.



 
Texte du panneau didactique.
 
Gego (1912, Allemagne - 1994, Venezuela). Chorro Reticulárea (?), 1988.
 
Gego (1912, Allemagne - 1994, Venezuela). Reticulárea cuadrada
N°9
, 1973.
 
Gego (1912, Allemagne - 1994, Venezuela). Esfera N°2, 1976. Acier, 103 × 103 cm. Collection Mercantil, Caracas. © Fundación Gego / Adagp, Paris, 2018. Photo © Walter Otto.
Étage inférieur - Grande salle
Scénographie avec, au centre, de Carmen Herrera (née en 1915 à Cuba. Vit à New York) :
Green and White, 1956. Huile sur toile, 124,5 x 124,5 cm.
L’ensemble de près de 220 oeuvres de plus de 70 artistes présenté ici explore la richesse et la diversité de la géométrie dans l’art latinoaméricain. Ces peintures, textiles, sculptures, céramiques, dessins ou photographies invitent à une découverte de sa présence dans l’art précolombien, les cultures amérindiennes, les avant-gardes modernes et l’art contemporain.
Ce voyage parmi les oeuvres, les cultures, les territoires et lesépoques commence il y a près de six mille ans le long des côtes de l’Équateur, lorsque les peuples Valdivia inventent une statuaire aux formes épurées déjà quasi-abstraites, et se poursuit jusqu’à la période
la plus contemporaine. L’exposition explore les motifs géométriques et les représentations stylisées prépondérants dans les productions de ces cultures anciennes. Ces dernières ont considérablement influencé la création du continent au xxe siècle, comme l’a montré César Paternosto, artiste et théoricien qui en fait l’un des points de départ de l’art abstrait en Amérique latine. Ainsi, Joaquín Torres García et à sa suite Carmelo Arden Quin ou Gonzalo Fonseca reprennent à leur compte à la fois l’héritage précolombien et les théories modernistes européennes.
Les oeuvres des grands artistes latino-américains des années 1950, comme Lygia Clark, Alejandro Otero ou Carmen Herrera, s’inscrivent quant à elles dans la continuité du suprématisme, de l’art concret ou encore de l’art cinétique. Aujourd’hui, une jeune génération se réapproprie ces multiples influences et revendique son appartenance à une histoire de l’art proprement latino-américaine. Dans la toile Cárcel amarilla, Guillermo Kuitca reprend ainsi le plan d’une maison d’arrêt qu’il mêle aux formes architecturales précolombiennes tandis que Juan Araujo s’approprie dans ses peintures des oeuvres d’art iconiques du mouvement moderne telles que celles de Josef Albers ou Luis Barragán.
Les formes nées de la richesse des cultures populaires sont également une source d’inspiration constante pour nombre d’artistes au premier rang desquels Alfredo Volpi, qui transforme dans ses peintures les rues de São Paulo en paysages géométriques quasi abstraits ou plus récemment le photographe Pablo López Luz qui cherche les réminiscences de la culture Inca dans les constructions vernaculaires contemporaines.
Les cultures amérindiennes contemporaines sont mises à l’honneur dans l’exposition Géométries Sud : de la céramique à la vannerie et du textile à la peinture corporelle, les motifs et couleurs se déclinent dans de multiples compositions et dans des styles propres à chaque culture. Présentées pour la première fois en Europe, de nombreuses oeuvres des Indiens Ishir évoquent leurs rituels et leur mythologie complexes. Les peintures corporelles et dessins aux arabesques ondulantes réalisés jusqu’aujourd’hui par les Kadiwéu ont fasciné les premiers explorateurs européens puis les anthropologues au xxe siècle et continuent d’inspirer les artistes à l’image de Beatriz Milhazes et Luiz Zerbini.



 
Texte du panneau didactique.
 
Armando Salas Portugal, Torres de Satélite, México DF, 1968. Tirage chromogène d’époque, 25,2 × 20,2 cm. Collection J.L. Larivière, Buenos Aires. © Barragan Foundation, Switzerland / Adagp, Paris, 2018.
Scénographie avec, au centre, 4 toiles de Carmen Herrera (née en 1915 à Cuba. Vit à New York). Photo Thibaut Voisin.
 
Carmen Herrera (née en 1915 à Cuba. Vit à New York). Camino Rojo, 2017. Acrylique sur toile, 152,4 cm x 152,4 cm. Collection de l'artiste.
 
Carmen Herrera (née en 1915 à Cuba. Vit à New York). 3 Red Triangles, 2016. Acrylique sur toile, 182,9 × 121,9 cm. Collection privée, Texas. © Carmen Herrera. Courtesy Lisson Gallery. Photo © Adam Reich.
 
Gonzalo Fonseca (1922, Uruguay - 1997, Italie). Libro, 1975. Marbre rose, 34 x 27 x 9 cm. The Estate of Gonzalo Fonseca, New York.
 
Mathias Goeritz (1915, Pologne - 1990, Mexique). Piramide de doce cajas apiladas, 1961. Bois et feuille d’or, 5 x 20 x 20 cm. Collection Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid.
Scénographie avec, au premier plan, de Gustavo Pérez (né en 1950 au Mexique, vit à La Pitaya, Mexique) :
Sans titre, 2010 ; Sans titre, 2011. Céramique (grès).
Courtesy de l'artiste. Photo Thibaut Voisin.
 
Sculpture Valdivia. Stèle à figure de hibou, 3500 - 1500 av. J.-C. Tuf volcanique, 29,8 × 18,5 cm. Collection P. Janssen-Arts, Anvers, inventory number: MAS. IB.2010.017.251. Photo © Hugo Maertens, Bruges.
 
Gustavo Pérez (né en 1950 au Mexique, vit à La Pitaya, Mexique). Sans titre, 2010. Sans titre, 2000-2002. Céramique (grès). Courtesy de l’artiste. Collection privée.
Alfredo Volpi (1896, Italie - 1988, Brésil).
Composição geometrica
, C. 1955 (tempera sur carton) ; Composição com bandeiras, c.1955 (tempera sur carton) ;
Sans titre, c.1950 (tempera sur toile) ; Fachada, C. 1960 (tempera sur toile) ; Fachada com bandeira e arcos, c. 1950 (tempera sur toile).
 
Alfredo Volpi, Composição com bandeiras, c. 1955. Tempera sur carton, 34 × 27 cm. Collection Fernanda Feitosa et Heitor Martins. © Instituto Volpi. Photo © Vinicius Assencio and Malu Teodoro.
 
Anna Mariani (née en 1935 au Brésil, vit à Sao Paulo). Xique-Xique, Bahia, Brésil, 1979. Série Façades, 1973-1986. Tirage jet d’encre, 20,6 × 30,6 cm. Collection de l’artiste. © Anna Mariani.

Anna Mariani (née en 1935 au Brésil, vit à Sao Paulo). Série Façades, 1973-1986.
- Irara, Bahia, Brésil
, 1983 ; Xique-Xique, Bahia, Brésil, 1979
Carataca, Bahia, Brésil, 1986 ; Xique-Xique, Bahia, Brésil, 1979
Neopolis, Sergipe, Brésil, 1983 ; Serra Talhada, Pernambuco, Brésil, 1982
Delmiro Gouveia, Alagoas, Brésil, 1985 ; Japoata, Sergipe, Brésil, 1982.
Tirages jet d’encre. Collection de l’artiste.

KADIWÉU
Brésil, Mato Grosso du Sud

L’exceptionnelle richesse des peintures faciales des Kadiwéu, communauté indigène vivant dans l’État brésilien du Mato Grosso du Sud, a fasciné les premiers explorateurs européens au xixe siècle, puis les anthropologues et les artistes tout au long du xxe siècle. Les motifs géométriques à la fois angulaires et curvilignes qui composent leurs dessins, leurs céramiques et leurs peintures corporelles expriment leur conception de la vie sociale et des rapports entre la société, la nature et le cosmos. À la fin du xxe siècle, le peintre et ethnologue italien Guido Boggiani rapporte de ses voyages au Brésil et au Paraguay une collection d’artefacts et de portraits photographiques de femmes au cadrage serré ou en pied. Consciente de l’intérêt scientifique et anthropologique que présentent ces photographies, la Société des photographes amateurs de Buenos Aires en éditera plusieurs cartes postales après sa mort. En 1935-1936, Claude Lévi-Strauss, figure majeure des sciences humaines et sociales du xxe siècle et fondateur de l’anthropologie structurale, entreprend plusieurs expéditions à la rencontre des Kadiwéu. Dans ses recherches pionnières, il met en relation leurs ornementations corporelles et leur organisation sociale. Il leur consacrera par la suite un chapitre entier dans son ouvrage Tristes Tropiques (1955) : « les visages [des Kadiwéu], parfois aussi leur corps entier, sont couverts d’un lacis d’arabesques asymétriques alternant avec des motifs d’une géométrie subtile ». Ethnologue et homme politique brésilien à l’origine de la création du Museu do Índio de Rio de Janeiro, Darcy Ribeiro (1922-1977) incite, dans les années 1950, les Kadiwéu à réaliser un grand nombre de dessins à l’encre, qu’il collecte ensuite précieusement. En 1998, l’Associação das Comunidades Indígenas da Reserva Kadiwéu (ACIRK), qui lutte contre l’invasion de leurs terres et la destruction croissante de leurs forêts par les grands éleveurs (fazendeiros), participe à un projet d’urbanisme du Musée ethnologique de Berlin pour lequel les femmes-artistes réalisent des dessins colorés au feutre. En 2018, la Fondation Cartier pour l’art contemporain acquiert pour sa collection, auprès de l’association, plusieurs de ces dessins. La subtilité et l’incroyable variété du répertoire graphique des Kadiwéu ont également inspiré de nombreux artistes, à l’image des Brésiliens Beatriz Milhazes et Luiz Zerbini dont les toiles aux arabesques et détails géométriques font écho aux peintures corporelles Kadiwéu.

 
Kadiwéu. Anonyme. Sans titre, 1947. Encre sur papier. Museu do India / FUNAI, Rio de Janeiro. Collection Darcy Ribero.

Texte du panneau didactique.
 
Maria de Fátima Matchua (née en 1965 au Brésil, vit au Brésil). Sans titre, 1998. Feutre sur papier, 22,5 × 39 cm. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. © Maria de Fátima Matchua, Associação das Comunidades Indígenas da Reserva Kadiwéu – ACIRK, Mato Grosso do Sul.
 
Beatriz Milhazes (née en 1960 au Brésil, vit à Rio de Janeiro). São Cosme e Damião, 2014. Acrylique sur toile, 250 × 220 cm. Collection privée, Rio de Janeiro. © Beatriz Milhazes. Photo © Pepe Schettino.
 
Kadiwéu (colonne de gauche, pouis de droite).
Maria de Fatima Matchua. Sans titre, 1998 - Ana Lucia Soares. Sans titre, 1998 – Teodocia Rocha. Sans titre, 1998.
Regina da Silva. Sans titre, 1998 – Inacia Bernardino. Sans titre, 1998 – Timotéia Moraes. Sans titre, 1998.
Feutre sur papier. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris.
 
Kadiwéu. Anonymes. Bol (Mato Grosso du Sud, Brésil), c. 1885. Cruche (rio Nabileque, Mato Grosso du Sud, Brésil), 1885. Argile peinte. Collection Emil Hassler, Museum der Kulturer.
 
Luiz Zerbini (né en 1959 au Brésil, vit à Rio de Janeiro). Bambu amarelo, 2016. Acrylique sur toile. Collection privée, Madrid.
Scénographie avec, dans la vitrine, de Lygia Clark (1920-1988, Brésil) : Bicho, 1960. Acier inoxydable, 50 x 45 x 35 cm.
Courtesy Alison Jacques Gallery, Londres.
 
Aurelino dos Santos (né en 1942 au Brésil, vit à Salvado de Bahia, Brésil). Sans titre, 1989. Huile sur toile. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris.
 
Alejandro Otero (1921-1990, Venezuela). Coloritmo A2, 1956. Coloritmo 63, 1960. Laque sur bois. Collection Fundacion Privada Allegro, Madrid.
Pablo Lopez Luz (né en 1979 au Mexique, vit au Mexique). Série Neo Inca, 2015-2016. Neo Inca XXXVII, La Paz II, Bolivia, 2015.
Neo Inca LVIII
, Pisac, Peru, 2016. Neo Inca LXIII, Oropesa, Peru, 2016. Tirage jet d’encre.
Collection Leticia et Stanislas Poniatowski.
 
Pablo López Luz (né en 1979 au Mexique, vit au Mexique). Neo Inca XXXVII, La Paz II, Bolivia, 2015. Série Neo Inca, 2015-2016. Tirage jet d’encre, 37,9 × 48,3 cm. Collection Leticia et Stanislas Poniatowski. © Pablo López Luz.
 
Loló Soldevilla (1901-1971, Cuba). Sans titre, 1956. Huile sur panneaux, 28 × 35,6 cm. Collection Ella Fontanals-Cisneros, Miami. © Loló Soldevilla. Photo © Oriol Tarridas Photograph.
 
Facundo de Zuviría (né en 1954 en Argentine, vit à Buenos Aires). Fray Bentos, Uruguay, 1993. Tirage cibachrome (2014), 26,4 × 39 cm. Collection privée. © Facundo de Zuviría.
 
Paolo Gasparini (né en 1934 en Italie, vit à Caracas). Caracas y su arquitectura, Venezuela, 1967-1968. Tirage gélatino-argentique, 16,6 × 24,4 cm. Collection Leticia et Stanislas Poniatowski. © Paolo Gasparini.
Beatriz Jaramillo (né en 1955 en Colombie, vit à Vancouver, Canada). Série Zocalo, 1980. Tirage chromogène d’époque.
Collection Leticia et Stanislas Poniatowski.
Scénographie. Photo Luc Boegly.
Guillermo Kuitca (né en 1961 en Argentine, vit à Buenos Aires). Cárcel amarilla, 1994. Graphite, crayons de couleur et acrylique sur toile,
175 × 236 cm.
Collection de l’artiste. © Guillermo Kuitca. Photo © Martín Touzón.
 
Joaquin Torres Garcia (1874-1949, Uruguay). Madera planos de color, 1929. Huile sur bois, 43,2 x 20,3 cm. Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid.
 
Guillermo Kuitca (né en 1961 en Argentine, vit à Buenos Aires). Cárcel amarilla, 1994 (détail). Graphite, crayons de couleur et acrylique sur toile.
José Patricio (né en 1960 au Brésil, vit au Brésil). Ruptura, 2002. Dominos contrecollés sur bois.
Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris.
Étage inférieur - Petite salle
Scénographie avec, au centre, l'œuvre de Olga de Amaral (née en 1932 en Colombie, vit à Bogota, Colombie). Brumas E, B, C, A, G, D, 2013. Coton, gesso et acrylique, 190 × 90 cm (chaque). La Patinoire Royale — Galerie Valérie Bach, Bruxelles, Belgique. Photo © Luc Boegly.
Luiz Zerbini (né en 1959 au Brésil, vit à Rio de Janeiro). Coisas do Mundo, 2018. Acrylique sur toile. Collection de l’artiste.
Luiz Zerbini (né en 1959 au Brésil, vit à Rio de Janeiro). A Primeira Missa, 2014. Acrylique sur toile, 200 × 300 cm.
Collection de l’artiste. © Luiz Zerbini. Photo © Jaime Acioli.
Scénographie
 
Marcos Ortiz (né en 1962 au Paraguay, vit dans la région du Chaco, Paraguay). Sans titres, 2018. Encre sur papier. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris.
 
Miguel Rio Branco (né en 1946 en Espagne, vit à Araras, Brésil). Les Yeux de l’oiseau, village Kayapó de Gorotire, Pará, Brésil, 1983. Tirage chromogène, 60 × 80 cm. Collection de l’artiste. © Miguel Rio Branco.
Scénographie avec, au centre, l'œuvre de Olga de Amaral (née en 1932 en Colombie, vit à Bogota, Colombie). Brumas E, B, C, A, G, D, 2013. Coton, gesso et acrylique, 190 × 90 cm (chaque). La Patinoire Royale — Galerie Valérie Bach, Bruxelles, Belgique. Photo © Diego Amaral.
Scénographie

LES ARTISTES DU PARAGUAY

La Fondation Cartier présente de nombreuses créations de différentes communautés indigènes du Paraguay. Aujourd’hui, l’accélération à grande échelle de la déforestation dans ce pays, notamment dans la région du Chaco, fait peser une menace grandissante sur ces peuples et leurs cultures qui vivent en osmose avec la forêt. L’artiste Nivaklé Marcos Ortiz témoigne dans ses dessins de cet attachement vital à la forêt. Dans ses oeuvres empreintes d’une grande mélancolie, il se souvient d’un monde disparu, s’inspirant des arbres, collines et forêts qui avoisinaient autrefois sa maison et appartenant désormais au passé. Les Ayoreo et les Nivaklé se distinguent par leur extraordinaire savoir-faire textile. Tissées exclusivement par les femmes à partir de fibres végétales de caraguatá, leurs créations sophistiquées se caractérisent par de riches ornementations géométriques et associations chromatiques. Chaque année au début du printemps, a lieu le debylyby, une cérémonie complexe et fondatrice du peuple Ishir au cours de laquelle les jeunes hommes se voient transmettre le savoir ancestral de leur culture. Précieuses chroniques de leur mythologie et de leurs rituels, les dessins des artistes Ishir Flores Balbuena (alias Ógwa), Bruno Barrás et Bruno Sánchez (alias Tamusía) avaient pour vocation d’illustrer les récits qu’ils livraient aux anthropologues. Nombre de ces oeuvres sont aujourd’hui conservées au Museo del Barro d’Asunción qui oeuvre pour la préservation du patrimoine culturel des communautés indigènes paraguayennes. Tous les ans, les Chiriguano-Guaraní célèbrent l’Arete Guasu [le grand et véritable moment], une cérémonie commémorant le retour symbolique de leurs ancêtres pour assurer le bien-être de la communauté. Au cours des rituels, ils utilisent des masques en bois portant le nom d’Aguero-guero pour représenter les esprits des chamanes, chefs, chasseurs et guerriers ancestraux. Les Mbyá-Guaraní possèdent un grand savoir-faire pour la fabrication d’objets tressés à partir de fibres végétales, comme en attestent les six bâtons de commandement paraguayens et la sculpture en forme de serpent. Des formes élémentaires telles que le triangle et le losange s’y répètent et s’inversent, s’opposent et se superposent en des combinaisons infinies venant briser les règles du jeu géométrique.


 
Texte du panneau didactique
 
Mbya-Guarani. Anonymes. Village de José Domingo Ocampos, Caaguazù. Six bâtons de commandement et une sculpture en forme de serpent, c. 1995. Fibres végétales tressées sur bois. Collection Museo del Barro, Asuncion.
Theodor Koch-Gründberg (1872, Allemagne - 1924, Brésil).
1, 2, 3 : Nouvelle construction Yekuana-Ihuruhana dans le village de Manakunya, rio Ventuari, Venezuela, 1911-1913.
4 : Fabrication des ceintures en feuilles de palmier, rio Macaya, 1903-1905.
5 : Indien Hianakoto portant une ceinture en feuilles de palmier, rio Macaya, 1903-1905.
6, 7 : Danseurs Kubeo masqués, rio Vaupès, Colombie, 1903-1905.
Tirages jet d’encre d’après négatif sur plaque de verre.
Collection Museum Fünf Kontinente, Munich.
 
Theodor Koch-Gründberg (1872, Allemagne - 1924, Brésil). Nouvelle construction Yekuana-Ihuruhana dans le village de Manakunya, rio Ventuari, Venezuela, 1911-1913. Tirage jet d’encre d’après négatif sur plaque de verre. Collection Museum Fünf Kontinente, Munich.
 
Theodor Koch-Gründberg (1872, Allemagne - 1924, Brésil). Fabrication des ceintures en feuilles de palmier, rio Macaya, 1903-1905. Tirage jet d’encre d’après négatif sur plaque de verre. Collection Museum Fünf Kontinente, Munich.
 
Martin Gusinde (1886, Pologne - 1969, Autriche). Les esprits Shoort Télil, du ciel de la pluie (Nord), et Shénu, du ciel du vent (Ouest), peuple Selk’nam, 1923. Tirage piézographique aux pigments de charbon, 39 × 28 cm. Collection privée, Paris. © Martin Gusinde / Anthropos. Institut / Éditions Xavier Barral.
 
Martin Gusinde, Peuple Selk’nam, 1923.
 
Claudia Andujar (née en 1931 en Suisse, vit à Sao Paulo) . Peinture du visage d’une femme Kayapo avec son fils, 1966. Tirage gélatino-argentique. Collection de l’artiste.
 
Masque Chiriguano-Guaraní, Aguero-guero, c. 1990. Bois sculpté et peint, 26 × 13 × 10 cm. Collection Museo del Barro, Asunción. Photo © Fernando Allen.